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12/07/2011

Cocorico ! Plutonium français à Fukushima : la mort tricolore…

 

mélox marcoule.jpg

 

Les rideaux de fumée genre affaire DSK camouflent non seulement la giganresque menace de Fort Calhoun, aux Etats-Unis, mais encore rejettent totalement dans l’oubli la catastrophe toujours en cours au Japon. Dissimulation, mensonge, intox sont les marques de l’industrie nucléaire où qu’elle soit. Essayons donc de lever un tant soit peu le voile de mort.

 

La Tokyo Electric Power Co (TEPCO) est la compagnie d'électricité japonaise qui exploite les sites des centrales nucléaires de Fukushima Daiichi où se sont produites les explosions et le site de Fukushima Daini distant d’une douzaine de kilomètres, l’ensemble totalisant dix réacteurs qui alimentent en électricité Tokyo et sa région.

 

Ces réacteurs sont à eau bouillante,  celle-ci chauffée par la fission des atomes du combustible qui se transforme en vapeur est dirigée directement par un circuit primaire radioactif  vers un générateur d’électricité. Cette configuration est totalement différente des Réacteurs dits à Eau Pressurisée (REP) exploités en France qui comportent un circuit secondaire non radioactif avec un échangeur qui alimente la turbine du générateur.

 

Face à la succession d’évènements catastrophiques d’ordre naturel qui se sont produits au Japon suite aux tremblements de terre et au-delà des drames humain il est fondamental d’aller à l’essentiel, c’est à dire à ce qui pourrait hypothéquer durablement le devenir du vivant sur une zone plus ou moins vaste, voire à l’échelle du Japon et des pays satellites ou pire, un scénario de catastrophe environnementale planétaire jamais égalé.

 

Malheureusement dans le cas du site nucléaire de Fukushima, la "hiérarchie catastrophe" peut atteindre un paroxysme avec le réacteur 3 de 34 ans d’âge qui a été chargé pour la première fois en combustible MOX fourni par AREVA en août 2010.

 

 Le MOX, pour "Mixed Oxydes" est un combustible hautement toxique et dangereux composé d’environ 6 à 7 % de dioxyde de plutonium récupéré en "retraitant" du combustible nucléaire usé qui est mélangé à du dioxyde d’uranium neuf appauvri. Le MOX entre plus facilement en fusion que les combustibles classiques, il est utilisé dans 20 des réacteurs du parc nucléaire français. (Il est fabriqué tout près de chez moi, à Marcoule…)

 

Le problème majeur est que le plutonium du MOX est très toxique à court et à long terme.

En voies aériennes, on estime qu'une quantité de l'ordre d'une dizaine de milligrammes provoque le décès d'une personne ayant inhalé en une seule fois des oxydes de plutonium. La relation dose-effet mise en évidence comporte un seuil d'apparition des tumeurs au poumon pour une dose millésimale, de plus une part importante inhalée passe des poumons au sang qui le diffuse vers d'autres organes (ganglions lymphatiques, foie, etc.), plus ou moins vite selon la taille des particules, pour aboutir aux cancers.

 

Selon sa composition isotopique il est capable de contaminer des masses considérables d’eau de mer pour plus d’un siècle qui correspond au mieux à sa demi-durée de vie et au pire pour 240 siècles ! Le plutonium qui est produit par le cœur des réacteurs nucléaires sous l’effet du flux de neutrons, fait non seulement partie des éléments présentant une radio toxicité très élevée, mais tous les isotopes et autres composés issus du plutonium sont aussi classés très toxiques et radioactifs. (Wikipedia Plutonium)

 

Ce qui rend particulièrement dangereux le plutonium est, entre autres, la forte énergie de ses émissions de particules alpha d’une valeur de 5 MeV à comparer au 0,02 MeV du tritium.

D’après les informations qui filtrent malgré la désinformation et le « black out », le vieux réacteur 3  de Fukushima Dai Ichi est entré partiellement en fusion, un risque de désintégration est une hypothèse qui n’est non pas à exclure, mais dans le domaine du probable. Cela aurait pour conséquence un rejet massif dans l’environnement et dans l’atmosphère de particules hautement radiotoxiques.

 

Le pire étant que le réacteur 3 avec 784 MW est 1,5 fois plus puissant que le réacteur 1 de 460 MW chargé avec de l’uranium enrichi, ce qui signifie que son chargement en combustible, donc en plutonium,  est beaucoup plus conséquent, avec en parallèle une chaleur dégagée à l’arrêt nettement plus importante à gérer.

 

Mais il y a pire que pire dans un des scénaris possibles avec le réacteur 3 de  Fukushima : le combustible MOX qui est un mélange à un point de fusion nettement plus bas que les autres combustibles dit classiques, en conséquence dans une configuration accidentelle comme actuellement le risque dit de criticité, c’est à dire l’enclenchement d’une réaction nucléaire en chaîne incontrôlable est beaucoup plus important. (il suffit de 6 kilos de plutonium pour réaliser une bombe atomique !)

 

D’autres problèmes collatéraux aggravent encore la situation pour "les pompiers de service" qui se sacrifient pour éviter que la cuve ne fonde. En effet l’eau mélangée au bore qui sert à atténuer les effets d’échauffement de la radioactivité (absorbe les neutrons) est d’une efficacité moindre avec le MOX.

