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25/02/2015

Au bistro de la toile: rugby, Grèce, Ukraine

chimulus bistro copie.jpg

 

- ...teng ! Ils se font allumer les rugbymen ! Elles en prennent un sacré coup les valeurs du rugby : solidarité, esprit de sacrifice, humilité, respect de l'adversaire et de l'arbitre, etc. Paraît que nos puissants héros ne seraient que des « cyclistes d'avant Festina » comme les autres.

 

- Ouais, mais c'était dans les années 70-80 si l'on en croit ceux qui secouent le cocotier : le journaliste Pierre Ballester ces jours-ci et avant lui Laurent Bénézech, ancien talonneur international, en avril 2013. Selon eux, la culture du dopage s'est depuis longtemps répandu dans ce sport. Les amphétamines étaient souvent au menu ! C'était dans tous les sports à cette époque. Mais on ne cherchait que dans le cyclisme...

 

- Et tu crois que ça a changé ?

 

- Probablement. Disons que c'est moins voyant. Et puis les amphés ont laissé la place à d'autres saloperies. « Entre une surveillance et des contrôles qui débouchent au mieux sur des soupçons, entre des molécules connues mais indétectables, d'autres, inconnues, qui arrivent sur le marché, le juteux business qui en découle, des pays qui n'ont pas de réglementation ou si peu, la lutte antidopage se casse les dents sur un mur », écrit le journaliste Pierre Ballester qui sort un livre sur ce sujet sulfureux.

 

- Et le professionnalisme n'arrange pas les choses.

 

- Bien au contraire. Elle met des moyens conséquents au service des tricheurs. Et ne soyons pas dupes : toutes les équipes professionnelles sont dans le même sac. Et tous les sports professionnels, pas seulement le vélo ou le rugby, mais le foot, le tennis, etc. Enfin, Loulle, soyons sérieux : les rugbymen professionnels ne sont pas des surhommes. Il y a trop de rencontres, des entraînements très durs, des obligations de résultats imposés par les « sponsors » maquereaux. Résultats : le quart des joueurs d'une équipe est en arrêt de travail pour blessure. Inacceptable.

 

- Allez, changeons de sujet. Alors, nos amis les Grecs, ils ont gagné ou ils se sont couchés devant les euro-crapules ?

 

- Bof. Les deux mon général... Le document qu'ils ont envoyé aux euro-crapules contiennent des réformes structurelles indispensables, comme imposer davantage les plus riches, endiguer la fraude fiscale qui est gigantesque, lutter contre la corruption qui sévit à tous les niveaux, le blanchiment d'argent, le trafic de produits pétroliers, etc. Mais on aimerait que le gouvernement grec s'attaque à la base : instituer enfin un cadastre, faire payer la très riche église orthodoxe, exonérée de tout impôt, taxer les armateurs, eux aussi exonérés de tout impôt.

 

- Concrètement, ils ont obtenu quoi les Grecs ?

 

- Eh bien la Grèce n’est plus obligée d’atteindre un excédent budgétaire primaire de 3% cette année. L’équilibre seul est exigé. Le « contrat » qui court sur 4 mois est explicitement désigné comme une transition vers un nouveau contrat, qui reste à définir. La « Troïka » tant abhorrée n’existe plus en temps qu'institution, même si chacune de ses composantes continue d’exister. C’en est donc fini des équipes d’hommes en noir qui venaient dicter leurs conditions à Athènes. La Grèce écrira désormais l’ordre du jour des réformes, et elle l’écrira seule. Les institutions donneront leur avis, mais ne pourront plus faire d’un point particulier de ces réformes une obligation impérieuse pour Athènes. Puis, un avantage plus discret est que le Gouvernement grec a brisé l’unanimité de façade de l’Eurogroupe et a obligé l’Allemagne à dévoiler ses positions. Mais, la Grèce a accepté de reconnaître – pour l’instant – l’ensemble de ses dettes. Il n’y a eu aucun progrès sur ce point, et aucun signe d’un changement d’attitude de l’Allemagne, toujours arque-boutée sur ses principes ultralibéraux austéritaires. Hier soir, un excellent documentaire diffusé sur Arte a montré et démontré l'horreur imposée non seulement aux Grecs, mais aussi aux Portugais par ce trio de vautours aussi vorace que cupide appelé « troïka ». Pour des dettes plus que douteuses résultant pour l'essentiel de prêts consentis sans restriction par des banques françaises et allemandes pour l'achat d'armes françaises et allemandes ! Ça file la rabia !

