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28/12/2017

Francophonie : stopper « la délinquance et la pollution linguistiques ».

censure langue guillotine.jpg

 

Aïl avé drime : c’est de rouler dans le goudron puis dans des plumes, ou même plutôt de rouler dans la confiture puis d’attacher près d’une fourmilière les programmateurs musicaux de nos radios, tous ces abrutis collabos qui nous emmerdent jusqu’à en dégueuler avec ces collections de bruits abrutissantes qu’ils déversent à pleins seaux dans nos pauvres oreilles et qu’ils ont le culot d’appeler « musique ». J’écris ça avec le aliboffis qui gonflent, qui gonflent, en entendant une chanteuse française dénommée « Christine and the queen » s’entretenir avec un lèche-bottes de service. Même les chanteurs français beuglent maintenant dans cette langue et sont récompensés par des « victoires de la musique ». Les boutiques se croient obligées de se donner des noms anglais. Il y a plus de mots anglais sur les murs qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation !

Ras les aliboffis de ce rouleau compresseur linguistique, cette novlangue stérilisatrice. Si encore il s’agissait de la langue de Shakespeare, mais il s’agit d’un sabir étasunien, sorte de « petit nègre » ridicule : le globish des marchands de soupe internationaux.

Le « protocole de Londres », sous Sarko, en 2007, a imposé l’anglais comme langue unique des brevets, sortant le français de la science. Le protocole de Londres entérine définitivement la mort de la diversité culturelle et linguistique qui a fait (et qui fait encore, mais pour combien de temps ?) la richesse de l’Europe.

Des entreprises françaises imposent à leurs cadres de communiquer en anglais. Et que dire des pubs qui, tout à fait illégalement (voir loi Toubon, art.2) nous bassinent avec quelques débilités débitées en globish ? Que dire de l’Europe qui, sournoisement, impose l’anglais dans ses communications et même ses directives alors que depuis le Brexit l’anglais n’est plus la langue officielle déposée d’aucun État membre de l’UE !

On assiste là à une offensive impérialiste étasunienne. Le but est, en fait, d’éliminer tout statut officiel des langues autres que l’anglais dans les secteurs où une concurrence menacerait les intérêts commerciaux des pays anglophones, seule et unique motivation de ces derniers.

La réalisation de ce programme est déjà fortement avancée dans les sciences, où les nomenclatures (y compris celles de la botanique, jusqu’ici latines) deviennent anglaises, accroissant la suprématie des chercheurs anglophones aux dépens de tous les autres.

Certaines écoles privées, en France, donnent maintenant leurs cours uniquement en anglais. Est-il tolérable, du point de vue de l’intérêt national comme du point de vue de l’accès de tous au savoir, que des colloques universitaires à la Sorbonne soient convoqués en anglais et se déroulent exclusivement dans cette langue ? Est-il sain pour l’avenir de la démocratie que les élites soient formées exclusivement, non dans la langue du peuple, mais en anglo-américain ? Nous sommes en présence d’un projet de domination sans partage et de discrimination sans précédent. La logique d’oppression qui prédomine conduit à l’aliénation, à la substitution d’une langue à l’autre par le gavage linguistique.

On assiste à la volonté de mise à mort non seulement du français mais de la plupart des langues du monde. Responsable : l’impérialisme étasunien qui sévit à tous les niveaux : industriel, commercial, militaire mais aussi et surtout culturel. En cette période de Noël particulièrement, on nous abreuve jusqu’à l’écœurement de sous-merdes des séries télévisées étasuniennes, qui – largement amorties aux USA - arrivent par pleins cargos à prix cassés, ruinant ainsi la création française qui n’existerait plus sans les subventions gouvernementales.

Pourtant qui peut douter de la capacité du français à exprimer et à interroger la condition humaine sous tous ses angles ? Le français est la langue de textes qui jalonnent l’histoire universelle, de l’édit de Nantes au programme du C.N.R., en passant par la défense de Callas par Voltaire, par la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789, complétée par la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » de Marie-Olympe de Gouges, par le « J’accuse » de Zola, le « Serment antifasciste » du Front populaire, l’Appel du 18 juin, « La question » d’Henri Alleg ou le « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire. Il est le langage de La Marseillaise et de l’Internationale, deux chants écrits sur la même musique qui ont été chantés sur tous les théâtres où s’est écrite l’histoire du progrès humain.

