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01/11/2016

Au bistro de la toile : Vive la MORT pour que triomphe la VIE !

chimulus bistro copie.jpg

Balzac : « Le comptoir d'un bistro est le parlement du peuple ».

 

- Dis Victor, c'est "Toussaint", ou le « Jour des Morts », je sais plus... Mais pourquoi il n'y a pas le Jour des Vivants ?

- Bonne question Loulle. Mais on devrait plutôt dire le Jour des Nés. Parce que la mort n'est pas le contraire de la vie, mais l'opposé de la naissance. La mort et la naissance sont les deux faces, absolument indissociables et totalement complémentaires, de la vie. Mais il y a un tabou sur la mort, qui est pourtant l'une des deux choses les plus importantes de l'existence, avec la naissance.

On confond la mort avec l'image évidemment peu ragoutante du mort, du « corps » comme disent les professionnels pour ne pas dire cadavre. Ça fait peur, c'est laid, ça pue. On l'occulte la mort, on voudrait la zapper, on en fait un concept abstrait. Les vieux, avant, ils « passaient » chez eux, comme dans la chanson d'Aznavour. Moi je me souviens de ma grand-mère. Toute la tribu était là. Et nous, les gosses, aussi. L'oncle Gus disait :  « Ah ! Elle « ramasse » (pour dire que les mains de l'aïeule s'efforçaient maladroitement de remonter les draps). C'est le froid de la mort qui la prend...». Le angoisses ultimes doivent être plus douces entourées de de gens qui vous aiment… Maintenant, on crève seul à l'hôpital…

Le problème, c'est qu'on a fait de la mort la représentation du mal, de la cruauté, de la barbarie… Et que les religions en ont fait leur fond de commerce pour terroriser puis manipuler les pauvres crétins qui « ont la foi ».

- C'est vrai ça. Tè, c'est à vous dégoutter de mourir…

- Qu'est-ce que la mort ? D'abord, c'est un phénomène inéluctable : il n'est rien qui ne naisse et qui ne meure pas un jour. C'est déjà suffisant pour en faire un événement parfaitement naturel, voire banal, absolument intégré dans le cours des choses. Écoutons ce qu'en disait Épicure, ce philosophe Grec de la joie de vivre : « Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d’horreur, la mort, n’est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n’est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n’existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu’elle n’a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. »

- C'est pas kon comme raisonnement. Mais enfin, on a le temps…

- Le temps. Voilà le bon terme, Loulle : le temps. Naître, c’est entrer dans le temps ; mourir, c’est sortir du temps.

- Finalement, la vie n’est autre que le temps qu’on met à mourir !

mort,vie- T'es un sage Loulle ! Tè, mets ma tournée. La mort est absolument indispensable à la vie. Notre corps, notre viande est faite de milliards de cellules qui meurent « de notre vivant » pour être remplacées par des cellules neuves ! Elle abrite et cohabite avec des milliards de bactéries indispensables à sa bonne marche, qui naissent, vivent et meurent. Notre barbaque pensante est donc « morte » plusieurs fois dans une vie.

Et puis Loulle, l'antidote au cercueil, c'est le berceau ! Thanatos et Eros. Tout ce qui vit ne pense qu'à une chose : niquer, baiser, forniquer frénétiquement pour créer la vie ! Le plaisir, la jouissance est la récompense et surtout l'aiguillon qui fait que les sexes opposés se cherchent, se choisissent et s'éclatent dans la jouissance. Jouir, Loulle. La vie est faites pour jouir car c'est la survie de toutes les espèces qui en dépend. Après avoir copulé, le mâle peut crever : il a fait son œuvre. Quant à la femelle, la vraie porteuse de vie, elle devrait être vénérée, mise sur un piédestal.

- D'accord pour le piédestal Victor, mais alors assez haut pour qu'elle ne puissent pas en descendre trop facilement pour nous les briser. Donc, c'est un bonne chose qu'on ne soit pas « immourable » comme disait Bert.

- Bien sûr. Non mais t'imagine le foutoir s'il l'on ne mourrait plus ? Si toutes les créatures ne mourraient plus...tout en se reproduisant ? Les humains mais aussi les animaux, la végétation ? Sans la mort, c'est la planète qui serait condamnée à mort !

L'écrivain de Nyons Barjavel a écrit un roman formidable, « Le grand secret »: un savant indien a mis au point le JL3, un sérum d’immortalité stoppant le vieillissement et supprimant la vulnérabilité aux maladies chez tout être vivant. Le JL3 se montre par ailleurs contagieux et pouvant se transmettre par voie respiratoire. Il en résulte une menace terrible sur l'humanité tout entière.

- ...teng ! L'immortalité contagieuse. Fallait y penser.

- Sans la mort pas d'évolution possible : tout ce qui vit serait figé dans une forme fixe et rigide. Sans la mort pas de créativité, pas de découverte, pas d'émerveillement et pas de spontanéité. Et puis Loulle, t'imagine d'être condamné à l'immortalité ? Obligé de vivre éternellement ? Qu'est-ce que tu foutrais ? Tu ne te lèverais pas le matin pour ouvrir ton rade : pas besoin de marner, tu serais « immourable ». Tu procrastinerais de longue ! Tu renverrais tout ce qui te coûterait quelque effort aux calendes grecques. Apprendre, se cultiver ? On verra dans deux siècles. Tu deviendrait rapidement inculte, imbécile, taré, bon à rien. Et tu t'emmerderais comme...un rat mort. Pour l'éternité !

- C'est vrai que l'éternité, c'est long…

- Surtout les derniers temps, comme dit Woody Allen ! Tè, on en a fait une chanson, à l'Académie des Amoureux de l'Aïoli :

« Quand on est mort, faut s'donner du bon temps.

