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08/05/2015

8 mai, la Victoire. Sous un soleil menteur...

 

 Le passe-droit de la HONTE

 

On commémore la Victoire de 1945. Tout cela semble lointain, suranné, dépassé… Et pourtant, « il est encore fécond le ventre de la Bête ». Tiens, je vais vous raconter une histoire. Une histoire authentique que je tiens de la bouche même de celui qui en fut le seul « héros » survivant.

Laurent Pascal était dans sa vingtaine année à la Libération. Cet homme a eu de la chance. Beaucoup de chance: il fut le seul rescapé, l'unique survivant d'un massacre au cours duquel trente-cinq de ses camarades du maquis Ventoux ont été assassinés par les Nazis et leurs sordides complices français de la milice. Cela s'est passé à Izon-la-Bruisse, petit village des contreforts drômois du massif du Ventoux, près de Sèderon. Leur section a été vendue par des miliciens. Prisonniers, ils vont être massacrés. Écoutons son récit :

 

« Il est environ 13 heures. Un beau soleil d'hiver fait scintiller la neige autour de nous.

 

Un soleil menteur...

 

- Vous quatre là. Avancez. Allez! Plus vite que ça!

 

Ce sont ceux qui se trouvent du côté d'Eygalayes. Je me trouve moi-même à l'autre extrémité de la colonne. Ils partent derrière le bâtiment. Nous ne voyons pas ce qui se passe mais nous entendons une première, puis une seconde rafale de mitraillette: les quatre premiers fusillés d'Izon viennent d'être abattus...

 

Le premier tueur, un milicien, un Français comme nous, sa sale besogne terminée, revient. Un autre "prend livraison" des quatre victimes suivantes, toujours à partir de l'autre bout de la colonne. Il les conduit derrière la ferme en passant par l'angle Ouest alors que les premiers étaient passés par l'angle Est.

 

Rafales...

 

Mes camarades, pétrifiés mais courageux, attendent la mort...

 

Les bourreaux, se remplaçant, alterneront ainsi côté Est et côté Ouest jusqu'au quatre derniers: le Toubib, un jeune homme de Saint-Auban, un autre jeune et moi.

 

C'est notre tour...

 

Nous savons parfaitement ce qui nous attend. Les rafales de mitraillettes et les plaintes de nos camarades ne nous laissent aucun doute sur ce qui se passe derrière la ferme.

 

Je suis pourtant étonnamment lucide. Crever pour crever, je ne vais pas me laisser tuer comme un mouton. Je suis décidé à tenter ma chance.

 

Le milicien dont c'est le tour de nous conduire au massacre, un homme d'une quarantaine d'années, nous fait passer devant lui. Je l'observe en marchant. Il n'est pas très à l'aise me semble-t-il. Arrivé au coin de la ferme, j'aperçois les cadavres ensanglantés de mes camarades étendus dans la neige. Le Toubib, qui est derrière moi, a compris que je veux tenter quelque chose.

 

Je regarde une dernière fois le tueur, puis mes camarades morts. Le Toubib se rapproche de moi et me souffle:

 

- "C'est le moment. Vas-y!"

 

Je me rue en avant. J'ai le temps d'entendre mon copain Blanchet, abattu mais pas encore mort me crier: "Merde! Rolland." C'était son vœu de bonne chance. Un cri qui me va droit au cœur et me donne des ailes. Je cours de toutes mes forces. C'est un pré nu et plat, sans le moindre obstacle. Il y a bien une rangée de pommiers en contrebas, mais je préfère foncer droit devant moi.

Le Toubib me suis. Mais il n'a pas ma jeunesse. Il sera mon bouclier. Volontairement? Je le crois...

 

Les souliers de Toto - que j'ai maudits ce matin - me serrent et tiennent bien à mes pieds malgré l'absence de lacets. Une chance. J’entends le bruit sec des mitraillettes et des fusils. Les balles sifflent autour de moi, ricochent en miaulant sur des rochers...J'ai environ 400 mètres à parcourir, à découvert, dans la neige.

 

Les premiers instants de surprise passés, tous les boches  et les miliciens, qui attendaient, décontractés, que le massacre fut terminé, réagissent et me tirent comme un lapin. J'entends des éclats de voix, des ordres aboyés en allemand. Je perçois des éclatements de grenades autour de moi...

 

Je ne pense à rien. Je fonce, je fonce...

 

Cette course éperdue dure environ une minute. Il me semble que je n'arriverai jamais au bout du champ. Mon cœur bat la chamade, mais j'ai conscience que j'ai la joie de le sentir battre!

 

J'arrive au bout du champ. Je saute un petit mur qui me met provisoirement à l'abri des tirs de mes poursuivants. J'ai la présence d'esprit de ruser pour les égarer: je fonce ostensiblement en direction du village, puis, en me baissant, je remonte dans mes traces et fonce vers la montagne, en direction opposée.

 

La ruse a pris: les Boches se ruent vers la route. Ils me chercheront tout d'abord en direction de Séderon, me laissant quelques précieuses minutes de répit. Maintenant à couvert, je grimpe à toutes jambes les premiers escarpements au-dessus d'Eygalayes. Je passe devant une ferme. Le paysan, qui a assisté impuissant à la fusillade de la fenêtre de sa chambre, craint que je ne m'arrête chez lui. Je n'en ai pas la moindre intention et je le lui dis.

 

Á ce moment-là je me considère comme presque sauvé. J'ai en tout cas gagné la première manche. Je connais parfaitement la montagne, je suis jeune, fort et entrainé. Et puis j'ai ma peau à sauver… »

 

Alors souvenons-nous, et méditons sur les redoutables tensions que des égoïsmes nationaux irresponsables font ressurgir. 

 

Illustration X – Droits réservés

 

31/03/2015

Entrons en RÉSISTANCE contre le « globish », vecteur de la colonisation étazunienne.

globish romeo et juliette.jpg

France Inter étant en grève, et voulant à tout prix éviter les facilitateurs du transit intestinal que sont RMC, Europe 1 ou RTL, je me réfugie sur Radio Classique. Et qu'est-ce que j'entends ? Des mots comme « streaming », comme « buzz » et autres estrons vocaux. Alors je reviens sur la radio locale et j'ai les portugaises agressées par des sous-merdes sonores appelées « musiques » et qui ne sont que des dégueulis bruyants : à savoir les horreurs de « musiques » anglo-saxonnes que nous déversent à plein tombereaux les programmateurs «musicaux » de ces stations de radios dites généralistes. Même les chanteurs français beuglent maintenant en "globish" et…sont récompensés par des « victoires de la musique ». Et encore j'évite comme la vérole les stations genre NRJ ou Skyrock !

 

Bref, pour dire que cette colonisation linguistique et « culturelle » me gonfle les aliboffis à les faire éclater ! Mais dans quel pays vivons-nous ? La loi Toubon impose encore 40 % de musiques francophones sur les ondes. C'est bien le moins, non ? Mais la sinistre de la culture (Fleur Pellerin, celle qui ne lit jamais de livre) n'y voit qu'une « loi controversée » et le CSA (chargé pourtant, entre autres missions, de réprimer l'anglicisation des médias) « réfléchit » à un assouplissement des quotas de chansons françaises. Mais si encore les machines à bruits nous faisaient entendre ce qui se chante en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Hongrie, en Pologne, en Lituanie, en Russie ? Mais non, on nous abreuve jusqu'à plus soif de ces merdes anglo-étazuniennes... Probablement parce que c'est la même chose dans ces pays... Désespérant. Ce qui se passe au niveau des musiques, c'est une substitution galopante de l'anglais au français, et ce mouvement se retrouve dans la pub, le cinéma, les enseignes commerciales (Carrefour « market », « Simply », etc.). Il y a plus de mots anglais dans nos rues que de mots allemands pendant l'occupation !

 

Mais ça, ce n'est que la façade. Derrière, c'est bien plus grave. Nos gouvernants, actuels comme passés, s’acharnent sur la « langue de la République » (art. II de la Constitution). La loi Fioraso a récemment institué l’anglais langue de l’enseignement universitaire, dans le sillage de la LRU de Valérie Pécresse, qui aligne nos universités sur le « modèle » néolibéral anglo-saxon. Et que dire de l’Europe qui, sournoisement, impose l’anglais dans ses communications et même ses directives ?

 

Faut-il le craindre cette officialisation d’un fait déjà accompli ? Sur le plan pratique, pas trop, et même non. Mais sur le plan humaniste oui, car cela marque un véritable abandon de pans importants, voire essentiels de ce qui fait notre civilisation, notre manière de vivre ensemble, et jusqu’à notre mode de penser. Car on ne pense pas pareil dans toutes les langues.

 

La langue, instrument de communication, véhicule aussi une culture, un mode de vie, un système économique et politique, et force est de reconnaître qu’aujourd’hui l’anglais est devenu la langue de la financiarisation du monde. Quand on parle économie ou finances, c’est soit en anglais, soit en utilisant une multitude de termes anglo-étazuniens souvent incompréhensibles pour la plupart d’entre nous. Le langage des milieux financiers est, si l’on peut dire, un véritable charabia.

 

Car la langue que l’on prétend nous imposer « pour notre bien » évidemment, n’a pas grand-chose à voir avec celle de Shakespeare ; il s’agit du « globish », un sabir appauvri d’un millier de mots environ. Sabir capable, c’est vrai, de faciliter la communication de base (celle des aéroports, des hôtels, des offices de tourisme, des banques). Mais peut-il véhiculer un véritable savoir ? Surtout dans les matières scientifiques, ou de droit ? Peut-être, mais en mettant le plancher très bas. Quels sont les étudiants francophones aptes à intégrer toutes les finesses d’une langue étrangère ? Peu, très peu, voire aucun. Donc le langage de ces cours est obligatoirement pauvre, sans la richesse des nuances que permettent les synonymes, les tournures de phrases dans leur langue maternelle. Or l’université ne doit pas dispenser un  savoir au rabais, ce qui sera fatalement le cas ; laissons cela aux « écoles de commerce », pétouillets de margoulins. Les Anglais lettrés sont d’ailleurs bien conscients de l’appauvrissement dramatique de leur langue, salopée par les Zétazuniens.

