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28/10/2013

Tricastin : et une merde de plus, une !

tricastin panache vapeur.jpg

 Un énorme panache de vapeur, en pleine nuit, sur la centrale.

 

Elle approche, elle approche la Grande Catrastrophe, la « Big One » comme disent les amburgophages. La semaine dernière il a plu sur l’Ardèche, la Drôme et toute la vallée du Rhône. Rien d’original dans cette région familière des colères de la nature (voir les inondations catastrophiques de Vaison, de Bollène, etc.). Seulement voilà : la semaine dernière donc, on a frôlé la Catastrophe type Fukushima à…Tricastin, la plus pourrie des centrales nucléaires françaises.

 

Vous allez me dire, « ouais, Victor, il répapie, il répète toujours les mêmes rengaines contre cette centrale du Tricastin ». Peut-être, libre à chacun de prendre son information où il veut, ou plutôt où il peut, c’est-à-dire dans la presse purée et les canards laquais. Vous en avez entendu parler dans les lucarnes à décerveler et les machines à bruits de ce qui s’est passé à la centrale nucléaire EDF de Tricastin, dans la vallée du Rhône, à quelques kms de Bollène et Pierrelatte, quelques dizaines de kms de Valence et Avignon ? Probablement pas. Et pourtant…

 

Et pourtant ce jour-là, suite aux pluies dites « cévenoles », c’est-à-dire très brutales, le système de refroidissement du réacteur n°2 n’a plus assuré sa fonction. Il pompe d’énormes quantités d’eau dans le canal de dérivation du Rhône Donzère-Mondragon. Engorgées par les boues, les branches, les feuilles, les plastiques véhiculés par les eaux en furie du canal, les grilles ne laissaient passer qu’une eau rare et surtout épaisse, visqueuse du fait de la boue. Les pompes, ne pouvant plus aspirer ce liquide trop épais, se sont bloquées, le réacteur 2 s'est mis en alerte d'urgence et son arrêt automatique s'est enclenché à la suite de cette perte de refroidissement. Comme à l’accoutumé, selon EDF, pas de danger. Or, c’est pour un défaut de fonctionnement de ces pompes que la catastrophe de Fukushima a eu lieu. « Ouais, mais ce ne sont que des Japonais, ce n’est pas chez nous que ça arriverait… » qu’ils disent les nucléocrates…

 

L'état des 3 autres réacteurs nucléaires est inconnu et nécessite de sérieux contrôle par EDF dans une situation plus que tendue. Quelles peuvent être les interventions techniques possibles  pour déblayer les grilles : un bateau de dragage qui va, en plus, remuer les sédiments contaminés ? L'envoie de plongeurs-suicide pour dégager les grilles de prise d'eau alors que des fuites radioactives se poursuivent depuis près de 3 mois ? Et pour évacuer le trop plein de chaleur et d'énergie accumulé ? Comme on fait ? Balancer dans l'atmosphère la vapeur polluée à un haut degré de chaleur ? Et comment relancer les pompes peut-être engorgées de boues ? En pleine nuit, un geyser de vapeur d'eau de près de 100 m de haut, s'est échappé du bâtiment de la centrale nucléaire. Le surplus d'énergie nucléaire produite ne pouvant être évacué et la surchauffe des installations en cours contraignent à des lâchers en toute urgence afin de pouvoir relancer éventuellement le réacteur nucléaire en situation précaire.

 

C'est une situation totalement nouvelle et qui n'a jamais vraiment été envisagée lors de la conception des centrales nucléaires à laquelle les nucléocrates se trouvent confrontés : la qualité médiocre de l'eau de refroidissement. Pas assez "liquide" et fluide elle ne peut pas jouer le rôle dévolu, bloque le fonctionnement des pompes de prélèvement, perturbe le débit nécessaire et à terme peut les détériorer. Le circuit secondaire ne peut plus être refroidi par le circuit primaire de refroidissement via les 3 échangeurs Générateurs de Vapeurs (GV) pilotés par le pressuriseur, car ceux-ci n’ont plus la capacité d’assurer correctement leurs fonctions.