L'éternité c'est long, surtout les derniers temps

Quand ils font la Fête, la-haut, au paradis :

Jésus avec sa croix, leur monte l'Aïoli ! »

- Ah ! Elle est bonne Victor. T'as encore un bel organe ! Tè, je mets la tournée du patron. Mais dis-moi, les cagoulards, quand ils nous parlent de « la résurrection des morts », il ne se foutraient pas un peu de notre gueule, non ?

mort,vie- Complètement. Non mais t'imagines, tu ressuscites et tu retrouves ta belle-mère qui t'a toujours gonflé les aliboffis ; tu retrouves le mec que t'avais baisé sa femme, même que c'est pour ça que t'es mort, qu'il t'a foutu un coup de fusil ? Et ils vont habiter où ces milliards de types et de typesses, de tous les âges. Des études disent que le nombre total d'humains ayant vécu sur Terre dans tous les âges serait de 108 milliards. Alors tous ensemble sur cette Terre, t'imagines...

- Ils mangeront peut-être, mais ils devront manger debout ! Ils n'auront même pas la place pour s'assoir !

- Et ils vont se tirer une bourre pas possible. Tiens, les politicards par exemple : Napo se chicornerait avec Jules César tandis qu'Alexandre-le-grand remettrait le couvert avec Darius ou Gengis Khan. Oh ! le bordel !

- Fatche ! T'as raison. Donc, Vive la mort ! Mais enfin Victor, tout de même, on a le temps.

- On a encore le temps de sécher quelques barriques j'espère. Et puis fais gaffe Loulle : si tu meurs, je te tue !

Merci au regretté Chimulus et photos X - Droits réservés

 

31/10/2016

Tousseins: Trinquons avec la Camarde !

 

Buveurs pour net.jpg

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 Menez ma viande sur le plateau de Sault

 Dans la lavande faites tremper mes os

 Macérez bien ma queue et mes neurones

 Dans un bon vin de la Côte du Rhône.

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

Vous tirerez un demi-muy de gnole

 Du jus de vie, d'humour, de gaudriole

 Puis faites-y macérez mes couillons

 Ça donn' un goût qui plait aux vignerons.

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

Vous me ferez reposer à la cave

 Entre un Bonneau et un blanc de chez Chave

 Comme voisin mettez-moi du Lirac

 Du Châteauneuf ou même un bon Paulhac

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 Vous me boirez, ça ne fait aucun doute

 Et m'aimerez jusqu’à l'ultime goutte

 Quand vous trouss'rez les bell's de votre temps

 C'est un peu moi qui prendrais du bon temps !

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

Illustration originale Moi

 

 Et puis écoutez donc Tonton Georges !

 

31/12/2014

Au bistro de la toile : éloge non-funêbre.

 

 

chimulus bistro copie.jpg

 

- Oh ! Loulle, je t'aime bien. Et toi aussi L'Anguille, et toi aussi Gaby, et toi aussi Thomas, et toi aussi Dédé, et toi aussi Michel, et toi aussi Hube, et toi aussi Jacques, et toi aussi Antonio, et toi aussi Momond...

 

- Bè... Nous aussi on t'aime bien Victor. Mais qu'est-ce qui nous vaut ce débordement d'affection ? C'est la proximité du Jour de l'An ?

 

- Non, Loulle, mais hier, je suis allé à la cuisson d'un vieil ami à moi, photographe de presse hors du commun. Et à cette occasion, j'ai retrouvé une palanquée de plumitifs et de photographes avec lesquels j'ai écrit mes premières konneries... Alors on a fait les « anciens combattants », on a fait revivre une époque révolue, on a chatouillé la nostalgie et elle nous a bien fait rigoler ! On a évidemment encensé notre ami parti, puis on a bu des canons... Putaing, Loulle, qu'est-ce qu'on a comme qualités quand on est mort ! Et on a trouvé très kon de ne se retrouver que dans des circonstances dramatiques.

 

- Ah ! Ça, c'est bien vrai...

 

- Alors ça m'a donné une idée Loulle.

 

- Ah ! Ah ! Accouche Victor, le temps que je mette la tournée du patron.

 

- Eh bien voilà. Je vous propose que, de temps en temps, l'un d'entre nous, piliers de cet antre de perdition si chaleureux, meure. Et qu'on lui fasse de belles non-funérailles.

 

- Eh ! Oh ! T'es kon ou quoi ? Tu trouveras pas beaucoup de volontaires...

 

- Qu'il meure, mais virtuellement, bougre de nifle ! Alors on enverrait un faire-part de non-décés à tous ses vieux amis. On mettrait...tè, par exemple pour moi, Loulle :

« Nous avons la non-douleur de vous faire connaître le non-décés de notre cher Victor Ayoli, non-survenue hier. Les non-obsèques de notre ami auront lieu mercredi 7 janvier à l'heure du premier apéro au Bistro de la Toile.

C'est son grand ami Loulle qui fera son éloge non-funêbre. Votre présence, si vous le pouvez, serait appréciée. »

 

Alors tu me ferais un bel éloge non-funêbre dans lequel tu me trouverais, ou tu m'inventerais plein de belles qualités. Puis on ferait un gueuleton du tron de dieu ! On picolerait, on chanterait des chansons à boire et des chansons de cul, puis on irait aux putes ! Qu'est-ce que vous en dites les mecs !

 

- Oh ! Fatche ! Ça c'est une idée qu'elle est bonne !

 

- Bon alors, banco. Tè, je non-meurs tout de suite ! Et tournée générale patron ! C'est le non-mort qui paie !