 

Mais le processus s’accompagne d’une volonté de conquête, à la fois économique, politique et culturelle. D’où le terme d’impérialisme justifié notamment par les propos de divers responsables politiques anglo-saxons. On pense évidemment à Margaret Thatcher, qui déclarait en 2000, lors d’une conférence donnée aux États-Unis, que « le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage dominant est l’anglais, le modèle économique dominant est le capitalisme anglo-saxon » lien.On connaît moins les propos tout aussi brutaux mais plus détaillés de David Rothkopf, un ancien responsable de l’administration Clinton, qui valent pourtant leur pesant de cacahuètes : « Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualités, ces normes soient américaines ; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent… Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir » lien. Tafta est là pour accélère les choses.

 

On assiste là à une offensive impérialiste étazunienne. Le but est, en fait, d'éliminer tout statut officiel des langues autres que l'anglais dans les secteurs où une concurrence menacerait les intérêts commerciaux des pays anglophones, seule et unique motivation de ces derniers. La réalisation de ce programme est déjà fortement avancée dans les sciences, où les nomenclatures (y compris celles de la botanique, jusqu'ici latines) deviennent anglaises, accroissant la suprématie des chercheurs anglophones aux dépens de tous les autres. Le protocole de Londres entérine définitivement la mort de la diversité culturelle et linguistique qui a fait (et qui fait encore, mais pour combien de temps ?) la richesse de l'Europe.

 

La sous ministre Fioraso – qui a maintenant libéré le territoire politique - arguait du fait que cette « ouverture » attirerait en France des étudiants indiens ou chinois. Belle connerie ! Les étudiants anglophones préféreront toujours l’original à la copie. Par contre les enseignants francophones seront éliminés au profit de mercenaires de la doxa ultra libérale anglo-saxonne, comme les étudiants francophones seront défavorisés par un enseignement dans une langue qu’ils ne maîtriseront jamais comme les natifs.

 

Certaines écoles privées, en France, donnent maintenant leurs cours uniquement en anglais. Est-il tolérable, du point de vue de l’intérêt national comme du point de vue de l’accès de tous au savoir, que des colloques universitaires à la Sorbonne soient convoqués en anglais et se déroulent exclusivement dans cette langue ? Est-il sain pour l’avenir de la démocratie que les élites soient formées exclusivement, non dans la langue du peuple, mais en anglo-américain ? Nous sommes en présence d’un projet de domination sans partage et de discrimination sans précédent. La logique d’oppression qui prédomine conduit à l’aliénation, à la substitution d’une langue à l’autre par le gavage linguistique.

 

On assiste à la volonté de mise à mort non seulement du français mais de la plupart des langues du monde. Responsable : l’impérialisme étazunien qui sévit à tous les niveaux : industriel, commercial, militaire mais aussi et surtout culturel. On nous abreuve jusqu’à l’écœurement de ces sous-merdes des séries télévisées étazuniennes, qui – largement amorties au USA - arrivent par pleins cargos à prix cassés, ruinant ainsi la création française qui n’existerait plus sans les subventions gouvernementales. On nous emmerde jusqu’à en dégueuler de ces collections de bruits abrutissantes que les programmateurs – véritables collabos - déversent à pleins seaux dans nos pauvres oreilles et qu’ils ont le culot d’appeler « musique ».

 

Nos députés sont-ils seulement conscients de cette situation ? Accepteront-ils la colonisation de la France ? (Pays qui, par ailleurs, a fait subir à bien des langues africaines et régionales le même sort !) Les déferlantes d’américonneries qui encombrent les programmes des lucarnes à décerveler et des boites à bruits laissent supposer qu’ils s’en branlent comme de leur première magouille…

 

Eh! Citoyen président François, lorsque tu vas faire acte de soumission devant les charlots de la Commission européenne, tu t’exprimes en français ou en anglais ?

 

Entrons en RÉSISTANCE. Disons NON au Tout anglais et MERDE au "globish !"

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

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12/01/2015

La France, debout, l'a dit : « Même pas peur ! Le fascisme ne passera pas » !

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- T'as vu Victor : pas morte la vieille ! Pas morte la plus ancienne nation d'Europe ! Ils peuvent aller se faire jilladenfiler tous les « déclinistes », les « suicidaires », les Zemmour, les Houellebecque et tous ces crapauds puants qui nous serinent à longueur d'antennes et de colonnes que la France est foutue, que son peuple baisse honteusement la tête et sera bientôt remplacé par des hordes sauvages venus d'ailleurs.

 

- Un bonheur Loulle ! Et tout ça pour quoi ? Pour défendre une joyeuse bande d'anars qui se battent par le rire, avec leurs crayons, avec leurs petits dessins pour que l'Homme soit un peu moins kon ! Et qui ont été massacrés par des assassins tarés lobotomisés par une idéologie de mort venue d'ailleurs que révulsent des mots comme Liberté d'expression, de vie, d'idée, de penser, de croire ou de ne pas croire, Égalité homme femme, Fraternité au-delà des couleurs de peau ou de moyens. Ce pays frondeur entre tous, irrévérencieux, toujours prompt à se moquer de tout et de tous et en particulier de lui-même, que tous les Cassandre de mauvaise augure roulaient dans la merde, s'est spontanément dressé, avec dignité et avec joie ! Ça fait chaud au cœur Loulle.

 

- Espérons que les dirigeants sauront maintenant se montrer à la hauteur du Peuple...

 

- Et ce ne sera pas facile. Les lampions sont éteints, Loulle. Et les problèmes posés par cette guerre asymétrique ne vont pas se résoudre en claquant des doigts. Il faudra d'abord cesser de vouloir ménager la chèvre et le chou. Et désigner les choses par leur nom. Oui, les tueurs étaient des musulmans. Oui ils ont agi au nom de l'Islam. Il ne suffit pas de dire que « l'Islam, ce n'est pas ça ». On voudrait bien le croire. Mais le vrai Islam c'est quoi ? Ce ne peut être que celui de l'Arabie saoudite puisque ce pays est le gardien des lieux « sacrés » ! Alors là c'est le top : femmes niées par le voile, lapidées, violées, homosexuels égorgés, esclavage institutionnalisé, petits délinquants mutilés. Exactement ce que font les fous de dieu de Daesch et d'Al Quaïda. Exactement l'idéologie des massacreurs de Charlie qui proclamaient sans ambiguïté agir au nom de l'Islam. Le nier, se voiler (!!) la face ne résoudra pas le problème. Ce sont bien des musulmans qui ont massacré les Charlie, mais des musulmans qui interprètent leur religion d'une façon essentiellement violente, suivant en cela une interprétation salafiste née en Arabie saoudite. Prétendre que « l'Islam ce n'est pas ça », c'est probablement en partie vrai. Prétendre que l'Islam est étranger à ces tueurs est de l'hypocrisie. Le constater ne n'est pas de l'amalgame. Les tueurs de Daesch, de Boko haram, d'Al Quaïda, et autres groupuscules assassins puisent leurs sources dans le même fondement religieux, dans le même Coran que les musulmans paisibles, mais en font une interprétation atroce. Les musulmans non radicaux sont d'ailleurs les premières victimes de ces illuminés. 17 morts en France, ça chamboule le monde, mais en Irak, au Nigeria, en Syrie, c'est tous les jours qu'il y a des massacres dix fois plus importants. Et les victimes sont le plus souvent des musulmans... C'est donc avec eux, les citoyens musulmans paisibles, que doit se résoudre le problème. Ils sont les mieux placés pour connaître les filières djihadistes. Il faut les aider...à aider la France, leur pays – ils l'ont dit hier - en leur faisant confiance.

 

- C'est évident Victor. Tous les musulmans ne sont pas des fous de dieu, mais les assassins de Paris étaient bien des musulmans, pas des hindouistes, des bouddhistes ou des athées. Ces gens-là sont des fascistes, comme l'étaient les nazis. Tous les Allemands n'étaient pas nazis, mais les nazis, au départ, étaient tous Allemands. Le siècle dernier a été marqué par ce fascisme épouvantable issu de la civilisation occidentale. Il y a actuellement un fascisme qui vient de la civilisation islamique. Le nier est de l'angélisme coupable, de l’hypocrisie d’État, sans oublier la trouille agissante des « idiots utiles » de ce nazislamisme. Il faut lui appliquer la même maxime qu'à tous les autres: « Le fascisme ne passera pas ! »

 

- Bien dit. Allez Loulle. Mets ma tournée !

 

Illustration : merci à Chimulus.

 

21/05/2013

Stoppons-les ! Manif mondiale contre Monsanto ce samedi 25.

monsanto manif 25 mai 2013.jpg

 

 

Monsanto, vous connaissez… C’est les  Semences OGM, Round-up, hormone de croissance bovine, PCB, aspartame, agent orange et bien d’autres saloperies. C’est aussi une firme dans foi ni loi qui s’assoie sur la démocratie. Ainsi lors de son passage devant la Chambre des Représentants (députés) des Etats-Unis, il a été adjoint à la loi (H.R. 933) qui définit les lignes budgétaires pour les ministères et agences aux États-Unis, la section 735 qui stipule que « dans le cas où une décision [d’autorisation d’une culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l’Agriculture doit, nonobstant toute autre disposition de droit, sur simple demande d’un agriculteur, d’un exploitant agricole, ou d’un producteur, immédiatement accorder une autorisation temporaire ».

Autrement dit, si la Justice, comme ce fut le cas avec la luzerne GM, suspend l’autorisation accordée par le ministère de l’Agriculture, celui-ci pourra, si un agriculteur lui demande, contourner cette décision de Justice et accorder une autorisation temporaire de mise en culture de la luzerne GM. Le Sénat a voté la loi HR933 sans remettre en cause cet ajout. La loi, appelée par ses détracteurs « Monsanto Protection Act », est donc adoptée par le Congrès. La seule solution pour éviter ce véritable déni de démocratie résidait dans un véto présidentiel. Le démocrate Obama allait évidemment refuser cette saloperie. Tè ! Fume… Il a signé ! Il ne pouvait, parait-il, pas faire autrement sauf à bloquer le budget de l’agriculture de son pays…

Mais dans cette loi, a été introduite, de façon insidieuse, la « section 735 » qui permet au ministère de l’Agriculture de ne pas prendre en considération des décisions de justice. De façon insidieuse, car de nombreux congressistes n’avaient pas remarqué ce cheval de Troie de l’industrie biotechnologique. Et pernicieuse, car il était en effet difficile pour Obama de ne pas signer cette loi dont l’objectif était de ne pas bloquer le fonctionnement du gouvernement. Imposer son veto aurait relancé certains débats et blocages sur des questions plus générales. La stratégie des entreprises de biotech était donc très efficace. Introduire cinq lignes problématiques dans un ensemble cohérent, qui a demandé des mois de débat pour arriver finalement à un consensus, a payé. Résultat immédiat : par ce « Monsanto Protection Act  » : la justice américaine ne pourra plus s’opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si leur homologation est contestée devant un tribunal. 

A titre indicatif, Monsanto, au cours de la dernière élection, a financé 55 députés et 24 sénateurs (principalement républicains, mais pas uniquement), pour un montant total de 316 000 US$.

Mais les citoyens qui, dans le monde entier, refusent le « monde selon Monsanto » s’élèvent contre ce déni de démocratie. A l’initiative du mouvement « Occupy » étazunien, dans une démarche citoyenne autonome, le mot d’ordre a été lancé à travers les réseaux sociaux d’organiser la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto. Plusieurs dizaines de manifestations sont organisée aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Inde. C’est cxe samedi 25 mai.

La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement  le samedi 25 mai à partir de 14h. Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance due droit à un environnement sain pour tous !

Pour plus d’informations sur l’événement voir ici :

 http://www.generations-futures.fr/2011generations/wp-content/uploads/2013/01/COM_PRESSE_LIENS.pdf ethttps://www.facebook.com/events/160596650769757/

 

Duodi 2 Prairial 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Quand je vous dis que les OGM vont régler le problème de la faim dans le monde.

 
Il y a bien plus à manger sur ces rats !

 

 

rats cancéreux monsanto.jpg

 

 

20/05/2013

Prenez-en de la graine ! Faites la bombe ! Bombardez !

bombe à graines.jpg

 

 

Eh ! Des bombes bien pacifiques tout de même ! Des bombes de fleurs. Ben, ouais. Pourquoi pas ? Mais ces bombes ont tout de même une cible : les multinationales grainières, genre Monsanto, qui prétendent s’accaparer et breveter le vivant. Pour se faire du fric, encore du fric, toujours plus de fric !

 

Ces entreprises biotech âpres au gain ont trouvé le moyen de "posséder" ce qui nous appartient : notre alimentation! Ils essayent de breveter nos fruits et légumes de tous les jours comme les concombres, les brocolis et les melons, forçant les agriculteurs à les payer au risque d'être poursuivis en justice. Voir entre autres : Le Monde selon Monsanto (Documentaire, ARTE)

 

Nous pouvons faire pression sur  nos élus pour lutter au niveau européen contre cette politique d’abandon du vivant aux margoulins, mais nous pouvons aussi lutter efficacement, tout en rigolant : en faisant la bombe ! Pour se battre contre Monsanto, le lobbyiste des graines, on peut agir localement, entre amis et en toute légalité…Réapproprions-nous les espaces verts publics en y plantant des graines… Un groupe de Montpellier a repris une idée de nos voisins anglais. Cela consiste à faire des boules de terreau remplies de graines, de trouver un endroit propice et d’y jeter ces "bombes à graines". Une bombe à graines est une petite boule composée d’un mélange de terreau et d’argile dans lequel nous y insérons des graines mellifères, une source d’alimentation pour butineurs et pollinisateurs. Elles sont pratiques pour atteindre les espaces délaissés derrière les clôtures ou sur les toits, elles peuvent également être dispersées directement sur le sol sans être plantées. Les graines ainsi protégées germeront dès qu’elles seront exposées à des conditions favorables.


Le lancer de bombes à graines fait partie du mouvement de « guérilla » jardinière né dans les années 90 chez les Anglo-saxons. Cet acte participe à la distribution des semences de façon ludique et engagée."

Allez, profitons de ce lundi de pentecôte, férié pour certain, pas pour d’autres, pour « faire la bombe » et ainsi emmerder (un peu ? mais c’est toujours ça) Monsanto.

BANZAÏE !

 

Primidi 1er Prairial 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

La saison de chasse au canard n'est pas encore ouverte, mais Gérard y va quand même.
Après deux heures, il tue un canard. Il s'assoit près d'un étang et il commence à le plumer.
Tout à coup il entend des pas. Alors de peur de se faire arrêter, il jette le canard a l'eau et il commence à siffler comme si rien n'était arrivé.
Un garde-chasse arrive et dit :
- Bonjour monsieur !
- Bonjour, répondit l'autre !
- Je dois vous arrêter !
- Et pourquoi ?
- La saison de chasse au canard n'est pas encore ouverte !
- Mais je ne chassais pas !
- Ah non, et c'est quoi ce petit tas de plumes a vos pieds ?
- Ça ? C'est un canard qui est parti se baigner et qui m'a demandé de garder ses vêtements ! 

 

16/05/2013

MERDE A L’ANGLAIS !

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Par hasard, hier, j’ai entendu la pitoyable explication de la citoyenne Fioraso, improbable sous ministre chargée de l’enseignement dit supérieur, suite à une question-réquisitoire claire et précise du citoyen député Myard. L’une est de mon bord, l’autre non. Mais c’est pourtant ce dernier que j’ai chaleureusement applaudi et l’autre, la sous ministre, que j’ai agonie d’injures devant la lucarne à décerveler !

 

La citoyenne Fioraso veut donner son nom à une loi scélérate qui marquera la rétrogradation de la langue française en deuxième division ! Ceci en promouvant l’usage de la langue anglaise dans l’enseignement supérieur, tant au niveau de l’enseignement que des examens.

 

Ce projet de loi sur l'enseignement supérieur, dit loi Fioraso, aggrave la démarche de marchandisation de l'enseignement supérieur déjà engagée par Valérie Pécresse avec la loi L.R.U. : le projet Fioraso est de fait totalement subordonné aux intérêts capitalistes et constitue une privatisation de moins en moins larvée des universités. Son objectif inavoué est la destruction programmée de l'outil de recherche français dans des secteurs stratégiques, au bénéfice d'un espace européen de recherche inféodé aux logiques régressives de la concurrence et de la rentabilité financière. Le philosophe Michel Serre, grande voix française s’il en est, est atterré, estimant « qu’une langue qui n’est plus capable de parler de tout est une langue qui meurt ». Tué de la main de quelques irresponsables genre Allègre en son temps, Pécresse, Fioraso maintenant.


Le 12 février dernier, 36 sénateurs du groupe socialiste ont déposé une proposition de loi « relative à l’attractivité universitaire de la France ».  L’article 6 de celui-ci (un ajout à l’article L. 761-1 du code de l’éducation) indique que «(…)   la langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires, dans les établissements d’enseignement supérieur, peut être une autre langue que le français.  Pour les étudiants ne justifiant pas d’une connaissance suffisante du français, lorsqu’ils suivent une formation dispensée dans une langue étrangère, cette dérogation est soumise à l’obligation de suivre un cursus d’apprentissage de la langue et de la culture françaises ». Lorsqu’ils disent « une autre langue que le français », il ne s’agit pas de l’italien, du russe, du chinois ou de l’espagnol, mais uniquement de l’anglais. Et encore pire, d’un sabir étazunien, sorte de « petit nègre » ridicule : le globish des marchands de soupe internationaux. On est loin de Shakespeare…

 

Cette attaque fait suite à bien d’autres, dont le « protocole de Londres » qui, sous Sarko, en 2007, a imposé l’anglais comme langue unique des brevets, sortant le français de la science. Des entreprises françaises imposent à leurs cadres de communiquer en anglais. Et que dire des pubes qui, tout à fait illégalement (voir loi Toubon, art.2 ) nous bassinent avec quelques débilités débités en globish ? Que dire de l’Europe qui, sournoisement, impose l’anglais dans ses communications et même ses directives ?

 

On assiste là à une offensive impérialiste étazunienne. Le but est, en fait, d'éliminer tout statut officiel des langues autres que l'anglais dans les secteurs où une concurrence menacerait les intérêts commerciaux des pays anglophones, seule et unique motivation de ces derniers. La réalisation de ce programme est déjà fortement avancée dans les sciences, où les nomenclatures (y compris celles de la botanique, jusqu'ici latines) deviennent anglaises, accroissant la suprématie des chercheurs anglophones aux dépens de tous les autres. Le protocole de Londres entérine définitivement la mort de la diversité culturelle et linguistique qui a fait (et qui fait encore, mais pour combien de temps ?) la richesse de l'Europe.

 

La sous ministre Fioraso argue du fait que cette « ouverture » attirera en France des étudiants indiens ou chinois. Belle connerie ! Les étudiants anglophones préfèreront toujours l’original à la copie. Par contre les enseignants francophones seront éliminés au profit de mercenaires de la doxa ultra libérale anglo-saxonne, comme les étudiants francophones seront défavorisés par un enseignement dans une langue qu’ils ne maitriseront jamais comme les natifs.

 

Certaines écoles privées, en France, donnent maintenant leurs cours uniquement en anglais. Est-il tolérable, du point de vue de l’intérêt national comme du point de vue de l’accès de tous au savoir, que des colloques universitaires à la Sorbonne soient convoqués en anglais et se déroulent exclusivement dans cette langue ? Est-il sain pour l’avenir de la démocratie que les élites soient formées exclusivement, non dans la langue du peuple, mais en anglo-américain ?  Nous sommes en présence d’un projet de domination sans partage et de discrimination sans précédent. La logique d’oppression qui prédomine conduit à l’aliénation, à la substitution d’une langue à l’autre par le gavage linguistique.

 

On assiste à la volonté de mise à mort non seulement du français mais de la plupart des langues du monde. Responsable : l’impérialisme étazunien qui sévit à tous les niveaux : industriel, commercial, militaire mais aussi et surtout culturel. On nous abreuve jusqu’à l’écœurement de sous-merdes des séries télévisées étazuniennes, qui – largement amorties au USA - arrivent par plein cargo à prix cassés, ruinant ainsi la création française qui n’existerait plus sans les subventions gouvernementales. On nous emmerde jusqu’à en dégueuler de ces collections de bruits abrutissantes que les programmateurs déversent à pleins seaux dans nos pauvres oreilles et qu’ils ont le culot d’appeler « musique ». Même les chanteurs français beuglent maintenant dans cette langue et…sont récompensés par des « victoires de la musique ». Les boutiques se croient obligées de se donner des noms anglais. Il y a plus de mots anglais sur les murs qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation !

 

Ras les aliboffis de cette invasion !

 

Eh! Citoyen président François, lorsque tu vas faire acte de soumission devant les charlots de la Commission européenne, tu t’exprimes en français ou en anglais ?

