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20/03/2018

Eh oui, les moujiks aiment bien leur ours !

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Ils nous le disent sur tous les tons, sur toutes les colonnes, sur toutes les machines à bruits, dans toutes les lucarnes à décerveler : le « dictateur » Poutine a été réélu dans un scrutin « entaché de nombreuses irrégularités ». Ben voyons, pas comme chez nous, pas comme aux USA, ce champion du monde de la démocratie où un scrutin censitaire permet au candidat milliardaire ayant le moins de suffrages d’être le vainqueur ! Poutine, lui, a été élu par 75 % des électeurs avec une participation de 70 %. Ce qui est tout de même confortable mais n’a rien à voir avec un score « soviétique ». Eh oui, c’est comme ça, n’en déplaise aux « russophobes » forcenés. Les affreux moujiks aiment bien leur Ours !

Ne faisons pas d’angélisme. Poutine n’est pas le dictateur que la propagande voudrait nous faire croire, mais il mène son pays de façon pour le moins « autoritaire ». Mais n’oublions pas le progrès par rapport à l’URSS. La démocratie ne se construit pas en un jour. Et puis balayons devant notre porte, quelle image offre la « démocratie » qui donne le pouvoir à des Trump, à des Sarkozy, à des Berlusconi, à des Junker et qui prétend l’imposer au monde à coups de bombes ?

Ce Poutine, élu pour la première fois en 2000, va alors prendre en main un pays en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaquées par des officines occidentales, surtout yankees ou allemandes, leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée, du vol par les oligarques de toutes les richesses de ce pays de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens. Richesses qu’ils vont ensuite planquer dans les paradis fiscaux et les affaires aux États-Unis ou en Europe où ils viennent vivre. Ce sont ceux-là que balaie Poutine.

Et pourtant systématiquement, dans les cercles de la bien-pensance atlantique, c’est haro sur la Russie. Son président est affublé de tous les défauts, considéré comme un infâme dictateur liberticide et sanguinaire. Et la Russie présentée comme un pays de brutes illettrées et alcooliques représentant une terrible menace pour l’Europe et le monde. Propagande bien relou…

Toutes les informations dont nous abreuvent les merdias à la solde des marchands de canon et de béton nous sont présentées, systématiquement, sous un angle antirusse. Que ce soit pour l’Ukraine, la Syrie, ou encore la situation économique de ce pays, ses rapports avec le monde.

Cette russophobie n’est pas nouvelle. Chez les Français, elle date évidemment de la pâtée prise par Napoléon. Pour les Anglais, elle vient de la rivalité impérialiste britannique de domination de l’Asie qui s’est heurtée à la puissance russe. Pour les Allemands elle vient de leur prétention « d’espace vital à l’Est » ayant sombré dans la terrible défaite hitlérienne. Quant aux Étasuniens, ils se sont retournés contre leur allié antinazi dès la guerre gagnée (surtout par les Russes !). Depuis, leur stratégie consiste à encercler le territoire russe par des bases militaires hostiles dans des pays à la remorque de l’Otan. Et leur politique tend à être toujours antagoniste de ce pays, à tenter de casser ses initiatives, à l’humilier et à tenter de le piller autant que faire se peut.

La russophobie étasunienne prend deux aspects : - une forme idéologique autour de la soi-disant défense de la démocratie et des droits de l’homme ; - une rivalité géopolitique car ils ne supportent pas que d’autres puissances osent contester leur « hégémonie » et font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire passer la Russie pour une puissance hostile à l’Europe. Ce qu’elle n’est pas. Et nous, Européens veules, serviles et puants d’ingratitude, nous nous faisons les complices de toutes les forfaitures des États-Unis sous prétexte « qu’ils nous ont sauvés en 45 », oubliant que c’est l’URSS - c’est-à-dire les Russes - qui a le plus donné de vies pour délivrer le monde du monstre nazi…

Président bien réélu du plus vaste pays du monde, Vlad-le-terrible enrage les roquets antirusses par sa popularité. Pourquoi est-il populaire Poutine ? Parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbachev) ou à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1999.

Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan.

L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de troubles, les États-Unis…

Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. L’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe siècle. C’est méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples.

Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Que représentent les Étasuniens, « passés directement de la barbarie à la décadence en oubliant la civilisation », par rapport à cette grande nation qui a donné au monde – n’en déplaise au président Macron qui a snobé les auteurs russes au Salon du livre de Paris - les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable d’amener et de ramener des cosmonautes dans la station orbitale internationale !

En fait, nous leur en voulons d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.


Photo X - Droits réservés


28/09/2015

Au bistro de la toile : Catalogne, Syrie, Poutine.

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- Eh ! T’as vu Victor, las Catalans ont voté massivement pour leur indépendance !

 

- Faux, Loulle ! Archi faux. Les Catalans ont élu une assemblée régionale. Et cette assemblée générale sera dominée par deux partis indépendantistes. C’est tout. Ces partis ont tout fait pour faire de ce vote un plébiscite pour l’indépendance. Eh bien c’est raté.

 

- Ah bon ?

 

- Bien sûr Loulle. Ce « plébiscite » a été perdu puisque les votes « indépendantistes » ne recueillent que 48% des voix. Ils ont gagné leurs élections régionales mais ont perdu leur « plébiscite ». Où alors je ne sais plus compter. Ou bien encore je ne comprends plus rien à la démocratie… De toute façon, l’indépendance d’une région d’un pays membre de l’Union européenne ne peut être entérinée qu’à l’unanimité des membres de l’Union. Y compris…l’Espagne bien sûr. Rajoy ne le signera pas, et je vois mal Podemos, s’ils arrivent au pouvoir, avoir une autre option. Et je vois mal aussi la France voter pour, sauf à ouvrir la boite de Pandore avec les Bretons, les Basques, les Corses et, pourquoi pas les pays dits d’Occitanie, de Nice à Bordeaux…

Ce qui va se passer, c’est que le pouvoir de Madrid va accorder beaucoup plus d’autonomie à la Catalogne. Et ce sera très bien comme ça. Parce que passé la cuite de la « victoire », que représenterait la Catalogne indépendante ? Un petit pays européen. Entre Malte et la Belgique au niveau de l’influence ! Alors que l’Espagne, c’est autre chose !

 

- Donc les télés, les radios, les canards nous bourrent le mou.

 

- Ne me dit pas que tu découvres cette évidence Loulle.

 

- Bon. Autre chose dans l’actualité : revoilà Poutine !

 

- Exact ! Et je rajouterais : heureusement ! Les « Zoccidentaux » ont fait la preuve de leur incapacité à résoudre la crise syrienne.

 Duplicité étazunienne qui lutte inefficacement du haut du ciel avec ses avions et ses drones contre cet Etat Islamique que les USA ont contribué à créer.

Incompétence de la « coalition » de toutes les  branquignoles du secteur.

Double jeu des Turcs qui acheminent et achètent le pétrole des Daech, soignent leurs combattants blessés, leur fournissent des armes et, sous prétexte de les combattre…bombardent et massacrent les Kurdes, les seuls qui font face victorieusement aux égorgeurs d’allah.

Crapulerie des monarchies moyenâgeuses d’Arabie saoudite, Qatar et autres confettis d’états engraissés sur le pétrole, « cet excrément de la terre » et organisés autour de la pire névrose collective qui soit, l’islam wahabite.

Imbécilité crasse de la diplomatie française qui, drapée dans sa « morale droit-de-l’hommiste », refuse de discuter avec Bachar-el-Assad, qui n’est certes pas un parangon de vertu, mais dont l’armée fait toujours face aux tueurs de l’E.I.. Imbécilité et aveuglement irréaliste puisque même les Etazuniens et les British, pragmatiques, acceptent maintenant de remettre Assad dans le jeu. Comble de la honte, François va avaler son chapeau sous peu et s’aligner servilement sur les autres…

Poutine revient donc, avec des moyens militaires et des alliés solides : l’Iran et la Chine, excusez du peu. Une vraie coalition, capable de détruire les serpents islamistes sur le terrain, peut dès lors voir le jour. Sans que ni les Russes, ni les Ricains ne puissent prétendre en prendre la tête. Avec par contre une coordination des actions et surtout un plan de paix, une organisation politique réfléchie et viable, dans le cadre de l’ONU pour après. Sinon ce sera le chaos, comme en Irak, comme en Libye.