 

- Mouais. C'est pas gagné. « Ouate ainsi »... Bon. Et l'Ukraine ?

 

- Le cessez-le feu semble tenir, les armes lourdes se taisent. Des prisonniers ont été échangés. Ça va permettre aux pauvres gens qui crèvent sous les bombes de souffler, de se soigner, de bouffer. Pour combien de temps ? Le cow-boy Kerry est toujours derrière les fantoches de Kiev pour mettre de l'huile sur le feu. L'armée de ces fantoches, formée en majorité des néo-nazis des milices d'extrême-droite, a pris pâtée sur pâtée face à des mineurs et des paysans ! S'ils ont accepté le cessez-le-feu, les rigolos de Kiev, c'était parce que leur « armée » morflait partout. Mais nous sommes dans une partie d'échec. Et à ce jeu, les Russes sont les maîtres. La paix – relative – ne tiendra solidement que lorsque l'Ukraine reconnaîtra aux provinces de l'est-sud-est une très large autonomie dans une structure fédérale et qu'elle abandonnera définitivement toute velléité d'intégrer l'Otan. Parions que d'ici là, les « rebelles » auront pris Mariopoul et ainsi établi une continuité territoriale avec la Crimée... Et les cocus ne seront pas les Russes !

 

- Allez ! Á la nôtre !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

17/02/2015

L'essentiel sur l'essentiel

 

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Grèce. « Γαμήσου ! » Gamí̱sou ! Autrement dit « Va te faire foutre » ! C'est, en substance, ce qu'a répondu le ministre grec Yanis Varoufakis, au président de l'Eurogroupe le ci-devant Dijsselbloem, après que celui-ci aie retiré le texte de compromis proposé par la Commission européenne pour le remplacer par un texte imposant aux Grecs la reconduction pure et simple du « programme d'aide » honni, soit le retour de la Troïka qui contrôlerait de nouveau toutes les décisions du gouvernement, mettrait son veto sur ce qui ne lui plaît pas, imposerait de privatiser à tour de bras et continuerait à humilier tout un peuple. Bref, l'Eurogroupe, sous l'influence de Berlin, demande – sous forme d'ultimatum ! - aux Grecs de balayer tout ce pour quoi ils ont voté en masse pour Tsiripas !

« Παράλογο και απαράδεκτες » « Absurde et inacceptable » leur a répondu, avec raison, Yanis Varoufakis.

S'ils envoient le bouchon trop loin, les boutiquiers de l'U.E. pousseront la Grèce dans les bras de la Russie et de la Chine : - accord financier avec la Chine évacuant la « dette », - sortie de l'Otan, - accord militaire avec la Russie (avec une flotte russe au Pirée!!), - entrée de la Grèce dans les Bricks, etc. Donc – prenons les paris ! - les margoulins de l'Europe avaleront leur chapeau.

 

* * * * * * *

 

danemark fleurs pour tueur.jpgLes Danois découvrent avec stupeur la dure réalité : ils sont directement attaqués, sur leur sol, par les nazislamistes (des « islamofascistes » comme dit Manuel Valls). Au même titre que nous. Á part que nous, on a sur notre sol 5 à 6 millions de musulmans parce que notre histoire, pas toujours glorieuse, et les besoins des patrons nous les ont emmenés. Sans oublier le boulet psychologique d'une culpabilité un peu niaise, les générations actuelles n'étant pas responsables des exactions ni de la colonisation ni de l'esclavagisme. Mais eux, les Danois, ils sont victimes de leur générosité, de leur angélisme qui tangente la konnerie !