 

Fort heureusement, à côté de philosophes comme Michel Serre, de linguistes comme Claude Hagège, des députés ont déposé un projet de loi pour défendre ce patrimoine vital qu’est notre langue.

 

Vous pouvez trouver l’intégralité de cette proposition ici. http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion066...

 

Et la soutenir en poussant au cul votre député ! Vous trouverez son adresse là :

 

http://www.assemblee-nationale.fr/qui/xml/liste_alpha.asp

 

Et MERDE A L’ANGLAIS !

 

Septidi 27 Floréal 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

************************

 

Ecoute ! Ecoute !

 

L'anglais, bien loin d'être la langue universelle qu'on nous présentait jusqu'alors, l'anglais, la langue de Shakespeare, n'est rien d'autre que du français mal prononcé : 
- Ail ou radis? Are you ready ? Êtes-vous prêt ? 
- Saintes salopes - Thanks a lot - Merci beaucoup 
- Débile - The bill - L'addition 
- Mords mon nez - More money - Plus d'argent 
- Marie qui se masse - Merry Christmas - Joyeux Noël 
- Oui Arlette - We are late - Nous sommes en retard 
- Mais dîne Franz - Made in France - Fabriqué en France 
- Y s'pique Germaine - He speaks German - Il parle allemand 
- Ahmed a l'goût de tripes - I made a good trip - J'ai fait un bon voyage 
- Six tonnes de chair - Sit on the chair - Asseyez-vous sur la chaise 
- Les slips tout gais serrent - Let's sleep together - Dormons ensemble 
- Guy vomit sous mon nez - Give me some money - Donne-moi un peu d'argent 
- Âme coquine - I'm cooking - Je cuisine 
- Deux bouts de chair - The butcher - Le boucher 
- C'est que ça pèle - Sex appeal - Attirance sexuelle.

 

 


08/05/2013

La Victoire. Sous un soleil menteur.

carte milice.jpg

 

 

On commémore la Victoire de 1945. Tout cela semble lointain, suranné, dépassé… Et pourtant, « il est encore fécond le ventre de la Bête ». Tiens, je vais vous raconter une histoire. Une histoire authentique que je tiens de la bouche même de celui qui en fut le seul « héros » survivant.

 

Laurent Pascal était dans sa vingtaine année à la Libération. Cet homme a eu de la chance. Beaucoup de chance: il fut le seul rescapé, l'unique survivant d'un massacre au cours duquel trente-cinq de ses camarades du maquis Ventoux ont été assassinés par les Nazis et leurs sordides complices français de la milice. Cela s'est passé à Izon-la-Bruisse, petit village des contreforts drômois du massif du Ventoux, près de Sèderon. Leur section a été vendue par des miliciens. Prisonniers, ils vont être massacrés. Ecoutons son récit :

 

« Il est environ 13 heures. Un beau soleil fait scintiller la neige autour de nous.

Un soleil menteur...

 

- Vous quatre là. Avancez. Allez! Plus vite que ça!

 

Ce sont ceux qui se trouvent du côté d'Eygalayes. Je me trouve moi-même à l'autre extrémité de la colonne. Ils partent derrière le bâtiment. Nous ne voyons pas ce qui se passe mais nous entendons une première, puis une seconde rafale de mitraillette: les quatre premiers fusillés d'Izon viennent d'être abattus...

 

Le premier tueur, un milicien, un Français comme nous, sa sale besogne terminée, revient. Un autre "prend livraison" des quatre victimes suivantes, toujours à partir de l'autre bout de la colonne. Il les conduit derrière la ferme en passant par l'angle Ouest alors que les premiers étaient passés par l'angle Est.

 

Rafales...

 

Mes camarades, pétrifiés mais courageux, attendent la mort...

 

Les bourreaux, se remplaçant, alterneront ainsi côté Est et côté Ouest jusqu'au quatre derniers: le Toubib, un jeune homme de Saint-Auban, un autre jeune et moi.

 

C'est notre tour...

 

Nous savons parfaitement ce qui nous attend. Les rafales de mitraillettes et les plaintes de nos camarades ne nous laissent aucun doute sur ce qui se passe derrière la ferme.

 

Je suis pourtant étonnamment lucide. Crever pour crever, je ne vais pas me laisser tuer comme un mouton. Je suis décidé à tenter ma chance.

 

Le milicien dont c'est le tour de nous conduire au massacre, un homme d'une quarantaine d'années, nous fait passer devant lui. Je l'observe en marchant. Il n'est pas très à l'aise me semble-t-il. Arrivé au coin de la ferme, j'aperçois les cadavres ensanglantés de mes camarades étendus dans la neige. Le Toubib, qui est derrière moi, a compris que je veux tenter quelque chose.

 

Je regarde une dernière fois le tueur, puis mes camarades morts. Le Toubib se rapproche de moi et me souffle:

 

-"C'est le moment. Vas-y!"

 

Je me rue en avant. J'ai le temps d'entendre mon copain Blanchet, abattu mais pas encore mort me crier: "Merde! Rolland." C'était son vœu de bonne chance. Un cri qui me va droit au cœur et me donne des ailes. Je cours de toutes mes forces. C'est un pré nu et plat, sans le moindre obstacle. Il y a bien une rangée de pommiers en contrebas, mais je préfère foncer droit devant moi.

 

Les souliers de Toto - que j'ai maudit ce matin - me serrent et tiennent bien à mes pieds malgré l'absence de lacets. Une chance. J’entends le bruit sec des mitraillettes et des fusils. Les balles sifflent autour de moi, ricochent en miaulant sur des rochers...J'ai environ 400 mètres à parcourir, à découvert, dans la neige.

 

Les premiers instants de surprise passés, tous les boches  et les miliciens, qui attendaient, décontractés, que le massacre fut terminé, réagissent et me tirent comme un lapin. J'entends des éclats de voix, des ordres aboyés en allemand. Je perçois des éclatements de grenades autour de moi...

 

Je ne pense à rien. Je fonce, je fonce...

 

Cette course éperdue dure environ une minute. Il me semble que je n'arriverai jamais au bout du champ. Mon cœur bat la chamade, mais j'ai conscience que j'ai la joie de le sentir battre!

J'arrive au bout du champ. Je saute un petit mur qui me met provisoirement à l'abri des tirs de mes poursuivants. J'ai la présence d'esprit de ruser pour les égarer: je fonce ostensiblement en direction du village, puis, en me baissant, je remonte dans mes traces et fonce vers la montagne, en direction opposée.

 

La ruse a pris: les Boches se ruent vers la route. Ils me chercheront tout d'abord en direction de Séderon, me laissant quelques précieuses minutes de répit. Maintenant à couvert, je grimpe à toutes jambes les premiers escarpements au-dessus d'Eygalayes. Je passe devant une ferme. Le paysan, qui a assisté impuissant à la fusillade de la fenêtre de sa chambre, craint que je ne m'arrête chez lui. Je n'en ai pas la moindre intention et je le lui dis.

 

A ce moment là, je me considère comme presque sauvé. J'ai en tout cas gagné la première manche. Je connais parfaitement la montagne, je suis jeune, fort et entrainé. Et puis j'ai ma peau à sauver… »

 

Alors souvenons-nous, et méditons sur les redoutables tensions que des égoïsmes nationaux irresponsables font ressurgir.

 

 

Nonidi 19 Floréal 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

04/02/2013

A Davos, quand le président islandais pète dans la sacristi !

Grimmson président islande.jpg

 

 

 

La semaine dernière, le nec plus ultra des maffias de la finance, leurs complices des entreprises multinationales, leurs  marionnettes politiques et leurs lécheurs de cul des médias se gargarisaient entre eux à Davos, pour leur raout annuel. Mais au milieu du ronron d’autosatisfaction, le représentant d’un petit pays, perdu dans les brumes pré-polaires,  a, comme qui dirait pété dans la sacristi ! Ce rugueux intrépide, le président de l’Islande Olafur Ragnar Grimmsonleur a dit leur fait aux « grands » ! « Il faut penser davantage aux peuples qu'aux banques.(…) Nous avons laissé les banques faire faillite et nous nous sommes occupés des citoyens, et ça a marché ». Imaginons la gueule des « Davosiens » distingués !

 

Ecoutons quelques unes de ses phrases, recueillis par un journaliste digne de ce nom, Stephen Cole. Ecoutons-le avec d’autant plus d’intérêt et – ne cachons pas notre plaisir – de jubilation qu’aucun grand média, et surtout pas les télés et des radios, n’en a fait état.

 

Le Président Grimsson va droit au but. « Nous avons été assez sages de ne pas suivre les politiques traditionnelles qui ont prévalu normalement en Occident au cours des 30 dernières années. Nous avons introduit le contrôle des changes, nous avons laissé les banques faire faillite, nous avons soutenu les plus pauvres, nous n’avons pas adopté les mesures d’austérité comme ailleurs en Europe, et le résultat final, 4 ans plus tard, est que l’Islande a accompli des progrès et une relance très différente des autres pays européens qui ont souffert de la crise financière ».

 

Il poursuit : « Pourquoi considère-t-on que les banques sont des saintes-chapelles de l’économie moderne, et pourquoi ne peuvent-elles pas faire faillite comme les compagnies aériennes ou les entreprises de télécommunication, si elles ont été gérées d’une façon irresponsable ? La théorie que vous devez payer pour sauver les banques est une théorie selon laquelle les banquiers peuvent jouir de leurs propres bénéfices et de leur succès, puis que les gens ordinaires payent pour leurs échecs au moyen des impôts et de l’austérité, et dans les démocraties éclairées, les gens ne l’accepteront pas sur le long terme ». 

 

Le fier Viking se réjouit : « L’une des choses que nous avons apprises après l’effondrement des banques en Islande, c’est que les banques islandaises, comme les banques britanniques ou les banques américaines, sont devenues des entreprises de haute technologie, qui recrutent des ingénieurs, des mathématiciens et des informaticiens. Et quand elles se sont effondrées, le secteur innovant de notre économie, le secteur informatique, le secteur des TI s’est mis à prospérer, et en fait, sur les trois dernières années, il a eu de bien meilleurs résultats que jamais auparavant dans son histoire. Donc la leçon à en tirer, c’est la suivante : si vous voulez que votre économie soit compétitive dans le secteur innovant du 21ème siècle, un secteur financier fort qui prend les talents de cet autre secteur, même un secteur financier qui marche bien, est en fait une mauvaise nouvelle »

 

 

Liens utiles:

http://www.franceinfo.fr/economie/d...

http://www.arretsurimages.net/conte...