 

Illustration: merci à Chimulus

 

* * * * * * * * *

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26/06/2014

Au bistro de la toile : la peine de mort est rétablie...

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- T'as vu, Victor. Il a été acquitté le toubib qui a tué sept personnes...

 

- J'ai vu Loulle. Et ça me glace d'effroi. Ce type était mu par quoi ? La compassion ? La méchanceté ? L'altruisme ? Le vice meurtrier ? La cupidité ? La dépression ? Le souci de rentabiliser les lits ? Tout est ouvert.

 

- Mais il a été non seulement blanchi mais acquitté. C'est-à-dire que les jurés ont estimé que ses actes ne sont, en aucune manière, répréhensibles. Ça veut dire quelque chose toute de même ! D'autant plus que ça va dans le sens général puisqu'un sondage vient parait-il de montrer que 9 Français sur 10 sont favorables à l'euthanasie.

 

- Nous sommes au siècle du spectacle, Loulle. L'affect populaire est modulé par la télévision, c'est-à-dire par le degré zéro de la culture. Ce jury a jugé non par la raison mais par l'émotion. Et les 90% de sondés qui acceptent le rétablissement de la peine de mort – parce que c'est de ça qu'il s'agit – confondent la compassion altruiste avec une sensiblerie pleurnicharde. Eh ! Oh ! Le « bon » docteur Casabuena, Goodhouse, Iyiev, Guthause, Buenhogar ou tout ce que tu voudras, il a tout de même tué volontairement et sciemment, malgré ses dénégations concernant son « intention de tuer ». Il a injecté du CURARE – substance létale du cocktail de poisons des tueurs légaux étazuniens – la nuit, en catimini, à des personnes qui n'ont JAMAIS demandé à mourir. Á des personnes très, très vulnérables venues en milieu hospitalier pour chercher une guérison, au moins un espoir. Et il les a tués, sans concertation avec des collègues, sans même en prévenir la famille ! Ce type – par ailleurs fragile mentalement - est sorti sous les applaudissements ! Et les jurés, comme les applaudisseurs peuvent encore se regarder dans la glace ?

 

- Ils ont pensé à la souffrance des pauvres gens dans les angoisses ultimes de l'agonie.

 

- Allons, allons. Sensiblerie. Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, la justice populaire a statué sur la mise à mort des malades, des comateux, des vieux, des handicapés, des trop malades. Bientôt, sous Marine par exemple, pourquoi pas des trop moches, des trop bronzés, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. Á la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli.

Le jugement de Pau fera jurisprudence. Il donne à une corporation – les médecins – qui se croit déjà au-dessus des lois, le droit de vie ou de mort sur des personnes en état de souffrance et de vulnérabilité extrême. Il s’agit ni plus ni moins du rétablissement de la peine de mort mais décrétée non pas par un jury populaire et des juges professionnels, mais par un collège de toubibs et de personnes de l’entourage du « patient » ! La porte ouverte à toutes les magouilles ou les intérêts les plus sordides le disputeront à la vraie compassion.

 

- Oui mais si le mourant a, lorsqu'il était lucide, demander la mort assistée et douce plutôt que la souffrance ?

 

- Oh ! Loulle, en finir avec la vie, c'est facile d'en parler lorsqu'on est en bonne santé, fort et un peu bravache. C'est probablement différent dans les angoisses ultimes, non ? Et puis, cette mise à mort légale, est-ce à la demande du malade ou à celle de sa famille, de son entourage ? Il faut se méfier de ce premier réflexe qui se veut altruiste et compassionnel : abréger les souffrances du malade en accédant, voire en lui suggérant de mettre fin à ses jours.

 

- Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?

 

- La loi Léonetti est une bonne loi. Encore faudrait-il l'appliquer. Il existe des moyens de rendre les derniers instants dignes et apaisés. Encore faut-il que le monde hospitalier se donne les moyens de ces indispensables soins palliatifs. Ce qui compte, avant tout, c’est d’abattre la souffrance, pas de tuer le souffrant. Seulement ça coûte des sous. Beaucoup de sous. Et des sous, y en a pas...

Derrière tout ça, Loulle, il y a des calculs trop sordides pour qu'on les laisse apparaître au grand jour. C'est le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu.  Une journée d'hôpital coûte cher à la collectivité, donc en ces temps d'austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu'ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

 

- Putaing. C'est pas drôle tout ça. Tè ! Je préfère encore ne pas mourir ! Á la nôtre de santé !

 

 

Septidi 7 messidor 222

Illustration : merci à Chimulus

 

11/11/2013

11 novembre… La mort industrialisée et la konnerie triomphantes

 

 

 

 

guerre,mort,connerie


 La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

La guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

La guerre, c'est le bruit des explosions, le cliquetis rageur des tirs, le sifflement menaçant des balles qui ricochent autour de vous.

La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver. C'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une roquette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

La guerre, c'est de la merde.

 

Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se le faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante ; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits étaient pleins de fêtards…

 

Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et…amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les cranes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, la France d’en-bas s’étripait avec l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

 

La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les « pauv’cons » se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui envisage sans vergogne de s’allier aux collabos du F.Haine

 

 La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson qui marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

 


VictorAyoli

 

poilus 14 18.jpg


 

 

La chanson de Craône

 

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

 

- Refrain -

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

 

- Refrain :

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur l'plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau

 

http://www.youtube.com/watch?v=5_Oxk83vDfg



Primidi 21 brumaire 222

 

Illustrations X – Droits réservés

 

02/11/2013

Si je meurs, je veux qu'on me distille !

