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07/12/2017

Au bistro de la Toile : Jonhysse, smic, Jérusalem

chimulus bistro copie.jpg

- Oh ! Victor, on t’a pas vu hier. C’est le deuil national qui t’a empêché de sortir ?

- Bof… À vrai dire Loulle, je fuis ce harcèlement johnnyxuel. Il faut donner aux choses l’importance qu’elles ont. Certains en sont à comparer notre sympathique Jojo à Victor Hugo. Tè, je vais te réciter quelques vers de l’immense Hugo qui pourraient convenir à la mort de Johnny :

Il n’avait pas encor pu saisir une cime,
Ni lever une fois son front démesuré.
Il s’enfonçait dans l’ombre et la brume, effaré,
Seul, et derrière lui, dans les nuits éternelles,

Tombaient plus lentement les plumes de ses ailes.
Il tombait foudroyé, morne silencieux,
Triste, la bouche ouverte et les pieds vers les cieux,

L’horreur du gouffre empreinte à sa face livide.
Il cria : Mort ! les poings tendus vers l’ombre vide.

-… tenh ! C’est pas gai ton truc.

- Eh ! La mort n’est pas souvent gaie. J’ai une autre idée pour ne pas oublier le ci-devant Smeet Jean-Philippe, Victor Hugo de consommation courante, ersatz d’Étasunien mais vrai contribuable helvétique : mettre sa photo et celle de ses poumons sur les paquets de clopes !

- Eh ! Oh ! Tu veux la mort des buralistes ? Déjà que les Smicards sont dans le collimateur des « Zexperts », qui viendra s’encanailler dans mon rade ?

- Les riches Loulle. Les riches. Voilà une clientèle solvable, et qui est en progression. Pour augmenter leur pouvoir d’achat, un ami m’a proposé quelque chose d’intéressant : « Instaurer le DMIC, le Dividende Minimum Inter-actionnarial de Croissance, d’un montant de 100 000 € alloué à chaque actionnaire, qui serait financé par une cotisation de 50 % des revenus bruts de tous ces salauds de nantis que sont les smicards, les RSAïstes, les polemployïstes et les fonctionnaires. »

- Il manie avec bonheur l’ironie sarcastique ton pote, comme toi concernant Johnny. Bon. Changeons de sujet. Tiens, la dernière Trumpade n’est pas mal et ressemble à une chanson de Johnny : « Allumer le feu ! ». Voilà que ce taré veut en remettre une couche au Moyen-Orient avec son truc d’ambassade à Jérusalem…

- C’est vrai que ce type se révèle grandiose : le Mozart de la konnerie. Il devient une illustration parfaite de cette boutade d’Einstein qui dit en substance : « Il y a deux choses dont je sois sûr : la bêtise humaine et l’expansion de l’univers. Encore que pour l’expansion de l’univers, on peut douter… », et que moi je reprends en disant : « La konnerie humaine est la seule approche que l’on puisse avoir de l’infini. »

Jérusalem, Loulle, je ne vois que deux solutions concernant le devenir de cette ville qui est le symbole des pires névroses collectives en « isme » : le judaïsme, le christianisme, l’islamisme. Soit en faire une ville ouverte, un territoire en soi, indépendant comme l’est le Vatican par exemple, ou Monaco. Avec bourrage de crâne à tous les étages et promesse de paradis, fiscal bien entendu, c’est plus réaliste que l’autre !

- Et la seconde solution ?

