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29/09/2017

Au bistrot de la toile : de l’autocoït palmaire à la chasse aux vieux.

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- Alors Loulle, quoi de neuf dans tes canards ?

- Une nouvelle bien triste tout d’abord Victor. Hefner est mort… Ouais, ce pauvre Hefner de Play-Boy, l’homme qui aurait « bénéficié des bontés » de plus de 3 500 jolies femmes. Enfoncé Don Juan, à la retraite Casanova !

- Ah ! Play-Boy. Une revue qui se lisait d’une seule main. Rappelle-toi quand on était encore plus jeune Loulle : à treize ou quatorze ans, ta console de jeux, c’est ta bite ! Avec la mort du créateur de Play-Boy et de ses superbes femmes à poil, Loulle, c’est toute une époque heureuse, vivante qui s’en va, sans complexe, hédoniste, libérée du carcan de tous les tristes ratichons de toutes des religions… On peut dire, Loulle, que tous les branleurs du monde sont en deuil !

- C’est vrai ça Victor. Tè ! En sa mémoire, je vais déboucher une bouteille de champagne, pas une Veuve Cliquot mais une Veuve Poignet !

- Bonne idée. Quoi d’autre d’intéressant ?

- Après c’est moins marrant. C’est le coup de rabot sur les revenus des retraités…

- C’est la chasse aux vieux ! Salauds de vieux ! Ça pue les vieux, ça se pisse dessus, ça renverse sa gamelle, et en plus ça gueule, c’est jamais content ! Et puis ça bouffe les vieux ! Et ça dure longtemps ! Ça refuse « d’optimiser la vie » les vieux, c’est-à-dire de crever lorsque la société de la « concurrence libre et non faussée » les trouve trop vétuste !

- Ouais, mais ils ne l’ont pas volé leur retraite les vieux ! La retraite n’est qu’un salaire différé que je sache.

- Tu as entièrement raison Loulle. Mais ce n’est pas de la saine gestion ça ! Faut réduire la sacro-sainte Dette ! Chasser les dépenses non rentables donc inutiles. Alors en loucedé, dans les coulisses des gouvernements, dans les « think tanks » ultralibéraux, il y en a qui travaillent sérieusement sur l’avenir de ces parasites de vieux. Et pas que des vieux, aussi des comateux, des handicapés, des trop malades. Bientôt pourquoi pas des trop moches, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante, « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. À la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu !

- T’envoies pas le bouchon un peu loin, Victor ?

- Pas du tout, Loulle. Ces lois sociétales soi-disant modernistes « d’optimisation de la vie » (euthanasie, suicide assisté, procréation médicalement assistée, gestation pour autrui) sont en passe d’être imposées à la masse populaire par les puissants lobbies de bobos influents. Eux-mêmes manipulés par le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu. Une journée d’hôpital coûte cher à la collectivité donc, en ces temps d’austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu’ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

C’est choquant ? Eh… Ouvre les yeux. En Belgique, les vieux ont une peur panique d’aller à l’hosto. En Hollande la question du vieillissement de la population et de son coût pour la société a été clairement posée puis lâchée tant elle choquait la population…

- Bè tu vois, Victor, à la lumière de cette conversation, on peut regretter la mort de ce vieux formidable qu’était Hugh Hefner de Play-Boy, le maître de l’autocoït palmaire !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus