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21/06/2016

Euro 2016 : gazon maudit pour nos très chers stades !

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Bien sûr ça fait rigoler cette pelouse peinte pour qu’elle soit plus « télé visuelle ». Ce qui s’est passé à Lille, ville devenue célèbre ces jours derniers pour les artistiques gamelles des fouteux, n’est pourtant pas très rigolo ni pour les joueurs, ni pour l’image de la ville à travers son stade Pierre Maurois. C’est l’UEFA qui a exigé le changement de la pelouse de ce stade – qui pourtant donnait satisfaction – pour la remplacer, fin mai, par une pelouse « UEFA » fournie par l’entreprise autrichienne Richter Rasen. Quelles magouilles se cachent derrière cette coûteuse opération, au frais du gestionnaire. Notons qu’une même opération de changement de pelouse a été imposée par l’UEFA aux stades de Marseille et Nice… L’herbe rapporte plus aux pelouseurs « agréés UEFA » qu’aux paysans de Lozère ou d’Ariège…

 

Cette péripétie qui serait cocasse si elle n’était si coûteuse, donne l’occasion d’aller voir d’un peu plus près ce qu’il y a derrière la construction de ces stades pharaoniques. Combien ça coûte, qui paie et pour quoi ?

 

Ainsi ce fameux stade de Lille, baptisé du nom de l’ancien maire de Lille Pierre Maurois, compte 50 000 places, il est doté d’un toit ouvrant et d’une pelouse rétractable (?!). Il coûte 324 millions auxquels s’ajoutent 161 millions d’aménagements autour du stade (parking, voies d’accès, etc.). Il appartient à la Métropole européenne de Lille (MEL) et est géré par la société Eiffage. Enfin, il appartiendra à la MEL à l’issue du remboursement des loyers, pendant trente ans, à Eiffage dans le cadre du Partenariat Public Privé (PPP).

 

Il y a déjà plusieurs embrouilles en cours. La société Eiffage réclame en justice 167 millions supplémentaires pour des travaux non prévus, genre normes parasismiques et autres couleurs de moquette des loges privés ! Ce n’est pas tout. Un juge d’instruction (le juge Gentil) enquête sur l’attribution à Eiffage alors que l’offre de Bouygues était plus compétitive (10,7 millions de loyer annuel pour l’un, 14,2 pour l’autre. Et c’est le plus cher qui a été choisi… Bizarre, bizarre. La différence, sur 30 ans que durera le contrat, est de 108 millions qui sortira des poches des assimilés Lillois de la MEL. De plus, si le club hôte – le LOSC – descend en ligue 2, le loyer annuel qu’il paie tombera de 4,7 millions à un seul petit million… La ville a intérêt à ce qu’ils soient bon, les fouteux du LOSC !

 

A Marseille, le Stade vélodrome – qui n’avait plus de piste cycliste depuis bien longtemps – a été agrandi, rénové et en partie couvert, pour un coût prévu oscillant entre 120 et 160 millions d’euros. Les estimations de coût étant comme les quenelles qui gonflent, qui gonflent, ce sera finalement 268 millions dont 43,5 millions pour la ville de Marseille et 90 millions pour l’État et les autres collectivités locales. Le reste est financé là encore par un PPP juteux pour Arema, filiale de Bouygues : la mairie va lui signer chaque année un chèque de 12 millions, pendant 35 ans. Montant que la Chambre régionale des Comptes estime à plutôt 14,6 millions… Ce PPP a été voté par la municipalité phocéenne sur la promesse que l’OM paie un loyer annuel de 7 à 8 millions. Or le club a tapé sur la table et a fait ramener le loyer à 3 millions pour 2015, et 4 millions les deux années suivantes. Après, on verra… Que penser de l’énormité dans la konnerie d’un conseil municipal qui signe un PPP énorme sur la simple promesse verbale du montant du loyer du club résident ? C’est vrai qu’il y a aussi une part de 20 % des recettes de la billetterie. Donc, là encore, ils ont intérêt à être bons les fouteux marseillais (ce qui n’est pas le cas) parce que lorsqu’ils perdent, il y a moins de monde et c’est le contribuable qui paie…

 

Ailleurs (Nice, Saint-Etienne, Bordeaux, etc.), cherchez vous-même.

