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06/05/2010

Faut-il porter le deuil de l'Europe ?

 

obese2.jpgOui. Faut-il porter le deuil de l’Europe ? De cette Europe obèse résultant d’une boulimie mortelle, gangrénée par les Anglais jusqu’à en faire une entité sans frontières, sans vision d’avenir, uniquement assujettie au dieu pognon, une Europe où la comptabilité prime sur la solidarité ? Assurément oui.

 

Obèse, elle estime ne pas encore l’être suffisamment : sa goinfrerie la pousse à envisager d’intégrer toujours plus… La Turquie, la Bosnie, la Serbie… Pourquoi pas le Maroc, l’Algérie, la Tunisie… Pourquoi pas l’Ukraine, l’Azerbaïdjan, la Géorgie… Une Europe fourre-tout, uniquement articulée autour de « l’économie de marché » «  et « la concurrence libre et non faussée » telle que la dessine ce traité de Lisbonne, repoussé par les Français, mais a eux imposée par les duplicités de Sarko.  Que cette Europe-là crève sous son propre poids, comme autrefois les dinosaures, ne fera couler de larmes qu’aux banquiers, magouilleurs fiscaux et autres spéculateurs.

 

La lâcheté des gouvernements vis-à-vis de la Grèce a sonné comme un glas. Ces gouvernements de pleutres ont baissé casaques, ont abandonnés la lutte en rase campagne, sans combattre devant les insupportables diktats des « marchés ». Mais merde, c’est quoi, c’est qui les « marchés » ? Une poignée de grosses banques, de fonds spéculatifs, de traders. Une centaine de parasites tout au plus ! Et ces gens-là se permettent – avec l’argent que les états, donc les citoyens leur ont donné – de foutre en bas des pays comme la Grèce, le Portugal, bientôt l’Espagne ? Et ça se passerait comme ça ? Sans problèmes ? Eh ! Oh ! Ça va pas non ? Les manifestations des Grecs ne sont que les prémisses de mouvements, d’affrontements sociaux de grande ampleur qui risquent d’être sanglants et de s’étendre à toute l’Europe. Pour le malheur des peuples.

 

L’euro, qui nous a été vendu comme un pas décisif vers une véritable intégration européenne, vient de démontrer son caractère artificiel. Une monnaie commune implique des politiques économiques sinon communes du moins très convergentes dans les domaines de la fiscalité et des lois sociales. Comme ce n’est pas le cas et que les convergences sont battues en brèche par une concurrence débridée là où il faudrait de la solidarité, l’euro se casse la gueule…

 

L’Europe ne repartira qu’en se resserrant. L’Europe est la plus belle idée du siècle passé. Elle a bercé nos rêves, suscité beaucoup d’espoirs. Elle est aussi – hélas – une grande déception car cette belle idée a été dévoyée. Au lieu de bâtir une Europe des solidarités, les technocrates — non élus et mis en place par les lobbies financiers multinationaux — ont établi une Europe de la concurrence sauvage non seulement entre les nations mais surtout entre les peuples qui la constituent.

 

Il n’est pas inutile de revenir à ce qui a été la véritable volonté des Pères Fondateurs : la paix et la réconciliation entre l’Allemagne et la France. Ce but — ô combien difficile à seulement envisager à cette époque — est atteint au delà de toute espérance. Pour que l’Europe retrouve l’amour de ses peuples, il faut qu’elle reparte de zéro. A partir évidemment du noyau historique France-Allemagne-Bénélux-Italie. D’autres, en nombre restreint, s’y raccrocheront après. Mais en écoutant les peuples et en bannissant les « élites » élues par personne, responsables devant personne représentée par l’insupportable Commission européenne et son exécrable président Barosso. Et avec une vision fédérale claire, clé de la puissance politique.

 

 

 

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04/05/2010

Au bistro de la Toile : aller se faire voir chez les Grecs.

