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31/05/2016

Alors, cette Sixième République, ça vient ?

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Comment a-t-on pu, dans cette vieille démocratie qu'est la France, élire deux fois de suite, et pour cinq longues années dévastatrices pour le pays chaque fois, deux personnages – Sarkozy puis Hollande - qui se sont avérés être la quintessence de la nullité, de la fourberie, du mensonge ? Et comment peut-on imaginer que dans moins d'un an maintenant, ces deux mêmes nullards puissent de nouveau se présenter, sans vergogne, devant les suffrages des Français ?

On touche là, dramatiquement, les tares de cette cinquième république faite pour un géant et salopée par des cloportes. Une réponse évidente vient à l'esprit : il faut en changer. Aux oubliettes la cinquième, place à la sixième. Oui mais laquelle ? Faite par qui ? Avec qui ? L'un des principaux chantres de cette république nouvelle est Jean-Luc Mélenchon. Quelle en est son approche ? Voici donc la tribune qu'il a publiée à ce sujet dans le quotidien Le Monde il y a quelques mois :

« Abstrait le débat sur la 6e République ? Voyons. La France doit se protéger des pouvoirs de la finance. Ils dévorent l'économie réelle, qui ne peut supporter l'exigence de tels niveaux de rendement. Alors, un euro investi pour dix ans ne devrait pas avoir le même pouvoir de vote qu'un euro placé sans engagement de durée. Face à la désindustrialisation, ne serait-il pas opportun d'instituer un droit de préemption pour les salariés qui veulent reprendre leur entreprise quand son propriétaire la vend ou l'abandonne ? Un pays aussi instruit que le nôtre ne devrait-il pas miser d'abord sur l'intelligence collective des salariés d'une entreprise pour en conduire la stratégie et la marche ?

Eux, plutôt que le seul PDG et sa suite dorée de cadres financiers obsédés par leurs stock-options. Surtout depuis que ces derniers commandent à la place des ingénieurs de production ! Comment créer un cercle vertueux du partage de la richesse, sinon en instituant un salaire plafond tel que le plus haut ne puisse être plus de vingt fois supérieur au plus bas dans la même entreprise ?

Pour tout cela, la définition des droits constitutionnels de la propriété privée du capital devrait changer. D'un droit sacré inaliénable, il doit devenir un simple droit d'usage, encadré par les servitudes de l'intérêt général. Sans cela, comment accroître la rémunération du travail qualifié et réduire le coût du capital dans la production ? La reconnaissance due au travail et à l'imagination créatrice est l'urgence. Ce n'est pas un choix de circonstance ni même idéologique. Car la production et l'échange doivent impérativement changer de méthode. Il faut relever le défi des conséquences du changement climatique, de l'augmentation de la population et de la compétition pour l'accès aux ressources.

La France peut montrer l'exemple. Elle peut s'occuper de son domaine maritime, le deuxième du monde, et y ancrer la conversion de son modèle de production en vigueur à terre. Elle ne doit pas l'abandonner aux appétits prédateurs et irresponsables des compagnies privées pour qui la mer est déjà une poubelle. Il y faudra beaucoup de moyens.

Or l'arbitrage entre investissement et dividendes s'opère spontanément au profit des seconds. Ils imposent le règne du temps court et de l'intérêt particulier sur les besoins du temps long, celui de l'intérêt général ! Comment protéger les droits du temps long que la planification écologique exige ? Comment mettre au défi tous nos ingénieurs pour qu'ils trouvent le moyen de respecter la « règle verte » qui impose de ne pas prendre à la planète davantage que son pouvoir de récupération ?