 

Ouais, mais les stades sont les cathédrales modernes. Est-ce qu’on se soucie du coût de la cathédrale de Chartres ou de Notre-Dame de Paris ?

Sans compter que, à défaut d’élever l’âme, ces « cathédrales » modernes vibrent aussi de leurs cantiques « Oh Hisse ! Enculé… »

 

Et puis, les stades peuvent être facilement recyclés. Comme au Vel’d’Hiv ?

 

Photo X - Droits réservés

sources: http://www.bastamag.net/Euro-2016-de-nouveaux-stades-trop...

16/06/2016

Réduire la démocratie à un murmure…

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Je vous fais profiter d'un texte de mon ami Jean Casanova qui traite, avec son talent, son érudition et sa saine vacharderie, des péripéties sécuritaires actuelles :

 

Football / Flashball.

(Ministère de l'Intérieur – Hôtel de Beauvau - Place Beauvau - Paris 8° 14 Juin 2016)

 

Nous sommes aujourd'hui Hôtel de Beauvau, place du même nom, siège depuis 1861 du Ministère de l'Intérieur, à quelques pas du Palais de l'Élysée. Suspecte et inquiétante proximité. Le couple sécurité / insécurité pourrait-il être instrumentalisé ? N’allons pas si vite.

Reçus et introduits dans le bureau de M. Javert, Directeur au Ministère, du Service de la Sécurité Publique. Javert !

Ce nom ne vous est probablement pas inconnu.

Victor Hugo, dans sa grande fresque romanesque Les Misérables, dressait ainsi le portrait de l'Inspecteur Javert, le trisaïeul de notre interlocuteur d'aujourd'hui, l'homme qui, sa vie durant, n’eut de cesse de poursuivre Jean Valjean : « Les paysans des Asturies sont convaincus que dans toute portée de louve, il y a un chien, lequel est tué par sa mère, sans quoi, en grandissant, il viendrait à dévorer le reste de la portée. Donnez une face humaine à un chien fils d'une louve, ce sera Javert ».

L'Inspecteur Javert ne vivait que pour respecter les lois. À ces deux maximes, il n'admettait aucune exception : « Le policier ne peut se tromper » et « Un criminel est irrémédiablement perdu. Rien de bon ne peut en sortir ».

Nous pensons vous en avoir assez dit et, sur cette flatteuse présentation de l'homme de 1840, venons-en à l'entretien avec notre M. Javert d'aujourd'hui. Quel poste plus mérité que celui de Directeur de la Sécurité Publique lorsque l'on porte un tel nom et que l'on descend en ligne directe d'un ancêtre aussi prestigieux ?

Surtout dans le contexte d'aujourd'hui : un pays en état d'urgence depuis maintenant plus de six mois, des crues et des inondations cataclysmiques qui ne cessent pas, des fractions entières du monde du travail en révolte, fanatisées et dressant des barrages aux quatre coins du pays, une jeunesse refusant de se coucher le soir, jusqu'aux habituellement si sympathiques supporters et hooligans transformant les abords des stades en lieu de batailles rangées. Dernières venues et plus inquiétantes, des menées terroristes et des assassinats de policiers.

C'est avec la plus grande inquiétude, celle de savoir si « tout était sous contrôle », comme vient de l'assurer notre Premier Ministre, que nous venons prendre le pouls de la situation auprès de l'homme le plus qualifié pour y répondre, le Directeur de la Sécurité Publique au Ministère de l'Intérieur.

M. Javert, permettez-nous en premier lieu de vous dire toute notre sincère admiration pour l'efficacité déployée par vos services depuis maintenant plusieurs semaines : déblocages de raffineries et de dépôts de carburant occupés ; encadrement musclé de manifestations monstres maintenant pratiquement hebdomadaires ; évacuation nocturne, tambour battant, des places de nos villes où certains de nos jeunes gens s'entêtent à noctambuler ; et maintenant, service d'ordre manu militari aux alentours des stades...

