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25/05/2015

Pentecôte à Nîmes, a las cinco de la tarde…

torero picasso.jpg

 

L’Humain - moi, toi, lui, nous – est vraiment un drôle d’animal. Une sale bête…

 

Il fait chaud. Très chaud. A las cinco de la tarde…

 

Les vieux gradins de pierres blondes des arènes de Nîmes sont garnis jusqu’au sommet d’une foule aux couleurs excessives. Sous un soleil excessif. Pour trembler, hurler, s’enthousiasmer, applaudir, haïr de manière excessive devant un spectacle excessif.

 

Un rituel ancestral codifiant le combat de l’homme et du dieu Mithra.

 

La corrida de toros.

 

Transcendée ou honnie.

 

A las cinco de la tarde…

 

Symboliquement, c’est le combat de l’homme et de la femme. Combat toujours perdu par l’homme.

 

L’homme, ici, c’est le toro, sa puissance brute, son courage insensé, ses charges désordonnée. La beauté de la force.

 

La femme, c’est le torero. Léger, aérien, si féminin dans son allure et ses attitudes. Opposant à la force l’intelligence, l’esquive, le leurre. La beauté.

 

Au centre du cirque, sous dix mille paires d’yeux, il y a un homme.

 

Une « danseuse » dit Cabrel qui n’a manifestement jamais vu l’œil d’un toro de près. Et un monstre mythique. Six cents kilos de force brute, de bravoure, de volonté de détruire tout ce qui s’oppose à lui.

 

Des deux, un seul sortira vivant. Et ce sera, presque toujours, l’homme. L’animal n’a jamais sa chance. C’est vrai. Combat inégal, certes, mais où l’homme risque toujours sa vie. Où son existence est suspendue à une erreur, une inattention. Où il frôle constamment la cogida, la blessure, le désastre, la mort.

 

On est là. Assis. Pétrifié par une attention insupportable. Tous nos sens tendus vers le ballet de mort qui se déroule à quelques dizaines de mètres.

 

Ambigüité de l’homme : on tremble pour le torero mais on sent pourtant monter, malgré tous les barrages de la civilisation, depuis les tréfonds cachés de notre personnalité, l’angoisse mais aussi quelque chose de moche, de sale : l’espoir honteux de la victoire du toro, de la défaite et du massacre de l’homme. Le dompteur mangé par le lion…

 

La corrida, c’est du sang, de la peur, de la violence, de la laideur, de la beauté.

 

C’est surtout la mort toujours présente. Appelée et rejetée. Cette mort que nos civilisations ramollies refusent de regarder en face. Fascinante et répugnante.

 

La corrida, c'est beau et obscène. Grandiose et pervers.

 

Comme la vie. Comme la mort.

 

Picasso disait : « Un bon dimanche, c’est le matin à la messe, l’après-midi à la corrida, le soir au bordel ! ».

 

 Photo X - Droits réservés

09/06/2014

Á Nîmes, aux arènes, a las cinco de la tarde…

corrida 1.jpg

 

 

L’Humain - moi, toi, lui, nous – est vraiment un drôle d’animal. Une sale bête…

 

Il fait chaud. Très chaud. A las cinco de la tarde…

 

Les vieux gradins de pierres blondes des arènes de Nîmes sont garnis jusqu’au sommet d’une foule aux couleurs excessives. Sous un soleil excessif. Pour trembler, hurler, s’enthousiasmer, applaudir, haïr de manière excessive devant un spectacle excessif.

 

Un rituel ancestral codifiant le combat de l’homme et du dieu Mithra.

 

La corrida.

 

Transcendée ou honnie.

 

A las cinco de la tarde…

 

Symboliquement, c’est le combat de l’homme et de la femme. Combat toujours perdu par l’homme.

 

L’homme, ici, c’est le toro, sa puissance brute, son courage insensé, ses charges désordonnée. La beauté de la force.

 

La femme, c’est le torero. Léger, aérien, si féminin dans son allure et ses attitudes. Opposant à la force l’intelligence, l’esquive, le leurre. La beauté.

 

Au centre du cirque, sous dix mille paires d’yeux, il y a un homme.

 

Une « danseuse » dit Cabrel qui n’a manifestement jamais vu l’œil d’un toro de près . Et un monstre mythique. Six cents kilos de force brute, de bravoure, de volonté de détruire tout ce qui s’oppose à lui.

 

Des deux, un seul sortira vivant. Et ce sera, presque toujours, l’homme. L’animal n’a jamais sa chance. C’est vrai. Combat inégal, certes, mais où l’homme risque toujours sa vie. Où son existence est suspendue à une erreur, une inattention. Où il frôle constamment la cogida,  la blessure, le désastre, la mort.

 

On est là. Assis. Pétrifié par une attention insupportable. Tous nos sens tendus vers le ballet de mort qui se déroule à quelques dizaines de mètres.

 

Ambigüité de l’homme : on tremble pour le torero mais on sent pourtant monter, malgré tous les barrages de la civilisation, depuis les tréfonds cachés de notre personnalité, l’angoisse mais aussi quelque chose de moche, de sale : l’espoir honteux de la victoire du toro, de la défaite et du massacre de l’homme. Le dompteur mangé par le lion…

 

La corrida, c’est du sang, de la peur, de la violence.

C’est la mort toujours présente. Fascinante et répugnante. Appelée et rejetée.

 

La corrida, c'est beau et obscène. Grandiose et pervers.

Comme la vie. Comme la mort.

 

Picasso disait : « Un bon dimanche, c’est le matin à la messe, l’après-midi à la corrida, le soir au bordel ! ».

 

Je suis aussi sanguinaire que Picasso : j’aime la corrida.

Je suis aussi nul que Montherlant : j’aime la corrida.

Je suis aussi débile qu’Hemingway : j’aime la corrida.

Je suis aussi crétin que Cocteau : j’aime la corrida.

Je suis aussi con que la majorité des habitants natifs de la Méditerranée, de Fréjus à Perpignan : j’aime la corrida.

Olé !

Et alors ?

 

Décadi 20 prairial 222

 

Photo X - Droits réservés

 

 

19/09/2010

Ouiquinde callipygo-gastronomique à l'occasion de la Féria de Nîmes

Fanny4.jpg

Fanny

 

La Fanny est serveuse au café des Platanes

Elle a de ces rondeurs que les dévots condamnent

Mais que les jouisseurs lorgnent avec désir

Tant elles sont promesses de joies et de plaisir.

 

Elle ondule parmi les joueurs de pétanque,

Ces acteurs naturels, ces presque saltimbanques,

Perturbe les tireurs, énerve les pointeurs,

Prive de leurs moyens ces superbes menteurs.

 

Sous l’effet ravageur de ses hanches qui roulent

Tous restent bouche bée et en perdent la boule

Parmi les équipiers, voilà la zizanie :

 

On s’insulte, on se crie, pour un point on s’encagne

On joue contre son camp, on joue à Qui-perd-gagne

Tous rêvent du Zéro… et de baiser Fanny !

 

Fanny3.gif

— Victor ! Tes pétanqueurs qui rêvent d’embrassades

En matant les rondeurs de la belle Fanny,

Ils devraient s’entraîner à faire la brandade,

Ça calmerait un peu leur érotomanie !

Voici comment la font, pour leur table éponyme

Serge et Wladimir, restaurateurs à Nîmes.

Pour réussir ton plat, éloigne les intrus,

Une nuit, à l’eau fraîche, dessale ta morue,

En six coups de hachoir frappés sur une planche,

Sans enlever la peau, en portions tu la tranches.

Tu la mets, à l’eau froide, dans un large faitout

Que tu lèves du feu quand le liquide bout,

Et tu laisses tremper dix minutes environ,

Le temps de te verser quelques petits canons.

Puis égoutte, essore, et lève les arêtes,

Dans une casserole, mets ta morue défaite,

Dès lors, tu vas chauffer l’ensemble au bain-marie.

A la cuillère en bois, à tour de bras, manie,

Ecrase la morue d’une main combative

En ajoutant du lait et de l’huile d’olive,

L’un et l’autre, tiédis, de façon mesurée

Pour obtenir enfin une lisse purée.

Cette crème doit être onctueuse et épaisse

Pour cela, il te faut branler fort, sans faiblesse.

Lorsque tu en es là, prends le temps de souffler,

Décontracte ton bras, laisse-le dégonfler,

Verse-toi volontiers un vin blanc des Costières

Et va faire un câlin avec la cuisinière.

Reprends ton appareil, oublie la rigolade

Si tu veux, comme un chef, réussir ta brandade.

Il faut la parfumer, la monter en saveur.

Elle doit embaumer pour chavirer les cœurs.

Ecrase, au mortier, une gousse d’ail blanc,

Râpe un peu de muscade — excellent stimulant ! —

Un zeste de citron que finement tu haches,

Un peu de poivre blanc, un soupçon de pistache,

Du sel si nécessaire, mais reste circonspect,

Enfin, lorsque tu sers, une truffe râpée.

Ce plat emblématique de Nîmes-la-Romaine

Incitera Fanny, à la dernière mène,

À laisser les vainqueurs autant que les vaincus,

Selon la tradition, lui embrasser le cul !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

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Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 grosse morue sèche, - 1 demi litre de lait tiède, - 1 demi litre d'huile d'olive tiède, - 3 gousses d'ail de belle taille, - 1 zeste de citron, - 1 cuillerée à dessert de poivre blanc, - 1 peu de muscade râpée, - 2 graines de pistache, - 1 truffe (accessoire), - beaucoup de vigueur dans le bras (indispensable !)

 

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat gardois pour apprécier les vins rouges des Costières-de-Nîmes mais aussi les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Péray, vins tranquilles du Diois, Saint-Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ar­dèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon.

En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul-de-Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons-source-d'Argens, Brue-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins primeurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les-Vignes, Sabran, Codolet, Rochefort, Lirac, Laudun.

 

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Et puis bien sûr Tonton Georges!

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