Buveurs copie.jpg

 

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

 Menez ma viande sur le plateau de Sault

 Dans la lavande faites tremper mes os

 Macérez bien ma queue et mes neurones

 Dans un bon vin de la Côte du Rhône.

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

Vous tirerez un demi-muy de gnole

 Du jus de vie, d'humour, de gaudriole

 Puis faites-y macérez mes couillons

 Ça donn' un goût qui plait aux vignerons.

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

Vous me ferez reposer à la cave

 Entre un Bonneau et un blanc de chez Chave

 Comme voisin mettez-moi du Lirac

 Du Châteauneuf ou même un bon Paulhac

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !

 

 

 Vous me boirez, ça ne fait aucun doute

 Et m'aimerez jusqu’à l'ultime goutte

 Quand vous trouss'rez les bell's de votre temps

 C'est un peu moi qui prendrais du bon temps !

 

 

 Si je meurs, je veux qu'on me distille

 Ma liqueur embaumera la ville

 Chaque année mes enfants ébahis

 Dirons : Putaing, Papé a bien vieilli !



Duodi 12 brumaire 222


Illustration originale

 

 Et puis écoutez donc Tonton Georges !


31/10/2011

C'est de saison: j'ai fait mon testament...en chanson!

 

 

distillerie chartreuse.jpg

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

Menez ma viande sur le plateau de Sault

Dans la lavande faites tremper mes os

Macérez bien ma queue et mes neurones

Dans un bon vin de la Côte du Rhône.

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

Vous tirerez un demi-muy de gnole

Du jus de vie, d'humour, de gaudriole

Puis faites-y macérez mes couillons

Ça donn' un goût qui plait aux vignerons.

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

Vous me ferez reposer à la cave

Entre un Bonneau et un blanc de chez Chave

Comme voisin mettez-moi du Lirac

Du Châteauneuf ou même un bon Paulhac

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

Vous me boirez, ça ne fait aucun doute

Et m'aimerez jusqu’à l'ultime goutte

Quand vous trouss'rez les bell's de votre temps

C'est un peu moi qui prendrais du bon temps !

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

Décadi 10 Brumaire 220

 

Photo X - Droits réservés

12/02/2011

L'amour, la mer, la mort...

 

 

C'est un homme normal, c'est un monstre ordinaire,

Deux jumelles jolies, problème avec la mère,

Alessia et Livia sont ses filles chéries,

Elles sont tout pour lui, ses yeux, son cœur, sa vie

Alors il les emmène, un matin, en voyage

Vers le Sud, le soleil, la mer, les coquillages.

C'est le soir, à Marseille, ils prennent le bateau

Vers l'île de beauté que l'on verra bientôt.

Le soir, au restaurant, c'est un repas de fête,

Papa est rigolo, les vacances c'est chouette.

Plus tard, dans la cabine, il fait chaud. « - Vous venez

Mes chéries, sur le pont, on monte respirer.

Tenez, buvez d'abord cette tisane chaude.

- Ah ! Papa, c'est amer. - Mais pas du tout nigaude ! »

On monte sur le pont. Epaisse et froide nuit.

Immensité liquide, vent mauvais, peur et bruit.

« J'ai peur papa, rentrons, j'ai sommeil, je m'endors...

Moi aussi, je suis mal, je suis mal, c'est la mort... »

Livia tombe endormie, Allisia fait de même

Papa les jette à l'eau. Bien sûr, puisqu'il les aime...

Il les aime, il les tue. Alors, où est le mal ?

C'est un monstre ordinaire, c'est un homme normal...

 

*********************

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !

Quartidi  24 Pluviose 219 de l'ère de la Liberté


20/01/2011

Euthanasie : la mort doit se plier aux lois du marché !

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La radio qui me réveille, ce matin m’a filé la rabia : elle parlait sur un ton de dégueuli bien-pensant de la commission Tartempion qui « avance positivement sur le sujet délicat de l’euthanasie ». Autrement dit de la prise en charge par l’Etat de la mise à mort de certains individus. On donnerait à un quelconque « comité d’experts », si honorable soit-il le droit de vie ou de mort ? Non mais ça va pas la tête ! Les bobos qui défendent cette thèse de l’assassinat assisté se drapent dans l’idée altruiste du droit à la « mort dans la dignité ». Sombres connards ! Y-a-t’il de la dignité dans la main de celui ou celle qui enfonce la seringue de la piqûre qui tue le malade qui souffre mais qui VIT ? Y-a-t’il de la dignité dans la main de celui ou celle qui enfonce la seringue de la piqûre qui tue le condamné à mort dans une prison-abattoir du Texas ? Pareil…

 

Robert Badinter – une voix autorisée s’il en est - estime que « le droit à la vie est le premier des droits de l’homme », ce qui constitue « le fondement contemporain de l’abolition de la peine de mort ». Quant à l’idée d’un comité d’experts qui serait chargé de se prononcer a priori sur l’opportunité d’une euthanasie dans des cas exceptionnels, notamment suggérée par le député Gaëtan Gorce (PS, Nièvre), le sénateur l’a catégoriquement rejetée : « Je ne conçois pas qu’un comité, aussi honorable soit-il, puisse délivrer une autorisation de tuer », a-t-il dit.

 

Quant à ce prétendu « droit à l’euthanasie », comment passer outre aux inévitables abus qui, forcément, arriveraient, comme des meurtres « légaux » bien rémunérés ? Comment avoir l’assurance que le paralysé ou le « légume » souhaite vraiment en finir ? Nous faire croire que tout cela serait parfaitement clair et transparent revient à se foutre ouvertement de la gueule du monde ! Ce qui est effrayant, c’est que beaucoup applaudissent une telle idée, dite « progressiste » et profondément « humaniste ». 

