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10/09/2018

Sauvegarde de la planète. MARCHER POLLUE ! S'il n'y avait que ça...

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L’autre soir, sur ce condensé de boboïtude qu’est l’émission « 28 minutes » sur Arte, un chroniqueur ou une chroniqueuse a parlé de la pollution conséquente générée par… les semelles des chaussures en caoutchouc. Eh ! Oh ! Micmacron, alors ils polluent tes Marcheurs !

Samedi encore, on a marché (donc pollué !) dans toute la France, et même dans le monde entier. On a marché en signe de protestation contre le laxisme hypocrite des gouvernants irresponsables qui « regardent ailleurs alors que la maison brûle ». Saine appropriation par le peuple, par les peuples d’une question cruciale, de LA question du devenir de notre planète. Oh ! Rassurons-nous, elle en a vu d’autres la belle, et si ce ridicule mammifère bipède qui casse ses jouets mais encore et surtout la branche sur laquelle il est assis disparaît, bon débarras peut-elle penser Gaïa ! Mais pour nous, c’est une autre paire de manches…

L’ultralibéralisme pense uniquement à court terme en termes de fric. Alors les plans à long terme, les belles promesses faites au grand raout de Paris d’il y a deux ans… Té ! Fume.

Bon, maintenant on va parler plus sérieusement de la pollution, de ses dangers, de ses véritables responsables. Et de la mondialisation qui nous amène, depuis le bout du monde, l’essentiel des produits que nous consommons. Autant que les faibles coûts de main-d’œuvre, ce sont les coûts dérisoires du transport maritime qui saccagent nos industries et jettent au chômage des millions de pauvres types… Parce que 95 % ces produits arrivent dans les soutes d’énormes cargos et sur les ponts de gigantesques porte-conteneurs. On vient, fièrement, d’en inaugurer un de quatre cents mètres de long ! Aux fous !

Les données confidentielles fournies par les initiés de l’industrie maritime en fonction de la taille du moteur et de la qualité du carburant généralement utilisé par les navires et les voitures montrent que seulement 15 des plus grands navires du monde peuvent émettre autant de pollution que tous les 760 millions de voitures du monde. Le carburant de soute de navire de faible teneur (ou le mazout) a jusqu’à 2 000 fois la teneur en soufre du carburant diesel utilisé dans les automobiles européennes, asiatiques et américaines. La pollution des 90 000 navires de charge mondiaux entraîne 60 000 décès par an et coûte jusqu’à 330 milliards de dollars par année dans les coûts de santé liés aux maladies pulmonaires et cardiaques !

La pollution par les navires reste l’une des parties les moins réglementées de notre système mondial de transport. Aujourd’hui, les entreprises maritimes ne réalisent pas moins de 450 milliards de dollars de bénéfices. Entre les mains d’une poignée de personnes, ces entreprises contrôlent notre système de consommation. De plus, chaque année, on comptabilise 122 naufrages, soit un naufrage tous les trois jours pour des navires de plus de 300 conteneurs. Tous les ans, 1,8 million de tonnes de produits toxiques contaminent nos mers, soit 5 000 tonnes par jour. C’est ce qu’on appelle les « marées blanches ». Bonjour les dégâts !

Une seule organisation a les moyens de prendre des mesures restrictives pour faire cesser ce scandale et cette tragédie, c’est l’OMI (Organisation Maritime Internationale) qui siège au sein même de l’ONU. En revanche, celle-ci est dirigée par les pays possédant les plus grandes flottes de cargos. Et qui sont-ils ? Le Panama, le Liberia et les Îles Marshall… Des pays qui permettent à ces navires de complaisances de passer inaperçus dans les hautes mers. L’OMI est donc aux mains des pays qui vendent leur nationalité aux armateurs les moins consciencieux. Ils ont donc tout pouvoir, ils ont le droit de vie et de mort… Mais c’est motus et bouche cousue.

Le transport maritime est responsable de 18 à 30 % de la pollution mondiale des oxydes d’azote (NOx) et de 9 % de la pollution mondiale par oxyde de soufre (SOx). Un grand navire peut générer environ 5 000 tonnes d’oxydes de soufre (SOx) en un an.

La Chine est devenue l’atelier de fabrication de l’essentiel des produits consommés dans le monde. Ces produits, il faut bien les transporter. Ça se fait donc par mer. Une nouvelle génération d’énormes conteneurs intercontinentaux, longs comme quatre terrains de football, a été développée : ils sont extrêmement rentables. Cependant, ils utilisent des moteurs diesel aussi puissants que les centrales électriques terrestres mais avec un carburant de qualité très inférieure puisqu’il s’agit des déchets du raffinage. Et ces carburants pourris ne sont pas taxés !

On doit élargir le débat aux avions, autres énormes pollueurs qui échappent largement à la réglementation. Le transport aérien mondial de passagers émet davantage de gaz à effet de serre que l’ensemble des activités d’un pays comme l’Allemagne !

Un aller-retour Paris-New-York, dans des conditions propices à une bonne efficacité énergétique (charter sans classe affaires fortement rempli), émet près d’une tonne de CO2 par passager.
Un voyageur en avion émet ainsi environ 140 grammes de CO
2 au kilomètre, contre 100 g/km pour un automobiliste en moyenne. Les émissions indirectes liées à la construction des véhicules, au raffinage et au transport de pétrole sont plus importantes pour la voiture mais même en les prenant en compte, on trouve encore pour l’avion un excédent d’émissions au passager/km de 16 % par rapport à la voiture.
De plus, le transport aérien de voyageurs n’émet pas que du CO
: les Oxyde d’azote (NOx) émis par les avions réagissent rapidement et ont un impact sur l’effet de serre à la fois réchauffant par la formation d’ozone troposphérique (O3) et refroidissant par la dégradation du méthane (CH4).

Alors le bobo qui prend l’avion des escrocs de Ryanair ou Easyjet pour se la faire belle un ouiquinde à Djerba ou a Stockholm, il peut se la mettre sous le bras sa belle pancarte de défense de la planète qu’il arborait samedi, à Paris, Marseille ou Nantes !

Les transports aériens, en augmentation constante avec l’avènement de compagnies à bas coût, sont une cause majeure de saccage de la planète. Et là encore, comme pour le transport maritime, le kérosène est détaxé !

Dès lors, au-delà du baratin, au lieu d’emmerder les possesseurs de bagnole diesel, il serait primordial et même indispensable de taxer fortement les carburants du transport maritime et du transport aérien.

Ou encore les tracteurs monstrueux de l’agriculture. Sans oublier les poids lourds et les autobus, qui s’arrangent toujours pour échapper aux taxes qui retombent sur les malheureux automobilistes. Et au passage remettre en route la fameuse Taxe carbone que le gouvernement précédent a lâchement abandonnée devant les exactions et les vociférations de quelques égoïstes irresponsables.

Tout le monde y gagnerait, les activités locales fusillées par ces transports tricheurs pourraient se développer, et la Terre respirer un peu mieux.

Bon, il fait chaud, je vais boire un coup, je l’ai mérité !

 

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