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20/10/2015

Mon toubib chez les ploucs.

toubibs dessin tiers payant.jpg

 

Il m’arrive d’aller chez mon toubib « référent ». Il me prend la tension, me demande si ça va, je lui réponds oui, alors il regarde ma fiche sur son ordinateur (financé par la collectivité) et renouvelle l’ordonnance sur les quelques médicaments qu’il me prescrit, sans vérifier si ces médicaments ne sont pas considérés comme ne servant à rien par l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Je lui donne ma Vitale et paie 23 euros pour ce service qui dure en gros cinq minutes. (Quand je vais voir mon toubib « chez les ploucs », au fin fond de la Lozère, l’été, ça dure plus longtemps et c’est plus sérieux comme examen…). Puis je vais chez mon potard qui me délivre les poutchingues ordonnées par le toubib. Là encore je donne ma Vitale et…je ne paie rien.

 

Ce qui marche très bien avec les pharmaciens rend littéralement fadas les toubibs ! Ils ont manifesté il y a quelques jours. Ils ont fait une grève largement médiatisée. Leurs élections professionnelles ont fait une large place aux opposants les plus radicaux de cette mesure de la loi Santé : instituer le tiers payant chez les médecins. Ils pourrissent littéralement la pauvre Marisol Touraine, leur ministre de tutelle, qu’ils nomment très élégamment « MST ». Etrange. Etrange. Qu’est-ce que ça cache ?

 

Leur argument principal : retards de paiement, paperasserie supplémentaire. Ils diffusent des tracts incendiaires dans le but de retourner l’opinion largement favorable au tiers-payant, balançant des mensonges patents du genre :  « mon médecin aura moins de temps pour m’écouter et me soigner à cause du travail administratif supplémentaire »,  « je ne choisirai plus mon médecin généraliste », « je ne choisirai plus les autres médecins spécialistes », « mon médecin ne pourra plus prescrire librement ce qui est bon pour ma santé », « le tiers payant a un coût mais c’est moi qui vais le payer », « mes données de santé ne seront plus soumises au secret », « finalement, ce qui sera bon pour ma santé sera décidé par l’administration et les mutuelles ». Toutes assertions hors de la loi Santé et relevant du fantasme et même du bourrage de crâne.

 

En fait, les toubibs ont peur de regarder la réalité en face : leur situation « libérale » est une aberration puisqu’ils sont en fait payés par les prélèvements obligatoires à travers la Sécu (et les mutuelles), faisant en fait d’eux des fonctionnaires qui refusent de l’admettre. Les médecins ont en charge un service public et ont des obligations : avoir une localisation qui fait que tous aient accès à un médecin sur territoire, faire des soins à un tarif opposable. Obligations qui sont loin d’être tenues. Au niveau tarif, si tel généraliste conventionné prend 23 euros, tel autre non conventionné prendra 40 euros pour le même boulot. Au niveau localisation, pour ce que je connais, en Provence, dans ma région avignonnaise, il y a pléthore de toubibs. Mais en Lozère, l’été, après deux Roumaines et un an sans personne,  il y en a un au plus proche village (8 km), un Espagnol, très compétent et attentif à ses patients (en non à ses clients). Son cabinet est mis à sa disposition, ainsi que son logement, par la municipalité. Et les « ploucs » sont bien contents.

En France la médecine est organisée de façon paradoxale : fonctionnement totalement libéral mais avec un financement public. Résultat : certaines régions ont vu la moitié de leurs cabinets fermer. Á l’horizon 2025 il y aura moins de 23.000 généralistes en cabinet contre 56.000 aujourd’hui. Les jeunes étudiants délaissent la spécialité « généraliste » pour d'autres plus glorieuses, plus rémunératrices.

Sont-ils réellement à plaindre, ces enfants gâtés de notre société ? La collectivité – donc nos sous - paie leurs longues études. Ne serait-il pas normal qu'en retour les toubibs acceptent au moins pour quelques années de s'installer là où leur présence serait la plus nécessaire ? Mais il est plus « sexy », plus confortable, plus rémunérateur de s'installer à Paris, Nice, Aix ou Avignon plutôt que dans le Nord, la Creuse ou la Lozère... Alors, lorsqu'on aura le temps, on les plaindra...