Nous ne voulons pas allonger la liste des innombrables tâches auxquelles sont confrontés

vos services, ni ignorer l'état d'épuisement et de stress plus que probable de tous vos effectifs. Fatigue et stress auxquels s'ajoute maintenant l'omniprésent danger de menaces terroristes. Mais enfin, la Sécurité est assurée.

Cette prudente et respectueuse entrée en matière énoncée, arrivons-en maintenant à ce si bienvenu Euro 2016, dont tout le monde espère, après ces si à propos inondations du mois précédent, qu'il permettra de poursuivre l'occultation des graves préoccupations sociales du moment. On ne peut en permanence, dans ce domaine, recourir à l'événement terroriste. Il est malheureusement difficilement programmable en terme de calendrier. Permettez-nous M. Javert de vous dire notre étonnement, peut-être notre désapprobation quant au message signé République Française et diffusé par placards électroniques géants à l'entrée des stades. Avec ces formules impératives : Éviter les attroupements ; Ne pas tenir de propos politiques et idéologiques...

Évitez les attroupements, est-ce réaliste ? Y pensez-vous sérieusement ? Surtout avec la Loi- Travail. Hier encore, plus d'un million de manifestants à Paris. Ne pas tenir de propos

politiques ou idéologiques... M. Javert, nous tenons à vous le rappeler, tenir des propos politiques est une manière de penser tout haut. Nous nous excusons de vous poser la question en ces termes, elle commence par pensez-vous. Pensez-vous utile, arrivés où nous en sommes, en ces temps de libéralisme sécuritaire, de recommander l'abstention de penser ?

Resté jusqu'à maintenant attentif mais soucieux, recevoir des journalistes, à quoi cela peut-il mener, M. Javert se détendit, rassuré peut-être par le conciliant et le déférent de nos questions, plus probablement par le sentiment de son bon droit.

Chers amis, un principe ! Toujours tenir à l'écart politique et idéologie. Toujours !

Nos efforts en matière de lavage de cerveau et de crétinisation des masses n'ont jamais faibli, et ce concours footballistique en était l'occasion rêvée. Merci aux précieux concours de nos mass media en la matière. Mais attention, tout outil d'aliénation peut brutalement devenir levier d'affranchissement.

Car, qui dit attroupement, dit assemblement ; qui dit assemblement peut à tout moment dire ameutement. Et le sympathique crétin supporter doit toujours être vu comme un potentiel émeutier. Il faut veiller, sur ces barils de poudre que sont devenus les amassements du peuple, à ce qu'aucune mèche ne soit allumée.

La consigne de nos autorités gouvernementales est claire : éviter un « championnat révolutionnaire », un réveil séditieux du peuple, déclenché par un je-ne-sais-quoi : une erreur d'arbitrage, un penalty refusé, un quelque chose, nous n'osons pas dire quoi ou comment, un quelque chose qui éveillerait un sentiment d'injustice. Ce sentiment est dangereux. Sentiment d'injustice, attention ! Révolte toujours possible. Et de la révolte à la prise de conscience, il n'y a qu'un pas ; l'une et l'autre pouvant toujours s'alimenter.

George Orwell disait dans son magnifique récit d'anticipation 1984 : « Ils se révolteront quand ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu'après s'être révoltés ».

Et de conclure, nous étonnant par son érudition, nous montrant qu'il était bien le digne héritier du fin limier du Roi Charles X, celui du temps des Misérables -cetempsest-ilterminé–conclure par la célèbre citation de l'historien Jules Michelet : « Par devant l'Europe et le monde, la France, sachez-le, n'aura jamais qu'un seul nom, inexpiable, son nom éternel : Révolution ».

Oui, Messieurs, il faut réduire la démocratie à un murmure.

TINA (There is not alternative) ; il n'y a pas d'autre politique possible.

Grévistes, footeux, étudiants, manifestants, noctambules, enragés de tout acabit ! Tenez-vous à carreau. Foi de Javert, au nom de l'ordre libéral, je ne veux voir qu'une seule tête. Rompez !

 

Illustration X - Droits réservés

13/06/2016

PAS D'IMPÔTS pour cette grande cause nationale : l'Euro 2016 de foutebol...