 

Tè ! Fumes…C’est tout simplement la logique du capitalisme ultra libéral le plus violent et cynique qui est derrière ce « progrès ». Point de « dignité » la dedans sauf pour les naïfs. Si on se décide aujourd’hui à débrancher les assistés, c’est parce qu’ils coûtent trop cher ! En fait, seuls les pseudos humanistes et les médias de masse (mais les deux collaborent) croient encore que cela est fait pour le bon plaisir des malades, alors que cela est leur plus grande crainte ! Dans la catégorie « idiots utiles du capitalisme », les bobos bien-pensants figurent en bonne place. Au bal des couillons, ils seront à l’orchestre !

 

Dans la logique capitaliste ultra libérale, les vieux sont des inutiles qui coûtent chers. Il faut donc les traiter comme des « encombrants ». Et tout faire pour s’en débarrasser au plus vite :

 

- De façon vicelarde : on fait en sorte qu’ils se sentent exclus, inutiles, pesants pour leur descendance et la société de façon à ce qu’ils se foutent en l’air eux-mêmes.

 

- De façon systématique : les hôpitaux et maisons de retraites ne voient pas leurs budgets bouger en rapport avec leurs besoins ; sans oublier la consigne tacite de ne pas se décarcasser pour mettre tout en œuvre pour sauver la vie d’un vieux.

 

- De façon organisée, vicieuse et cynique avec la réforme des retraites. Effectivement, les gens devront travailler plus longtemps, même ceux pratiquant un travail pénible et ainsi - en toute logique - se fatiguer plus vite. Pas besoin de trop réfléchir pour se rendre compte que l’unique objectif est de faire mourir les pauvres rapidement ! Vous allez vous dépêcher de crever, salauds de pauvres ! Merde, aujourd’hui, la vie doit se plier aux lois du marché !

 

Je vous ai souvent parlé, et peut-être un peu gonflé, avec le film « Soleil vert » dans lequel les vieux recevaient, à partir d’un certain âge, une convocation pour être « euthanasiés ». Avec plus ou moins de « douceur » et de « dignité » selon leurs moyens. Trouvez-en le DVD (il existe, je l’ai acheté sur un marché) et vous réfléchirez. Et puis lisez aussi le bouquin de Jean-Michel Truong « Eternity Express » (Albin Michel et Pocket) sur l’avenir des retraités eux aussi « délocalisés » par la logique ultra libérale…

 

Allez,

 

A diables !

 

Merci à Philippe Tastet pour l’illustration  

**********

 

Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

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Primidi 30 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

01/11/2010

J'ai fait mon testament

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Testament

 

de Jean-Victor Joubert de Mairdre

Grand Bramaïre de l'Académie des Amoureux de l’Aïoli

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

Menez ma viande sur le plateau de Sault

Dans la lavande faites tremper mes os

Macérez bien ma queue et mes neurones

Dans un bon vin de la Côte du Rhône.

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

Vous tirerez un demi muy de gnole

Du jus de vie, d'humour, de gaudriole

Puis faites-y macérez mes couillons

Ça donn' un goût qui plait aux vignerons.

 

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

Vous me ferez reposer à la cave

Entre un Bonneau et un blanc de chez Chave

Comme voisin mettez-moi du Lirac

Du Chateauneuf ou même un bon Paulhac

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

Vous me boirez, ça ne fait aucun doûte

Et m'aimerez juqu'à l'ultime goutte

Quand vous trouss'rez les bell's de votre temps

C'est un peu moi qui prendrais du bon temps !

 

Si je meurs, je veux qu'on me distille

Ma liqueur embaumera la ville

Chaque année mes enfants ébahis

Dirons : Putain, Papé a bien vieilli !

 

31/10/2010

Toussaint... « Si tu meurs, je te tue ! »

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Et si on réfléchissait un peu sur la mort, cette curiosité, et ce que son appréhension à suggéré à ce « curieux poulet sans poil » qu'est l'Humain ? J'ai essayé de m'y frotter dans une saga préhistorique que j'ai commise il y a quelques années... Ça se passe à la charnière entre le paléolithique supérieur, celui des artistes de Lascaux, et le néolithique porteur de malheur. Au moment où l'homme devint con...

(...)

- Il y a bien longtemps, s'exprime à son tour Elor-Hans le sorcier Félobre, la grande Terre-Mère vivait, tremblait, se convulsait en montagnes de feu, en gouffres d'eaux, en infinis de neige. Et personne n'était là pour le voir et surtout pour le savoir. La terre était peuplée d'animaux qui naissaient, copulaient, se reproduisaient et crevaient. Sans se poser de problèmes.

Heureux ! Puis est tombé sur un drôle d'animal - nous - une calamité : il a pris conscience qu'il existait, qu'il vivait.