 

Est-il anormal que la collectivité qui les paie veuille avoir un droit de regard, voire de contrôle sur leur localisation ainsi que sur leur activité ?

 

Rappelons qu’en plus de leur paiement à l’acte, les médecins touchent un forfait plus que conséquent (5.000 euros par mois en moyenne) s’ils respectent des « objectifs de santé publique » comme l’informatisation du cabinet, la prescription de médicaments génériques, la vaccination des anciens contre la grippe, le dépistage des cancers du sein et du colon, etc. Mais ils sont aussi contrôlés s’ils prescrivent trop de médicaments aux vieux, trop de transports sanitaires pas indispensables, trop d’arrêt maladie, etc. On voit donc que les médecins « libéraux » ne sont pas si libres que ça. Ce qui est normal et logique compte tenu de qui les paie !

 

Une autre de leurs griefs : être à la merci des mutuelles. Ce qui n’est pas faux et recevable. Et tient, coucou, le revoilou ! L’une des plus redoutables des mutuelles - Malakoff Médéric – dont le patron est… Guillaume Sarkozy, oui, monsieur frérot prétend « contrôler les gestes médicaux », « accéder aux données individuelles des assurés », « adapter les cotisations aux comportements individuels des assurés ». Mais il n’y a rien, dans la loi Touraine, qui conforte ces prétentions de mutuelles quoi ont depuis longtemps perdus leur vocation d’économie « sociale et solidaire » et qui ne jurent plus que par le fric. Elles sont les armes les plus dangereuses oeuvrant pour ce dessein de toujours des assureurs et financiers privés : la mise à mort de la Sécu et son remplacement par les assurances privés. Et la gauche au pouvoir (??!!) n'est pas la dernière à participer à ce dépècement de l'un des fleurons de notre modèle social. Le plan massif d'allègement des cotisations sociales (plus de cotisation sociales employeurs pour le smic et rabotage significatif jusqu'à 1,6 smic, etc.) sans qu'un financement ne soit trouvé est significatif de cette collusion de « J'aime l'entreprise » avec le Medef.

La tactique pour la mise à mort de la Sécu ? On ruine celle-ci (qui pourtant arrive à baisser son déficit!) de façon à la déconsidérer vis-à-vis des assujettis ; parallèlement, on prend prétexte de ce déficit abyssal pour baisser les taux de remboursement des médicaments, voire on dérembourse des médicaments considérés comme peu efficaces ; le résultat est un transfert du remboursement du reste à payer sur les assurances dites « complémentaires ». Ce faisant, on habitue le cotisant à s'appuyer de plus en plus sur les assurances privées et à critiquer la Sécurité sociale. C'est de l'action psychologique destiné à préparer les cerveaux (déjà karchérisés par la télé et les merdias) à l'abandon progressif de la Sécu.

Dans cette stratégie, il est des dispositions qui sont présentés comme des « avancées sociales » et qui sont tout le contraire. C'est le cas de l'Accord national interprofessionnel (ANI) qui rendra obligatoire, à dater du 1er janvier 2016, l'adhésion des salariés à une assurance complémentaire santé d'entreprise. Mumm ! La bonne soupe pour les assurances privées, au détriment de la protection sociale collective ! Un énorme gâteau.

Des millions de salariés vont ainsi être obligés de souscrire des contrats collectifs d'entreprise gérés, évidemment, par les assurances privées. Le Conseil constitutionnel a en effet imposé qu’en absence d’accord d’entreprise ou de branche, la complémentaire santé soit choisie par l’employeur. Des grands groupes vont donc balayer les petites mutuelles pour se partager la gamelle ! Cette pseudo avancée sociale va accroître les inégalités entre salariés puisque la couverture différera d'une entreprise à l'autre. Il va de soi que les employeurs opteront pour une couverture limitée à un panier de soins minimum ; dès lors, les salariés qui voudront plus de couverture...devront se payer un complémentaire supplémentaire ! Au fou ! Mais tout ça, on ne vous le dit pas dans les merdias aux ordres...