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Qui dit qu'on paie trop d'impôts en France ? Qui sont ces pisse-froid qui ne comprennent pas la beauté de l'acte de payer son écot pour le bien public en fonction de ses moyens ? Vous ? Moi? Mais alors c'est que vous, et moi, n'avons pas la chance de faire partie de cette « élite » qui, grâce au dieu foutebol, ne sortira pas un seul fifrelin en impôts – si ce n'est la TVA – au cours du grand raout foutebalistique – l'EURO 2016 - qui sévit dans notre beau pays depuis quelques jours.

Oui, vous avez bien lu : aucune taxe, aucun impôts sur les sociétés, aucune autre fiscalité française pour les entreprises partenaires de l'UEFA. C'était la condition sine qua non, en 2010, pour obtenir cette organisation... Qui sont ces heureux partenaires qui vont pouvoir se gaver sans reverser la moindre thune ? Il y a les « sponsors » officiels qui sont : La Française des Jeux (On les connaît ceux-là, ce sont les racketteurs officiels ; c'est une entreprise publique française datant de 1976, détenue à 72 % par l'État français qui lui a confié le monopole des jeux de loterie et de paris sportifs sur tout son territoire), McDonald's (L'empereur mondial de la malbouffe, grand pourvoyeur d'obèses), Coca-cola (Ceux-là aussi on les connait, c'est pour eux que TF1 « prépare le cerveau de ses téléspectateurs »), Carlsberg (entreprise danoise, troisième ou quatrième fabriquant de bière mondial), Continental (oui, ce fabriquant de pneus allemand qui a laissé des milliers d'ouvriers sur le carreau), Hyunday-Kia (conglomérat coréen : automobile, construction navale, militaire, électronique, écrans plats notamment), SOCAR (ceux-la, c'est la State Oil Company of Azerbaijan Republic, c'est-à-dire la compagnie nationale pétrolière et gazière d'Azerbaïdjan.), Hisense, fabricant chinois de téléviseurs, électroménager, smartphones. S'ajoute à ces veinards le groupe suisse Kuoni, spécialisé dans l'organisation de voyages, responsable de l'hébergement pour les équipes participantes, les officiels de match, les partenaires commerciaux et de diffusion, les journalistes, les fournisseurs et équipes responsables de l'organisation de la phase finale. L'UEFA va passer encore quelques partenariats encore inconnus.

Nouveau venu parmi ces veinards, le traiteur Hédiard, - la célèbre maison d’épicerie fine de la place de la Madeleine à Paris – qui, associé au chef Robuchon, a été retenue pour assurer les services d’« hospitalité ». C'est donc lui qui assurera les prestations organisées autour des matchs – en particulier la restauration – et qui sont vendues aux entreprises. « Deux niveaux de prestations : « Platinium » (sacré Platini, va !) pour les loges privatives; « Gold » pour les places de catégorie affaires, les « business seats » dans le jargon professionnel. Le prix moyen pour cette seconde catégorie est de l'ordre de 1.700 à 2.200 euros par place. Pour les loges, la note varie selon les stades et les matchs, le maximum étant atteint par la finale avec un montant de la prestation à l'unité de 4.270 euros. « Nous sommes dans les prix de marché », assure Jacques Lambert, le président d'Euro 2016 SAS, la structure juridique ad hoc, détenue à 95 % par l'UEFA, la Fédération française de football en possédant 5 %. » (Les Echos.)

A côté » de ces cadors, il y a de solides second couteaux : Adidas, Crédir Agricole, Proman, SNCF, Orange, Turkish Airlines, La Poste.

Le principal bénéficiaire de cette opération, c'est cet organisme à structure mafieuse nommé UEFA qui, lui, se gave. Le gouvernement va en effet exonérer de tout impôt les différentes entités chargées d'organiser l'Euro 2016 de football. En dehors de la TVA, qui est pilotée par des règles européennes, aucune taxe, aucun impôt sur les sociétés, aucune autre fiscalité française ne sera prélevée sur l'UEFA et ses filiales françaises. Pour l'événement, une structure juridique ad hoc a été créée, baptisée « Euro 2016 SAS », et détenue à 95 % par l'UEFA et à 5 % par la Fédération française de football. Elle gère toute l'organisation de la compétition, à l'exception de la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. »

Voilà à qui nous allons refiler ce manque-à-gagner de l’État. Eh ! Il ne faut pas être égoïstes, il faut aider les malheureux du monde...