 

Cette situation "inédite" confirme la possibilité de perte totale et brutale d’eau de refroidissement des 4 réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin (comme de toutes celles situées en bord de fleuve) d'autant que le canal du Rhône de Donzère-Mondragon située au long de la centrale nucléaire et dans lequel la centrale pompe (et rejette) son eau est bloqué en aval par le barrage écluse-géante André-Blondel dont l'impressionnante hauteur manométrique de plus de 22 mètres (la plus haute d’Europe) n'est pas sans risque de rupture. En 1998, un grave accident, la rupture de l'une des portes de l'écluse, a failli provoquer le drame. Si la seconde porte avait cédée : une immense vague "tsunami" aurait déferlé en contrebas et aspiré, en amont, toute l'eau du canal qui se serait retrouvé alors totalement à sec ! Plus une goutte d'eau, en quelques secondes, pour refroidir les réacteurs nucléaires. Scénario terrible possible d'autant que la zone du Tricastin est une zone sismique !

 

La sagesse et la seule mesure technique durable n'est-elle pas l'arrêt des 4 réacteurs de cette centrale à bout de souffle dont l'un est criblé de fissures menaçantes ?

 

Où en est-on aujourd’hui ? Qui lo sa ?

 

 

 

 

Septidi 7 brumaire 221

 

Photo X – Droits réservés

 

 

 

09/10/2013

Tentez le destin, vivez au Tricastin !

Enfants_Tcherno2.jpeg

 

 

Trois salariés de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) ont été touchés lundi 7 octobre par des effluents liquides radioactifs lors de l'explosion d'une pompe hydraulique. Bof… La routine quoi. C’est par centaines que l’on compte les accidents transformés en « incidents classé au niveau 1 sur 7 » sur cette centrale qui porte haut le flambeau de la centrale nucléaire la plus dangereuse de France, que dis-je, d’Europe. Au mois de septembre, c’était une fuite de tritium dans le sol, atteignant probablement la nappe phréatique. Le tritium est de l'hydrogène radioactif, que les centrales nucléaires produisent en très grandes quantités et dont une partie est rejetée directement dans l'environnement (par voie liquide ou dans l'atmosphère), après contrôle… Ben voyons : le contrôlé est le contrôleur ! 


Le vendredi 22 mars 2013 au matin, du Vaucluse, de l’Ardèche, de la Drôme, du Gard, dans un périmètre de 15 km, les lève-tôt ont entendu une explosion et vu un énorme arc électrique qui a illuminé le site nucléaire du Tricastin pendant dix longues minutes ! Inquiétant… Paniquant… Il s’agissait d’une rupture de ligne, d’un court-circuit sur la ligne haute tension de 225.000 volts en sortie du réacteur nucléaire n°3 de la centrale du Tricastin. Et ce n’était pas la première.


Pire : en septembre 2008, au cours d’une opération de renouvellement de combustible, lorsque le couvercle de la cuve du réacteur n° 2 a été soulevé, deux assemblages de combustible sont restés accrochés aux structures internes supérieures, et sont restés suspendus pendant des semaines au-dessus des 155 autres assemblages qui constituent le cœur du réacteur. Ces assemblages pèsent chacun environ 800 kg… S’ils étaient tombés, c’était à coup sûr Tchernobyl-sur-Rhône.


Fuites, fissures dans l’enceinte de béton, vannes et systèmes défaillants, maîtrise aléatoire du pilotage des réacteurs sont à présent le lot quotidien de cette centrale nucléaire intégrée au plus grand complexe nucléaro-chimique du pays et qui menace toute la vallée du Rhône. Avec 33 années de fonctionnement pour le réacteur n°1 et 32 années pour les trois autres réacteurs, la centrale de Tricastin fait partie des plus vieilles de France et a dépassé les 30 années de fonctionnement initialement envisagées pour les réacteurs nucléaires. Elle utilise du combustible Mox, dangereux assemblage d’oxyde de plutonium et d’uranium appauvri. Ce combustible aggrave les conséquences potentielles d’un accident majeur par la présence accrue de plutonium, plus radio toxique que les autres matières rejetées en cas d’accident.