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1536/Eco...

http://www.zerohedge.com/news/2013-...

http://www.youtube.com/watch?v=2c0_...

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/discou...

 

Quintidi 15 Pluviose 221

 

Photo X – Droits réservés

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Deux esquimaux à Paris devant un cinéma:

- « Dis-donc, si on allait là ? » 
- « Oh non, on va rien comprendre. » 
- « Oui, mais y parait qu'on nous suce à l'entracte ! »

02/12/2012

Gastronomie de RESISTANCE : le Cassoulet !

Bou du con ! J’arrive de Toulouse. Alors, pour la recette dominicale, il y en a une qui s’impose, c’est évidemment l’incontournable cassoulet !

 

D’autant plus que son histoire remonte à une époque qui a vu le déferlement des sauvages franchimands à la conquête des riches terres hautement civilisées du Sud.


 « Brûlez-les tous, dieu reconnaitra les siens… »

 
 
 
Cassoulet pour web.jpg

 

 


Le Cassoulet de Paulette

 

En ce temps là, petit, les terres occitanes

Subissaient les horreurs des foudres vaticanes.

La conjonction rapace de talibans papistes

Et de seigneurs brumeux aux vues colonialistes

Jetait en pays d'Oc des hordes franchimandes.

Ils tuaient, ils violaient, ces barbares en bandes,

Saccageant les campagnes, pillant villes et bourgs,

Exterminant le peuple, brûlant les troubadours.

Sous les exhortations de l'affreux Dominique

Ils cramaient les parfaits, sous le nom d'hérétiques.

Ces bœufs au front obtus, à l'ombre de leur croix

Menaient honteusement, pour leur pape et leur roi

La razzia des voleurs: la guerre de conquête.

Finies les Cours d'Amour, place au bal des squelettes.

- Ces temps étaient bien durs, ces gens étaient bien laids

Mais, Victor, on devait parler du cassoulet!

- Exactement, petit. Ouvre ce Saint-Nabor

Et buvons à la Dame Jéhanne de Lavaur,

Car c'est elle qui, en ces périodes troublées,

Au front de l'ennemi, créa le Cassoulet!

Ah ! Il fallait la voir notre Dame Jéhanne,

Indomptable, farouche et belle comme Diane,

Culbutant les marauds, écrasant les soudards,

Taillant et estoquant Franchimands et Picards,

Plus de six pieds de haut et lourde d'un quintal,

Sa crinière de geai et ses yeux de cristal,

Galvanisaient le peuple assiégé de la ville

Et glaçaient de terreur les assaillants débiles.

Tous abordaient l'hiver de l'an mille cent onze.

Les rives de l'Agout changeaient leurs ors en bronze,

Les assiégeants, menés par Simon de Montfort

S'efforçaient d'affamer le peuple de Lavaur,

Place fortifiée entre Albi et Toulouse,

Capitale du Sud, de son honneur jalouse.

L'Occitanie d'alors était démocratique,

On discutait de tout sur la place publique,

On s’aimait, s'entraidait, partageait l'assiettée,

Les maîtres mots étaient Amour et Liberté.

Dans Lavaur étranglée, la position est grave.

Jéhanne alors regroupe et harangue ses braves:

- « Monfort veut notre peau, il devra payer cher,

Ne nous nourrissons pas d' avés et de paters !

Amenez tous céans ce qui se peut manger,

Tout ce que vous avez, nous l'allons partager. »

Et chacun apporta, de caves et greniers,

Qui des tours de saucisses, qui des cochons entiers,

Qui des canards confits, qui de la graisse d'oie,

Qui des sacs de Pamiers, qui des fèves de Foix.

Dans de vastes chaudrons on fit cuire le tout.

C'est ainsi que naquit le célèbre ragoût,

L'un des plats les meilleurs qui se puisse avaler,

Puissant, tonitruant, fondant: le Cassoulet!

De Castelnaudary à Toulouse et Lavaur

De Castelsarrasin à Pamiers et Cahors,

Des berges de l'Ariège aux rives de Garonne,

Du château de Phoebus aux tours de Carcassonne,

Le cassoulet est roi, le cassoulet est maître,

Il donne à ses sujets plénitude et bien-être,

De tout le Sud-Ouest il est le plat fanion

Symbole de l'union et de la rébellion.

Voici comment le fait Paula de la Verrière,

Jéhanne d'aujourd'hui, grande, forte et altière.

Les premiers ingrédients, ce sont les haricots,

Il te faut des Pamiers, ou sinon des Cocos.

S'ils sont secs, trempe-les avant de mettre à cuire,

S'ils sont frais, dans de l'eau, tu les mets à blanchir

Demi-heure environ, toujours à gros bouillons,

Du sel évidemment et des petits oignons.

Lorsque les haricots sont souples sous le doigt

Tu égouttes et réserves, au chaud comme il se doit.

Range de belles couennes au fond de la marmite,

Place tes haricots par dessus tout de suite,

Un carré de cochon frotté d'ail et de sauge,

Quelques tours de saucisse, de Foix, Toulouse ou Auch,

(À Toulouse on y met un morceau de mouton,

À Castelnaudary, seulement du cochon),

Trois tomates en quartiers, mondées, épépinées,

Un saucisson de couennes et du petit-salé,

Quelques clous de girofles, poivre, bouquet garni.

Tu mouilles avec le jus où les fayots ont cuit,

Tu couvres et tu mets pour trois heures à feu doux.

Va-t'en boire un canon, et oublies ton faitout.

Deux heures après tu ouvres et vérifies le plat,

Si besoin est, rajoute du bouillon, juste un doigt,

Tu poses sur le tout - avec quelle allégresse! ­

Des cuisses de canard confit, avec leur graisse.

Tu fermes de nouveau et remets sur le feu,

Ou plutôt dans le four, une bonne heure ou deux.

Pour l'onctuosité - c'est un secret, écoute! ­

Sept fois, à la cuiller, tu casseras la croûte

Qui se forme au-dessus de ton plat qui mijote,

Fait délicatement, avec tact et jugeote.

Ton cassoulet est prêt, met l' oulo sur la table

Et sert à tes convives des portions équitables.

Accompagne ce plat d'un vin rouge puissant,

Cairanne, Châteauneuf, Gigondas ou Visan.

Dégustant ce fleuron des cuisines de France,

Tu manges, avec Jéhanne, un plat... de Résistance!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 2 kg de haricots frais, des pamiers, des cavaillonnais, des cocos de Paimpol, à la rigueur des soissons (avec des haricots secs, divisez cette quantité par deux et faites tremper une nuit avec un peu de bicarbonate), - 3 couennes de cochon, - 1 carré d'un demi kilo de cochon (rouelle ou filet), - 1 kilo de saucisse de Toulouse, - 1 saucisson de couenne, - éven­tuellement 1 demi kilo de mouton (morceaux pour ragoût), - 2 hectos de petit-salé en dés, - 6 cuisses de canard confit, - 6 gousses d'ail, - 6 feuilles de sauge (fraîche ou sèche), - 1 oignon piqué de six clous de girofle, - 3 tomates coupées en quartiers, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil), - 2 cuillerées à café de poivre noir, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - de l'eau à la demande (pour cuire les haricots).

 

Les vins conseillés:

 

A plat puissant, vins généreux. Pour le cassoulet, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du-Comtat, Beaumes-de- Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou...Cor­bières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

Sans oublier, bien sûr, les Gaillac, les Madiran, les Cahors et les Pécharmant.


 

Duodi 12 Frimaire 221


Illustration originale Vincent Barbantan

 

22/04/2012

Ouiquinde gastronomique de résistance : Le Cassoulet de Paulette

 

Cassoulet pour web.jpg 

Le bulletin de vote, dans tous les coins de France

Fait office, ce jour, d’arme de résistance

En d’autres temps, au Sud, les lances, les épées

Eurent comme allié un plat : le cassoulet !

 

En ce temps là, petit, les terres occitanes

Subissaient les horreurs des foudres vaticanes.

La conjonction rapace de talibans papistes

Et de seigneurs brumeux aux vues colonialistes

Jetait en pays d'Oc des hordes franchimandes.

Ils tuaient, ils violaient, ces barbares en bandes,

Saccageant les campagnes, pillant villes et bourgs,

Exterminant le peuple, brûlant les troubadours.

Sous les exhortations de l'affreux Dominique

Ils cramaient les parfaits, sous le nom d'hérétiques.

Ces bœufs au front obtus, à l'ombre de leur croix

Menaient honteusement, pour leur pape et leur roi

La razzia des voleurs: la guerre de conquête.

Finies les Cours d'Amour, place au bal des squelettes.

- Ces temps étaient bien durs, ces gens étaient bien laids

Mais, Victor, on devait parler du cassoulet!

- Exactement, petit. Ouvre ce Saint-Nabor

Et buvons à la Dame Jehanne de Lavaur,

Car c'est elle qui, en ces périodes troublées,

Au front de l'ennemi, créa le Cassoulet!

Ah ! Il fallait la voir notre Dame Jehanne,

Indomptable, farouche et belle comme Diane,

Culbutant les marauds, écrasant les soudards,

Taillant et estoquant Franchimands et Picards,

Plus de six pieds de haut et lourde d'un quintal,

Sa crinière de geai et ses yeux de cristal,

Galvanisaient le peuple assiégé de la ville

Et glaçaient de terreur les assaillants débiles.

Tous abordaient l'hiver de l'an mille cent onze.

Les rives de l'Agout changeaient leurs ors en bronze,

Les assiégeants, menés par Simon de Montfort

S'efforçaient d'affamer le peuple de Lavaur,

Place fortifiée entre Albi et Toulouse,

Capitale du Sud, de son honneur jalouse.

L'Occitanie d'alors était démocratique,

On discutait de tout sur la place publique,

On s’aimait, s'entraidait, partageait l'assiettée,

Les maîtres mots étaient Amour et Liberté.

Dans Lavaur étranglée, la position est grave.

Jehanne alors regroupe et harangue ses braves:

- « Monfort veut notre peau, il devra payer cher,

Ne nous nourrissons pas d' avés et de paters !

Amenez tous céans ce qui se peut manger,

Tout ce que vous avez, nous l'allons partager. »

Et chacun apporta, de caves et greniers,

Qui des tours de saucisses, qui des cochons entiers,

Qui des canards confits, qui de la graisse d'oie,

Qui des sacs de Pamiers, qui des fèves de Foix.

Dans de vastes chaudrons on fit cuire le tout.