Encore une fois, c'est l'inscription dans la Constitution qui fixera cet impératif comme une règle commune opposable aux aléas des majorités et des circonstances au nom de l'intérêt général humain. C'est elle qui donnera leur place essentielle aux lanceurs d'alerte et aux délégués environnementaux dont une république moderne a besoin à l'ère de l'anthropocène. Il n'est de domaine où les avancées de la connaissance et les fruits de l'expérience ne commandent d'inscrire de nouvelles dispositions dans les objectifs des institutions politiques. Et cette inscription provoquera une mutation en grappe des normes en vigueur dans toute l'organisation sociale.

Par exemple, la France doit interdire la brevetabilité du vivant. Et assurer l'égalité d'accès au Net. Elle devrait garantir l'absolue et définitive souveraineté sur soi en constitutionnalisant le droit à l'avortement et celui d'être aidé pour accomplir sa propre fin quand on en a décidé. La souveraineté qui se noue ainsi au corps est le point de départ de celle qui se cherche dans l'ordre politique. C'est le rôle du peuple. Quel rôle ? Celui qui est au point de départ de toutes les communautés humaines de l'histoire : assurer sa souveraineté sur lui-même et sur l'espace qu'il occupe.

Depuis 1789, nous définissons la citoyenneté comme la participation de chacun d'entre nous à l'exercice de cette souveraineté, sous l'empire de la Vertu. C'est-à-dire dans l'objectif de l'intérêt général. A présent tout cela est effacé. L'intérêt particulier de la finance et la main invisible du marché sont réputés produire le bien commun comme le foie sécrète la bile. La règle de la concurrence libre et non faussée est décrétée spontanément bienfaisante.

Mise au service du libre-échange, elle serait indépassable. Le peuple est invité à s'en remettre aux experts sur la façon la mieux adaptée de généraliser ces principes. La 5e République est le système qui organise ce détournement du pouvoir. Pour y parvenir, elle a été réformée vingt-quatre fois depuis sa création. Depuis, une construction gothique dilue la souveraineté du peuple dans les sables de la monarchie présidentielle. Le reste est refoulé par l'opaque mécanique des institutions européennes. Lesquelles protègent avec soin le saint des saints, c'est-à-dire le pouvoir financier confié à la Banque centrale européenne. Elle seule est souveraine en dernier ressort.

Une nouvelle démocratie est donc nécessaire. Exemple : comment garantir le droit du peuple à exercer sa souveraineté, même entre deux élections ? Le référendum révocatoire en cours de mandat le permet. Si un nombre prédéfini de citoyens le demande, un référendum est organisé pour savoir si un élu peut garder son mandat ou être déchu. Cette procédure s'appliquerait à tous. Donc aussi au président de la République. Si, selon les sondages (IFOP, réalisé du 8 au 9 septembre), 62 % des Français souhaitent qu'il s'en aille plus tôt que prévu, il faut que cela soit possible sans barricades.

Sinon ? Du banquier central européen au monarque-président, le système de commandement est d'une implacable rigidité. Il implosera. Non pour des raisons idéologiques. Juste parce qu'il est inapte à régler les problèmes du grand nombre. Inapte du fait de ses principes et du personnel qu'il doit recruter pour les assumer. Avec une assemblée constituante, le peuple écrira une autre histoire : celle de la 6e République.

Voilà pourquoi j'appelle à signer pour la 6e République sur www.m6r.fr »

 

Illustration X - Droits réservés

28/04/2016

Au bistro de la toile. Qui, pour nous conduire vers la sixième république ?

chimulus bistro copie.jpg

 

- Hé ! Oh ! La tronche ! Non mais tu les as vus Loulle, tous les apparatchiks se poussant pour être sur la photo ! « A la reconquête de la gauche » qu'ils proclament. Enfin pas tous. Manquaient Macron et Ségolène…

 

- Eh ! C'est comme ça à l'approche de chaque scrutin. Les « zélus » zélés se souviennent de ceux qui les ont faits rois, ou petits satrapes locaux, mais provisoires Victor. Provisoires ! Le temps de partir à la reconquête...de ce qui constitue leur fond de commerce, leur gamelle quoi. Ils pensent qu'on a oublié les promesses avec lesquelles ils se sont torchés l'oigne. Les « mon ennemi c'est la finance », les « je vais imposer une révision des traités européens », les « je vais inverser la courbe du chômage dès fin 2013 ». Tè ! Fumes… Les promesses n'engagent que ceux qui les croient, comme disait Pasqua !