Société ouverte et tolérante, ils ont ouvert leur porte à tous les immigrants, à tous les réfugiés (vrais ou faux) fuyant les soubresauts d'un monde musulman où la violence et l'intolérance sont la règle. Ils sont arrivés de Turquie, de Palestine, de Somalie, du Pakistan, d'Irak, du Liban, maintenant de Syrie, de Libye. Ils représentent 5% de la population, restent regroupés en communautés, vivent de l'aide sociale de ce peuple généreux, prétendent imposer leur mode de vie, leurs usages, leurs burquas, leur charia, etc. Et les Danois, éberlués, ont vu ces gens venus d'ailleurs apporter des bouquets pour manifester leur solidarité avec le tueur de Copenhague, puis les provoquer en priant et en braillant - « Allah o akbar ! » - devant la demeure de l'assassin !

 

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macron.jpgChez nous, on en est à la loi Macron. Elle devrait passer aujourd'hui. Du bon et du mauvais, comme toujours. Le très mauvais a été enlevé. Il s'agissait de cet amendement sur la « sécurité du secret des affaires » qui avait pour effet principal de chasser les empêcheurs de magouiller en rond : lanceurs d'alerte, journalistes d'investigations risquaient la prison et d'énormes amendes. Ça a été évacué sous la pression populaire et des médias libres. Pour combien de temps ? Reste le travail du dimanche. Douze dimanche par an, bof, pas de quoi en faire un coffre, surtout si les travailleurs du dimanche sont payés double. Mais le problème c'est que la loi ne prévoit aucun plancher de majoration du salaire... Du bon : les transporteurs étrangers qui font du cabotage en France devront payer leurs employés, sur le territoire français, au Smic français. Mais qui va vérifier ?

 

* * * * * *

Et puis – Cocorico ! - on a enfin vendu des Rafales. Á des Égyptiens. Pas des modèles en matière de droit de l'homme. Mais ils ont l'immense avantage d'être des ennemis jurés de tous les nazislamistes. De plus, c'est le pays le plus puissant du monde musulman et le massacre de 21 de leurs ressortissants en Libye les a mis en rage. En vertu de l'adage « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », on ne va pas faire la fine gueule. Les vrais ennemis, ils sont en Arabie saoudite, au Qatar et autres poussières d 'états pétroliers.

 

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N'oublions pas l'Ukraine. Le cessez-le-feu tiendra-t-il longtemps ? « Ouate ainsi » comme disent les rosbifophones...

 

13/02/2015

Au bistro de la toile : lueurs de paix en Ukraine.

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- Oh ! Victor, t'as le pif ! Il y a quelques jours, tu nous parlais de « rumeurs de paix en Ukraine ». Ben, ça semble être fait. Chapeau. Tè ! Je mets ma tournée. C'est pas tous les jours qu'on peut lever son verre à la paix...

 

- Á la nôtre. Ces rumeurs de paix se sont transformées en lueurs de paix. Et c'est formidable en ces temps tout ce qu'il y a de perturbés... Ces accords sont ce qu'ils sont, c'est-à-dire fragiles, mais s'ils sauvent quelques vies, c'est déjà un beau résultat.

 

- Poutine a gagné, quoi, soyons réalistes.

 

- Poutine a gagné, et c'est très bien comme ça. Mais les indépendantistes de l'Est n'ont pas été officiellement partie prenante dans ces négociations. Se considéreront-ils liés entièrement à ces accords ? On verra. Et puis regardons les choses en face. Si les Ukrainiens de l'Est et leur gouvernement fantoche ont accepté toutes les concessions imposées par Poutine, c'est parce que leurs troupes régulières comme leurs milices nazies ont pris branlées sur branlées face à des « rebelles » qui se battaient pour l'existence même de leur territoire. Quant aux Atlantistes, qui, parmi eux a envie de se cogner militairement avec l'armée russe ?

 

- C'est quoi l'armée russe actuellement ?