C'est ainsi que naquit le célèbre ragoût,

L'un des plats les meilleurs qui se puisse avaler,

Puissant, tonitruant, fondant: le Cassoulet!

De Castelnaudary à Toulouse et Lavaur

De Castelsarrasin à Pamiers et Cahors,

Des berges de l'Ariège aux rives de Garonne,

Du château de Phébus aux tours de Carcassonne,

Le cassoulet est roi, le cassoulet est maître,

Il donne à ses sujets plénitude et bien-être,

De tout le Sud-ouest il est le plat fanion

Symbole de l'union et de la rébellion.

Voici comment le fait Paula de la Verrière,

Jehanne d'aujourd'hui, grande, forte et altière.

Les premiers ingrédients, ce sont les haricots,

Il te faut des Pamiers, ou sinon des Cocos.

S'ils sont secs, trempe-les avant de mettre à cuire,

S'ils sont frais, dans de l'eau, tu les mets à blanchir

Demi-heure environ, toujours à gros bouillons,

Du sel évidemment et des petits oignons.

Lorsque les haricots sont souples sous le doigt

Tu égouttes et réserves, au chaud comme il se doit.

Range de belles couennes au fond de la marmite,

Place tes haricots par dessus tout de suite,

Un carré de cochon frotté d'ail et de sauge,

Quelques tours de saucisse, de Foix, Toulouse ou Auch,

(À Toulouse on y met un morceau de mouton,

À Castelnaudary, seulement du cochon),

Trois tomates en quartiers, mondées, épépinées,

Un saucisson de couennes et du petit-salé,

Quelques clous de girofles, poivre, bouquet garni.

Tu mouilles avec le jus où les fayots ont cuit,

Tu couvres et tu mets pour trois heures à feu doux.

Va-t'en boire un canon, et oublies ton faitout.

Deux heures après tu ouvres et vérifies le plat,

Si besoin est, rajoute du bouillon, juste un doigt,

Tu poses sur le tout - avec quelle allégresse! ­

Des cuisses de canard confit, avec leur graisse.

Tu fermes de nouveau et remets sur le feu,

Ou plutôt dans le four, une bonne heure ou deux.

Pour l'onctuosité - c'est un secret, écoute! ­

Sept fois, à la cuiller, tu casseras la croûte

Qui se forme au-dessus de ton plat qui mijote,

Fait délicatement, avec tact et jugeote.

Ton cassoulet est prêt, met l'oulo sur la table

Et sert à tes convives des portions équitables.

Accompagne ce plat d'un vin rouge puissant,

Cairanne, Châteauneuf, Gigondas ou Visan.

Dégustant ce fleuron des cuisines de France,

Tu manges, avec Jehanne, un plat... de Résistance!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 2 kg de haricots frais, des pamiers, des cavaillonnais, des cocos de Paimpol, à la rigueur des soissons (avec des haricots secs, divisez cette quantité par deux et faites tremper une nuit avec un peu de bicarbonate), - 3 couennes de cochon, - 1 carré d'un demi kilo de cochon (rouelle ou filet), - 1 kilo de saucisse de Toulouse, - 1 saucisson de couenne, - éven­tuellement 1 demi kilo de mouton (morceaux pour ragoût), - 2 hectos de petit-salé en dés, - 6 cuisses de canard confit, - 6 gousses d'ail, - 6 feuilles de sauge (fraîche ou sèche), - 1 oignon piqué de six clous de girofle, - 3 tomates coupées en quartiers, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil), - 2 cuillerées à café de poivre noir, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - de l'eau à la demande (pour cuire les haricots).

 

Les vins conseillés:

 

A plat puissant, vins généreux. Pour le cassoulet, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du-Comtat, Beaumes-de- Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou...Cor­bières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

Sans oublier, bien sûr, les Gaillac, les Madiran, les Cahors et les Pécharmant.

 

 

Quartidi 4 Floréal 220

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

 Eh!

fepalcon.jpg

Photo X - Droits réservés

19/02/2012

Ouiquinde gastronomique révolutionnaire et qui tient au ventre!

Cassoulet pour web.jpg

 

 

 

Le Cassoulet de Paulette

 

En ce temps là, petit, les terres occitanes

Subissaient les horreurs des foudres vaticanes.

La conjonction rapace de talibans papistes

Et de seigneurs brumeux aux vues colonialistes

Jetait en pays d'Oc des hordes franchimandes.

Ils tuaient, ils violaient, ces barbares en bandes,

Saccageant les campagnes, pillant villes et bourgs,

Exterminant le peuple, brûlant les troubadours.

Sous les exhortations de l'affreux Dominique

Ils cramaient les parfaits, sous le nom d'hérétiques.

Ces bœufs au front obtus, à l'ombre de leur croix

Menaient honteusement, pour leur pape et leur roi

La razzia des voleurs: la guerre de conquête.

Finies les Cours d'Amour, place au bal des squelettes.

- Ces temps étaient bien durs, ces gens étaient bien laids

Mais, Victor, on devait parler du cassoulet!

- Exactement, petit. Ouvre ce Saint-Nabor

Et buvons à la Dame Jéhanne de Lavaur,

Car c'est elle qui, en ces périodes troublées,

Au front de l'ennemi, créa le Cassoulet!

Ah ! Il fallait la voir notre Dame Jéhanne,

Indomptable, farouche et belle comme Diane,

Culbutant les marauds, écrasant les soudards,

Taillant et estoquant Franchimands et Picards,

Plus de six pieds de haut et lourde d'un quintal,

Sa crinière de geai et ses yeux de cristal,

Galvanisaient le peuple assiégé de la ville

Et glaçaient de terreur les assaillants débiles.

Tous abordaient l'hiver de l'an mille cent onze.

Les rives de l'Agout changeaient leurs ors en bronze,

Les assiégeants, menés par Simon de Montfort

S'efforçaient d'affamer le peuple de Lavaur,

Place fortifiée entre Albi et Toulouse,

Capitale du Sud, de son honneur jalouse.

L'Occitanie d'alors était démocratique,

On discutait de tout sur la place publique,

On s’aimait, s'entraidait, partageait l'assiettée,

Les maîtres mots étaient Amour et Liberté.

Dans Lavaur étranglée, la position est grave.

Jéhanne alors regroupe et harangue ses braves:

- « Monfort veut notre peau, il devra payer cher,

Ne nous nourrissons pas d' avés et de paters !

Amenez tous céans ce qui se peut manger,

Tout ce que vous avez, nous l'allons partager. »

Et chacun apporta, de caves et greniers,

Qui des tours de saucisses, qui des cochons entiers,

Qui des canards confits, qui de la graisse d'oie,

Qui des sacs de Pamiers, qui des fèves de Foix.

Dans de vastes chaudrons on fit cuire le tout.

C'est ainsi que naquit le célèbre ragoût,

L'un des plats les meilleurs qui se puisse avaler,

Puissant, tonitruant, fondant: le Cassoulet!

De Castelnaudary à Toulouse et Lavaur

De Castelsarrasin à Pamiers et Cahors,

Des berges de l'Ariège aux rives de Garonne,

Du château de Phoebus aux tours de Carcassonne,

Le cassoulet est roi, le cassoulet est maître,

Il donne à ses sujets plénitude et bien-être,

De tout le Sud-Ouest il est le plat fanion

Symbole de l'union et de la rébellion.

Voici comment le fait Paula de la Verrière,

Jéhanne d'aujourd'hui, grande, forte et altière.

Les premiers ingrédients, ce sont les haricots,

Il te faut des Pamiers, ou sinon des Cocos.

S'ils sont secs, trempe-les avant de mettre à cuire,

S'ils sont frais, dans de l'eau, tu les mets à blanchir

Demi-heure environ, toujours à gros bouillons,

Du sel évidemment et des petits oignons.

Lorsque les haricots sont souples sous le doigt

Tu égouttes et réserves, au chaud comme il se doit.

Range de belles couennes au fond de la marmite,

Place tes haricots par dessus tout de suite,

Un carré de cochon frotté d'ail et de sauge,

Quelques tours de saucisse, de Foix, Toulouse ou Auch,

(À Toulouse on y met un morceau de mouton,

À Castelnaudary, seulement du cochon),

Trois tomates en quartiers, mondées, épépinées,

Un saucisson de couennes et du petit-salé,

Quelques clous de girofles, poivre, bouquet garni.

Tu mouilles avec le jus où les fayots ont cuit,

Tu couvres et tu mets pour trois heures à feu doux.

Va-t'en boire un canon, et oublies ton faitout.

Deux heures après tu ouvres et vérifies le plat,

Si besoin est, rajoute du bouillon, juste un doigt,

Tu poses sur le tout - avec quelle allégresse! ­

Des cuisses de canard confit, avec leur graisse.

Tu fermes de nouveau et remets sur le feu,

Ou plutôt dans le four, une bonne heure ou deux.

Pour l'onctuosité - c'est un secret, écoute! ­

Sept fois, à la cuiller, tu casseras la croûte

Qui se forme au-dessus de ton plat qui mijote,

Fait délicatement, avec tact et jugeote.

Ton cassoulet est prêt, met l' oulo sur la table

Et sert à tes convives des portions équitables.

Accompagne ce plat d'un vin rouge puissant,

Cairanne, Châteauneuf, Gigondas ou Visan.

Dégustant ce fleuron des cuisines de France,

Tu manges, avec Jéhanne, un plat... de Résistance!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 2 kg de haricots frais, des pamiers, des cavaillonnais, des cocos de Paimpol, à la rigueur des soissons (avec des haricots secs, divisez cette quantité par deux et faites tremper une nuit avec un peu de bicarbonate), - 3 couennes de cochon, - 1 carré d'un demi kilo de cochon (rouelle ou filet), - 1 kilo de saucisse de Toulouse, - 1 saucisson de couenne, - éven­tuellement 1 demi kilo de mouton (morceaux pour ragoût), - 2 hectos de petit-salé en dés, - 6 cuisses de canard confit, - 6 gousses d'ail, - 6 feuilles de sauge (fraîche ou sèche), - 1 oignon piqué de six clous de girofle, - 3 tomates coupées en quartiers, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil), - 2 cuillerées à café de poivre noir, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - de l'eau à la demande (pour cuire les haricots).

 

Les vins conseillés:

 

A plat puissant, vins généreux. Pour le cassoulet, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du-Comtat, Beaumes-de- Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou...Cor­bières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

Sans oublier, bien sûr, les Gaillac, les Madiran, les Cahors et les Pécharmant.