 

- Pourtant le chômage baisse, pourtant les ventes à l'export s'envolent. Il ne faut tout de même pas trop jouer les grincheux. On sait bien que la confrontation avec le pouvoir, les mains dans le cambouis imposent bien des compromis.

 

- C'est vrai. Ne crachons pas dans la soupe. Mais enfin, les promesses phares comme la mise à plat du maquis touffu de la fiscalité n'a même pas été ébauché. Le combat contre la finance s'est traduit par une capitulation en rase campagne. La remise en chantier des traités de l'Europe, c'est un président à plat ventre devant Merkel et toutou d'Obama.

 

- Et là, il y a eu effectivement tromperie sur la marchandise Loulle. On nous a vendu une politique « de gauche » et on nous a servi une tambouille de droite. Mais, nous, les électeurs, avons été naïfs. Nous nous sommes montés le bourrichon tout seuls. Parce qu'en fait, beaucoup d'électeurs n'ont pas voté POUR Hollande mais CONTRE Sarkozy ! Le programme de Hollande, qui l'a lu ? On a vaguement écouté ses promesses, mais le bulletin était en fait non pas un bulletin d'adhésion à Hollande, son programme, son entourage, mais un bulletin scalpel, pour débarrasser la France de Sarko et de sa clique. On touche là du doigt les faiblesses du système électoral de cette cinquième République, taillée sur meure pour un géant, de Gaulle, et salopée par des nains, genre Sarko et Hollande. Deux quinquennats pour des nuls. Et on se foutaient gentiment de la gueule des Italiens qui ont voté et revoté pour Berlusconi. On est au moins aussi kons qu'eux …

 

- Et le pire, c'est que ces deux comiques troupiers n'on rien compris au film. Il veulent nous rejouer le coup, sans vergogne. Sarko et Hollande sont les personnels politiques les plus déconsidérés de France. Il se vautrent aussi bien l'un que l'autre dans les profondeurs des sondages. Et ils veulent revenir nous faire chier cinq années de plus ! Mais ils sont sourds et aveugles ou quoi ? Il est impératif de changer les règles du jeu, Victor. Et pour ça, changer les prétendants perpétuels au pouvoir.

 

- Bien sûr Loulle. Une sixième république. Avec une constituante tirée au sort et travaillant une année entière sur les propositions remontant de la base, de toutes les régions. Comme pendant la Révolution. Mais faut-il passer par une révolution pour cela ? Il ne faut pas oublier que 1789 a fini par Napoléon, que la révolution russe à fini par Staline, que, récemment, les révolutions arabes, les « printemps » ont fini par des dictatures islamistes ou militaires.

 

- Alors, la révolution par les urnes ?

 

- C'est le moindre mal Loulle. Et puis je vais te dire quelque chose qui risque de te faire sauter en l'air. On peut rêver, on peut espérer un résultat électoral « à l'autrichienne ».

 

- C'est quoi ça ?

 

- Eh bien en Autriche, dimanche dernier, les électeurs viennent de jeter à la poubelle les partis classiques, dits « de gouvernements » qui, de coalitions douteuses en magouilles, gouvernaient ce pays depuis la fin de la dernière guerre. Restent face à face un candidat d'extrême droite et un candidat écolo.

 

- Et ce serait une solution pour la France ? Face à Marine Le Pen tu verrais qui ? Le Maire ? Macron ?

 

- Non. Les deux, s'ils ont l'avantage d'être jeunes, sont de purs produits de « l'establishment ». Et en plus de droite, aliénés aux États-Unis, chantres l'un comme l'autre de l'ultra libéralisme.