Et donc qu'il devrait un jour ou l'autre mourir... De là est née l'angoisse. La terrible angoisse de l'Après. Pour combattre cette angoisse, le malheureux animal humain, désormais conscient de sa terrible condition, a tout de suite perçu une attraction instinctive, irréfléchie, imprécise vers quelque chose d'inaccessible qui le dépasse totalement : l'obscure appréhension, le vague pressentiment qu'il existe ailleurs, en haut, très haut, très grand, un ordre des choses infiniment supérieur à lui et vers lequel il est impulsivement enclin à se soumettre s'il veut donner un sens à sa vie, s'il veut se libérer de son angoisse, s'il veut accepter sa condition humaine. L'angoisse de la mort lui a fait inventer la religion et avec elle tout ce qui organise

la société des hommes. Pour nous, c'est l'harmonie de la Terre-Mère que nous appelons Gha-Yah et l'intégration de l'humain dans la nature parmi les autres créatures et au même titre qu'elles. C'est ce qui nous fait respecter les animaux et les plantes qui nous donnent leur vie pour perpétuer la nôtre. C'est ce qui nous fait respecter la vie, la liberté des autres humains

tant nous avons besoin les uns des autres. C'est ce qui nous fait vivre en communauté pour affronter ensemble la dureté de l'existence. C'est ce qui nous fait honorer et respecter les femmes qui portent et donnent la vie. C'est ce qui nous fait respecter et honorer nos morts lorsqu'ils rejoignent la Grande Terre-Mère. C'est ce qui fait que nous ne craignons pas la

mort car nous savons que notre esprit se fondra dans le Tout d'où nous sommes venus.

Pour d'autres, ce peut être autre chose.

- L'Homme, c'est pas toujours tout joli, ajoute Gaabhi en se grattant la barbe. Nous qui devons les aider à vivre au mieux ensemble, nous le savons... L'homme, il trimballe une bonne dose de cupidité, de méchanceté, d'agressivité. Avec, hélas, une certaine propension à humilier le vaincu, à dépouiller le faible, à jouir de le voir souffrir et crever. Mais toute cette

saloperie latente est mêlée aussi à un esprit d'aventure, à un goût du risque, à un besoin de se surpasser et de vaincre. Sans oublier, quelque part dans les replis de sa cervelle et de toute

sa viande, un besoin d'aimer, de protéger, de se sacrifier pour les autres parfois. C'est ça l'Homme. Faut faire avec. Mais ce dieu dont nous parle Thôrvig, ce Yahvzusla, c'est une belle crevure ! Qu'est-ce que c'est que ce dieu m'as-tu-vu et narcissique qui aurait créé les hommes uniquement pour se faire adorer ! Qu'est-ce que c'est que ce dieu mégalo, prétentiard

et sadique qui exige le sang des pauvres humains qui n'ont jamais demandé à être créés ! Qu'est-ce que c'est que ce dieu injuste, qui a ses favoris : les prêtres qui s'autoproclament

leurs représentants sur terre et ses souffre-douleur : les pauvres types qu'on lui sacrifie ! Qu'est-ce que c'est que ce dieu fourbe et combinard qui permet l'esclavage des hommes

et des animaux ! Moi je vais vous dire : ce dieu a été créé à leur image par des gens particulièrement stupides, méchants, trouillards, mesquins, cruels, prétentieux et vindicatifs. Ces gens, ce sont ces prêtres qui établissent leur toute-puissance sur l'obscurantisme, la soumission et la foi aveugle qu'ils imposent à cette société de terreur dont vient de nous causer Thôrvig. »

(...)

in « Les mammouths ne viendront plus » de Jean-Victor Joubert - chapitre 12

20/02/2009

Il nous reste combien de temps à vivre au juste ?

mondo cane.jpgTè ! Je vais un peu vous gâcher l’apéro… Hier soir, l’émission-déprime des deux bonnes femmes de France 2 nous a montré une face de l’avenir qui fait froid dans le dos. Sous le masque bienveillant, moderniste et altruiste de la recherche de la longévité humaine, on nous a fait effleurer le monde effrayant des OGM humains et des nanotechnologies. Puteng ! Ça promet !

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait le Grand Rabelais. Merde ! Il a fallu des milliards d'années pour en arriver là où nous en sommes, à ce degré d'évolution qui a permis l'apparition de la conscience humaine; et nous, en quelques décennies de « civilisation », on fout tout par terre avec des technologies à la con irrespectueuse non seulement de l'environnement mais de la vie même. Sommes-nous cons à ce point ? Sommes-nous suicidaires? Le confort moderne nous a-t-il anesthésié les boyaux de la tête ?

Il faut regarder les choses en face : la vie est en danger de mort. Jamais dans toute l'histoire de la planète on a vu, en si peu de temps, une telle hécatombe parmi les espèces animales et végétales. La biodiversité, toute la richesse de cette planète, en prend un sacré coup! Et les choses ne vont pas aller en s'arrangeant. Tout ce que nous connaissons va s'appauvrir, se rétrécir. Le monde va devenir petit. Les forêts primaires vont disparaître à jamais. En 2030, il n'en restera que de rares vestiges. Des communautés humaines ancestrales sont fauchées, victimes de la déforestation, et dans leur sillage leur connaissance directe du vivant libre. Comment vivrons-nous en 2030 ? Comme dans le fameux film « Soleil vert » ?

Eh ! Oh ! Victor, on te voit venir, tu vas nous gonfler avec le « réchauffement climatique » alors qu’on se gèle les aliboffis depuis trois mois… Alors lâche-nous les « moon-bbots » avec ça !

Chante coco ! Chante ! Ça durera pas. Si on se gèle les couilles, c’est AUSSI une conséquence du réchauffement. Si le gulf-stream se met à faire la sieste, on aura le climat du Canada, vu que Paris est à peu près à la latitude de Montréal ! La pollution de l'atmosphère est telle que la végétation et les océans ne sont plus capables aujourd'hui d'absorber l'excédent de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre. Résultat : le réchauffement climatique bouleverse le fragile équilibre, les cyclones dévastateurs se multiplient, la désertification augmente, le climat se dérègle à la vitesse grand V... Et ça va encore aller plus vite puisque les Chinois, les Indiens ou les Brésiliens sont aussi cons que nous et veulent rouler en voiture particulière, rejetant dans l'atmosphère ce qui reste de pétrole ! Bref on ne sait pas jusqu'à quel point la température va monter. Ce qu'on sait, c'est qu'il y a 250 millions d'années, 8 degrés seulement ont suffit pour anéantir 95% de la vie terrestre. Comme dit l’ami Paccalet, « L’espèce humaine disparaîtra ? Bon débarras… » Mais en attendant, elle lapinise l’espèce humaine ! Responsable des maux actuels infligés à la Terre, cette espèce-là pullule. Mais pour combien de temps ? Neuf milliards en 2050. Et après ? Ils mangeront peut-être, mais ils devront manger debout !

