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08/02/2018

Au bistro de la Toile : « Putaing, il va neiger… »

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- Eh ! T’as vu Victor, il va neiger. Mieux même, il neige dans toute l’Europe sauf chez nous. Une nouvelle extraordinaire dont on nous gonfle les aliboffis depuis trois jours : il neige ! Ben ça alors ! On est en plein hiver et il neige ! Non mais tu rends compte…

- Non seulement il neige, mais en plus il y a de « pauvres automobilistes », de véritables « naufragés de la route » qui vivent des « heures épouvantables ». Quel malheur, Loulle. Et quelle découverte : il neige en hiver ; les routes glissent…

- Et tous ces bœufs de Panurge qui partent tous en même temps, pour aller travailler en plus qu’ils disent, en passant tous par les mêmes routes et qui se retrouvent évidemment… tous bloqués ! Comme chaque année. Et qui gueulent tous, comme chaque année, contre en vrac : la météo, les maires, les zautorités, les services de voiries, etc.

- Putaing ! Il va neiger. C’est formidable. Ça fait rire les mioches… Ça emmerde les automobilistes… Ça enchante les skieurs… Ça repeint la ville aux couleurs de l’enfance…

Tous les présidents – et Jupiténou ne fait pas exception – ont juré, la main sur le coeur, que plus personne ne coucherait dehors. Tè, fume…

Depuis 2012, le nombre de personnes sans domicile fixe mortes dans la rue est en hausse, avec une stabilisation autour de 500 décès par an depuis 2014, selon le rapport. Ce décompte correspond aux signalements reçus par le collectif et n’est pas exhaustif, précise-t-il, estimant que le chiffre réel serait environ six fois supérieur.

Ce sont majoritairement des hommes, jeunes, qui meurent après un long parcours de rue semé de ruptures. Vivre à la rue conduit à mourir à 49 ans en moyenne, soit près de 30 ans plus tôt que la population masculine en France, selon les statistiques du collectif. Entre 2012 et 2016, 47 d’entre eux étaient des mineurs de moins de 18 ans. Trente-cinq avaient moins de 15 ans. http://mortsdelarue.org/IMG/pdf/rapport_finalise_Avec_temoignage_web-2.pdf

- Ouais mais quoi faire ?

- On n’est pas meilleur que les autres Loulle. On n’en invite pas à dormir chez nous. Moi je me donne hypocritement un peu meilleure conscience en payant les provisions de Dragamir ou de Peter qui font la manche devant le Carrefour express où je vais faire mes courses. C’est lui qui m’a dit « Moi, ça me glace la neige… Moi ça me glace parce que je couche dehors. Je couche dehors parce que cette société a oublié complètement le dernier terme de sa devise : Fraternité. La Fraternité, est-ce laisser dehors, comme des chiens galeux des humains que la vie a cabossé ? La Fraternité, est-ce laisser dehors les gens trop faibles, trop pauvres, pas assez rompus aux vices et aux compromissions de la vie telle que la font les apôtres de l’ultra libéralisme ? La Fraternité, est-ce se torcher le cul avec ses promesses lorsqu’on prétend aux plus hautes responsabilité ?

Putaing ! Il va neiger… La nuit va être longue sous mes cartons…

Mondo cane… »








10:05 Publié dans actualités, art de vivre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : neige

29/12/2014

Au bistro de la toile. « Pauvres » naufragés de la neige et « pauvres » patrons du Caca-rente...

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Merci à Chimulus

 

- Oh ! Victor, t'as vu ça, une nouvelle extraordinaire dont on nous gonfle les aliboffis depuis trois jours : il neige ! Ben ça alors ! On est en plein hiver et il neige ! Non mais tu rends compte...

 

- Non seulement il neige, mais en plus il y a de « pauvres automobilistes », de « pauvres vacanciers », véritables « naufragés de la route » qui vivent des « heures épouvantables ». Quel malheur, Loulle. Et quelle découverte : il neige en hiver ; les routes glissent... Et tous ces bœufs de Panurge qui partent tous en même temps pour aller tous dans les mêmes lieux, en passant tous par les mêmes routes et qui se retrouvent évidemment...tous bloqués !

 

- Moi quand je vois les infos télés, je suis ravagé d'empathie envers ces pauvres gens... Vè, dès que j'aurais une minute, Victor, je les plaindrais...

 

- Et portant Loulle, ces malheurs terribles ont permis de montrer la formidable force collective de notre pays, le magnifique élan de solidarité de ces gens simples, de ces bons Français qui n'ont pas hésité à ouvrir leur maison pour recueillir quelques naufragés.

 

- Surtout s'il y avait une caméra de télé derrière.

 

- Et la formidable efficacité de nos responsables, de ces maires exemplaires qui ont su, en quelques heures, organiser et mettre en place des solutions d'urgence pour offrir le gîte bien chauffé, le couvert et le réconfort moral d'une chaleur humaine fraternelle à 15.000 malheureux frigorifiés. A-t-on le droit de laisser un automobiliste dehors par ces temps sibériens ?

 

- Heureusement, peu de risques de maladies : il y avait beaucoup de médecins qui profitaient de leur grève pour aller au ski... Et puis, ces « pauvres naufragés » ont un sérieux pouvoir d'achat. Ils font tourner le commerce ! Pas comme ces salauds de SDF. « SDF », c'est le mot de nov-langue pour dire « misérables ». Heureusement qu'il y a des maires courageux qui savent empêcher ces salauds d'étaler leurs carcasses maigres et scrofuleuses, leur morve, leurs sanies et leur détresse sous les yeux des vrais con-sommateurs. C'est pas joli un misérable. Pas bon pour le commerce ça.

 

- Salauds de pauvres va... Et je vais te dire Loulle, la désinformation fait décidément des ravages ! On nous parle de baisse du pouvoir d’achat, de salariés SDF, de retraités contraints de bouffer le patapon de leur chien-chien, de crève-la-faim envahissant toujours plus nombreux les soupes populaires des Restos du cœur ou de l’Armée du salut, de salariés précaires, de caissières de supermarchés traitées comme des esclaves, etc., etc. Allons, allons, un peu de décence ! Baratin distillé par des rouges qui attendent, en embuscade, le couteau entre les dents. Tu sais ce qu'on nous cache Loulle ?

 

- Dis-moi Victor. Tu me fais peur...

 

- Eh bien les salaires des patrons du Caca-Rente auraient diminué de 2,1 %. Voilà ce qu'on nous cache Loulle. Voilà où il est le vrai malheur. Pauvres riches va... Sais-tu que le salaire moyen de ces zélites de la nation se traîne autour de 2,25 millions d'euros par an. Á peine 68.493 euros et 15 cts à dépenser par jour Loulle. Sais-tu que le pauvre Maurice...

 

- Maurice qui ?

 

- Lévy.

 

- Ah ben oui, bien sûr.

 

- ...le pauvre Maurice Lévy, patron de Publicis, a vu la rétribution que sa formidable activité, que sa sublime créativité apportent à l'humanité baisser de 6,25 % entre 2012 et 2013. Il n'a gagné que 4,5 millions. Et que sera-ce cette année... Je n'ose y penser.

 

- Et oui Victor. Bientôt encore quelques clients de plus pour les restos du cœur...

 

- Heureusement Loulle, quelques-uns, par leur abnégation, leur force de travail, leur altruisme s'en tirent un peu mieux. Ce sont les banquiers, largement dans le vert. Les tendances sont heureusement favorables pour Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas, +19,79% à 3,39 millions d'euros), Frédéric Oudéa (Société générale, +8,48% à 2,7 millions) et surtout Jean-Paul Chifflet du Crédit agricole qui a vu le sien augmenter de 45,93% par rapport à l'année dernière (et 137% pour la part variable) pour atteindre le total de 1,97 million d'euros.

 

- Eh oui... Le bon sens près de chez vous...

 

- ...mais surtout loin de chez eux !

 

- Allez, zou, à la nôtre !

 

 

* * * * * * * * *

 

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