 

- Alors qui ?

 

- Le rejet des partis classique est tel qu'un type neuf, pas mouillé dans les magouilles électorales de la « classe politique », encore un peu utopiste, croyant en la planète, pourrait se retrouver au second tour face à la fille du Borgne. Et il gagnerait. Ce type, c'est Nicolas Hulot.

 

Hulot ? Hou là ! Pas idiot ton raisonnement Victor. Allez, à la nôtre !

 

Illustration: Merci à Chimulus

 

09/10/2014

La 6ème république selon Mélenchon.

 

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J'ai entendu ce matin Jean-Luc Mélenchon débattant avec pugnacité mais calme avec le ci-devant Cohen, l'un des nombreux porte-paroles de l'ultra-libéralisme sévissant sur France-Inter. Cohen a essayé de l’entraîner vers...le Vénézuela mais JLM est toujours revenu sans s'emballer à ce qui faisant l'objet de sa venue à France-Inter : la sixième république qu'il appelle de ses vœux. Comme beaucoup , dont...votre serviteur. Pour savoir quelle est son approche sur cette république nouvelle, voici donc la tribune qu'a publiée à ce sujet Jean-Luc Mélenchon dans le quotidienLe Monde du 19 septembre 2014 :

 

Abstrait le débat sur la 6e République ? Voyons. La France doit se protéger des pouvoirs de la finance. Ils dévorent l'économie réelle, qui ne peut supporter l'exigence de tels niveaux de rendement. Alors, un euro investi pour dix ans ne devrait pas avoir le même pouvoir de vote qu'un euro placé sans engagement de durée. Face à la désindustrialisation, ne serait-il pas opportun d'instituer un droit de préemption pour les salariés qui veulent reprendre leur entreprise quand son propriétaire la vend ou l'abandonne ? Un pays aussi instruit que le nôtre ne devrait-il pas miser d'abord sur l'intelligence collective des salariés d'une entreprise pour en conduire la stratégie et la marche ?

 

Eux, plutôt que le seul PDG et sa suite dorée de cadres financiers obsédés par leurs stock-options. Surtout depuis que ces derniers commandent à la place des ingénieurs de production ! Comment créer un cercle vertueux du partage de la richesse, sinon en instituant un salaire plafond tel que le plus haut ne puisse être plus de vingt fois supérieur au plus bas dans la même entreprise ?

 

Pour tout cela, la définition des droits constitutionnels de la propriété privée du capital devrait changer. D'un droit sacré inaliénable, il doit devenir un simple droit d'usage, encadré par les servitudes de l'intérêt général. Sans cela, comment accroître la rémunération du travail qualifié et réduire le coût du capital dans la production ? La reconnaissance due au travail et à l'imagination créatrice est l'urgence. Ce n'est pas un choix de circonstance ni même idéologique. Car la production et l'échange doivent impérativement changer de méthode. Il faut relever le défi des conséquences du changement climatique, de l'augmentation de la population et de la compétition pour l'accès aux ressources.

 

La France peut montrer l'exemple. Elle peut s'occuper de son domaine maritime, le deuxième du monde, et y ancrer la conversion de son modèle de production en vigueur à terre. Elle ne doit pas l'abandonner aux appétits prédateurs et irresponsables des compagnies privées pour qui la mer est déjà une poubelle. Il y faudra beaucoup de moyens.

 

Or l'arbitrage entre investissement et dividendes s'opère spontanément au profit des seconds. Ils imposent le règne du temps court et de l'intérêt particulier sur les besoins du temps long, celui de l'intérêt général ! Comment protéger les droits du temps long que la planification écologique exige ? Comment mettre au défi tous nos ingénieurs pour qu'ils trouvent le moyen de respecter la « règle verte » qui impose de ne pas prendre à la planète davantage que son pouvoir de récupération ?