 

Cerise sur le gâteau, on entre dans cette centrale comme dans un moulin. On se souvient que plusieurs dizaines de militants de Greenpeace ont pu sans encombre y pénétrer au petit matin le lundi 15 juillet dernier, et y sont restés des heures pour certains, afin de prouver l’inefficacité de la protection de cette centrale. Imaginez à leur place un commando de terroristes…

 

Il serait temps de prendre enfin la décision de sagesse qui s’impose : fermer ces installations obsolètes et extrêmement dangereuses qui risquent de saccager pour des siècles la vallée du Rhône, mais aussi la Provence et une bonne partie du Languedoc.

 

 

« Visitez la Provence !

Ses ruines nucléaires…

Ses eaux radioactives…

Ses cancers foudroyants…

Ses enfants mutants à deux têtes et six bras…

Ses fraîches jeunes filles aux quatre nichons.

Allez-y ! Vous n’en reviendrez pas ! »

 

 Octidi 18 Vendémiaire 221


Photos X - Droits réservés

 

 

 

 

 

16/07/2013

Tricastin et autres centrales nucléaires : Greenpeace prouve le mythe criminel de leur « sécurité ».

tricastin greenpeace.jpg

 

 

Trente types décidés pénètrent sans aucun problème dans une centrale nucléaire française. Ces types n’ont pas de projets destructeurs: ils veulent seulement prouver que la « sécurité » de ces sites nucléaires laisse sérieusement à désirer. Ce n’est pas la première action, ce ne sera pas la dernière. Et que propose le gouvernement devant cet état de fait ? De renforcer la sécurité de ces centrales dangereuses ? De sortir enfin de ce tout nucléaire mortifère ? De fermer ces centrales obsolètes ? Tè ! Fume… Il propose…de durcir la répression contre ces lanceurs d’alerte ! François, Sarko, même àplatventrisme devant les talibans du nucléaire !

 

Mise au service de la guerre ou de la production énergétique, la fission de l’atome tue dans la violence des guerres ou des catastrophes mais elle tue aussi lentement ou pollue durablement les êtres vivants et les territoires par les radiations qu’elle génère au quotidien avec l’aval du pouvoir politique et administratif. A quoi s’ajoutent les 1000 incidents de gravité multiple recensés en France par an dans le nucléaire.

 

La Provence, la vallée de Rhône-Durance est la région la plus nucléarisée d’Europe avec une multitude d’installations nucléaires de base civiles et militaires dont la très grande majorité ne produit pas d’énergie ni pour la population ni pour les entreprises mais pour l’armée, le business de l’exportation, l’autoconsommation des installations et la folle recherche.

 

Le bilan de toutes les catastrophes nucléaires, volontaires quand les militaires les ont décidées, accidentelles quand les industriels n’ont pas su les prévenir est démentiel. Les décomptes les plus honnêtes sont terrifiants : 400.000 morts pour Hiroshima-Nagasaki, plus d’un million pour Tchernobyl, auxquels il faut ajouter ceux de Fukushima mais aussi ceux plus anciens et complètement oubliés survenus en Union soviétique, ceux des essais nucléaires (2.153 depuis 1945), ceux des travailleurs des centrales et des « liquidateurs »… Les instances internationales évaluent les mort(e)s par le nucléaire à 60 millions depuis 1945.

 

Le nucléaire se pare de la banalité du mal si on ne fait que décompter des morts, mesurer des territoires abandonnés, évaluer des coûts de réparation, même si on ajoute à ce sombre tableau les innombrables victimes handicapées, comme il arrive dans tous les crimes guerriers. Les installations nucléaires portent atteinte à notre santé, à celle de nos enfants, à nos territoires, à nos activités et nos biens collectifs et individuels.

 

C’est cela que dénoncent les lanceurs d’alerte du Tricastin. Leur intrusion prouve de façon spectaculaire les mensonges de la mafia des nucléocrates concernant la sécurité de ces installations. Qu’en serait-il si, à la place de ces trente courageux, il s’agissait d’un commando de trente terroristes décidés, armés, équipés de lances thermiques et de puissants explosifs brisants capables de percer la carapace fatiguée des réacteurs ? Un Tchernobyl ou un Fukushima sur Rhône…

 

Mais il y a encore plus simple pour foutre en l’air ces satanés centrales. Imaginez un ou deux scooters des mers bourrés d’explosifs sur le canal qui alimente les sources de refroidissement des réacteurs du Tricastin (ou de Cruas ou de toutes les centrales françaises qui sont refroidies par l’eau d’un fleuve ou par la mer, c’est kifkif). A leur guidon des kamikazes les dirigent sans coup férir vers les installations de pompage des systèmes de refroidissement des réacteurs… Je ne vous fais pas de dessin, vous avez compris : arrêt brutal de tout refroidissement, tentative de stoppage en catastrophe des réacteurs, surchauffe, explosions d’hydrogène, voir Fukushima ou Tchernobyl pour la suite du processus.