 

- Poutine : bravo l’artiste ! Allez, à la nôtre. C’est pas de la vodka, c’est du Tavel !

 

Illustration: merci à Chimulus

05/06/2014

Au bistro de la toile : la couine, le coveboye et le cosaque chez François.

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- Fatche, il va encore prendre de la ventrèche notre président ! Gueuleton à midi avec la Couine d'Angleterre, avec agneau de Sisteron sur la table puis, après une petite sieste (que j'espère améliorée avec une Julie), rebelote en fin d'après-midi avec le Bushnoir étazunien, avec probablement un biguemaque dégoulinant de quètecheupe, enfin le soir, dix de der avec le Cosaque, avec j'espère du caviar.

 

- Ses poignées d'amour vont s'épanouir. Paraît que ça plaît aux femmes. Comme il en fait un élevage, c'est tout bénef pour lui. Alors, qu'est-ce que tu crois qu'il va leur dire à ses commensaux ?

 

- Comment, sots ?

 

- Non, pas sots... Bref. Je t'expliquerais.

Bon. Á la Couine, il pourrait dire qu'il apprécierait (et nous aussi !) que l'Angleterre libère une nouvelle fois l'Europe en se cassant... Touchons du bois : il y a quelques espoirs de ce côté.

Au covebauye, il pourrait dire qu'il n'a rien à foutre de ses menaces, de ses pressions, entre autre sur une banque (pourrie, c'est vrai, mais banque et pourri, c'est un pléonasme). Il pourrait lui dire qu'il va livrer sans délai les bateaux de guerre commandés et payés par les Ruskoffs. Il pourrait lui dire qu'il n'est pas dupe des magouilles étazuniennes en Ukraine. Qu'il en a ras les aliboffis de la dictature du dollar, de l'espionnage de la NSA. Et il devrait enfin lui signifier qu'il va accorder l'asile politique à Snowden.

Avec le cosaque, il devrait trinquer puisque nous avons des intérêts mutuellement fructueux, comme on dit.
 

- Á ouais ? Quels intérêts ?

 

- D'abord ces frégates, dont la construction fait travailler des milliers d'ouvriers chez nous. Puis, il faut savoir que les avions russes les plus performants volent avec des équipements français. Ça aussi ça fait travailler du monde. Puis à Kourou, en Guyane, Russes et Français travaillent ensemble, et très bien dans le domaine spatial. Et il y a de nombreux autres intérêts communs.

 

- Ouais, Victor, mais l'invasion de la Crimée, la pression militaire à l'Est de l'Ukraine...

 

- On en a déjà parlé souvent Loulle. La Crimée est russe. L'Ukraine de Kiev est manipulée par la CIA et est tombée sous la coupe des néo-nazis. Poutine n'est pas une oie blanche mais il n'est pas responsable de ce qui se passe la-bas. Il ne fait que se prémunir contre l'encerclement belliqueux par l'Otan. N'oublie pas que lors de la chute de l'URSS, les Yankees ont d'abord imposé aux ex-pays de l'Est (pays balte, Pologne, Hongrie, etc.) l'adhésion à l'Otan, condition sine qua non pour être acceptée par l'Union européenne, marionnette ultralibérale des USA.

 

- On ne va tout de même pas rompre avec les Ricains pour se rapprocher des Ruskoffs ?

 

- Pourquoi pas ? L'U.E. est maintenant allemande et se fait contre nous. Si le traité transatlantique est signé – et il le sera – l'Europe tombera complètement sous domination étazunienne. Il serait de bonne gouvernance, pour remettre les pendules à l'heure, de faire savoir à Merkel, Cameron et aux autres européens lèche-cul des Yankees que nous pouvons très bien « envisager » un renversement d'alliance en se rapprochant des Russes au niveau de la coopération militaire - c'est déjà le cas - et diplomatique. De plus, au niveau économique et geopolitique, la France aurait tout intérêt à se rapprocher non seulement des Russes, mais des puissances montantes, des dominants de demain : les BRICS.