 

- Énorme ! Les Forces armées de la Fédération de Russie comptent environ 1.150.000 soldats. Cependant, le président Poutine souhaite augmenter les effectifs de 500.000 soldats professionnels ce qui amènera son armée à environ 1.350.000 soldats professionnels d'ici 2017. Les Forces terrestres : environ 400.000 soldats, 9.000 chars (3.000 de dernière génération), 300 véhicules de soutien de chars (exclusifs à la Russie, surnommés les Russians terminators, 30.000 véhicules de transport, 500 véhicules de transports de blindés endommagés, 15.000 lance-roquettes multiples, 8.000 blindés anti-aériens (1.500 de dernière génération), 4 500 blindés tout-terrain. L'Armée de l'air : environ 180.000 soldats, 7.000 avions de combat (3.000 de dernière génération), 500 bombardiers stratégiques, 2.500 bombardiers lourds, 3.000 hélicoptères de combat (2.000 de dernière génération), 5.000 hélicoptères de transport, 2.000 avions de transport, 500 avions furtifs/d'espionnage, et environ 300 avions-radars à très longue portée. La Marine : environ 160.000 soldats, 50 destroyers, 7 porte-avions (1 en service), 200 sous-marins d'attaque (150 en service), 8.000 bâtiments de guerre, 26 porte-hélicoptères (28 en comptant les Mistral Français), 500 mouilleurs de mines, 5.000 bateaux d'intervention rapide et 5.000 bateaux de transport. Sans oublier une dizaine de milliers de missiles nucléaires à longue et moyenne portée... Qui a envie de s'attaquer à ça ???

 

- Les Ricains...

 

- C'est là le vrai danger. Ils sont tellement belliqueux, sûr de leur « bon droit », c'est-à-dire le « droit » qu'ils s'arrogent de dominer et piller le reste du monde, qu'ils sont capables de toutes les konneries. N'oublions pas qu'un autre Bush se profile à l'horizon des élections étazuniennes. En Ukraine ces dernières années, ils ont semés la merde. Mais s'ils ont été court-circuités dans ces négociations, ils l'ont en travers et vont chatouiller l'ours russe ailleurs. Ainsi l'Otan – bras armée des multinationales et de la finance yankee – envisage d'ouvrir, dans les six mois qui suivent, un centre de formation et d’entraînement en Géorgie ! Ce centre s'installera à Vaziani, à 25 km de Tbilissi, capitale de la Géorgie. Il s'y fera des exercices réguliers avec l'armée géorgienne et d'autres membres et partenaires de l'Otan. Cette présence permanente de l'Otan au flan de la Russie est une provocation de plus...

 

- Mouais... Cette fois, ce sera loin de chez nous... Allez, à la nôtre !

 

- Il y a une autre chose très positive dans ces accords: c'est qu'ils ont été menés sans les USA. Par les deux poids-lourds de l'Union européenne. Et ça c'est le signe d'une émancipation de l'UE par rapport aux USA. Reste encore à refuser le traité de vassalité Tafta. Mais c'est une autre histoire...

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

09/02/2015

Rumeurs de paix en Ukraine ?

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Et pourquoi pas ? Pourquoi les Européens - et Merkel en premier lieu – ne s'affranchiraient-ils pas de la tutelle étazunienne, de plus en plus insupportable ? Pourquoi resterions-nous ces toutous impuissants léchant servilement la main de nos « maitres » yankees alors que la puissance économique de l'Union Européenne est supérieure à celle des Etas-Unis ? Pourquoi nous couperions-nous de ce formidable partenaire qu'est la fédération de Russie, bien plus proche de nous géographiquement et culturellement que ne sont les bouffeurs de hamburgers ?

 

La question ukrainienne est peut-être cette occasion. Tous les merdias français tapent à bras raccourcis sur la Russie, rendant Poutine responsable d'une « agression » contre son voisin ukrainien. Rappelons pourtant que cette crise ukrainienne a été créée, fomentée, organisée par les USA pour tout un faisceau de raisons plus ou moins occultes : - poursuivre et parachever leur œuvre d'encerclement militaire de la Russie par l'Otan ; - mettre la main sur les richesses de l'Ukraine ; - affaiblir la Russie et susciter un renversement de son leader pour le remplacer par un fantoche à leur botte ; - semer le chaos au sein de l'Europe en créant un antagonisme dangereux entre l'Union européenne et la Fédération de Russie, ceci dans le but de maintenir leur souveraineté sur le monde.