 

Eh ! Vous qui descendez en vacances sur l’A7, réfléchissez en laissant à votre droite Cruas (et son joli bébé peint sur le tour de condensation), puis un peu plus bas Tricastin. Dépêchez-vous avant que ça pète et pensez à nous qui vivons à proximité de ces merdes !

 

Tricastin dessin Nono.jpg


 

Septidi 27 Messidor 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

29/03/2013

Accidents en série à Tricastin. Pour quand Fukushima-sur-Rhône ?

tricastin morts.jpg

 

 

Je ne vais pas vous parler des Françoiseries, quelles soient de Rome ou de Paris, d’autres le font jusqu’à plus soif. Mais je vais vous parler d’une grande inquiétude qui commence à s’installer dans la vallée du Rhône, chez moi. Une inquiétude liée à des menaces nucléaires qui touchent directement 400.000 personnes et indirectement toute la partie rhodanienne de la Provence, la région marseillaise comprise, soit plusieurs millions de personnes.

 

L’objet de cette menace ? La centrale nucléaire du Tricastin qui donne des signes inquiétants et récurrents d’obsolescence pouvant aller jusqu’à l’accident majeur, type Fukushima. Le vendredi 22 mars 2013 au matin, du Vaucluse, de l’Ardèche, de la Drôme, du Gard, dans un périmètre de 15 km, les lève-tôt ont entendu une explosion et vu un énorme arc électrique qui a illuminé le site nucléaire du Tricastin pendant dix longues minutes ! Inquiétant... Paniquant... Il s’agissait d’une rupture de ligne, d’un court-circuit sur la ligne haute tension de 225.000 volts en sortie du réacteur nucléaire n°3 de la centrale du Tricastin. Le mois dernier c’était le réacteur n°1 de EDF qui subissait lui aussi une rupture de ligne avec explosion et menaçait la région. Depuis que les 4 réacteurs du Tricastin ont été recouplés au réseau électrique après avoir tournés des années durant et quasiment exclusivement pour l'usine d'enrichissement de l'uranium Eurodif c'est le deuxième accident en l'espace d'un mois. Ce n’est pas tout. En juillet 2011, c’était déjà le transformateur de l’unité du réacteur n°1 qui prenait feu. A chaque fois pour EDF ou Areva : « Aucune conséquence radiologique sur l'environnement et la population». Ben voyons ! Jusqu’à ce que…

 

Fuites, fissures dans l’enceinte de béton, vannes et systèmes défaillants, maîtrise aléatoire du pilotage des réacteurs sont à présent le lot quotidien de cette centrale nucléaire intégrée au plus grand complexe nucléaro-chimique du pays et qui menace toute la vallée du Rhône.


Avec 33 années de fonctionnement pour le réacteur n°1 et 32 années pour les trois autres réacteurs, la centrale de Tricastin fait partie des plus vieilles de France et a dépassé les 30 années de fonctionnement initialement envisagées pour les réacteurs nucléaires. Elle utilise du combustible Mox, dangereux assemblage d’oxyde de plutonium et d’uranium appauvri. Ce combustible aggrave les conséquences potentielles d’un accident majeur par la présence accrue de plutonium, plus radiotoxique que les autres matières rejetées en cas d’accident.

 

Inondations. Qu’est-ce qui a causé la catastrophe de Fukushima ? Non pas le tremblement de terre mais l’inondation des installations. Or les risques d’inondations sont très réels à Tricastin car la plateforme de la centrale se situe à un niveau inférieur à celui de sa source froide ! Comme à Bugey et à Fessenheim d’ailleurs… Bonjour la compétence des concepteurs… La centrale est implantée en contrebas de la digue rive droite du canal de Donzère-Mondragon. Elle est donc vulnérable au risque d’inondation en cas d’une défaillance des digues pouvant être provoquée par un séisme ou une crue exceptionnelle du Rhône.