- Puisqu’on est dans le sarcasme et l’exagération : faire fuir la population dans le désert puis vitrifier la ville avec trois bombes atomiques, l’une venant d’Israël, l’autre de chez Trump, la troisième fournie par le Pakistan…

- Fatche ! Tè ! Puisqu’on est dans les machines de mort, buvons plutôt un canon…

 

Illustration: hommage à Chimulus

06/12/2017

Trop riches les smicards ! Ils ruinent la France…

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Ce sont les « Zexperts » qui le disent, et c’est ce que nous claironnent depuis mardi tous les canards laquais, toutes les machines à bruits et toutes les lucarnes à décerveler de France. En conséquence le « Groupe d’experts pour le Smic » - si, si, ne rigolez pas, ça existe et c’est comme ça que ça s’appelle - s’est prononcé contre une hausse du Smic au 1er janvier. Pas de « coup de pouce » afin de ne pas « fragiliser les améliorations en cours ». Faut pas tracasser ce pauvre Gattaz…

L’Etat n’a plus accordé de coup de pouce au Smic depuis juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande. Lors de la dernière revalorisation, début 2017, le Smic avait augmenté de 0,93 % (mais de 0,43 % effectif compte tenu de l’inflation à 0,50 %), atteignant 1 480,27 euros brut mensuels (9,76 euros de l’heure) et 1 151,50 euros net. Vraiment trop riches ces salauds de smicards ! Ils saignent les entreprises. Faudrait quand même pas qu’ils s’embourgeoisent avec tout le pognon que les riches leur font ruisseler dessus !

Au fai, les Zexperts – tous grassement pays – qu’est-ce qu’ils connaissent de la vie d’un smicard ? Qu’est-ce qu’ils savent des augmentations des transports, des biens de première nécessité, du prix des études des gosses, des loyers, du carburant, de l’électricité, du gaz, des frais de santé, du prix des prothèses pour les sans-dents ?

Ce fameux « groupe d’experts du Smic », personne ne sait qui ils sont. En tout cas c’est soigneusement occulté dans les médias. Moi qui suis un affreux fouille-merde, j’ai cherché et j’ai trouvé. #balancetonexpert !

Renouvelé en août, le groupe d’experts sur le Smic est présidé par Gilbert Cette, professeur d’économie associée à l’université d’Aix-Marseille (également fonctionnaire de l’OCDE, il a le privilège de ne pas payer l’impôt sur le revenu ! Ben voyons !) et se compose des économistes Andrea Garnero (OCDE), Isabelle Méjean (Crest), Marie-Claire Villeval (CNRS) et André Zylberberg (CNRS et Ecole d’économie de Paris). Suivez les liens pour connaître leurs pedigrees à ces braves Zexperts et vous verrez qu’ils sortent tous du même moule.

Pour connaître le Smic, il aurait peut-être fallu au moins un Smicard dans la bande, au moins un ouvrier, une employée, un syndicaliste. Tè ! Fume…

Ils ne sont que des larbins de l’oligarchie des nantis, des escrocs, des profiteurs. Et leurs préconisations à la kon ne sont que de vulgaires et sempiternelles vulgates ultralibérales.

Le rothschild-boy Jupitounet osera-t-il contredire les « Zexperts » ? Allons, allons, soyons sérieux. Ce sont tout de même des Zexperts…

Comme disait Johnny, il serait peut-être temps de "Allumer le feu"!



Photo X - Droits réservés

 

30/12/2010

Pendant les ripailles, les sarko-saloperies continuent : tuer le Smic et le code du travail

 

Sarko oncle sam.jpgEh ! On vient de fêter les cents ans du code du travail. Enfin, de ce qu'il en reste... Tè ! le SMIC, fils putatif du SMIG, filet de sécurité des salariés, en voilà un qui peut numéroter ses abattis : les sarko-trafiquants veulent sa peau...

Les smicards, ouvrez grandes vos poches : les étrennes à Sarko cette année, ce sera 18 euros de plus par mois ! Et faites attention ! Soyez responsables : économisez-les ces généreux euros que not'bon maître consent à vous accorder. N'allez pas les boire avec d'autres profiteurs du même acabit que vous !

