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21/10/2013

Bolkenstein, le retour ! ITER, laboratoire de l’esclavage moderne…

 

Iter dessin esclavage.jpg

 

 

ITER, vous connaissez ? On nous en a suffisamment gonflé les aliboffis il y a une dizaine d’années. Chirac saluait dans le choix de Cadarache une grande victoire nationale. Gaudin et les autres têtes d’œufs de Provence-Alpes-Côte-d’azur en rajoutaient sur le choix du site de Cadarache. Petit rappel : Iter est le réacteur expérimental que sept pays ont décidé de construire à Cadarache (en Provence) afin de tester la possibilité de produire de l’électricité à partir de la fusion nucléaire. Ces pays sont les Etats-Unis, l’Europe, la Russie, la Corée du Sud, le Japon, la Chine et l’Inde. La revue Nature du 1erjuillet 2010 nous apprenait que la contribution européenne devait passer de 2,7 à 7,2 milliards d’euros, dont 1,4 milliard à trouver en 2012-2013 sur le budget du Septième plan de la recherche européenne. L’Europe s’est en fait engagée pour 6,5 milliards d’euros. Pour la France, la dépense représentera plus que l’ensemble des crédits (hors salaires) dont disposent tous les laboratoires de physique et de biologie pendant vingt ans !

 

Iter est un rêve de savants fous : domestiquer la bombe H, recréer dans une centrale l’énergie du soleil ! Rien que ça. Rêve de savants fous ou konnerie kolossale ? Avenir lumineux ou danger catastrophique ? C’est surtout, à l’heure actuelle, un gouffre financier et le laboratoire scientifique et social de l’esclavage moderne. On nous les a rebattues les oreilles à cette époque, en insistant sur les retombées économiques de ce projet pharaonique : des milliers d’emplois à la clé pour bâtir le site, l’équiper, le faire tourner. Du travail pour des années pour les entreprises de bâtiment locales et régionales. Le pactole, la fin du chômage dans cette région… Tè ! Fume…

 

Qu’est-ce qu’il se passe ? Ben, c’est le retour gagnant de la tristement célèbre directive Bolkenstein revue et corrigée sous le vocable de « travailleurs détachés ». Ce sont des multinationales qui obtiennent les marchés et, par le biais des sous-traitances en cascade et la recherche de main d’œuvre à bas coût, ce seront vraisemblablement des salariés précaires détachés qui feront le boulot, dans des conditions de travail, d’horaires et de logement plus que douteux. Quatar, Iter, même combat pour l’esclavage moderne ! Ces bataillons taillables et corvéables à merci seront des « travailleurs détachés » (c’est-à-dire assujettis aux salaires et conditions sociales de leur pays) arrivant de Pologne, de Roumanie, de Bulgarie, de Tchékie et autres ex-pays de l’est peut regardant sur les conditions des travailleurs et pratiquant délibérément le dumping social. Ceci avec la complicité de l’URSSAF ! Qu’on juge - à travers les curieuses pratiques en matière de conventionnement ITER/URSSAF, comme l’atteste la convention signée le 1er février 2013 - de la mansuétude de l’URSSAF concernant les éventuels contrôles de cet organisme pourquoi très sourcilleux avec les PME :

Iter Urssaf.jpg

« article 2.1 Périodicité des visites de contrôle.

Le contrôle de l’emploie se fait de façon périodique. Les contrôles auront lieu tous les trois mois. Leur date sera arrêtée un mois à l’avance sur proposition de l’URSSAF à l’Organisation ITER.

Les contrôles sont réalisés par les URSSAF, par échantillonnage, auprès des entreprises intervenantes sur le chantier le jour de leurs vérifications, basé sur une liste des personnes présentes sur le site le jour de la visite fournie à l’inspecteur par l'Organisation ITER le jour même du contrôle. »

On croit rêver ! On peut parier que ce jour-là, tout sera en règle…pour quelques heures, le temps que les inspecteurs passent en courant avant d’aller se goberger dans une bonne auberge discrète de la région avec les responsables d’ITER et des multinationales contractantes !

 

 

Décadi 30 vendémiaire 222

 

Illustrations X – Droits réservés