Conscients de cette sordide réalité un collectif vient d’adresser une lettre à Leila Slimani, romancière, représentante personnelle du président de la République à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

La voici :

 

Madame,

Vous venez d’être nommée représentante personnelle du chef de l’État sur les questions de la Francophonie et nous vous en félicitons.

Cependant l’heure est bien moins, hélas, aux congratulations qu’au sursaut personnel et collectif face aux menaces mortelles qui pèsent sur la langue française. Car en dépit de certaines apparences faussement rassurantes, les positions du français, « langue de la République » aux termes de l’article II-a de la Constitution, mais aussi « élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France, langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics » au titre de la loi Toubon-Tasca d’août 1994, sont gravement minées non seulement à l’échelle internationale, mais aussi et surtout sur notre propre sol.

En effet, nos associations sont submergées d’appels indignés de citoyens, mais aussi d’étrangers amis de notre langue, qui constatent avec angoisse et, de plus en plus, avec colère, que chaque jour, toutes sortes de décideurs (politiques, économiques, culturels…) quand il ne s’agit pas des plus hautes autorités de l’État, choisissent cyniquement de substituer l’anglo-américain, ou plus exactement, le Business Globish, aux expressions françaises comprises de tous. Cet arrachage linguistique est massif, méthodique, acharné, relevant tantôt de la « stratégie de communication » des chasseurs de profit dénués d’imagination (ceux que Michel Serres nomme les « collabos de la pub et du fric »), tantôt carrément d’une politique d’État inavouable. C’est l’évidence quand on voit l’Union européenne privilégier systématiquement l’anglais dans sa communication* alors que, depuis le Brexit, l’anglais n’est plus la langue officielle déposée d’aucun État membre de l’UE. C’est flagrant quand on voit des représentants officiels de la France truffer leurs discours d’anglais ou, rompant avec la tradition républicaine, s’exprimer ostensiblement en anglais à l’étranger, voire en France. C’est manifeste quand on sait qu’à l’arrière-plan de cette entreprise soustraite au débat citoyen, se trouvent l’invitation cynique du patronat paneuropéen à privilégier l’« anglais, la langue des affaires et de l’entreprise » (dixit en mars 2006 Ernest-Antoine Seillières, alors président de l’UNICE) et plus encore, l’avènement en cours du « CETA » et d’autres négociations visant à instituer le grand Marché transatlantique (et ses pendants « culturels », au centre desquels se trouve évidemment le basculement transcontinental de facto, voire de jure, au tout-anglais, langue unique du futur marché unique).

Faut-il vraiment multiplier les exemples à l’heure où Renault et PSA ont illégalement décidé de basculer leur documentation interne à l’anglais, où des services publics, des Universités, des entreprises pilotées par l’État ou des territoires de la République nomment ridiculement leurs nouveaux « produits » ou services en anglais (Loire Valley, Flying Blue, Lorraine Airport, Start in Lens, etc.), où des revues scientifiques subventionnées par le contribuable refusent les articles rédigés en français, où des Grandes Ecoles et des Universités françaises privilégient l’enseignement en anglais à des Français et à d’autres francophones, où la France chante le plus souvent en anglais (ou en franglais) à l’Eurovision, où les J.O. de Paris se vendent en anglais sur la Tour Eiffel, où l’anglais se voit même érigé en « langue de travail » de… l’armée française arrimée à l’OTAN et où la chaîne de télévision disposant de la plus large audience, (« My) TF1, nomme en Basic English ses émissions les plus populaires (The Wall, The Voice Kids, etc.) ?

C’est pourquoi nous jugeons insupportable et terriblement violente la manière dont de hautes autorités de notre pays – mais cela semble hélas de plus en plus vrai aussi au Québec, en Belgique ou en Suisse francophones (des associations défendant la Francophonie y dressent le même constat angoissé que nous !) – laissent proliférer, voire encouragent par leur mauvais exemple, la délinquance et la pollution linguistiques tout en prétendant parfois « relancer » la Francophonie… à l’étranger. Mais que restera-t-il de la « flotte » francophone mondiale, donc à brève échéance, de la littérature, de la chanson, de la science, de la philosophie, du théâtre, du cinéma français et francophone, quand le berceau et le « navire amiral » de la Francophonie que fut à l’origine la France, sont les premiers à se saborder, voire à promouvoir le tout-anglais en Europe, quand ce n’est pas en Afrique francophone ?