Oui mais alors, on fait quoi ? On rend toutes ses prérogatives à la Sécurité sociale. A défaut d'un remboursement à 100 % - ce qui devrait être pourtant la norme – il suffit de créer, au sein de la Sécu, un département d'assurance volontaire, couvrant le remboursement de ce qui ne serait pas pris en compte par la Sécu principale. Avec évidemment, pour l'assuré, le versement volontaire d'une cotisation qui, de toute façon, serait bien moins chère que celle des assurances « complémentaires » privées, mutuelles ou non. Et, surtout, supprimer toutes les exonérations de cotisations car, si les entreprises ont de l'argent pour payer des complémentaires d'entreprise, pourquoi n'en auraient-elle pas pour payer des cotisations à la Sécu ?

Dès lors, les craintes des toubibs de ne pas être payés, de devoir faire un travail administratif parasitaire dans la jungle des quelques 400 organismes d’assurances complémentaires.

 

Tè ! Le mieux, c’est encore de ne pas être malade !

 

Illustration:merci à Frizou  

 

Sources :

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/dossier/201...

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/201...

http://www.mediapart.fr/journal/france/191015/tiers-payan...

14/08/2015

J'ai les crocs qui demandent le divorce.

dentiste.jpg

 

Eh ouais... j'ai une ratiche qui demande la séparation de corps... Pourtant, depuis qu'on vit ensemble. Elle ne veut plus de moi et me le fait savoir la salope. Seulement voilà, l'été, je vis dans la cambrousse, au fin fond de la Lozère, département splendide s'il en est. Mais allez trouver un arracheur de dents le ouiquinde du 15 août !

 

Nous touchons du doigt le problème des « déserts médicaux ». Au village le plus proche, la mairie met gracieusement à disposition du médecin volontaire un local clair, vaste, bien situé. Il est venu deux « toubibes » roumaines. Un petit tour et puis s'en vont.. Actuellement, après un an sans praticien, nous avons « touché » un toubib espagnol. Il est bon, sympa et compétent. Pour combien de temps tiendra-t-il ? Il y avait aussi, au début, un dentiste dans le même bâtiment communal, mais il a foutu le camp et il faut faire 50 bornes aller-retour pour espérer en trouver un.

 

La médecine est organisée de façon paradoxale : fonctionnement totalement libéral mais avec un financement public. Résultats : l’offre de soins se dégrade inexorablement en quantité. Deux généralistes s'installent quand vingt-cinq partent à la retraite. Certaines régions ont vu la moitié de leurs cabinets fermer. Dans dix ans, il y aura moins de 23.000 généralistes en cabinet contre 56.000 aujourd’hui. Les jeunes étudiants délaissent la spécialité « généraliste » pour d'autres plus glorieuses, plus rémunératrices.

 

Sont-ils réellement à plaindre, ces enfants gâtés de notre société ? La collectivité – donc nos sous - paie leurs longues études. Ne serait-il pas normal qu'en retour les toubibs acceptent au moins pour quelques années de s'installer là où leur présence serait la plus nécessaire ? Mais il est plus « sexy », plus confortable, plus rémunérateur de s'installer à Paris, Nice, Aix ou Avignon plutôt que dans le Nord, la Creuse ou la Lozère...

 

Pourtant, lorsqu'on aura le temps, on les plaindra : ils touchent 23 euros et réclament 25 euros par consultation. À raison de 12 à 15 minutes en moyenne, cela fait autour de 100 euros de l'heure, soit de 500 à 800 euros par jour de travail. Á rapprocher des - environ - 1000 euros net par mois du smicard et des 1500 euros par mois d'un enseignant débutant. Et vive le trou de la Sécu : 20 milliards environ, soit le prix d'un tunnel sous la Manche chaque année.