 

Mais ce n’est pas tout. La centrale est aussi exposée à une inondation par remontée de la nappe phréatique. Des pompes fonctionnent en continu pour maintenir le niveau de la nappe en dessous de celui de la plateforme. Enfin, à l’inverse, la centrale de Tricastin est soumise à un risque de perte de sa source froide en cas :

• de rupture de la digue gauche du canal qui pourrait faire baisser le niveau de l’eau en dessous du niveau des pompes de la centrale;

• de rupture du barrage hydraulique de Bollène situé quelques centaines de mètres en aval sur le canal de Donzère-Mondragon. Avec une chute de 23 mètres entre l’amont et l’aval, c’est l’écluse la plus haute d’Europe. En cas de rupture du barrage ou des portes de l’écluse, le niveau d’eau dans le canal s’abaisserait brutalement, faisant perdre à la centrale de Tricastin sa capacité à refroidir ses réacteurs. Rappelons qu’en 1998, une des deux portes de l’écluse a cédé.

 

Risques sismiques. Le séisme de référence utilisé pour le dimensionnement de la centrale de Tricastin est celui de Châteauneuf-du-Rhone de 1873 qui était de magnitude 4,7 sur l’échelle de Richter. La centrale a été conçue pour résister à un séisme de 5,2 avec une marge de 0,5 par rapport au séisme de référence, ce qui est largement sous-estimé. La centrale a été construite avec les technologies disponibles à l’époque de sa construction, qui n’étaient pas anti sismiques.

 

Risques industriels. La centrale nucléaire de Tricastin présente une sensibilité particulière du fait de son implantation au sein d’un complexe nucléaire et chimique plus important. Ainsi, dans un rayon de 10 km autour du site, on retrouve quatre installations classée Seveso seuil haut dont une installation chimique liée au nucléaire (Cogema, Comurhex, Soderec et Butagaz) et 2 Seveso seuil bas (Eurodif et Sogif). Les usines AREVA de transformation, de conversion et d’enrichissement de l’uranium sont toutes situées à moins d’1 km de la centrale. Les deux sources majeures de risque sur la plateforme sont la présence de quantités importantes d’hexafluorure d’uranium pouvant conduire à la formation d’un nuage toxique au dessus du site, et la présence de fluorure d’hydrogène et d’acide fluorhydrique. Le danger potentiel est important puisque plusieurs installations sur le site manipulent ces produits.

 

Risques liés à la chute d’avion. Le site de Tricastin se situe à proximité de quatre aéroports transportant au total plus de 7,5millions de passagers par an et 53.000tonnes de marchandises : Marseille-Marignane, Avignon, Nîmes, Valence. Sans oublier la base militaire aéronautique d’Orange. Les enceintes de confinement des réacteurs sont-ils à l’épreuve de la chute –accidentelle ou volontaire – d’un avion de ligne ou d’un chasseur ? Certainement pas. En tout cas les piscines de la centrale sont très vulnérables en cas d’agression aérienne volontaire du fait de leur positionnement en hauteur, de la configuration des lieux et de l’absence de confinement.

 

Imaginons un accident majeur à Tricastin, un jour de mistral (soit 200 jours par an). Le nuage radioactif saccage toute la vallée du Rhône, jusqu’à Marseille et la Camargue. Qu’est-ce qu’on fait ? On évacue Avignon, Salon, Marseille ? On laisse les habitants crever, comme au Japon ? Et que devient l’économie du pays basée sur le vignoble et le tourisme ? Je vois d’ici les affiches publicitaires :

 

« Visitez la Provence, ses ruines nucléaires, ses eaux radioactives, ses cancers foudroyants, ses enfants mutants à deux têtes, six bras, ses fraiches jeunes filles aux quatre nichons.