18 euros, c'est ce que prévoit la loi.  Une loi qui prévoit une revalorisation automatique annuelle « équivalente au montant de l'inflation et à la moitié du pouvoir d'achat du salaire horaire brut ouvrier. » En conséquence de cette obligation légale, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) sera relevé de 1,6%. Il passera donc de 8,86 euros à 9 euros de l'heure à compter du 1er janvier 2011. Le smic mensuel brut pour 151,67 heures de travail passera de 1.343,77 euros à 1.365 euros. Ce qui correspond à un Smic mensuel net de près de 1.073 euros contre 1.055,42 euros tout au long de l'année 2010. La loi laisse aussi au gouvernement la possibilité de donner le fameux « coup de pouce » au smic afin donner un peu plus de « pouvoir d'achat » aux plus défavorisés.

 Coup de pouce ? Tè ! Fumes ! Dans le cul le coup de pouce. Salauds de travailleurs pauvres... Certains gouvernements, tant sous Jospin que même sous Chirac ont jugé bon en leur temps, de donner des « coups de pouce » conséquents, mais depuis cinq ans, que dalle !  Nibe ! Peau d'zob ! Depuis le 1er juillet 2007, c'est-à-dire au lendemain de l'élection de Tom-Pouce-Sarko, la politique suivie est d'une parfaite lisibilité: c'est la première fois que tout «coup de pouce» est écarté pour longtemps. Aucun en 2007, en 2008, en 2009 et en 2010. Avec le choix qui a été fait pour 2011 de ne toujours pas aller au-delà de l'obligation légale, c'est donc bien la cinquième année de suite que le gouvernement affiche son mépris pour les plus basses rémunérations. Est-ce un hasard ? Une conséquence de la « crise » ? Non. Une volonté affichée de « tuer le smic » selon une logique ultra libérale qui sévit et s'épanouit sous le règne du Nuisible en chef. L'injustice poussée jusqu'à la caricature tandis que les patrons-voyous de la mafia du Fouquet's se goinfrent sans vergogne.

 Jusqu'au triomphe du capitalisme ultra libéral à la mode Thatcher-Reagan sur le modèle rhénan en usage en Allemagne et en France et qui tempérait la liberté d'entreprendre par quelques filets de sécurité sociale, le travail nourrissait son homme, le contrat normal était le CDI et le pouvoir d'achat augmentait peu mais régulièrement. Pour les anglo-saxons, c'est l'horreur. Ils n'ont eu de cesse de foutre en l'air ce modèle consensuel à coups de mondialisation sauvage et de « crises » volontairement fomentées. Et Sarko-l'Américain - comme il se qualifie lui-même - mène avec persévérance et constance une guerre contre tout ce qui peut « freiner la flexibilité du travail ».

sarkodoigtsdhonneur copie.jpg Eh ! Ci-devant Nicolas, Paul, Stéphane Sárközy de Nagy-Bocsa, maintenant que, parait-il, tu as appris à lire, tu devrais te pencher sur ce texte de Michelet concernant les prémisses de la Révolution française. Décrivant, dans son Histoire de la révolution française, la misère qui sévit dans les campagnes à la veille de 1789, Jules Michelet défend l'idée que les mauvaises récoltes, et la famine qui en découle (appelons ça « la crise »), ne constituent en aucune façon «un phénomène naturel». «Ce n'est ni la pluie, ni la grêle. C'est un fait d'ordre civil: on a faim de par le Roi», écrit-il. Et il ajoute: «La famine est alors une science, un art compliqué d'administration, de commerce. Elle a son père et sa mère, le fisc, l'accaparement. Elle engendre une race à part, race bâtarde de fournisseurs, banquiers, financiers, fermiers généraux, intendants, conseillers, ministres. Un mot profond sur l'alliance des spéculateurs et des politiques sortit des entrailles du peuple: Pacte de famine.»

 Pacte de Famine pour Louis XVI, pacte de misère pour le ci-devant Nicolas, Paul, Stéphane Sárközy de Nagy-Bocsa. Les conséquences de ce pacte devraient te faire réfléchir citoyen-président. Sinon...