 

© VictorAyoli

 

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Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

05/09/2011

Enfin une bonne nouvelle : comme le Beaujolpif, le Siné nouveau arrive !

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Nos chers concitoyens se souviennent peut-être que cet emmerdeur de Siné avait piloté, de septembre 2008 à avril 2010, un hebdomadaire portant son nom, et qui souhaitait «chier tranquillement dans la colle et les bégonias.»

« Un pied dans la tombe mais l’autre dans le cul de tous les empêcheurs de jouir en rond, l’increvable Siné, aidé par toute son équipe de démolisseurs, remet la gomme… Attention, ça va chier des bulles!

A partir du mercredi 7 septembre et le premier mercredi de chaque mois, 32 pages couleurs, grand format, pour seulement 4,80 euros.

But de l’opération: distraire les lecteurs et leur donner des armes pour battre la droite aux prochaines élections. Haut les cœurs! Pas de quartier! On va leur en faire baver des ronds de chapeaux!»

Et pour accompagner le lancement de ce «mensuel de psychopathes», où l'on trouvera des textes de gens comme Guy Bedos, Isabelle Alonso, Jackie Berroyer, Christophe Alévêque ou le camarade Delfeil de Ton, mais aussi des dessins signés Zep, Lindingre, Mix et Remix ou encore Philippe Geluck, Sinemensuel.com publie une vidéo par jour en attendant le 7 septembre.

Une première video ICI 

 

D’autres ICI   Sinemensuel.com

Allez, sortez vos sous !

Illustration X – Droits réservés

 

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01/03/2011

NO GAZARAN !

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Près de 20.000 personnes - autour de José Bové, Michèle Rivasi et de nombreux élus des régions concernées - ont manifesté samedi à Villeneuve-de-Berg, dans l'Ardèche, contre la prospection, prélude à l'exploitation de ces horreurs que sont les gaz de schiste. Rassemblement festif mais déterminé où fleurissaient des slogans tels que « No gazaran ! », « Ne gazpille pas ta vie ! », « pas la peine d'inschister ! » C'est la première manifestation de masse d'un combat qui ne fait que commencer.

 

Ce dossier est significatif de la duplicité des responsables politiques et de leur complicité avec les industriels.

 

Duplicité : il y a un an, Jean-Louis Borloo signait en catimini trois permis autorisant l'exploration du sous-sol d'une zone de 15.000 km2, à la recherche de gaz de schiste.

 

Duplicité encore : les modifications apportées au code minier qui simplifient la vie des prospecteurs.  

 

Complicité : Six mois plus tôt, les sociétés Toreador Energy France (dont le vice-président est...Julien Balkany, le demi-frère du maire de Levallois-Perret !) et Hess Oil France - à la recherche de pétrole de schiste - avaient déjà obtenu un permis pour sonder le sous-sol de l'Aisne, de Seine-et-Marne et de la Marne (« Permis de Château-Thierry »).

 

Complicité encore : dans les archives de la Drire de Midi-Pyrénées, le rapport « Bilan 2007, objectif 2008 » démontre sans équivoque que la fracturation hydraulique a déjà été utilisée en France. Cette première a eu lieu sur la commune de Franquevielle (Haute-Garonne), en mars et en avril 2007, dans le cadre du « Permis de Foix ».

 

Complicité toujours : un forage qui se voulait discret sous l'égide de Total à Garn, dans le Gard concluant à la présence de « forte potentialité d'eau disponible ». Curieuse coïncidence lorsque l'on sait que l'exploitation des gaz de schiste demande d'énormes quantités d'eau...

La seule technique pour récupérer des « gaz de schistes » - la fragmentation hydraulique  - est celle utilisée aux Etats-Unis qui saccage, défigure des régions entières et perturbe gravement la santé des habitants. Couverts par des brevets et jalousement tenus secrets par l'industrie (plus de 600 ont toutefois été recensés), la plupart sont accusés d'avoir des impacts sur la peau, les yeux ou le système respiratoire, nerveux, immunitaire ou cardiovasculaires (site en anglais). Les témoignages d'habitants désespérés du documentaire Gasland de Josh Fox - attaqué à l'artillerie lourde par les gaziers, surtout depuis sa nomination aux Oscars - démontrent sans fard que la fracturation hydraulique peut aussi avoir des effets catastrophiques.

La fragmentation hydraulique ? Ques aco ? Pour réussir une bonne fracturation hydraulique : mélangez beaucoup d'eau (entre 15.000 et 20.000 m3), du sable et quantités de produits chimiques de synthèse. Projetez ce cocktail à forte pression sur des roches compactes, entre 2.000 et 3.000 mètres de profondeur, pour les fracturer. Vous libérerez alors des hydrocarbures « non conventionnels », dont les fameux « gaz et pétrole de schiste ». Et vous saccagerez la région...

Des nappes phréatiques polluées, des terres trouées de centaines de milliers de puits, des caravanes de camions géants jetés sur les routes, un air toxique en rase campagne, sans oublier l'augmentation des émissions de CO2... Voilà le spectacle dramatique créé par l'industrie des gaz de schiste aux Etats-Unis. Les produits chimiques de synthèse, utilisés pour dissoudre les minéraux, limiter le développement de bactéries nuisibles au bon état des tuyaux ou encore « sécher » le gaz, sont particulièrement décriés.

Voilà les saloperies  que des intérêts privés, avec la complicité des sarko-trafiquants, veulent commettre dans nos régions...

 

Ah ! Voilà qui nous rajeunit ! Voilà qui nous rappelle les grandes heures du combat victorieux contre l'armée française au Larzac, le temps glorieux et exaltant du « Gardarem lou Larzac » ! De belles bagarres en perspective.

 

NO GAZARAN !

Photos Stéphane Marc - D.L. - Droits réservés

 

Sources : http://www.mediapart.fr/journal/france/110211/le-mensonge-par-omission-du-ministre-sur-les-gaz-de-schiste

http://www.mediapart.fr/journal/france/250211/gaz-de-schiste-toreador-une-societe-pressee

Autres infos :http://owni.fr/2011/02/27/josh-fox-realisateur-anti-gaz-de-schiste-classe-terroriste/#

documentaire Gasland de Josh Fox

 

www.la-bas.org

 

http://www.ledauphine.com/drome/2011/02/27/10000-manifestants-contre-le-gaz-de-schiste?image=10F672FF-33BC-4D3F-9071-78052D438D2F#galery

 

 

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01/12/2010

PIQURE DE RAPPEL: Le programme du CONSEIL NATIONAL de la Résistance que s'acharnent à détruire Sarko et le Medef

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Les Jours Heureux - Le programme du C.N.R.

Pour mesurer ce que les sarko-trafiquants nous arrachent, pour relever enfin la tête, voici – indispensable piqure de rappel – le programme du Conseil National de la Résistance élaboré dans une France encore occupée, celui-là même que le Medef et ses marionnettes sarko-nuisibles s’efforcent de détruire. C’est un peu long, mais c’est un document de référence.

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.


I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Cette partie a essentiellement trait à l'organisation de la France dans la guerre
On peut le retrouver ICI



II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

le respect de la personne humaine ;

l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE



Ce programme de combat est la source du préambule de la Constitution de 1946, repris en 1958 :

Préambule de la Constitution de 1946


1. Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l'homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

2. Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :

3.
La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.

4. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République.

5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.

6. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.

7. Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.

8. Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises.

9. Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

10. La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

11. Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.

12. La Nation proclame la solidarité et l'égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales.

13.
La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'Etat.

14. La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple.

15. Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l'organisation et à la défense de la paix.

16.
La France forme avec les peuples d'outre-mer une Union fondée sur l'égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion.

17. L'Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.

18. Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s'administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l'arbitraire, elle garantit à tous l'égal accès aux fonctions publiques et l'exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus.


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29/03/2010

Le fascisme rampant, c’est quoi ?

 

Des petits coups de canifs dans les Libertés; des décrets, des lois passant inaperçus allant toujours dans le sens d’une restriction des Libertés ; un fichage insidieux de plus en plus généralisé ; des informations formatés dans le sens du « politiquement correct » par des médias de plus intégrés dans de grands groupes financiers et de marchands d’armes ; des cerveaux rendus « disponibles » par des télés abrutissant les gens par le sport, les jeux débiles et les débats magouillés ; une population démobilisée rejetant massivement un personnel politique décrédibilisé, laissant la porte ouverte aux dérives autoritaires des oligarchies financières, multinationales, religieuses, voire mafieuses ; la concentration, par petits pas, de tous les pouvoirs dans les mains d’un seul, lui-même marionnette manipulée par les forces de l’argent et de l’obscurantisme religieux…

 

Alors on ne va plus voter. Alors on oublie toute solidarité pour se complaire dans un individualisme obséquieux envers le pouvoir. Alors on accepte tout et n'importe quoi pour "ne pas avoir d'emmerdes". Alors on ne RÉSISTE plus. Alors on est sur une terrible pente

 

Ça ne vous rappelle rien ?

 

Voici le superbe texte (libre de droits) de Franck Pavloff qui, en 2002, lorsque Le Pen est arrivé aux portes du pouvoir, a eu un immense succès. Une piqure de rappel ne peut pas faire de mal…

 

 

MATIN BRUN

 

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus. C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.

 

- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

- Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?

- C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.

- Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?

- Oui, pareil.

 

Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir.

C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’État national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.

 

Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux.

 

Mon cœur s’était serré, puis on oublie vite. Les chiens, ça m’avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

 

On n’avait plus grand-chose à se dire, on s’était quittés mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise.

Quelque temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus.

Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

- Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?

- Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.

- Des bruns ?

- Oui, toujours. Pas un jour sans s’attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !

- À trop jouer avec le feu...

- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.

- Mince alors, et pour le tiercé ?

- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n’y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route.

 

Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un canard dans la ville, on ne pouvait pas se passer d’informations tout de même.

J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter.

 

Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore.

Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques.

Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.

Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots.

Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.

 

On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations.

Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

 

- Tu vois, finalement il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’œil. Fallait pas que j’en fasse un drame du labrador noir.

A peine il avait dit cette phrase, que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue.

Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

- Non, toi aussi ?

- Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns.

 

Qu’est ce qu’on avait ri. Tu parles d’une coïncidence !

- Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des chats, alors... Il est pas beau, celui-ci ?

- Magnifique, il m’avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’œil.

 

Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité, nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait

en règle et oublierait vite l’ancien.

 

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde.

J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

 

- Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !

- Oui, mais à ce qu’ils disent, c’est que avant, il en avait un noir, pas un brun.

Un noir.

- Avant ?

- Oui, avant. Le délit maintenant, c’est aussi d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.

 

J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n’y aurais jamais pensé !

 

Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’on aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit.

« Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. » Le speaker a même ajouté « Injure à l’État national. »

Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un

chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

 

Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun.

Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter des proprios de chats et de chiens.

Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des bruns dès qu’ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non?

 

On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun au dehors.

 

Mais, arrêtez de taper si fort, j’arrive.

 

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matin brun.jpg

PAVLOFF, Franck, Matin Brun. Le Chambon-sur-Lignon [43400] : Cheyne éditeur, 2000. 12 p. : 19 x 11 cm. ISBN : 978-2-84116-029-7. Prix 1 €.

 

http://eppee.ouvaton.org/IMG/pdf/MATIN_BRUN.pdf...

 

 

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24/10/2009

Pour se laver les boyaux de la tête : Paul Eluard.

 

paul_eluard.jpg

 

 

Sur le collier du chien que tu laisses au mois d'août

Sur la vulgarité de tes concours de pets

Sur l'étendard nazi et sur le drapeau rouge

Sur la rosette au coin du vieillard officiel

Sur les blousons kaki, sur les képis dorés

Sur le cul blanc des féministes

Sur le mandrin des misogynes

Sur le béret obtus des chauvins aveuglés

Sur la croix des cathos, le croâ des athées

Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes

Où les crétins votants vont se faire entuber

Sur l'espoir en la gauche

Sur la gourmette en or de mon coiffeur de droite

Sur la couenne des connes aplaties sur les plages

Sur l'asphalte encombré de cercueils à roulettes

Sur les flancs blancs d'acier des bombes à neutron

Que tu t'offres à prix d'or sur tes impôts forcés

Sur la sébile humiliante et dérisoire

Qu'il faut tendre pourtant à tous les carrefours

Pour aider à freiner l'ardeur des métastases

Sur le mur de la honte et sur les barbelés

Sur les fronts dégarnis des commémorateurs

Pleurant au cimetière qu'ils ont eux-mêmes empli

Sur le petit écran qui bave encore plus blanc

Sur l'encéphalogramme éternellement plat

Des musclés, des Miss France et des publicitaires

Sur l'étendard vainqueur de la médiocrité

Qui flotte sur les ondes hélas abandonnées

Aux moins méritants des handicapés mentaux

Sur la Bible et sur Mein Kampf

Sur le Coran frénétique

Sur le missel des marxistes

Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures

Quand les enfants d'Afrique écartelés de faim

Savent que tu t'empiffres à mourir éclaté

Sur le nuage

Sur la lune

Sur le soleil atomique

Sur le cahier d'écolier de mes enfants irradiés

J'écris ton nom

HOMME.

 

Paul Eluard

 

 

 

 

09/04/2009

La peur change de camp quand la révolte gronde !

Revolution-Delacroix.gif


Halte là ! Basta ya ! Assez ! La coupe est pleine !
Votre mépris fielleux attise notre haine !
Patrons voyous, banquiers, politiciens véreux
Parasites cupides, financiers mafieux
Qui vous gavez la panse sans aucune vergogne…
Il approche le temps où vous serez charogne !

Êtes-vous à ce point autistes, aveugles, sourds,
Pour ne point percevoir la révolte qui court ?
N’entendez-vous donc point, partout de par le monde
La misère qui crie, la colère qui gronde ?
Est-il sage celui qui pousse au désarroi
Ce Peuple redoutable qui coupe en deux ses rois ?

Vous fermez nos usines, vous volez notre épargne,
Vos huissiers et vos flics, pleins de morgue et de hargne
Jettent sur le trottoir chômeurs et sans-papiers
Qui n’ont plus un kopeck pour payer un loyer.
Vous ne connaissez pas le mot miséricorde ?
Alors craignez le feu, et le fer, et la corde !

Tremblez tristes pantins dans vos ghettos de riches !
Tremblez vils margoulins qui vous croyez fortiches !
Tremblez politicards léche-cul des puissants,
Votre avenir est sombre, effrayant, angoissant.
Tremblez et regagnez vos bauges nauséabondes,
La peur change de camp quand la révolte gronde !


Amis blogueurs, vous pouvez, évidemment, reprendre mes textes, poésies, coups de gueule et autres élucubrations, mais merci d’avoir le « fair play » de citer la source et de mettre un lien : http://lantifadas.midiblogs.com
Aïoli!

27/01/2009

JEUDI, TOUS A LA MANIF!

Brice Hortefeu.jpg
Tous ensemble, tous ensemble! Ouais! Ouais! Montrons-leur à ces deux comiques troupiers qu'un grève ÇA SE VOIT !

Merci à Tropicalboy

15/11/2008

15 Novembre ! Le G20 face au Genre Humain. Leur sommet ne sera pas le nôtre !

Attac France: L’appel à une mobilisation le 15 novembre, jour du premier sommet du G20 sur la crise financière.

"Nous appelons

- les salariés qui ont perdu leur travail,
- ceux qui ont un travail mais qui savent que personne n’est à l’abri au milieu de la récession économique,
- les retraités qui verront réduire leurs pensions,
- les femmes qui paieront une fois de plus doublement le gaspillage de mâles puissants,
- les chômeurs qui verront leurs maigres droits encore réduits,
- les fonctionnaires insultés et méprisés,
- les sans papiers qui serviront comme toujours de boucs émissaires,
- les épargnants qui ne savent pas s’ils pourront récupérer leur argent,
- les précaires, les sans droits qui n’ont déjà plus rien à perdre dans cette société qui les a oubliés,
- les enfants innocents dans cette histoire et qui souffriront également,
- les anciens qui savent par expérience que rien ne s’est jamais gagné sans lutter,
- les paysans trop souvent étranglés par les multinationales de la distribution,
- l’individualiste qui croit qu’il sera sauvé mais qui sera lui aussi touché,
- notre voisin qui ne comprend peut-être pas l’économie mais voit avec étonnement comment sont aidés les riches pour qu’ils continuent à spéculer avec l’argent qui n’est pas le leur,
- les jeunes qui ne trouveront pas d’emploi ces prochains mois,
- les écologistes scandalisés de voir la lutte contre le réchauffement climatique et la crise écologique repoussée à des jours meilleurs,
- les syndicalistes qui ont compris qu’on ne pourra lutter pour les droits des travailleurs sans globaliser les luttes,
- les altermondialistes qui avaient prédit ce désastre sans être écoutés,
- les militants des droits fondamentaux humiliés, qui doivent quémander des millions pour sortir les pays du Sud de la misère quand on trouve des milliards pour sauver les banquiers,
- les hommes et les femmes politiques qui n’ont pas renoncé à changer le monde,
- les déçus pour qu’ils arrêtent de sous-estimer leurs propres forces,
- ceux qui sont en colère face aux injustices exacerbées par la crise et qui veulent l’exprimer dans la rue.

Nous appelons ceux qui ne seront pas dans les G des puissants à relever la tête.

Ensemble, nous sommes un G bien plus puissant : le GH ou Genre Humain.

Parce qu’on ne transforme pas des pyromanes en pompiers,
parce qu’ils n’ont pas été élus pour diriger l’humanité,
parce qu’ils ont depuis trente ans mis en place les politiques qui nous ont conduits à ce désastre,
parce qu’ils ne souhaitent que sauver le système et non le transformer, leur sommet ne sera pas le nôtre !

Pour exiger que les peuples soient écoutés face à la crise,
Tous dans la rue le 15 novembre !

Pour Paris, rendez-vous à 15h, place de la Bourse"

10/09/2008

Sauvons le service public de La Poste : exigeons un référendum !

Mon banquier, c’est ma sympathique postière. Au village, on n’a pas de « DAB ». Faut-il s’en plaindre ? Bof… Moi je vais au bureau de poste (oui, ils ne l’ont pas encore supprimé !), je parle champignons avec la postière, je lui refile ma carte Banque postale et elle me file le pognon dont j’ai besoin pour les quelques dépenses courantes. C’est sympa et efficace. Et…j’ai ma banque dans pratiquement tous les villages de France ! C’est pas beau ça ?

Mais un des soucis de ma postière-banquière, c’est que « s’ils installent un DAB, ils fermeront le bureau de poste… ». Eh ouais. Et alors il faudra faire comme pour le Crédit agricole : aller chercher du pognon chez…le boulanger. Un autre de ses soucis, c’est que la hiérarchie les pousse au cul pour vendre des produits dérivés bidon : enveloppes et colis pré-timbrées, et même…des DVD ! C’est ça la première approche de la privatisation.

La Banque postale, elle a déjà largement un pied dans le privé. Mais malgré tout, en comparaison avec les banques toutes aujourd'hui privatisées, elle demeure sans conteste, l'établissement bancaire le moins cher du marché (à l’exception de quelques banques par internet mais qui se rattrapent sur tout produit sortant de l’ordinaire).
Petits exemples très significatifs :- la banque postale ne pratique pas les dates de valeur sur toutes les opérations, au débit comme au crédit ; - son taux d'agios est inférieur à ceux des banques ; - l'envoi des chéquiers en recommandé est gratuit ; - le retrait en espèces par carte bancaire dans les distributeurs autres que les siens est aussi gratuit (comme en Europe) ; - les cartes bancaires sont moins chères et les accès à internet également ; enfin elle ouvre des comptes à tout le monde ! Pour l’instant…

Question : croyez-vous que mon courrier me sera livré régulièrement, chez moi, chaque jour, quel que soit le temps, pour un tarif très correct lorsque La Poste sera privatisée ? Tè ! Fumes ! La poste privatisée livrera en priorité les entreprises dans les villes où c’est plus facile, moins cher, et donc plus rentable pour ses gros cons d’actionnaires !

Alors le prochain combat qu’il faut mener, c’est celui contre la privatisation de La Poste. Les obligations européennes concoctées par ces connards d’ultra-libéraux de la Commission européenne, on se les fout au cul. En effet, les ultra-libéraux sont des crapules qui privatisent les profits et socialisent les pertes. Voir aux Zétazunis la nationalisation des deux établissements financiers pour lesquels les cons tribuables ricains vont mettre la pogne à la fouille…

On a fait reculer le pouvoir sur les OGM, sur cette salope d’Edvige. Il n’est de combats perdus que ceux que l’on n’a pas livré !

Alors, concernant La Poste, exigeons un référendum.