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08/11/2012

Jallatte : bienvenue chez les vautours de la mondialisation.

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Tè ! Je vais vous parler d’une entreprise locale, autrefois fleuron industriel des Cévennes, victime de la mondialisation et de l’incompétence alliée à la rapacité d’un fond de pension.

 

Jallatte, à St-Hippolyte-du-fort, était une entreprise brillante, leader en France de la chaussure de sécurité. Son fondateur, Pierre Jallatte était un de ces hommes rudes, droits, altruistes, justes, sorti du moule de ces Cévennes qui ont données tant d’hommes et de femmes indomptables. A la sortie de la guerre, il a repris le petite entreprise familiale qui fabriquait des galoches – ces erzats de chaussures à semelle bois et tige en matière indéfinissable que portaient tous les petits français pendant la guerre! Pierre Jallatte fait un voyage aux Etats-Unis et, à son retour, transforme complètement la petite entreprise en se lançant sur un secteur porteur : les chaussures de sécurité de haut de gamme. Sous sa direction éclairée, l’entreprise a compté jusqu’à 700 personnes, produisant pour les entreprises des milliers et des milliers de chaussures de haute qualité.

 

En 1983, l’entreprise connait des difficultés. Elle est reprise par un fond d’investissement à majorité italienne. Qui dit fond d’investissement dit profit à deux chiffres exigé et donc délocalisation. Ces vautours font donc main basse sur le savoir-faire et le carnet de commande de Jallatte et…délocalise en Tunisie l’essentiel de la production tout en changeant l’orientation de celle-ci, en faisant de la chaussure bas de gamme. Ne reste à St-Hippolyte-du-fort que le montage d'un relicat de chaussures haut de gamme, les tiges arrivant de Tunisie. Après plusieurs soubresauts se traduisant par autant de « plans sociaux » et grâce à une forte mobilisation locale et une mise de fonds de 9 millions des collectivités territoriale, l’entreprise survit à St-Hippolyte-du-fort, mais avec un effectif drastiquement réduit à 130, 150 personnels.

 

Le choix de la délocalisation et le positionnement en chaussures bas de gamme ont été des erreurs stratégiques : le bas de gamme, même produit en Tunisie par des personnels payés avec quelques poignées de figues, s’est trouvé concurrencé par des produits équivalents fabriqués en Chine par des quasi esclaves. Le groupe Jal (110 millions de C.A., 5000 employés) a perdu, en 4 ans 63 millions d’euros. Sur ces pertes abyssales, l’établissement de St-Hippolyte-du-fort n’a perdu « que » un peu plus d’un demi-million, soit 1% des pertes du groupe. Résultat, la direction du groupe a décidé un nouveau « plan social » (doux euphémisme pour dire qu’on vire à la rue des salariés !) : 58 suppressions d’emplois sur 133 personnels.

 

Voilà, ce n’est qu’une petite histoire locale des « bienfaits » de la mondialisation.

 

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Ah ! J’oubliais : le 8 juin 2007, Pierre Jallatte,  apprenant que la majorité des ouvriers de « son » usine serait licenciée, s’est suicidé…

 





Sextidi 16 Brumaire 221


Photos X - Droits réservés

18/04/2012

Oui, il est possible de dire merde au FMI et à la mondialisation rapace !

 

 

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L’Argentine et l’Islande le prouvent avec éclat.

 

 

L’Argentine, écrasée par ces organisations cupides (FMI, OMC, Banque mondiale, etc.) à la solde des banksters et des multinationales mafieuses yankees, a retrouvé le chemin de la croissance et du bonheur national brut en rejetant brutalement les diktats de cette mondialisation nuisible. Et elle continue à reprendre en mains son destin et ses ressources en expropriant la compagnie pétrolière YSF, filiale de la multinationale espagnole Revsol. Raison de cette décision : stratégie de désinvestissement de cette compagnie et reprise de ses ressources.

 

 

En Islande, laminée elle aussi par les banksters internationaux, le peuple a fait démissionner un gouvernement au grand complet. Les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé, à l’issue de deux référendums, de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques en Grande Bretagne et en Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière. Et, cerise sur le gâteau, elle a mis en taule ces banquiers gangsters ainsi que quelques politicards complices ! Résultat, ce pays a renoué avec la croissance, les investisseurs sa pressent à ses portes et elle s’apprête à proclamer une nouvelle constitution basée sur la démocratie la plus directe possible, où les citoyens ne signent pas un chèque en blanc à des représentants élus, où toutes les informations sont à la disposition du public, où une enquête sur les décisions du gouvernement peut être demandé par un tiers des élus du parlement, où 2% des électeurs peuvent soumettre une question au Parlement et un projet de loi peut y être déposé s’il est soutenu par 10% des électeurs. Cette constitution véritablement révolutionnaire (dont on parle bien peu dans les canards laquais) sera soumise à référendum en juin.

 

Alors ? « there is no alternative » qu’ils disent les ultralibéraux qui nous pressurent. Eh bien si il y a des alternatives ! Ces deux pays - un très grand et un petit – le prouvent.

 

Alors François, on y va ?

 

Décadi 30 germinal 220

 

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