 

- BRICS ? Ques aco ?

 

- C'est un acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud. Ces pays sont l'avenir. La France aurait tout à gagner à s'y arrimer solidement, notamment pour créer avec eux un panel de monnaies pour commercer entre eux et le reste du monde en s’affranchissant de l’exorbitante dictature du dollar ! La France est le seul pays occidental capable de faire ça, parce que notre pays joui encore d'une aura internationale importante comme pays de la Mère des révolutions et pays des Droits de l'homme.

 

- Priviet. Dabro pajalavat gaspoudine Wladimir !

 

- Niet gaspoudine : tovaritch !

 

Sextidi 16 prairial 222

Illustration:merci à Chimulus

 

03/03/2014

Au bistro de la toile : alors, c'est la Troisième ? La « Big three » ?

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- Alors, cette fois, ça sent le roussi grave Victor ! Le Poutine il a éteint les lampions des jiho, il a fini l'échauffement, quitté le survêtement et il sort les muscles ! Des muscles genre chars russes et palanquée de troufions... Alors, c'est la Troisième ?

 

- Ah ! Mais on a de quoi le faire reculer le Cosaque ! On a l'arme totale, dévastatrice, apocalyptique.

 

- Eh ! Oh ! Tu crois qu'on en est là ? Qu'on va envoyer la Bombe ?

 

- Pire Loulle. Pire. On risque, s'il continue ses gesticulations, de lui envoyer BHL ! Et si ça ne suffit pas, Sarko !

 

- Oh putaing ! Je comprends qu'il tremble le Ruskoff... Non, sérieusement comment ça va tourner cette konnerie ?

 

- Qui lo sa ? Mais il faut se mettre dans la tronche que Poutine ne laissera pas les « révolutionnaires » téléguidés par les Zétazuniens prendre le contrôle total de l'Ukraine. Ce serait pour lui une défaite grave, la fin de son rêve de refonder un empire russe et le ferment d'embrouilles intérieures. Mais il vient de montrer qu'il n'était pas question pour lui de baisser le calbar.

 

- Le calbar, c'est d'ailleurs les Yankees et nous, les Zéropéens, qui sommes en train de le baisser. On « menace » Poutine de ne pas aller au G8 ! Putaing ! Il doit en trembler Poupou... Qu'on se montre prudent me gêne d'autant moins qu'on n'a rien à cirer de ces histoires. On a assez de problèmes à résoudre en Europe et en Afrique sans se mêler des conséquences de ce coup d’État en Ukraine.

 

- Coup d’État : tu as dit le mot, Loulle. Ianoukovitch, le président lourdé, est une sinistre crapule, comme le sont tous les politicards qui razzient le pays depuis son indépendance, et en particulier la cagole Timotchenko, cette fausse blonde mais vraie prédatrice, véreuse jusqu'au bout des griffes. Mais Ianoukovitch a été démocratiquement élu – on n'a que les dirigeants que l'on mérite (nous avons bien élu Sarko, puis Normalou !) - et a été mis à la porte par l'action violente d'une faction agissante de la population qui s'est approprié le pouvoir. Ça s'appelle un coup d'Etat. Point-barre. Et il fallait être aussi naïf ou aussi stupide que nos canards laquais et nos dirigeants pour s'imaginer que ce coup d’État fomenté en sous-main par les Zétazuniens avec la complicité des Zéropéens (en particulier les Polonais et les Allemands) allait passer comme une lettre à la poste.

 

- Quel est l'intérêt supérieur qui sous-tend cette embrouille ?