 

Encore une fois, c'est l'inscription dans la Constitution qui fixera cet impératif comme une règle commune opposable aux aléas des majorités et des circonstances au nom de l'intérêt général humain. C'est elle qui donnera leur place essentielle aux lanceurs d'alerte et aux délégués environnementaux dont une république moderne a besoin à l'ère de l'anthropocène. Il n'est de domaine où les avancées de la connaissance et les fruits de l'expérience ne commandent d'inscrire de nouvelles dispositions dans les objectifs des institutions politiques. Et cette inscription provoquera une mutation en grappe des normes en vigueur dans toute l'organisation sociale.

 

Par exemple, la France doit interdire la brevetabilité du vivant. Et assurer l'égalité d'accès au Net. Elle devrait garantir l'absolue et définitive souveraineté sur soi en constitutionnalisant le droit à l'avortement et celui d'être aidé pour accomplir sa propre fin quand on en a décidé. La souveraineté qui se noue ainsi au corps est le point de départ de celle qui se cherche dans l'ordre politique. C'est le rôle du peuple. Quel rôle ? Celui qui est au point de départ de toutes les communautés humaines de l'histoire : assurer sa souveraineté sur lui-même et sur l'espace qu'il occupe.

 

Depuis 1789, nous définissons la citoyenneté comme la participation de chacun d'entre nous à l'exercice de cette souveraineté, sous l'empire de la Vertu. C'est-à-dire dans l'objectif de l'intérêt général. A présent tout cela est effacé. L'intérêt particulier de la finance et la main invisible du marché sont réputés produire le bien commun comme le foie sécrète la bile. La règle de la concurrence libre et non faussée est décrétée spontanément bienfaisante.

 

Mise au service du libre-échange, elle serait indépassable. Le peuple est invité à s'en remettre aux experts sur la façon la mieux adaptée de généraliser ces principes. La 5e République est le système qui organise ce détournement du pouvoir. Pour y parvenir, elle a été réformée vingt-quatre fois depuis sa création. Depuis, une construction gothique dilue la souveraineté du peuple dans les sables de la monarchie présidentielle. Le reste est refoulé par l'opaque mécanique des institutions européennes. Lesquelles protègent avec soin le saint des saints, c'est-à-dire le pouvoir financier confié à la Banque centrale européenne. Elle seule est souveraine en dernier ressort.

 

Une nouvelle démocratie est donc nécessaire. Exemple : comment garantir le droit du peuple à exercer sa souveraineté, même entre deux élections ? Le référendum révocatoire en cours de mandat le permet. Si un nombre prédéfini de citoyens le demande, un référendum est organisé pour savoir si un élu peut garder son mandat ou être déchu. Cette procédure s'appliquerait à tous. Donc aussi au président de la République. Si, selon les sondages (IFOP, réalisé du 8 au 9 septembre), 62 % des Français souhaitent qu'il s'en aille plus tôt que prévu, il faut que cela soit possible sans barricades.

 

Sinon ? Du banquier central européen au monarque-président, le système de commandement est d'une implacable rigidité. Il implosera. Non pour des raisons idéologiques. Juste parce qu'il est inapte à régler les problèmes du grand nombre. Inapte du fait de ses principes et du personnel qu'il doit recruter pour les assumer. Avec une assemblée constituante, le peuple écrira une autre histoire : celle de la 6e République.

 

Voilà pourquoi j'appelle à signer pour la 6e République sur www.m6r.fr


 

26/08/2014

Au bistro de la toile: "Montebourg s'en va-t'en guerre..."

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« Montebourg s'en va t'en gueeerre

Les deux pieds les deux mains dans la merde

Montebourg s'en va t'en gueeerre

Ne sait s'il gagnera,

Ne sait s'il gagnera... »

 

- Oh ! Loulle. T'as un bel organe... Tu es le Pavarotti de la Scala de Barbentane !