Est-il encore temps ? Avons-nous encore la possibilité de choisir quel monde nous voulons pour nos enfants et les enfants de nos enfants ?

C'est tout vu : nous voulons de l'herbe, des arbres, des fleurs, du vin, des bécasses à rôtir, des dorades, du miel, des canrds gras. Nous voulons des sourires d’enfants, des belles femmes pulpeuses, des oiseaux et toutes sortes d'animaux insolites ou familiers. Nous voulons un air pur pour voir le ciel avec ses étoiles qui nous murmurent que la vie existe forcement ailleurs. Nous voulons que la magie du vivant opère grâce au respect des lois de la nature. Nous ne voulons pas qu'elle soit définitivement détrônée par un monstre absurde nommé profit à tout prix.

Il nous reste combien de temps au juste ?

Amen (…moi à boire, ça m’a donné soif !)

02/11/2008

Tonton Georges et la mort

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Georges Brassens
LE FOSSOYEUR


Dieu sait que je n'ai pas le fond méchant,
Je ne souhaite jamais la mort des gens;
Mais si l'on ne mourait plus.
Je crèverais de faim sur mon talus...
Je suis un pauvre fossoyeur.

Les vivants croient que je n'ai pas de remords
A gagner mon pain sur le dos des morts;
Mais ça me tracasse et d'ailleurs.
Je les enterre à contrecœur...
Je suis un pauvre fossoyeur.

Et plus je lâchera bride à mon émoi.
Et plus les copains s'amusent de moi;
Y me disent: "Mon vieux par moments.
T'as une figure d'enterrement..."
Je suis un pauvre fossoyeur.

J'ai beau me dire que rien n'est éternel,
Je peux pas trouver ça tout naturel;
Et jamais je ne parviens
A prendre la mort comme elle vient...
Je suis un pauvre fossoyeur.

Ni vu ni connu, brave morte adieu!
Si du fond de la terre on voit le Bon Dieu.
Dis-lui le mal que m'a coûté
La dernière pelleté...
Je suis un pauvre fossoyeur.

08:47 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brassens, mort, poésie

29/10/2008

Putain de Camarde...

Putain d'existence... Je viens de revoir un courriel... Un de mes meilleurs potes vient de passer l'arme à gauche...

Je largue momentanément mes arpents de neige pour descendre à Châteauneuf du Pape.

Je lui ai fait un petit acrostiche:

Henri fut un seigneur de la gaieté de vivre
Elégant troubadour, maître du savoir-vivre
Ne refusant jamais une fête, un machon,
Racontant des histoires avec verve et passion
Inlassable organisateur de nos fêtes…
Emule de Bacchus, infatigable athlète,
Sa taille de Silène, sa face rubiconde
Toujours en mouvement, sa verve, sa faconde
Et sa voix de stentor, de chanteur d’opéra
Vainqueur et flamboyant, attirant les hourra…
Et puis surtout l’ami, serviable et sincère
Naturellement bon, solide comme un frère…
Imbécile Camarde qui t’enlève à tes proches
Nous ne t’oublierons pas, Henri, sacrée caboche…




A bientôt.

21:43 Publié dans actualités, poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : mort

27/02/2008

Plutonium, Plutôt nie Homme, Plus tôt gnôme…

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Je viens d’entendre Mme Lauvergeon, patronne d’Areva, dégoiser à France Inter son hymne à la joie nucléaire.

La championne du nucléaire s’est faite épingler en marge du dernier raout ultra libéral de Davos par l’obtention haut la main des « Public Eye Awards ». Ces prix sont décernés depuis quatre ans aux entreprises les plus irresponsables en matière sociale et environnementale. Ces « oscars de la honte » lui ont été décernés pour deux sites d’extraction d’uranium au Niger, exploités par Somaïr et Cominak (dont elle est actionnaire majoritaire). Des analyses effectuées par la Criirad ont révélé un haut niveau de contamination radioactive de l’air, de l’eau, des sols et des déchets entreposés à ciel ouvert. La gestion du personnel humain est tout aussi déplorable : insuffisance d’information des mineurs et des familles, négligences dans la décontamination, encadrement médical douteux. Selon un rapport de l’organisation de défense des droits humains Sherpa, « des médecins du travail de ces complexes miniers ont avoué avoir sciemment annoncé à des travailleurs souffrant de troubles liés à l’exploitation de l’uranium qu’ils sont atteints d’autres maladies graves, telles que le sida ou la malaria ».

Areva, c’est cette entreprise - brillamment représentée par la dite Anne Lauvergeon - que Sarko espère refiler à son pote Bouygue, et qui nous bourre le mout avec de superbes publicités dans les lucarnes à décerveler. C’est ce « fleuron » de l’industrie française que le même Sarko emmène dans ses bagages lorsqu’il va vendre du « nucléaire civil » - appelé aussi usines à bombes – dans les pays les moins fiables, généralement dirigés par de sordides dictateurs (son pote Kadhafi en autres). Cette entreprise a donc été tout aussi brillamment sacrée « entreprise la plus pourries du monde ».