 

- Les Zétazuniens à travers l'Otan, comme avant eux les Britichs, ont une constante : encercler la Russie, la couper des mers chaudes, la contenir dans ses arpents de neige. Réussir à enfumer l'Ukraine en l'arrimant à l'U.E. et donc à terme à l'Otan serait une formidable victoire pour ces va-t-en-guerre. D'autant plus que l'Ukraine regorge de richesses et a les terres les plus riches du monde. D'ailleurs les fonds prédateurs yankees, allemands, anglais et même français investissent à tour de bras, achetant des milliers d'hectares mais pas seulement. Ces dernières années des dizaines d'ONG, de fondations, d'instituts de recherche européens, américains et canadiens, ont envahi la vie politique ukrainienne, la vie culturelle et les médias. National Democratic Instituts, International Foundation for Electoral Systems, International Reserched Exchanges Board et toutes sortes d'organisations plus ou moins bidons qui sont autant de portes d'entrée pour les affairistes rapaces et les fauteurs de troubles de la CIA. Tout ce beau monde a acheté les principales chaînes de télévision et de radio du pays, tandis qu'une partie du pognon a servi aussi à financer les groupes paramilitaires que nous avons vu à l'action place Maïdan. Parce qu'à côté des révoltés sincères il y avait surtout d'authentiques fachos qui arborent sans complexe leur nostalgie nazie. C'est le parti Svoboda. Ils représentent près du tiers des manifestants de Maidan, ils sont les plus organisés, les plus violents. Actuellement ces néo-nazis sont en train de s'intégrer dans les structures de la sécurité de l'Etat comme à la police, et le fascisme devient une opinion politique légitime. Les membres de la milice nazie patrouillent maintenant dans les rues de l'Ukraine conjointement avec les unités de police.

 

- Mouais... On est loin de la vision manichéenne que nous infligent la presse purée... La victoire de la Démocratie, la Liberté et patin couffin... Bel enfumage. D'ailleurs, nos médias ne nous ont jamais montré ce qui se passait dans la partie Est russophone de l'Ukraine. Comme si plus du tiers de la population du pays n'avait pas un mot à dire, acceptait le fait accompli, bref n'existait pas.

 

- Exact. Et on semble s'étonner que Poutine, une fois dégagé des konneries de Sotchi, réagisse ! La parenté entre la Russie et l'Ukraine est une évidence historique. Depuis la chute de l'URSS, les Zoccidentaux n'ont pas cesser d'humilier les Russes. Ils les encerclent, les isolent, les menacent par l'Otan. Les Russes ont un projet pour faire contrepoids à l'Union européenne. C'est ce qu'ils appellent « l'Union eurasienne » avec la Bielorussie, le Kazakstan et donc l'Ukraine. Sans l'Ukraine, ce projet est mort-né. Ce qui donne un nouvel éclairage au soutien de l'Europe et des Zétazunis à la révolte des Ukrainiens de l'ouest. L'intérêt des Zoccidentaux est évidemment de bloquer ce projet russe de façon à étendre son marché, avoir accès aux ressources et aux matières premières ukrainiennes, puis à terme – poussé en cela par les USA, l'intégration du pays dans la grosse larve Europe-marché et enfin dans l'Otan, machine de guerre des multinationales yankees.

 

- Et ça, le Cosaque ne le laissera jamais faire.

 

- T'as tout compris Loulle. Et comme ici personne n'a envie de « mourir pour Sébastopol », on va lever le pied. La Crimée est et restera dans le giron russe. L'Ukraine évoluera peut-être vers une fédération entre Ukraine de l'ouest, associée à l'Europe, et l'Ukraine de l'est, associée à la Russie. Les Allemands vendront leurs usines à l'est, les travailleurs ukrainiens viendront remplacer les « plombiers polonais », les « tatiana » feront les belles nuits des coureurs de putes, et les Russes vendront leur gaz et leur pétrole. Quant aux Yankees, ils essaieront de foutre leur merde ailleurs. Ils ont déjà commencé au Vénézuela...

 

- Espérons que ça s'arrange comme ça Victor.

 

- Allez, à la nôtre et n'oublions pas que l'ours encerclé par une meute de chiens hurlants devient très dangereux ! « Nasdrovié tovarich !Tovarich ou gaspodin »

 

 

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Duodi 12 ventôse 222

 

Illustration : http://konigsberg.eklablog.com/