 Sources : http://www.mediapart.fr/journal/france/231210/le-pacte-qu...

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Décadi 9 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

16/12/2010

Au bistro de la Toile : les patrons du Caca-rente bientôt sur la paille...

chimulus bistro copie.jpg

 

- Putaing ! Quels salauds ces Smicars... Voilà où ils sont les privilégié du régime. Ils vont encore être augmentés de 1,6% qu'il nous a avoué, sous la contrainte, notre bon ministre du travail, ce monsieur célèbre pour les particularités physiques des filles de sa femme...

 

- ????!!!!...ces quoi ces particularités physiques Victor ?

 

- Eh ! Oh ! Loulle, qu'est-ce qu'on t'a appris à l'Université des Mastroquets ? Tu connais pas la chanson : « Bien l'bonjour madam'Bertrand ! Vous avez des filles, vous avez des filles... Bien l'bonjour madam'Bertrand, vous avez des filles qu'ont l'con trop grand. Ell'z'ont l'con comm' des marmites, pour les enfiler faut des grosses bites... Bien l'bonjour madam'Bertrand vous avez des filles qu'ont l'con trop grand ! »

 

- Ollé ! Victor ! ...taing ! Tu es le Pavarotti des soifards du quartier ! Pour en revenir à ton augmentation du Smic de 1,6%, ça couvre pile poil l'inflation officielle, c'est-à-dire loin de l'inflation réelle, et ça l'amène à 1365 euros par mois pour 35 heures... Autrement dit les salariés auront l'an prochain un pouvoir d'achat encore rogné par rapport à cette année... C'est pas bon pour la picole ça... C'est la ruine des mastroquets...

 

- C'est vrai que vous, le « patrons », vous êtes à plaindre... Enfin toi, pas trop, mais les pauvres patrons du Caca-rente, tu sais qu'ils ont dû subir cette année une baisse de leurs salaires ! Et pas de la bricole : 14% ! Tu te rends comptes Loulle : 14% de baisse de leurs salaires... Pendant que ces salauds de salariés se gavent avec des augmentations de 1,6%... Y a de quoi faire la révolution... Je serais Carlos Gohn, Bolloré ou Arnaud, je sortirais la fourche de mon 4x4 Cayenne.

 

- Putaing ! 14%, effectivement Victor, c'est difficile à avaler. On va en voir de plus en plus aux Restos du Cœur...

 

- Et ça fait la troisième année que ces pauvres gens subissent ces amputations terribles de leur pouvoir d'achat. Sans faire grève, eux ! Sans emmerder tout le monde. Ils touchaient 4,7 millions d'euros en moyenne en 2007, ils avaient déjà dû se contenter de 3,6 millions d'euros en 2008 et de 3,1 millions d'euros cette année. Non mais tu te rends compte Loulle, leur salaire annuel, en trois ans, est passé de 250 ans de salaires de smicard à à peine 190 ans de salaire de smicard...

 

- ...taing ! On se rend pas compte des sacrifices de ces pauvres gens. Tè ! Buvons pour oublier...

 

- A la nôtre !

 

 

Merci à Chimulus pour l'illustration

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Sextidi 26 Frimaire 219 de l'ère de la Liberté


 

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Et pour savoir comment le système bancaire nous enfile

et comment nous pouvons le baiser:

L'argent dette

http://www.vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304

 

16/12/2009

Au bistro de la Toile : les vrais profiteurs du chomdu.


- Ah ! Putaing Loulle, tu vas en gagner des thunes avec la fabuleuse augmentation que les sarko-trafiquants du gouvernement de Rataillon 1° viennent de concéder aux smicards : 0,5% ! C’est-y pas généreux ça ? Dans les 6 euros par mois ! La bringue démente, l’opulence assurée! Et encore, c’est pour ceux qui ont un boulot. Pour ceux qui sont au chomdu, c’est peau de zob.