-         Alors ça y est ? On va nous pomper 6 milliards et quelques pour mettre dans la poche des Grecs ! C'est encore nous qu'on va casquer. Nous et encore plus les Allemands. Qui en ont d'ailleurs ras les aliboffis qu'on les prenne pour les vaches à lait. Ils triment, ils vendent leurs cames parce qu'elles sont de bonne qualité, ils se serrent la ceinture et on leur demande de renflouer le « Club Med » comme ils disent...

-          Ils leur ont même demandé de vendre l'acropole... C'est des conneries. D'abord on ne va pas te pomper à toi, ni à moi, 6 milliards. Les institutions financières françaises - comme allemandes d'ailleurs - vont emprunter sur le marché ce pognon entre 2 et 3% d'intérêt et vontacropole.jpgensuite le prêter aux Grecs à 5% ! Autrement dit, on va encore se faire du beurre sur leur dos. Quand aux « vertueux » Allemands, ces « bons élèves » de l'Europe ultra libérale, écoute ce qu'en dit Cohn-Bendit, qui connait quand même la question : « Je suis persuadé que le gouvernement allemand, en laissant pourrir la situation grecque, a sciemment voulu faire une dévaluation compétitive de l'euro afin de favoriser son commerce extérieur. Il savait qu'en hésitant à venir en aide à la Grèce, il pousserait les marchés, toujours inquiets, à vendre de l'euro. » En plus, ce problème grec, c'est à peine 1,6% du PIB de l'Europe. Un pissat de chat ! Les grippe-sous qui dirigent l'Allemagne s'en prennent à la Grèce pour faire peur aux autres pays européens. Parce que c'est plus facile de s'en prendre à la Grèce qu'à la France ou à l'Italie. En 2008, les exportations allemandes vers la Grèce se sont élevées à 8,3 milliards d'euros. En sens inverse, les ventes de la Grèce à l'Allemagne n'ont pas dépassé 1,9 milliard d'euros. Ça veut dire « Meffi ! C'est nous qu'on a le pognon, alors c'est nous qu'on dirige ! » Et cette attitude de l'Allemagne, cette tentation du cavalier seul, cette morgue retrouvée est une très, très, très mauvaise chose... Pas besoin de dessins. Il leur aura fallu cinquante ans pour faire oublier (un peu !) leurs conneries passées, vont-ils prendre le risque de réveiller la méfiance des autres Européens pour quelques sous ?

-          Si l'Allemand redevenait le Boche dans l'esprit des gens, ce serait effectivement une catastrophe et la fin du rêve des Pères Fondateursde l'Europe. On n'en est tout de même pas là. Mais enfin, qu'est-ce que c'est que cette Europe capable en trois jours de trouver des milliers de milliards pour renflouer les banques responsables de la merde économique actuelle et incapable de sortir 30, 45 ou même 120 milliards pour un de ses membres ? Et quand on finit par les trouver, c'est à des taux d'intérêts aberrants, et assorti de conditions ultra libérales made in FMI qui vont saloper la vie des Grecs. Parce ça veut dire : renforcement de l'austérité, pression sur les salaires, démolition des acquis sociaux, privatisation des services publics, augmentation des impôts des particuliers. C'est ça la famille européenne ? Si ton frère, ta fille, ta mère ont un jour besoin d'un petit coup de mains, tu leur demande un intérêt ?

-         Les Allemands sont assez pragmatiques pour ne pas glisser vers cette dérive infernale. Sans compter que ce n'est pas leur intérêt de mettre en difficulté leurs partenaires. Faut pas oublier que si la Grèce ne représente pas grand chose pour eux en termes d'échange, il n'en est pas de même de l'Espagne, de l'Italie, de la France, premier client et premier fournisseur des Allemands. L'ultralibéralisme financier est incompatible avec la solidarité européenne, avec l'idée même d'une Europe unie. Encore moins d'une Europe des peuples. L'Europe a toujours avancée à la faveur de crises. Celle-ci permettra-t-elle de foutre aux poubelles cet ultra libéralisme dévastateur ?

-         Qui lo sa ? Mais pas avec Barosso et tout cas...


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