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17/02/2017

Au bistro de la Toile : « Moi, président ! - Non, moi ! - Pas du tout, moi »

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- Fatche, Victor, ça s'agite grave dans le panier à crabes politique ! Ce pauvre Fillon qui a les flics qui lui file le fion, Macron qui se repent en Algérie, se répand dans les gazettes et file des boutons à bien du monde, Hamon, Mélenchon, Jadot qui proclament tous qu'il « faut s'unir » mais dont aucun ne veut lâcher le calendos. Manque plus que Beyrou qui a des fourmis dans les paturons !

- Çà distrait le bon populo tout ça Loulle. Et ce n'est pas nouveau. Tiens, écoute ce que disait Aldous Huxley en 1939…

- Qui ? Aldo Sexuel ? Qu'est-ce qu'il a dit celui-là ?

- Ah, il avait la vista celui-là, « Aldo Sexuel » comme tu dis. Ecoute plutôt : « Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes innées.

Ensuite on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des informations et des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessants d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humain. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté, de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. »

.- ..teng ! C'est vrai qu'il voyait loin Aldo Sexuel. 77 ans après, c'est exactement ce qui se passe.

- Sacré visionnaire le mec… Hélas. Dès lors toutes les couleuvres que veulent nous faire avaler les politicards se digèrent. Ils mentent comme ils respirent et sont pour la plupart au service d'une petite kleptocratie internationale. Il y a des liens structurels et des intérêts croisés entre les politiques au service du capital et les affairistes financiers, prédateurs de l'économie, des entreprises et de l'emploi et les médias propriétaires des mêmes affairistes. Dix milliardaires possèdent l'essentiel des grands médias français.

Marine vole le programme social de Mélenchon sans avoir évidemment la moindre intention de le mettre en place si elle gagne (Que Bacchus nous protège de cette horreur!). Tout comme le Sourcilleux de la Sarthe, elle magouille sans vergogne avec les emplois fictifs. Fillon, il peut s'agiter tant qu'il veut, il est cramé.

- Et Macron ? Parle-nous un peu de celui-là.

- C'est la petite bête qui monte, qui monte… Choisi par le patronat et adoubé par les Bilderberg, l'ex employé de Rothschild a tout l'avenir capitaliste devant lui. Tiens, il y a un exemple fort éclairant concernant ses accointances avec ceux qui tirent les ficelles des marionnettes politiques. C'est l'affaire du rachat de SFR. Bouygues était en concurrence avec Drahi, ce sulfureux citoyen israélien, « évadé fiscal » pompant son pognon en France, vivant en Suisse et ayant sa holding, Altice, au Luxembourg. Montebourg, alors ministre de l'économie y était opposé pour ces raisons. Puis voilà qu'arrive Macron à Bercy. Et tout de suite il débloque l'affaire au profit de Drahi. Celui-ci, il est surtout riche de ses dettes. Enormes. Il achète ses proies en utilisant la méthode crapuleuse dite LBO dont le mécanisme consiste à emprunter auprès des banques l'argent qu'on n'a pas ou qu'on ne désire pas investir et à ensuite rembourser la dette contractée en se payant sur la bête, c'est-à-dire à dégager des profits en liquidant massivement les emplois. Chez SFR, c'est le tiers des salariés qui a été lourdé (5000 sur 15000) pour engraisser les prédateurs et leurs complices politiques.

Drahi doit bien un petit coup de main à sa marionnette Macron, non ? Et comment il lui renvoie l'ascenseur à Macron, le Drahi ? Très simple, et qui ne lui coûte rien : il met la puissance de bourrage de crânes de ses organes de presse – BFM-TV, RMC, Libération, L'Express, L'Expansion, L'Etudiant, et son influence sur les instituts de sondage - au service du petit Macronet.

- Ben dit donc ! Ca ne donne pas trop envie de voter tout çà. Et la gauche alors ? Hamon, Mélenchon, Jadot ? S'ils arrivaient à s'entendre, ils pourraient créer la surprise, non ?

- Le problème, c'est qu'aucun, à part Jadot, ne veut lâcher l'espérance de fromage au profit de l'autre. Alors faisons un peu de math :

Mélenchon : chances d’arriver au second tour = 0 (hélas, car je vote habituellement pour lui)
Hamon : chances d’arriver au second tour = 0
Jadot : chances d’arriver au second tour = 0

0+0+0 = 0

Il faut donc trouver un dénominateur commun. Pour cela il conviendrait que chacun mette une peille sur son égo. Et alors, retirer leur trois candidatures au profit d’une seule.

- Qui ?


- TAUBIRA ! Vraiment de gauche, un peu la grosse tête mais pas trop, grande culture, charisme certain, très bonne oratrice, et en plus femme et « issue de la diversité » comme on dit.

Et ça aurait de la gueule, non ? On serait peut-être battu, mais avec panache !

- Pas mal. Allez, Zoù, à la nôtre !

 

Illustration; merci au regretté Chimulus