 

- Ah non, Victor, il y a la prime de Noël pour les chômeurs ! Une prime qui n’a pas bougé depuis 12 ans, d’accord, et qui s’élève à 152,45 euros pour une personne seule. Puteng, et ils se plaignent ces fainéants ! Ils osent même manifester maintenant ! On les a vu – pas trop ! – dans la rue le 5 décembre. D’accord, on ne les a pas invités à la télé… Pourtant ils sont dans les trois millions « officiels »…

 

- …et bien le double en réalité si tu prends en compte le temps de non travail obligé de ceux qui sont à mi-temps, ceux qui sont rayés des listes pour des raisons obscures et autres. Le chomdu, Loulle, ce n’est pas une fatalité, ce n’est pas un résultat de la « crise », c’est voulu et planifié par les « économistes distingués » et leurs marionnettes politiques. Ces fumiers ont même un nom pour qualifier le taux de chomage « optimal », ils appellent ça le « NAIRU » ( Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment), en français, «taux de chômage non accélérateur d'inflation».
Un taux qui repose sur deux piliers fondamentaux : la pression sur le marché de l'emploi par le chômage (qui favorise le gel sinon la baisse des salaires, d’où l’augmentation ( !!!) du Smic de 0,5%...), ainsi que la précarisation et la dérèglementation du travail), et la soi-disant lutte contre l'inflation.
Son taux généralement retenu étant fixé à… 8%. Son principe actif en est la peur et le chômage n'en est qu'un moyen, sans doute le plus efficace. Cette définition est tirée du glossaire d'un très officiel rapport du Sénat. En fait, le chômage n'est rien d’autre qu'une variable d'ajustement économique au service du politique. A l'heure où les discours vont dans le sens d'une culpabilisation toujours plus stigmatisante d'un chômeur supposé responsable de sa situation, profiteur ou fraudeur, il y a de quoi avoir les aliboffis qui gonflent…

 

- Tu veux dire que les chômeurs sont indispensables à tous ces gouvernements de droite pour maintenir les salaires au plus bas ?

 

- T’as tout compris Loulle. Crois-moi : bien que tous les charlots qui nous gouvernent fassent mine de mettre la lutte contre le chômage à la première place de leurs préoccupations, ils font en vérité tout le contraire parce que le «plein emploi» est le pire ennemi des profits. C'est pour cela qu'on n'est pas prêts d'en voir un jour la couleur, et que le chômage de masse a encore de beaux jours devant lui !

 

- taing ! Quel ramassis de crevures. Tè ! on va boire un coup pour oublier…

15/12/2009

Pendant les fêtes, les sarko-saloperies continuent !


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Pendant qu'on nous enfume le terrier avec des conneries genre Johnny Halliday crevard ou le « sommet » de Copenhague, les nuisibles à la solde de Rataillon nous préparent une belle saloperie : une offensive tout azimut contre le SMIC. Ça les emmerde le SMIC les tronches d'œuf du Medef et leurs marionnettes de l'Elysée et de Matignon. Pour dénigrer le Smic, lui refuser tout coup de pouce et encenser des palliatifs qui exonèrent les entreprises en pesant sur la collectivité, le gouvernement a trouvé une combine : s'appuyer sur des rapport d'«experts» qui abondent dans son sens.


Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. Ainsi, en été 2008,
le rapport Cahuc, Cette et Zylbenberg, commandé par Matignon, concluait que le Smic n'est pas «un moyen efficace pour réduire la pauvreté et les inégalités» (!!!) et suggérait de «s'appuyer sur des mesures fiscales et des prestations sociales ciblées plutôt que sur un salaire minimum élevé et uniforme»...  A rapprocher du fait qu'en matière de fiscalité, le gouvernement s'emploie à supprimer les niches qui soulagent les plus modestes. Ce rapport fut non seulement l'occasion d'asseoir le bien-fondé du RSA en tant que substitut à un salaire minimum désormais jugé obsolète et, de ce fait, menacé de « réforme », mais surtout de faire admettre la nécessité de transférer une part grandissante du coût du travail des entreprises... vers la collectivité.