Allez-y ! Vous n’en reviendrez pas ! »



Sources : lien 

 

 

 Nonidi 9 Germinal 221

 

Photo X – Droits réservés

 

 

 

 

23/10/2008

Bienvenue à Tchernobyl en Tricastin ?

centrale Tricastin.jpg


La France a été frappée cet été par de multiples événements nucléaires :
- à la Socatri-Areva (Bollène, Vaucluse, grave fuite d'uranium le 7 juillet),
- à la FBFC-Areva (Romans-sur-Isère, Drôme ; découverte le 18 juillet de contaminations par une canalisation rompue depuis des années)
- à la Centrale nucléaire EDF du Tricastin (Drôme ; 100 salariés contaminés le 23 juillet)
- à celle de St-Alban (Isère ; 15 salariés contaminés le 20 juillet),
- à nouveau à la Socatri-Areva (aveu le 6 août de rejets illégaux depuis des semaines de carbone 14 radioactif),
- à la Comurhex-Areva (Pierrelatte, Drôme ; aveu le 21 août de contaminations par une canalisation rompue elle aussi depuis des années).

Mais ceci n’est que pisse de chat par rapport à ce qui se passe à la centrale EDF du Tricastin :

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Le Réseau "Sortir du nucléaire" a écrit à EDF, à l'Autorité de sûreté (ASN), à MM Sarkozy et Fillon pour obtenir la vérité sur la gravité de la situation en cours actuellement à la centrale nucléaire du Tricastin. Selon certaines informations, la situation dans la centrale serait si problématique que l'évacuation de plusieurs communes proches serait envisagée par les autorités.

Il est vrai que l'affaire est littéralement… explosive. Le 8 septembre, au cours d'une opération de renouvellement du combustible, lorsque le couvercle de la cuve du réacteur n°2 a été soulevé, deux assemblages de combustible sont restés accrochés aux structures internes supérieures, et restent depuis suspendus au dessus des 155 autres assemblages qui constituent le cœur du réacteur.

Un événement de ce type s'est certes déjà produit en 1999 à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), et avait duré plus d'un mois, mais la situation au Tricastin est encore plus grave car il s'agit de deux assemblages au lieu d'un seul, ce qui démultiplie les difficultés : les opérations engagées pour récupérer un assemblage peuvent provoquer la chute du second. De plus, alors que EDF et les autorités restent muettes sur ce sujet, il est fort possible qu'un assemblage ou même les deux soient "moxés", c'est à dire contiennent du plutonium, ce qui aggraverait alors nettement les risques.

Les deux assemblages, pesant chacun environ 800kg, menacent à chaque instant de tomber. Il pourraient alors se briser et les différents morceaux, se glissant entre les autres assemblages, pourraient éventuellement déclencher une réaction nucléaire incontrôlée. Un très grave accident nucléaire serait alors possible. Mais, même sans une telle réaction, les opérations de nettoyage pourraient être quasi impossibles à réaliser, le réacteur pourrait être définitivement condamné et légué tel quel à nos descendants.

Aussi, le Réseau "Sortir du nucléaire" exige de toute urgence les réponses à des questions fondamentales :

- Les deux assemblages sont-ils "moxés" ? Autrement dit, s'agit-il de combustible uranium-plutonium ou "seulement" d'uranium.

- S'il s'agit de mox, EDF reconnaît-elle que le risque de réaction incontrôlée est encore plus grand ?

- Quelles opérations ont été tentées depuis le 9 septembre pour récupérer les deux assemblages ? Quelles autres opérations sont envisagées ? Avec quels risques ?

- Les deux assemblages sont-ils toujours dans l'eau de la cuve ? Selon certaines informations, après une tentative d'intervention, EDF ne parviendrait plus à positionner les deux assemblages sous l'eau. Dans ce cas, comment sont-ils refroidis ?

- Quelles sont les mesures envisagées en cas d'aggravation de la situation ? L'évacuation des communes proches est-elle réellement envisagée, comme le laissent à penser certaines informations ?

- Ne faut-il pas immédiatement évacuer les communes proches, voire les départements concernés, de façon préventive et non suite à une éventuelle aggravation de la situation ?

- A quelles dates sont prévues les prochaines ouvertures de cuve au Tricastin (ou fonctionnent trois autres réacteurs) et dans les autres centrales en France ? Quelles mesures sont mises en œuvre pour éviter qu'une situation identique ne se produise ?

Pour briser le « black out » sur cette situation plus qu’alarmante, venez – si vous le pouvez – le samedi 25 octobre, à la manifestation contre le nucléaire à Tricastin.

Information : Réseau "Sortir du nucléaire"