Comme vous pouvez voir, juste quelques entreprises françaises parmi ces heureux « exemptés d'impôts ». Par contre l'organisation laisse à l’État et aux collectivités françaises la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. Selon une étude commandée par l'UEFA, l'Euro 2016 coûtera au total 1,650 milliard d’euros (investissement pour la construction ou la rénovation des stades, sans compter 400 millions pour améliorer l'accès et les transports) pour des retombées évaluées à 1,134 milliard d’euros pour l’activité en France.

Ben voyons ! Et kikiva payer pour ces beaux stades construits selon la juteuse procédure du Partenariat Public Privé (le public casque, le privé encaisse le fric) ? Et kukiva casquer pour les flics qui garderont ces stades des débordements de ces hordes de « supporters » bourrés de Carlsberg (interdite aux abords des stades la kro ou les bières locales ! ) Les tarés qui ont tout cassé sur le Vieux-Port se sont bourrés à la danoise, uniquement.

Ainsi, alors qu'il n'y a pas un kopeck pour les collectivités locales, le gouvernement a prévu 2 milliards d'euros dont 1,6 euros pour les stades et 400 millions pour les accès net les transports. Et la sécurité, vous croyez que c'est gratos ? Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a détaillé les dispositifs de sécurité qui seront déployés lors du championnat. Au total, 77.000 personnels du ministère de l'Intérieur sont mobilisés: 42.000 policiers (dont 2.000 de la sécurité publique, 5.000 de la police aux frontières, 2.000 membres des Compagnies républicaines de sécurité (CRS), 10.000 de la préfecture de police de Paris), 30.000 gendarmes (dont des membres du GIGN) et 5.200 personnels de la sécurité civile (dont 2.500 sapeurs-pompiers et 300 démineurs). Dans les infrastructures de transport, une partie des militaires de l'opération Sentinelle sera mobilisée. De plus, 13.000 agents de sécurité privée et 1.000 bénévoles des associations de secourisme seront présents. Enfin, le GIGN, le RAID et la BRI seront prêts à intervenir. Le secrétaire d'état aux sports, Thierry Braillard a annoncé quelques jours avant le début de la compétition que la diffusion des matchs à la terrasse des cafés et restaurants serait interdite pour des raisons de sécurité.

Ouais mais le prestige ! L'image de la France ! Les « retombées » touristiques ! Mouais… Avec les poubelles partout, les grèves qui n'ont – à juste raison – rien à foutre du raout foutebalistique, les bagarres de « supporters » mononeuronés, elle n'est pas très reluisante l'image.

Ouais, mais les retombées économiques... Parlez-en aux Brésiliens !!!

 

Photo X - Droits réservés

03/11/2014

PAS D'IMPÔTS pour cette grande cause nationale : l'Euro 2016 de foot-ball...

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Qui dit qu'on paie trop d'impôts en France ? Qui sont ces pisse-froid qui ne comprennent pas la beauté de l'acte de payer son écot pour le bien public en fonction de ses moyens ? Vous ? Moi? Mais alors c'est que vous, et moi, n'avons pas la chance de faire partie de cette « élite » qui, grâce au dieu foutebol, ne sortira pas un seul fifrelin en impôts – si ce n'est la TVA – au cours du grand raout foutebalistique – l'EURO 2016 - qui va sévir dans notre beau pays à l'été 2016. Et pour lequel 2,5 millions de billets seront vendus...