A quelques jours de la « revalorisation » du SMIC, un nouveau « rapport d'expert » vient d'arriver sur le bureau de Darcos, le ministre du travail. Elaboré par le «groupe d'experts sur le SMIC» désigné début mai dans le cadre de la réforme du salaire minimum inscrite dans la loi sur les revenus du travail de décembre 2008, il «recommande[nt] à l'unanimité que la revalorisation du salaire minimum interprofessionnel de croissance devant prendre effet au 1er janvier 2010, corresponde à la stricte application des mécanismes légaux». En clair : zéro coup de pouce ! Dans un «contexte conjoncturel encore fragile, (...) il ne faudrait pas compromettre la santé économique et financière des entreprises», qu'ils disent les zexpairs. Ben voyons. Au fait parmi les « zexpairs » économistes qui ont pondu cette merde, on retrouve Gilbert Cette, directeur des études économiques de la Banque de France. Ses acolytes, dont on peut douter de l'indépendance, étant Paul Champsaur, président de l'Autorité de la statistique publique, Martine Durand, directrice adjointe de l'emploi à l'OCDE, Francis Kramarz, directeur du Crest, et Etienne Wasmer, professeur à Sciences Po.

Pourtant, pour lutter contre la pauvreté et l'endettement des ménages, pour éviter à ces millions de gens de devenir des « assistés » à stigmatiser en période pré-électorale, il suffirait d'augmenter leurs salaires !  Tè ! Fumes ! Faut pas désespérer Neuilly.

Depuis vingt ans, les travailleurs sont sommés de sacrifier leurs émoluments à la bonne marche de l'économie : avant la crise, il fallait contenir l'inflation; au cœur de la crise, y'a plus de pognon.

Droits dans leurs bottes, ces éminents
« zexpairs » à la solde de l'UMP et du Medef plaident pour une «gestion prudente du Smic articulée à une politique de maîtrise des coûts salariaux», jumelée à «une politique appropriée de soutien au revenu du travail des familles pauvres». En effet, clament-ils, «les politiques de soutien au revenu du travail [prime pour l'emploi, RSA...] ont contribué de façon très significative à la progression du pouvoir d'achat des salariés rémunérés au Smic au cours des dix dernières années». Pour eux, «les dernières études de l'OCDE démontrent que les prestations liées au travail sont nettement plus efficaces que le salaire minimum pour lutter contre la pauvreté, car mieux ciblées sur les ménages pauvres».

L'imposture est énorme : alors que les salaires sont désespérément bas et ne permettent plus de vivre, pas question d'y remédier, bien au contraire ! Puisqu'une revalorisation du Smic serait préjudiciable à la compétitivité des entreprises, seul un «assistanat» tous azimuts est envisageable afin de compenser sa faiblesse, le plus gros du gâteau étant destiné... au patronat. «
Les allégements de cotisations sociales ont fait la preuve de leur efficacité et doivent par conséquent être maintenus », osent affirmer ces « économistes » distingués. Pourtant, ces exonérations au nom de l'emploi sont un puits sans fond : elles ont coûté cette année 32,6 milliards d'euros à l'Etat et à la Sécurité sociale; même la Cour des Comptes conteste leur efficacité !

Pour les employeurs, les cadeaux fiscaux continuent de pleuvoir : fin de la taxe professionnelle, baisse de la TVA des restaurateurs... Pour les 15% de Smicards (englobés dans l'ensemble des travailleurs qui gagnent moins de 1.510 € par mois, c'est-à-dire 50% du salariat français !), pas question de revaloriser quoi que ce soit : l'indécence salariale reste de mise, avec à la clé une augmentation... des impôts.

Merci au 53% de veaux qui nous ont infligé Rataillon...