 

- Alors, qu'est-ce que t'en pense de ce foutoir déclenché par Montebourg ?

 

- C'est une excellente chose !

 

- ???!!!

 

- Ben ouais. La gauche n'existe plus en tant que parti de gouvernement prenant en compte les intérêts du peuple, des « classes laborieuses » comme on dit. Hollande a été élu pour faire barrage à Sarkozy et à sa politique de droite « décomplexée » au service unique du patronat, des rentiers et des nantis. Or François fait la même politique que son prédécesseur, en pire ! Il a donc trahi ses électeurs. Il ne peut plus se prévaloir d'être le représentant de la gauche.

 

- Mais tu dis que cette gauche n'existe plus...

 

- C'est un simple constat. La gauche dite radicale, celle de Mélenchon, de Poutou, de Besancenot a été rejetée par les urnes. Il faut en chercher la cause... Les écolos, absorbés part leurs luttes internes et leurs rivalités d'égo, n'ont que peu de temps pour penser à l'écologie. Quant aux socialistes, c'est un parti de notables locaux rompus à toutes les compromissions. Ils sont ficelés au gouvernement de droite Valls-Hollande pour le meilleur et pour le pire. Et le pire, ils y arrivent : en effet, lorsque Hollande va dissoudre l'Assemblée nationale (ce qui risque d'arriver très vite puisqu'il n'aura pas de majorité stable), la plupart de ces satrapes cumulards vont passer à la trappe. Donc la gauche est à reconstruire.

 

- Avec qui ?

 

- Avec tous ceux qui pensent que la politique n'est pas un métier mais une mission, que la défense de l'intérêt public est supérieur à celle de l'intérêt privé, que l'épanouissement de l'Humain est supérieur au culte du fric, que la France n'a pas à être le larbin de l'Allemagne et le caniche des USA.

 

- Et où tu vas les trouver ces héros ?

 

- Pas des héros, Loulle, simplement des gens honnêtes. Ils existent chez les sympathisants du Front de gauche, du parti Communiste, du NPA, des Ecolos, de tous les Indignés. Mais ils existent aussi chez les socialistes dits « de gauche », oui, on en trouve encore. Les Frondeurs sont de ceux-là. La palette va donc de Besancenot à Martine Aubry en passant évidemment par Montebourg et Amont. Si les nostalgiques du « Grand soir » - qui n'arrivera jamais – s'assoient sur leurs intransigeances et leur « splendide isolement » stériles (le verdict des urnes a été suffisamment explicite !), si les socialos frondeurs ne prétendent pas à l'hégémonie, toutes ces sensibilités de gauche auront deux ans de « cohabitation » pour structurer et proposer aux électeurs cette Sixième République à laquelle la population aspire.

 

- Et Montebourg dans cette perspective ?

 

- Á lui de prouver qu'il peut être le chef de file, le fer de lance, bref, le candidat unique de cette nouvelle gauche à la présidentielle de 2017. De remotiver les électeurs pour les ramener aux urnes. Faute de quoi on aura la KriegMarine...

 

Nonidi 9 fructidor 222

Illustration : merci à Chimulus

 

19/09/2013

Au bistro de la toile. Honte sur les sénateurs ! Le tirage au sort plutôt que les élections ?

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- Eh ! T’as vu Victor, ils ont voté contre la limitation du cumul des mandats les sénateurs !