 

Ils obtiennent tout ce qu'ils veulent les toubibs parce qu'ils sont en position de force. Parce qu'ils sont nombreux sur les bancs du Sénat et de la Chambre des députés ; parce que le numerus clausus imbécile organise la pénurie.

 

Bon. Le mieux pour nous, cambrousards, c'est encore de manger bon, boire dru, brosser madame, respirer un air pur et encore gratuit en écoutant les petits oiseaux... Et avoir des crocs plus solides que les miens !

 

Porco dio...

 

Photo X - Droits réservés

 

06/01/2015

Au bistro de la toile : toubibs, la grève de la honte.

chimulus bistro copie.jpg

 

- Ah ! Ah ! Ah !

 

- Pourquoi tu rigoles Victor ?

 

- Ah le jocrisse ! Je viens d'entendre Guetta carrément feller Syriza et Podemos, leur trouvant toutes les qualités, presque réclamer leur venue au pouvoir ! Guetta encensant la « gauche extrême », on aura tout vu, ou plutôt tout entendu ! Il faut vraiment que ça leur trou le cul aux « zélites » ultralibérales pour qu'ils envoient un de leurs plus écouté porte-mensonges relativiser le « danger » que représentera – sauf énorme magouille pas à exclure - la victoire de Syriza en Grèce, puis celle de Podemos en Espagne ! Hardi les Grecs, arriba Espagna ! Et nous, qu'est-ce qu'on fait ?

 

- Ben, nous, on a un gouvernement socialiste, non ?

 

- Mouais... Le socialisme à la François, c'est un peu comme le macdo par rapport à la gastronomie : de la merde entourée de papier doré.

 

- Et qui fait descendre même les toubibs dans la rue !

 

- Alors là, on nage en plein délire. Après les notaires et les huissiers, voilà les toubibs qui font grève ! C'est eux le nouveau prolétariat ! Faut les voir aller à la manif en 4x4 rutilant ! Á les voir, on a conscience d'avoir sous les yeux toute la misère du monde...

 

- Au fait, ils gueulent contre quoi les toubibs ?

 

- La ministre de la santé, Marisol Touraine, propose de généraliser le Tiers Payant, qui permettrait aux patients de ne plus avancer les frais de la consultation, le toubib se faisant rembourser directement par la sécurité sociale. Comme les pharmaciens, comme les infirmières. Ce qui est une bonne chose. Il faut savoir qu'il y a deux secteurs chez les toubibs : le secteur 1, conventionné avec la Sécu, dans lequel tu paies les tarifs sécu, soit 23 euros la visite chez un généraliste ; et le secteur 2, dit secteur « libre » où les toubibs sont autorisés à appliquer des dépassements d'honoraires, très souvent aussi abusifs qu'injustifiés. Avec la généralisation du Tiers Payant, rien ne changera pour les toubibs du secteur 1 : tu paies 23, la sécu et les complémentaires te remboursent 23. C'est clair. Mais pour les toubibs du secteur 2, ceux qui « dépassent », ils factureront à la sécu le montant secteur 1 et ne feront payer au client que le montant du dépassement ! Ainsi, le client (on ne peut plus parler de patient) verra immédiatement et clairement de combien son toubib « dépasse » ! Et ça, les toubibs préfèrent que ça reste bien flou, bien caché... Leur grève est donc simplement un combat corporatiste plus que douteux, motivé par le seul fric !

 

- Mouais... Je comprends mieux les choses...