Les enjeux d’une nouvelle Défense et illustration de la langue française sont donc cruciaux, ancrés dans les combats du présent et de l’avenir. En effet, laisser détruire, reléguer ou corrompre notre langue pour permettre à quelques oligarques, snobs pseudo-cultivés et autres moutons de Panurge de se faire une place au soleil de la mondialisation néolibérale aux dépens de la masse des Francophones de France (français et immigrés) et des cinq continents, ce serait à la fois:

Planifier la fin de notre pays et du grand héritage qu’il porte ; tant il est vrai que le français est à la fois l’identifiant n° 1 de notre peuple, le premier service public de France et le socle du lien social déjà si fragilisé dans notre pays ; bref, une France reniant le français ou le reléguant dans les seconds rôles ne serait plus guère qu’un « couteau sans manche dont on a jeté la lame »…

Saper la Francophonie internationale, laquelle ne peut évidemment porter des « valeurs communes », comme ses dirigeants s’en targuent sans cesse, qu’à la condition de… parler la même langue, creuset d’une multiplicité de cultures dans une multiplicité d’usages ;

Aggraver les inégalités sociales et les discriminations sociétales en durcissant comme jamais les stratifications culturelles et linguistiques ; c’est-à-dire miner les bases même de la République ;

Favoriser insidieusement une forme de totalitarisme culturel porteur à terme, à l’échelle du monde, de l’Europe et de la France, d’une langue unique vectrice de pensée, de politique, d’économie et de culture uniques : celles-là mêmes qui déferlent sur tous les peuples en usant d’énormes moyens financiers, politiques, voire militaires… Comment cette entreprise transcontinentale d’uniformisation linguistique ne s’avérerait-elle pas au final aussi mortifère pour l’humanité future que l’est déjà la dévastation en cours de la biodiversité qu’encourage l’omni-marchandisation actuelle des activités, des choses, voire des gens ?

Femme de lettres attachée aux finesses de notre langue et au croisement des cultures, vous ne pouvez manquer de voir le gouffre qui sépare l’internationalisme véritable, qui suppose diversité, altérité et dignité égale des cultures nationales, et le glacial mondialisme actuel qui, par les amputations symboliques et matérielles qu’il inflige sans trêve aux collectifs citoyens constitués, ne peut qu’attiser des crispations dangereuses pour la paix. Car, en dehors de l’agressivité aveugle, que reste-t-il d’une identité que l’on a amputée du substrat culturel, historique et politique dont la langue est la sédimentation sans cesse renouvelée ?

C’est pourquoi, à contre-courant du discours méprisant qui appelle à « supprimer les lignes de Maginot linguistiques » pour mieux « laisser faire, laisser passer » la langue unique et la servitude volontaire qui l’accompagne, nous vous demandons d’appeler avec nous à la résistance civique, au sursaut linguistique et à la créativité en français des habitants de notre pays. C’est indispensable pour que se renoue, avant que l’arrachage linguistique en cours n’ait franchi un seuil irréversible, l’alliance progressiste de l’écrivain et de sa langue qui a nourri les plus riches heures de la littérature francophone.

*COllectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistiques, 10 rue Grignard, 62300 Lens – gastaudcrovisier2@wanadoo.fr – tél. : 07 61 05 99 21 ou 0321424372

**… au point que M. Pierre Moscovici, l’ex-ministre français devenu Commissaire européen aux questions budgétaires, a naguère osé tancer en anglais, au nom de la Commission, ses ex-collègues du gouvernement français, lesquels n’y ont d’ailleurs absolument rien trouvé à redire…

Par Georges Gastaud, philosophe, président de l’Association CO.U.R.R.I.E.L.*, Robert Charvin, professeur de droit, doyen honoraire de la Faculté de droit de Nice ; Guy Chausson et G. Janot, animateurs de l’Association lotoise des Amis de la langue française ; Francis Combes, poète ; Jean-François Dejours, professeur de philosophie, syndicaliste ; Marceau Deschamps, secrétaire général adjoint et vice-président d’honneur de Défense de la langue française ; Aurélien Djament, mathématicien et syndicaliste CGT au CNRS ; Benoît Duteurtre, écrivain ; Eric Ferrières, professeur agrégé d’économie ; Barbara Flamand, écrivaine, Belgique ; Marie-Pierre Frondziak, professeur de philosophie ; Marcel Girardin, conseiller municipal ; Suzanne Körösi, journaliste et documentariste ; Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-VII ; Laurent Lafforgue, Médaille Fields de mathématiques, chercheur à l’IHES ; Nikis Laguidis, écrivain, directeur de l’Atelier du roman ; Aymeric Monville, éditeur, auteur ; Dominique Mutel, agrégé d’anglais ; Laurent Nardi, professeur de français ; Régis Ravat, délégué CGT à Carrefour-Nîmes ; Philippe Raynaud et Lucien Berthet, président et secrétaire de Défense de la langue française en Pays de Savoie ; Albert Salon, docteur d’Etat ès Lettres, ancien ambassadeur ; Véronique Stride, professeur de français (62) ; François Taillandier, écrivain ; Xavier Numa Borloz, entrepreneur franco-suisse d’origine malgache ; Claude Weisz, cinéaste.