 

C'est le journal Les Echos de ce jour qui a révélé ce tour de passe-passe : « le gouvernement va exonérer de tout impôt les différentes entités chargées d'organiser l'Euro 2016 de football, qui se déroulera en France du 10 juin au 10 juillet 2016. En dehors de la TVA, qui est pilotée par des règles européennes, aucune taxe, aucun impôt sur les sociétés, aucune autre fiscalité française ne sera prélevée sur l'UEFA et ses filiales françaises. Pour l'événement, une structure juridique ad hoc a été créée, baptisée « Euro 2016 SAS », et détenue à 95 % par l'UEFA et à 5 % par la Fédération française de football. Elle gère toute l'organisation de la compétition, à l'exception de la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. »

 

Oui, vous avez bien lu : aucune taxe, aucun impôts sur les sociétés, aucune autre fiscalité française pour les entreprises partenaires de l'UEFA. C'était la condition sine qua non, en 2010, pour obtenir cette organisation...

 

Qui sont ces heureux partenaires qui vont pouvoir se gaver sans reverser la moindre thune ? Il y a les sept « sponsors » officiels qui sont : La Française des Jeux (On les connaît ceux-là, ce sont les racketteurs officiels ; c'est une entreprise publique française datant de 1976, détenue à 72 % par l'État français qui lui a confié le monopole des jeux de loterie et de paris sportifs sur tout son territoire), McDonald's (L'empereur mondial de la malbouffe, grand pourvoyeur d'obèses), Coca-cola (Ceux-là aussi on les connait, c'est pour eux que TF1 « prépare le cerveau de ses téléspectateurs »), Carlsberg (entreprise danois, troisième ou quatrième fabriquant de bière mondial), Continental (oui, ce fabriquant de pneus allemand qui a laissé des milliers d'ouvriers sur le carreau), Hyunday-Kia (conglomérat coréen : automobile, construction navale, militaire, électronique, écrans plats notamment), SOCAR (ceux-la, c'est la State Oil Company of Azerbaijan Republic, c'est-à-dire la compagnie nationale pétrolière et gazière d'Azerbaïdjan).

 

S'ajoute à ces veinards le groupe suisse Kuoni, spécialisé dans l'organisation de voyages, responsable de l'hébergement pour les équipes participantes, les officiels de match, les partenaires commerciaux et de diffusion, les journalistes, les fournisseurs et équipes responsables de l'organisation de la phase finale. L'UEFA va passer encore quelques partenariats encore inconnus.

 

Nouveau venu parmi ces veinards, le traiteur Hédiard - la célèbre maison d’épicerie fine de la place de la Madeleine à Paris - qui a été retenue pour assurer les services d’« hospitalité ». C'est donc lui qui assurera les prestations organisées autour des matchs – en particulier la restauration – et qui sont vendues aux entreprises. « Deux niveaux de prestations : « Platinium » (sacré Platini, va !) pour les loges privatives; « Gold » pour les places de catégorie affaires, les « business seats » dans le jargon professionnel. Le prix moyen pour cette seconde catégorie est de l'ordre de 1.700 à 2.200 euros par place. Pour les loges, la note varie selon les stades et les matchs, le maximum étant atteint par la finale avec un montant de la prestation à l'unité de 4.270 euros. « Nous sommes dans les prix de marché », assure Jacques Lambert, le président d'Euro 2016 SAS, la structure juridique ad hoc, détenue à 95 % par l'UEFA, la Fédération française de football en possédant 5 %. » (Les Echos.)

 

Comme vous pouvez voir, pas beaucoup d'entreprises françaises parmi ces heureux « exemptés d'impôts ». Par contre l'organisation laisse à l’État et aux collectivités françaises la construction ou de la rénovation des stades et de la sécurité. Ben voyons ! Et kikiva payer pour ces beaux stades ? Et kukiva casquer pour les flics qui garderont ces stades des débordements de ces hordes de « supporters » bourrés de Carlberg (interdite aux abords des stades la kro ou les bières locales ! On se bourrera à la danoise, uniquement.) Alors qu'il n'y a pas un kopeck pour les collectivités locales, le gouvernement a prévu 2 milliards d'euros dont 1,6 euros pour les stades et 400 millions pour les accès net les transports.

 

Voilà à qui nous allons refiler ce manque-à-gagner de l’État. Eh ! Il ne faut pas être égoïstes, il faut aider les malheureux du monde...

 

Ouais, mais les retombées économiques...

 

Parlez-en aux Brésiliens !!!

 

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