 

- Et puis, Loulle, en France la médecine est organisée de façon paradoxale : fonctionnement totalement libéral mais avec un financement public. Résultat : certaines régions ont vu la moitié de leurs cabinets fermer. Á l’horizon 2025 il y aura moins de 23.000 généralistes en cabinet contre 56.000 aujourd’hui. Les jeunes étudiants délaissent la spécialité « généraliste » pour d'autres plus glorieuses, plus rémunératrices. Sont-ils réellement à plaindre, ces enfants gâtés de notre société ? La collectivité – donc nos sous - paie leurs longues études. Ne serait-il pas normal qu'en retour les toubibs acceptent au moins pour quelques années de s'installer là où leur présence serait la plus nécessaire ? Mais il est plus « sexy », plus confortable, plus rémunérateur de s'installer à Paris, Nice, Aix ou Avignon plutôt que dans le Nord, la Creuse ou la Lozère... Alors, lorsqu'on aura le temps, on les plaindra... Ils réclament 25 euros par consultation plutôt que 23, pourquoi pas. Á raison de 12 minutes en moyenne, cela fait tout de même 125 euros de l'heure, soit de 500 à 1000 euros par jour ! Avec un paiement assuré à 100 %. Á rapprocher des, environ, 1000 euros par mois du smicard et des 1500 euros par mois d'un enseignant débutant. Eh! Oh! Faut bien changer le 4X4 chaque année ! Et vive le trou de la Sécu: 20 milliards environ, soit le prix d'un tunnel sous la Manche chaque année.

 

- Qu'est-ce qu'il faut faire ?

 

- Surtout ne pas céder devant ces privilégiés. Sous peine de voir la France devenir, à court terme, un désert médical. Il faut supprimer le secteur 2 (celui des dépassements de tarifs), supprimer le numerus clausus qui apporte une rente de situation et, compte tenu de la gratuité de la formation, payée par l’État et donc par nous, avec nos impôts, faire signer un contrat par le futur toubib, l'obligeant à exercer au moins cinq années dans un secteur géographique imposé.

 

- C'est vrai que cette grève est indigne. Ne pas vouloir prendre la carte Vitale pour emmerder la Sécu, c'est surtout emmerder les malades.

 

- Exactement. Pour les contrer, il faudrait que les patients refusent de payer si leur toubib refuse leur carte Vitale. Et leur dire : « Je vous signe une reconnaissance de dette concernant la visite, et je vous paierai lorsque je serais remboursé ! » Tu verras qu'ils la prendront la Vitale !

 

- C'est une caste les toubibs. Une caste puissante...

 

- C'est vrai. Ils obtiennent tout ce qu'ils veulent parce qu'ils sont en position de force. Parce qu'ils sont nombreux sur les bancs du Sénat et de la Chambre des députés ; parce que le numerus clausus imbécile organise la pénurie.

 

- Bon. Le mieux Loulle, c'est encore de manger bon, boire dru, brosser madame, respirer un air pur et encore gratuit en écoutant les petits oiseaux...

 

- Á la nôtre !

 

Illustration: merci à Chimulus

 

 

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08/07/2011

Toubibs or not toubibs

trou sécu sarko pauvre.jpg
 
  

Pour quelques examens médicaux très classiques pour ma compagne, nous sommes obligés d'aller à Rodez, soit 280 km aller-retour, plus une nuit à l'hôtel. Nous n'habitons pourtant ni au pôle nord ni en Afghanistan mais, pour la moitié estivale de l'année, en Lozère. Nous touchons du doigt le problème des « déserts médicaux ». Au village le plus proche, la mairie met gracieusement à disposition du médecin volontaire un local clair, vaste, bien situé. Il est venu deux « toubibes » roumaines. Un petit tour et puis s'en vont.. Actuellement, après un an sans praticien, nous avons « touché » un toubib espagnol. Pour combien de temps?