Sources :

Loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française NOR : MCCX9400007L Version consolidée au 28 décembre 2017 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LE...

http://www.langue-francaise.org/Loi_toubon.php

https://www.humanite.fr/nous-jugeons-insupportable-de-laisser-proliferer-la-delinquance-et-la-pollution-linguistiques-647748

 

Illustration X - Droits réservés.

 

24/04/2013

HOMOS ! Vous avez dit HOMOS ?

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J’ai reçu cette subtile fantaisie sur notre belle langue et ses singularités. Singularités qui en font la beauté et…le casse-tête des pauvres étudiants étrangers !

 

Savez-vous ce que sont les  « homographes non homophones » ? Ce sont des mots qui s’écrivent de la même façon mais se prononcent différemment selon le sens.

 

Exemples :

 

Sortant de l’abbaye où les poules du couvent couvent.

 

Je vis ces vis.

 

Nous portions nos portions, lorsque mes fils ont cassé les fils.

 

Je suis content qu’ils vous content  cette histoire. Mon premier fils est de l’Est, il est fier et l’on peut s’y fier.

 

Ils n’ont pas un caractère violent et ne  violent pas leurs promesses.

 

Leurs femmes se parent de fleurs pour leur parent. Elles ne se négligent pas, je suis plus négligent.

 

Elles excellent à composer un excellent repas avec des poissons qui affluent de l’affluent.

 

Il  convient qu’elles convient leurs amis, elles expédient une lettre pour les inviter, c’est un bon expédient.

 

Il serait  bien que nous éditions cette histoire pour en réaliser de  belles éditions.

 

 


Puis il y a les homographes homophones, c'est-à-dire des mots qui s’écrivent, se prononcent pareil mais ont un sens très différent. Avec toutes nos excuses un peu goguenardes, cher amis étrangers !

 

Exemples :

 

Cette dame qui dame le sol, je vais d'abord te dire qu'elle est d'abord agréable.

 

 A Calais, où je calais ma voiture, le mousse grattait la mousse de la coque.

 

Le bruit dérangea une grue, elle alla se percher sur la grue.

 

 On ne badine pas avec une badine en mangeant des  éclairs au chocolat à la lueur des éclairs.

 

En découvrant le palais royal, il en eut le palais asséché, je ne pense pas qu'il faille relever la faille de mon raisonnement.

Enfin, cette perle :

 

En écoutant des vers, le ver allait vers le verre vert

 

 

mots,langue française,homo



Quintidi 5 Floréal 221

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Pourquoi les moines n'arrivent pas a dormir ?
- Parce que Jésus cris (Jésus Christ) 

 

18/03/2013

Ne soyons pas complice de l’assassinat de la langue française !

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J’ai les aliboffis qui sont au bord de l’explosion. Je viens de tomber sur une pube de merde pour une voiture française. Cette pube, qui passe par ma « freebox » comme ailleurs sur des « livebox », est en anglais, sous-titrée en français. Ce matin, pour faire mes courses, j’avais le choix entre le Carrefour market ou le Simply. Et dans la bagnole groupe Renault, j’ai dû appuyer sur le bouton « on » de la radio pour entendre une pintade me donner les « news » du matin. Ras les couilles de ce « pidgin globish », cette sorte de bouillis verbale « petit nègre » qui est à la langue de Shakespeare ce que le macdo est au homard thermidor.

 

On assiste à la volonté de mise à mort non seulement du français mais de la plupart des langues du monde. Responsable : l’impérialisme étazunien qui sévit à tous les niveaux : industriel, commercial, militaire mais aussi et surtout culturel. On nous abreuve jusqu’à l’écœurement de sous-merdes des séries télévisées étazuniennes, qui – largement amorties au USA - arrivent par plein cargo à prix cassés, ruinant ainsi la création française qui n’existerait plus sans les subventions gouvernementales. On nous emmerde jusqu’à en dégueuler de ces collections de bruits abrutissantes que les programmateurs déversent à pleins seaux dans nos pauvres oreilles et qu’ils ont le culot d’appeler « musique ». Même les chanteurs français beuglent maintenant dans cette langue et…sont récompensés par des « victoires de la musique ». Les boutiques se croient obligées de se donner des noms anglais. Il y a plus de mots anglais sur les murs qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation !

 

Merde, arrêtons ! Ouvrons les yeux.

 

Mais il y a bien plus grave. Le 24 septembre 2007 le parlement français – sarkozien… - a ratifié en catimini le « protocole de Londres » sur les brevets d'invention. De quoi s'agit-il ? Tout simplement d'un texte qui impose l'anglais comme langue des brevets, annulant l'obligation d'une traduction en français. Le protocole de Londres est un traité qui vise à supprimer la traduction des brevets d'invention au bénéfice de la seule langue anglaise. À l'origine, quelques multinationales françaises, appuyées par la direction du MEDEF (et non la totalité du MEDEF), ont exercé une pression sur les divers gouvernements successifs, relayant une exigence formulée, il y a une quinzaine d'années, par l'Office américain des brevets qui avait déclaré « Il faut que le monde entier comprenne que l'anglais est LA langue en matière de propriété industrielle ».

 

Le but est, en fait, d'éliminer tout statut officiel des langues autres que l'anglais dans les secteurs où une concurrence menacerait les intérêts commerciaux des pays anglophones, seule et unique motivation de ces derniers. La réalisation de ce programme est déjà fortement avancée dans les sciences, où les nomenclatures (y compris celles de la botanique, jusqu'ici latines) deviennent anglaises, accroissant la suprématie des chercheurs anglophones aux dépens de tous les autres. Le protocole de Londres entérine définitivement la mort de la diversité culturelle et linguistique qui a fait (et qui fait encore, mais pour combien de temps ?) la richesse de l'Europe.


Et ce n’est pas tout. Certaines écoles, en France, donnent maintenant leurs cours uniquement en anglais. Est-il tolérable, du point de vue de l’intérêt national comme du point de vue de l’accès de tous au savoir, que des colloques universitaires à la Sorbonne soient convoqués en anglais et se déroulent exclusivement dans cette langue ? Est-il sain pour l’avenir de la démocratie que les élites soient formées exclusivement, non dans la langue du peuple, mais en anglo-américain ?


 Nous sommes en présence d’un projet de domination sans partage et de discrimination sans précédent. La logique d’oppression qui prédomine conduit à l’aliénation, à la substitution d’une langue à l’autre par le gavage linguistique.

 

Pourtant qui peut douter de la capacité du français à exprimer et à interroger la condition humaine sous tous ses angles ? Le français est la langue de textes qui jalonnent l’histoire universelle, de l’édit de Nantes au programme du C.N.R., en passant par la défense de Callas par Voltaire, par la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789, complétée par la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » de Marie-Olympe de Gouges, par le « J’accuse » de Zola, le « Serment antifasciste » du Front populaire, l’Appel du 18 juin, « La question » d’Henri Alleg ou le « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire. Il est le langage de La Marseillaise et de l’Internationale, deux chants écrits sur la même musique qui ont été chantés sur tous les théâtres où s’est écrite l’histoire du progrès humain.


Face à la mise en danger de la langue française, moyen d'expression du peuple donc de résistance face à la mondialisation capitaliste véhiculé par le « globish » et patrimoine de nos concitoyens, il est important de se défendre. Il en va du salut du français mais aussi de l'ensemble de la diversité linguistique. Dans cette optique, quelques parlementaires lucides et courageux – Mme Jacqueline FRAYSSE, MM. Jean-Jacques CANDELIER, Patrice CARVALHO, Gaby CHARROUX, André CHASSAIGNE, Marc DOLEZ ont fait une proposition de résolution, enregistrée à la Présidence de l’Assemblée nationale le 4 février 2013, tendant à la création d’une commission d’enquête sur les dérives linguistiques actuelles en France, et chargée de proposer des mesures de défense et de promotion de la langue française.

Vous pouvez trouver l’intégralité de cette proposition ici. 

Et la soutenir en poussant au cul votre député !

Vous trouverez son adresse là :

 

BANZAIE ! (c'est pas de l'anglais!)

Septidi 27 ventôse 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Quelles sont les lettres que l'on boit au petit déjeuner ?
Réponse: K.K.O.