Tiens, voilà un de mes poèmes de combat qui a largement contribué, en son temps, à faire prendre conscience aux vignerons des Côtes du Rhône des ravages que risquaient de faire la poubelle nucléaire qu’ils nous préparaient au bord du Rhône, à Marcoule:


« Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Non à la poubelle nucléaire
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Ton labo, Andra, on n’en veut pas
.

Voilà bien quarante ans qu'est tombé le Malheur
Dont le souffle puant se nourrit de nos pleurs,
Son nom d'alors était " Energie nucléaire ".
Sous son masque civil, elle était militaire.
Ce qu'On nous promettait, c'est l'Electricité
Qui moderniserait les bourgs et les cités;
Qui siestaient au soleil parmi la férigoule
A deux pas de Bagnols, sous la Dent de Marcoule.
Derrière elle pourtant se camouflait La Bombe
Effroyable Moloch, pourvoyeuse de tombes.
Les servants de l'atome jouaient à pleines orgues
Le grand air du Progrès, sûrs d'eux et plein de morgue,
Promettant aux crédules des villes et des champs
Opulence, bonheur et futur alléchant.
Leurs machines de fer éventrant nos garrigues,
Ils ont détruit nos vins, nos olives, nos figues.

« Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Non à la poubelle nucléaire
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Ton labo, Andra, on n’en veut pas.


Des terres étripées, des collines rasées,
Bientôt surgit l'Usine par l'Etat imposée
Elle jeta aux Veaux du foin et du travail,
Endormit leur bon sens, puis en fit des cobayes.
Nul ne se rebellait , car tous étaient repus,
Nul ne réfléchissait grâce à l'argent qui pue.
On déversa sur eux un prodigieux pactole,
Avec quoi ils bâtirent des routes, des écoles
Dans toute la vallée, des chantiers s'élevaient
Le béton, la ferraille et le goudron pleuvaient
Alors les Marcoulins, insidieusement
En confortant les Veaux dans leur aveuglement.
Mirent à leur profit la voie électorale,
Pour investir partout la chose communale.
Bientôt dans chaque bourg et dans chaque famille
Des hommes et des femmes, en franchissant les grilles
De l'Usine de Mort pour gagner leur pitance
Laissèrent au vestiaire bon sens et conscience.
Quand la population perdit tout sens critique
On appela cela « la culture atomique ! »

« Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Non à la poubelle nucléaire
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Ton labo, Andra, on n’en veut pas.


Culture de mensonge, de dissimulation,
D'achat des consciences, d'actions sans précautions.
On fit Géhun, Gédeux, Gétrois. On fit Phénix,
Merveille cocardière au pays d'Astérix
Qui devait nous donner enfin l'indépendance
Energétique et donc la Grandeur, la Puissance.
On fabriqua surtout beaucoup de Plutonium
Ce produit de l'Enfer, disons plutôt "Nie Hommes",
On fit de l'Uranium et autres noms en Ium
Des jouets pour savants atteints de délirium.
On en trouve partout, depuis les eaux du Rhône
Jusque dans les produits de l'ardeur vigneronne.

« Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Non à la poubelle nucléaire
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Ton labo, Andra, on n’en veut pas.


Mais le peuple s'en fou, endormi par le fric
Que dégueule à foison la mafia atomique...
« Pourquoi donc se gêner se dit-on en haut lieu
Personne ne dit rien, utilisons au mieux
Le site de Marcoule ! » Et donc ainsi fut fait.
Il y eu ça et là quelques cris étouffés
Faisant se goberger les sinistres canailles
Partisans des folies dites : "Rapport Bataille "
Un texte projetant d'implanter sous nos terres
Une terrifiante Poubelle Nucléaire.
On vit venir l'ANDRA, experte ès-mensonges
- Questionnez à La Hague ceux que le cancer ronge -
Comme il ne fallait pas effrayer le gogo
La terrible Poubelle fût baptisée "Labo"...
Bien sûr, ça fait moins peur, ça fait même coquet :
Quelques laborantines, pourquoi pas des bouquets !
Mais en fait, dans l'esprit des sinistres guignols,
Il s'agit d'enfouir au tréfonds de nos sols
Les déchets nucléaires les plus radioactifs,
Le danger absolu, sans fin, définitif,
Valant danger de mort pour tous nos descendants
Non pas pour cent années, mais pour trois cent mille ans !

« Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Non à la poubelle nucléaire
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Ton labo, Andra, on n’en veut pas.


En attendant d'avoir les autorisations
La mafia nucléaire conforte ses positions :
Elle installe Mélox : du plutonium par tonnes,
Elle fond du métal pollué par l'atome
Et brûle des déchets toujours radioactifs
Qui, partis en fumée, retombent sur nos pifs
Ainsi que sur les vignes de la Côte du Rhône...
Vignerons, en étant aujourd'hui inactifs
Qui donc boira demain vos vins radioactifs ?
Quelques vieux cancéreux tracassés des neurones ?

« Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Non à la poubelle nucléaire
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Ton labo, Andra, on n’en veut pas.


Honte sur ces élus à l'épais crâne obtus
Engraissés au dépend de leur pays vendu
Salauds aux fronts de bœufs vautrés dans un argent
Gagné sur le malheur et sur la mort des gens.
Parents, quand vos enfants, crevant de leucémie
Verront bien que vous êtes leur pire ennemi
L’œil de Caïn , sur vous, sortant de leurs yeux morts
Fera de votre vie un enfer de remords.

« Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Non à la poubelle nucléaire
Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira
Ton labo, Andra, on n’en veut pas.


Jean-Victor Joubert