 

- Normal Loulle, t’as déjà vu un cochon qui décide de refuser son auge ? La gamelle est trop bonne au Sénat mais pas seulement. L’Express a établi le palmarès des élites de la cumularderie. Le champion toute catégorie,  le Teddy Riner de cette discipline spécifiquement française qu’est la cumularderie, c’est le ci-devant dunkerquois membre du PS Delebarre Michel : 26 mandats et fonctions ! Ecoute bien : sénateur du Nord, maire de Dunkerque, président de la Communauté urbaine de Dunkerque, président du Conseil de surveillance du centre hospitalier de Dunkerque, Président du Syndicat mixte pour le Scot de la région Flandre Dunkerque, Président de l'AGUR, Agence d'urbanisme et de développement de la région Flandre Dunkerque, Président de la SPAD, société publique de l'agglomération dunkerquoise, Président du SMCO, Syndicat mixte de la Côte d'Opale, Président de la S3D, Société de développement du Dunkerquois, Président de la Société coopérative de production HLM Le Cottage, Président de l'Association des communautés urbaines de France, Président de l'Association Cités Unies France, Président de TV Côte d'Opale, Président de la Mission opérationnelle transfrontalière (MOT), Administrateur de l'association AMORCE, association des collectivités et professionnels dans le domaine des déchets, de l'énergie et des réseaux de chaleur, Président de l'Association des Flandres pour l'éducation de la jeunesse et l'insertion socioprofessionnelle, Président de Dunkerque Promotion, Président du SMAERD, syndicat mixte d'alimentation en eau de la région de Dunkerque, Président du syndicat intercommunal des Dunes de Flandres, Représentant des collectivités territoriales au conseil d'orientation et de surveillance de la Caisse d’Epargne Nord France Europe, Membre du conseil d'administration du Conservatoire du littoral, Président d'Entreprendre ensemble, entreprise d'insertion, Président de Dunkerque Neptune, organisme gestionnaire des ports de plaisance, Président du réseau d'élus nordistes Rafhael, Président du conseil de surveillance d'Oxalia, réunion de 4 bailleurs sociaux régionaux, Président de la conférence de territoire du littoral.

 

- Attends, bois un coup Victor, t’as la menteuse qui enfle ! Non mais tu te rends compte, ce pauvre mec, l’activité qu’il doit avoir ! Il a combien d’heures dans sa journée ? Il a combien de cerveaux pour s’occuper réellement, efficacement de toutes ces charges ?  Et il lui faut aussi combien d’estomacs pour ingurgiter tous les gueuletons que ces mandats et fonctions impliquent ? Et il se fout de qui ce mec ? Dis, il y en a beaucoup comme ça ?

 

- Des palanquées. Tiens par chez nous, le ci-devant Estrosi, maire UMP de Nice, cumule 10 mandats ou fonctions, le ci-devant Collomb Gérard, maire PS de Lyon, cumule 9 mandats et fonctions, le ci-devant Fournier Jean-Paul, maire UMP de Nîmes cumule 7 mandats et fonctions, etc., etc. Va faire un saut sur le site de l'Express  et tu trouveras le palmarès de tous ces stakhanovistes de la razzia des prébendes et des banquets républicains !

 

- C’est bien partagé quel que soit le bord politique. Non mais ça peut plus aller ça Victor. Il est temps de passer à autre chose.

 

- Exactement. Si on ne veut pas que les fascistes arrivent LEGALEMENT au pouvoir, comme Hitler en Allemagne, il est temps de jeter à la poubelle de l’histoire cette république « des copains et des coquins » pour mettre en place une République n°6. Le problème de la démocratie, Loulle, c’est l’impuissance des peuples à contrôler ce que font leurs gouvernants. Le bulletin de vote ne revient qu’à donner un blanc-seing à ceux que nous élisons, sans possibilité de changement ou de rectification.

 

- Ouais, mais pour une sixième république, dès l’élection de la Constituante, tu vas voir arriver les mêmes vieux chevaux de retour…

- Pour parer à ce risque, il faut écouter Montaigne : « Lorsque dans la république le peuple en corps a la souveraine puissance c’est une démocratie ; lorsque la souveraine puissance est entre les mains d’une partie du peuple, cela s’appelle une aristocratie. » Ce géant proposait pour mettre en place par exemple une Constituante…le tirage au sort ! « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie, le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne, il laisse a chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » Et il estimait que les lois devaient être mises à l’essai : « La constitution de Rome et d’Athènes à cet égard étoit tres sage, les arrêtsdu senat avoient force de loi pendant un an ils ne devenoient perpetuels, que par la volonté du peuple. »

- …taing ! Il avait oublié d’être kon ce Montaigne. Tout de même Victor, le tirage au sort ! C’est jouer à la politique comme au loto !