 

Coté chiffres, ils sont effrayants, la masse de plutonium présente dans le réacteur 3 du site nucléaire de Fukushima Dai Ichi est considérable, elle se chiffre à plusieurs centaines de kilogrammes. Une catastrophe planétaire inégalée créée par l’homme est donc possible pour la première fois dans l’histoire de l’humanité.

 

Pendant ce temps, même en zappant pas moyen d’y échapper, sur les plateaux de télévision un tandem composé d’un monsieur qui "sait tout" appelé Eric Besson, accompagné par l’inoxydable NKM qui ne sait rien, mais qui parle beaucoup pour ne rien dire, n’évoquent évidemment pas le MOX, mais sont les rois de l’INTOX.

 

Avec le MOX Français d’AREVA au Japon mieux vaut actuellement adopter un profil bas !

Ce tandem irréel veut rassurer et ressasse à qui veut l’entendre que ce n’est pas la partie nucléaire qui a failli sur les réacteurs de la centrale de Fukushima Dai Ichi, mais les tuyaux, c'est-à-dire les systèmes de refroidissement et de secours inclus à cause du tsunami, cela est hautement inenvisageable en France, etc.

 

Certaines problématiques des risques issues des catastrophes naturelles majeures sont par essence ingérables, en conséquence gérer une centrale atomique avec un risque zéro est donc impossible. Andréas Heumann, chercheur au CNRS a déclaré : "Le problème avec le nucléaire, c'est que cette technologie n'est pas maîtrisable, on peut arriver à garder le contrôle dans des conditions normales. Mais il y a tellement de situations anormales qui peuvent survenir".

 

Pendant ce temps, en France, on s’apprète à faire rempiler la très vieille et très vétuste centrale de Fessenheim pour dix ans. A savoir que la cuve de rétention d’une éventuelle fusion du cœur est d’une épaisseur de 8 mètres de béton à Fukushima – et elle fuit - tandis qu’à Fessenheim, cette épaisseur est de 1,5 mètre… Aux fous !

 

Sources :

www.next-up.org/Newsoftheworld/2011.php

www.next-up.org/Newsoftheworld/Japan.php

 

Photo X - Droits réservés

 

Quatridi 24 messidor 219

 

26/02/2009

Chaque semaine, le plutonium pour cinquante bombes nucléaire sur nos routes ! Bonjour le cauchemar !

Chaque semaine, sur l'axe La Hague - Marcoule/Cadarache circulent chaque semaine de 300 à 450 kilos de plutonium pur, de quoi réaliser une cinquantaine de bombes nucléaires, sans compter sur l'utilisation directe de la poudre comme "bombe sale"… C’est une chose connue, mais qui reste très discrète. On comprend pourquoi…

camion-plutonium2.jpgCes « douceurs » empruntent donc les routes et autoroutes de l’hexagone dans des camions ordinaires, banalisés mais… aisément reconnaissables ! Le site Greenpeace en donne une description précise :

« - Tous les camions sont des Mercedes. Ils sont tous d'anciennes générations sauf un de type Actros.
- La cabine est toujours blanche, parfois décorée de lignes rouges ou vertes.
- Ils sont tous immatriculés dans la Manche (50) ou à Paris (75)
- Ils sont tous munis d'un "pare-buffle" (barre de protection à l'avant de la cabine).
- Lorsqu'ils sont chargés, ils sont marqués d'un rectangle orange à l'avant et à l'arrière.
- Ils affichent un simple logo "radioactif".
- La remorque est toujours grise et le container blanc. »

Greenpeace précise encore : « Tout le principe de ces transports de plutonium repose sur le "SECRET". A l'usine de La Hague, l'oxyde de plutonium est conditionné dans des boîtes d'environ 3 kilos, elles-mêmes mises par groupe de quatre ou cinq dans des containers de type FS47. Ceux-ci sont transportés par dix dans des containers classique ISO 20 sur ces fameux camions Mercedes en direction des usines de Marcoule (Gard), Cadarache (Bouches du Rhône) et Dessel (Belgique).

Théoriquement le parcours et les horaires de ces transports doivent être modifiés à chaque transport, cependant comme nous avons pu le constater, il en est tout autrement. Alors que dans le passé, ces transports en nombre limité pouvaient respecter ces règles, l'augmentation considérable du volume en circulation a progressivement amené les exploitants à moins de précautions. Ce sont maintenant des données industrielles qui régissent le rythme et les trajets de ces transports.

Ainsi, de deux à trois transports hebdomadaires se déroulent de manière systématique suivant un scénario bien huilé. Tout les lundi, mardi ou mercredi à 13 heures précises, l'un des trois camions de Cogema Logistic quitte l'établissement de La Hague à destination de Marcoule ou Cadarache.

De même, ces transports sont dits "banalisés", là aussi pour "empêcher" leur identification. Mais nul besoin d'un œil très exercé pour identifier à coup sûr ces camions. Même s'ils ressemblent à des transports classiques de déchets nucléaires de faible activité.»

Ben voilà… On sait tout. Dans ma région (je crèche à 30 km « sous le vent » de Marcoule !) Quelques cinquante bombes atomiques potentielles circulent donc... Dans le contexte géopolitique actuel, il est pour le moins incroyable que l'industrie nucléaire prenne un risque aussi insensé.

On s’habitue à tout… Mouais… Jusqu’à ce qu’un commando de terroristes repère et détourne un de ces jolis camions tout blanc. Alors là, bonjour le cauchemar ! Mais chut, tout ça c’est secret défense !

Sources : Greenpeace