La médecine est organisée de façon paradoxale: fonctionnement totalement libéral mais avec un financement public. Résultats: ces dernières années le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) estime que l’offre de soins s’est dégradée en quantité. 2 médecins généralistes s’installent quand 25 partent en retraite selon Patrick Romestaing, président de la section Santé Publique du CNOM. Certaines régions ont vu la moitié de leurs cabinets fermer. A l’horizon 2025 il y aura moins de 23 000 généralistes en cabinet contre 56 000 aujourd’hui. Les jeunes étudiants délaissent la spécialité « généraliste » pour d'autres plus glorieuses, plus rémunératrices. Sont-ils réellement à plaindre, ces enfants gâtés de notre société? La collectivité – donc nos sous - paie leurs longues études. Ne serait-il pas normal qu'en retour les toubibs acceptent au moins pour quelques années de s'installer là où leur présence serait la plus nécessaire? Mais il est plus « sexy », plus confortable, plus rémunérateur de s'installer à Paris, Nice, Aix ou Avignon plutôt que dans le Nord, la Creuse ou la Lozère... Pourtant, lorsqu'on aura le temps, on les plaindra: ils réclament 25 euros par consultation. A raison de 12 minutes en moyenne, cela fait 125 euros de l'heure, soit de 500 à 1000 euros par jour. A rapprocher des environ 1000 euros par mois du smicard et des 1500 euros par mois d'un enseignant débutant. Eh! Oh! Faut bien changer le 4X4 chaque année! Et vive le trou de la Sécu: 20 milliards environ, soit le prix d'un tunnel sous la Manche chaque année.

 

Le Sénat a adopté ce mercredi en première lecture une proposition de loi qui toilette la loi Bachelot de réforme du système de santé (HPST), en supprimant plusieurs mesures qui avaient provoqué la colère des médecins libéraux, un électorat que la droite tente de reconquérir. Les sénateurs ont cependant infligé un camouflet au gouvernement en refusant de supprimer l'une des mesures qui avaient irrité les médecins, à savoir l'obligation pour les généralistes de déclarer leurs congés à l'avance. Les sénateurs ont en revanche voté la suppression des pénalités financières (jusqu'à 3.000 euros par an) pour les généralistes des zones sur-dotées refusant de prêter main forte ponctuellement à leurs collègues des déserts médicaux. Par ailleurs les chirurgiens-dentistes ne seront plus obligés de faire figurer le prix d'achat de chaque élément de la prothèse sur le devis mais seulement le prix de vente. Y a bon la thune! Les arracheurs de dents multiplient par cinq le prix de prothèses souvent douteuses made in China, mettant les prothésistes français sur la paille. Et kékondi aux sénateurs? Merci m'sieur dames!

Ils obtiennent tout ce qu'ils veulent les toubibs parce qu'ils sont en position de force. Parce qu'ils sont nombreux sur les bancs du Sénat et de la Chambre des députés; parce que le numerus clausus imbécile organise la pénurie.

Bon. Le mieux pour nous, cambrousards, c'est encore de manger bon, boire dru, brosser madame, respirer un air pur et encore gratuit en écoutant les petits oiseaux...

Merci à Fanch

Décadi 20 messidor 219

28/07/2010

C'est l'été: mettons le déconographe en route!

Eh ! Tu la connais celle-là ?

docteur.gifC'est un mec qui a mal à la couille gauche. Inquiet, il va voir son toubib  de famille. Celui-ci l'examine, le rassure en lui expliquant que c'est une simple inflammation du testicule gauche. Cependant, par précaution, il lui conseille d'aller voir un urologue. Il lui donne donc le numéro de téléphone d'un de ces spécialistes.

Mais le toubib est un peu myope, toujours poussé par le temps, se trompe de ligne sur son calepin et donne à son patient le numéro...de son avocat !

Le malade prend rendez-vous et le voilà donc chez le soi-disant médecin à l'heure prévue.

L'avocat lui demande :

-   En quoi puis-je  vous servir  Monsieur ?

Le malade, sans façon, baisse son bénard et lui met sous le nez sa couille gauche en lui disant :

-  comme vous voyez docteur j'ai le testicule gauche enflammé.


L'avocat  le regarde  hébété, sans rien comprendre. Après un silence il lui dit :

- Cher ami, excusez-moi  mais ma spécialisation c' est  le droit !!!

Le malade s' énerve :

-  Merde, putain de pays, il y a maintenant un spécialiste pour chaque

"couille"... Pas étonnant que la Sécu soit en déficit !

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Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !


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Appel du 14 juillet pour

UNE JUSTICE INDEPENDANTE

23/10/2009

M’ame Michu et M’ame Chazotte chez les toubibs !

vamps.jpg


 

- Tout de même M’ame Chazotte, vaut mieux vivre en France qu’au Zétazunis. V’z’avez-vu à la télé ces pauvres gens, qu’on tirait à la loterie ceux qui seraient soignés ! Parait qu’ils n’ont même pas la Sécu là-bas.

 

- Mouais… Même qu’Obama se fait traiter de tous les noms d’oiseaux – communiste, Hitler, Français… - parce qu’il veut instituer chez eux un embryon de Sécu !

 

- Chez nous au moins, on soigne tout le monde.

 

- Pourvu que ça dure ! Le Sarko et sa clique font tout pour foutre la Sécu en l’air pour la remplacer, comme aux Zuhessa, par des assurances privés : baisse des taux de remboursement, forfait hospitalier, déremboursement de médicaments, etc. S’ajoute à ça le non paiement des dettes de l’Etat à la Sécu : exonérations des bas salaires, non versement des taxes sur le tabac et l’alcool et autres bricoles qui dépassent largement le déficit – orchestré, voulu – de la Sécu.

 

- M’enfin, tout de même, moi quand je vais chez mon médecin, je suis remboursée…

 

- Manquerait plus que ça ! Parlons-en des toubibs ! Non seulement ils ne veulent pas s’installer là où on en a besoin – dans les cambrousses, dans les départements du nord – mais ils viennent de réussir, en catimini, comme s’ils en avaient vergogne un coup fumant !

 

- C’est quoi ?

 

- Ben ! Carrément la mise à mort à bref délai du tarif Sécu, c’est-à-dire des 22 piastres pour une visite chez le Diafoirus généraliste.

 

- Comment ça ?

 

- Actuellement, il y a deux grilles d'honoraires. Les toubibs dits « de secteur 1 », qui appliquent le tarif Sécu en échange d'une prise en charge partielle de leurs cotisations sociales ; et ceux du « secteur 2 », qui ont le droit d'appliquer des dépassements d'honoraires, avec « tact et mesure ». Ben voyons, le tact et la mesure des toubibs en matière de pognon dépend du prix du 4x4 à changer ! D’ailleurs, les dépassements - pas remboursés - se sont envolés, ces dernières années. Mais les syndicats des toubibs viennent de réussir le fameux coup fumant que je vous causais.

 

- C’est quoi ?

 

- L'Etat aurait pu sanctionner ceux qui se goinfrent, mais au lieu de ça, il a gentiment demandé aux syndicats de toubibs d'imaginer un troisième secteur, dit « optionnel », qui vient s'ajouter aux deux autres.

 

- Et alors ? C’est quoi ce troisième secteur ?

- La mort du tarif Sécu ! En effet, les toubibs qui adhèreront au secteur optionnel auront une contrainte: facturer 30 % de leurs actes au tarif Sécu. Mais aussi et surtout deux gros avantages. Un : leurs autres actes (70% de leur activité) seront tarifés 50 % plus cher que le tarif Sécu. Deux : une partie de leurs cotisations sociales (Urssaf, retraite) sera payée par l'assurance-maladie, comme pour le secteur 1. Autrement dit ils vont pouvoir se gaver et en plus, c’est la Sécu, c’est-à-dire nous, qui paieront leurs cotisations !!! Pas dégueu non ? Autant vous dire que tous les toubibs vont s’engouffrer dans la brèche…

 

- Et pour nous, ça change quoi ?

 

- Ben, que les cotisations des Mutuelles – qui acceptent tout de même de rembourser les dépassements d’honoraires – vont faire un sacré bon en avant ! Déjà qu’entre 2002 et 2008 les tarifs de ces « chères » complémentaires ont augmenté de… 51% !!!

 

- Ben ça alors ! Et qu’est-ce qu’on va faire ?

 

- Le mieux, M’ame Michu, c’est encore de ne pas être malade !