- Ça existe déjà Loulle.

- Ah bon ! Où !!!!!?????

- Ben, pour des choses très importantes : les jurés de cour d’assise sont tirés au sort parmi tous les citoyens jouissant de leurs droits civiques. Et ça marche très bien.

- Ah bè ça alors ! Tè, c’est ma tournée. Coquin de sort !

 

Tridi 3 Vendémiaire 221

 

Illustration X – Droits réservés.

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Illustration X – Droits réservés.

 

 

05/04/2013

Alors ci-devant président, aux poubelles de l'histoire ou gagnant dans la sixième ?

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Le dernier député élu, l’UMP Jean-François Mancel l’a été avec…15% des inscrits ! Avec quelques dizaines de voix d’avance sur sa suivante (FN !) et une abstention dépassant au second tour les 65% ! Et ce type-là représente la France ? Voilà où mène le bourbier nauséabond dans lequel crève la cinquième république, pourrie par les affaires, déshonorée par des personnels politiques ne pensant qu'à leur carrière, impuissante à lutter contre toutes les compromissions. Évasions fiscales organisées, hauts fonctionnaires au service des financiers, ministres tricheurs, ex présidents condamnés ou mis en examen, confiscation des institutions par des « professionnels » de la politique se partageant le gâteau, etc.



Le scandale Cahuzac met le projecteur sur une évidence : il faut karchériser les écuries d'Augias. En dissolvant cette république fossile pour repartir – à travers les travaux d'une assemblée constituante – sur une sixième république entièrement nouvelle.



A défaut de cette sixième république espérée, le pouvoir actuel doit frapper fort, sauf à sombrer dans le ridicule et à entraîner dans son naufrage la France qui sera immanquablement livrée aux fascistes copéo-mariniens.



Il peut, que dis-je, il DOIT entamer une lutte à mort contre cette évasion fiscale qui engraisse les plus nantis, les plus voyous avec la complicité passive ou active de hauts fonctionnaires de Bercy plus soucieux des intérêts de leurs « amis » bien placés (en en espérant un juteux pantouflage) que de ceux de la république.



Il peut, il DOIT imposer immédiatement le non cumul des mandats, source de tous les maux. La politique n'est pas un métier, c'est un honneur, une responsabilité, quasiment un sacerdoce. Il faut donc mettre à bas cette « professionnalisation » de la politique en imposant drastiquement un seul mandat et une seule mandature. Car autant que le cumul des mandats, c'est la succession des mandatures qui est responsable de ces dérives mortelles de la république. Chacun sait – les élus ne s'en cachent même pas – que l'essentiel des forces d'un élu est consacré...à être réélu. Il est trop bon le fromage !



Les élus redeviendraient honnêtes et efficaces s'ils avaient la certitude de ne pas avoir à être réélus, du moins dirctement à la suite de leur mandat. Ailleurs ou après, pourquoi pas, mais jamais deux mandats consécutifs. Il pourraient consacrer leurs forces à faire ce pour quoi ils auraient été choisis et mandatés par le peuple. Et cela permettrait un renouvellement des élites, un brassage d'idées, une émergence de la jeunesse.



Ci-devant président François, le changement, c'est vraiment maintenant qu'il faut le faire ! Sinon, tu finiras au mieux aux poubelles de l'histoire, au pire... N'y pensons pas...





Sextidi 16 Germinal 221



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Ecoute ! Ecoute !



Quelle est la différence entre un cambrioleur et un politicien ? 
- Le cambrioleur ne vole qu'une personne à la fois.