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04/04/2018

Au bistrot de la toile : héros.

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- Quand même, Victor, on a beau baver mais il y a, en France, des gens qui les ont encore bien pendues.

- Tu veux parler, je pense, de cet officier de gendarmerie qui a pris la place de la vendeuse lors de l’attaque islamiste de Trèves et de Carcassonne.

- Exactement. Faut le faire, parce qu’il n’y était pas obligé le mec. Sinon par son courage et son sens du devoir. Il a été reconnu et justement fêté comme un héros par la nation tout entière. Un vrai celui-là, pas comme ce chanteur braillard dont la « famille » se déchire pour le fric qu’il a engrangé en ne pas payant ses impôts. Jupitounet en avait fait un « héros de la France ». On a les héros que l’on peut…

- Oh ! Loulle, t’as l’épigastre qui te chatouille ce matin et ça te donne des aigreurs ! Mais je suis d’accord avec toi. Dans notre monde où règne le dieu Fric, l’individualisme égoïste n’est pas le terreau le plus favorable à l’éclosion d’actes d’héroïsme. D’héroïsme vrai, pas celui des pauvres mecs qui, à la guerre, se prennent sans faire exprès et généralement pour rien une bastos où un bout de fer bien brûlant et bien coupant dans la viande. Un héros comme ça, c’est un pauvre type qui n’a pas eu de chance…

- Allez, tè ! Buvons un coup à la mémoire du Colonel !

- Ah ! Il est bon ton rouquin Loulle. Tiens. Je viens de lire dans « Le Parisien » une autre histoire de héros. Je te lis : « Ce mardi, trois légionnaires devaient être présentés à un magistrat. Et jugés. Les trois militaires ont été déférés au parquet de Paris après une garde à vue prolongée. La justice leur reproche d’avoir eu « la main un peu lourde » en voulant défendre une jeune fille qui se faisait voler son téléphone portable dans le métro.

Les trois militaires n’étaient pas en service. Les faits ont eu lieu dimanche à 6 h 45 du matin dans un wagon du métro, au niveau de la station Saint-Ambroise (XIe) sur la ligne 9. Un jeune homme, mineur, arrache le portable d’une jeune fille, sort du métro à l’arrêt et s’enfuit. Trois légionnaires en permission et en goguette à Paris, âgés de 21 et 24 ans, témoins du vol, se mettent à ses trousses. Ils courent et rattrapent le voleur dans la rue, au niveau de l’impasse Truillot, derrière le boulevard Voltaire (XIe). « Le gamin ne s’est pas laissé faire, confie une source proche du dossier. Ils se sont battus. On va dire que les légionnaires y sont allés un peu fort ! »

- Eh ! Ils sont entraînés pour ça.

- Les bourres sont arrivés et ont embarqué tout le monde. Le voleur n’avait ni adresse ni papiers d’identité. C’était probablement une « chance pour la France ». Et qui crois-tu qui est poursuivi ?

- Ben, le voleur !

Oui, c’est encore heureux, mais pas seulement : une substitut du procureur a décidé de poursuivre aussi les légionnaires ! Avec, en corollaire, probablement un passage au trou dans leur régiment. Lors de leur garde à vue, les légionnaires ont lâché : « Si c’est pour se retrouver en garde à vue, la prochaine fois, on n’interviendra pas pour défendre une victime. »


Illustration: merci au regretté Chimulus

09:19 Publié dans actualités, humour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : héros

08/05/2014

Ils ont aussi gagné la guerre, le respect et la reconnaissance de tous les Français

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STROPHES POUR SE SOUVENIR

 

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.

Louis Aragon,

 

Le Roman Inachevé

 

Nonidi 19 floréal 222

 

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