 

Seulement, ça ne marche pas. Hollande et Merkel ont enfin compris que les manœuvres yankees les desservaient grandement et faisaient des européens les dindons de la farce.

 

Pour les Ricains, le deal est simple : « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi, ça se discute. » Tu acceptes et on te donnera quelques broutilles ; tu refuses et tu peux t'attendre à des représailles ; tu ne cèdes pas, alors « boum-boum » ! Le fer et le feu sur les récalcitrants puis...les Yankees s'en vont, laissant un effroyable chaos. Comme en Irak, comme en Afghanistan, comme en Syrie, comme aujourd'hui en Ukraine.

 

Pour les Russes, les priorités sont autres. D'abord et avant tout, ils ne veulent en aucune manière d'une menace encore aggravée de l'Otan à leurs frontières. Pour eux, l'Ukraine dans l'Otan et donc des bases US à quelques kilomètres de leur territoire, c'est un casus belli. Ensuite, ils sont très sourcilleux sur les pays de l'ex-URSS peuplés en grande partie de Russes ou de russophones qui – travaillés par la propagande US, les dollars et les coups fourrés de la CIA – voudraient échapper à ce qu'ils considèrent comme leur zone d'influence naturelle et leur glacis de sécurité militaire. Ils n'ont pas oublié la trahison de la parole donnée à Gorbatchev concernant le fait que les ex-républiques de l'Est ne devait pas adhérer à l'Otan. Enfin, les « rebelles » de l'Est de l'Ukraine mettent partout en déroute les troupes ukrainiennes (les premiers luttent pour l'existence même de leur pays, les autres - à part quelques régiments nazis - n'ont pas trop le cœur de tirer sur leurs frères de l'Est). Poutine a donc intérêt à gagner du temps de façon à laisser les « rebelles » agrandir leur territoire jusqu'à réaliser une continuité terrestre entre le territoire russe et la Crimée.

 

Quant aux Européens, surtout la France et l'Allemagne, ils devraient enfin ouvrir les yeux et comprendre que les USA n'agissent que dans leur propre intérêt (en fait celui de leurs multinationales et de leurs banques) et se foutent comme de leur premier génocide des intérêts de leurs vassaux... Qui subit le contrecoup des sanctions contre la Russie ? Pas les USA mais les Européens (Allemagne et Pologne en premier, sous la menace d'une coupure du gaz russe, Allemagne encore pour ses débouchés industriels, France pour ses ventes agroalimentaires, d'armements et de haute technologie). Seulement pour avoir voix au chapitre, encore faut-il avoir quelques muscles à montrer...

 

Les négociations actuelles « de la dernière chance » réussiront s'ils laissent les USA en dehors et aux conditions que nous venons de voir : - pas d'entrée de l'Ukraine dans l'Otan, - abolition des sanctions contre la Russie, - établissement d'une fédération ukrainienne laissant une large autonomie à des provinces de l'Est clairement définis géographiquement et viables économiquement.

 

Après quoi, rien n'empêchera d'établir des relations étroites entre l'UE et la Fédération de Russie, pour établir à long terme la plus formidable puissance qu'il soit, de Brest à Vladivostok.

 

Illustration: merci à Pinel

 

06/02/2015

Au bistro de la toile : François chez Wladimir

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- Alors Victor, il semble qu'il prend du poids notre François !

 

- Dans tous les sens du terme, oui. Il serait temps, après deux ans et demi... Á part que sa principale mission - vaincre le chômage – reste un sévère fiasco. Il se démerde mieux en politique étrangère. Il est aujourd'hui en Russie avec tata Merkel pour tenter une fois de plus d'arranger le coup avec Poutine sur ce bâton merdeux qu'est l'Ukraine.Depuis qu'ils se rencontrent, qu'ils signent tous des « cessez-le-feu », la guerre continue. Une vrai guerre. Á deux heures d'avion de chez nous...

 

- Et qui peut dégénérer en conflit international dans lequel nous serions obligatoirement engagé...

 

 

- Pour commencer, il conviendrait de balayer quelques fables. L’Ukraine, contrairement à ce que veut faire croire la propagande atlantiste, n’est pas un vieux pays, n’est pas un peuple uni, une nation soudée. C’est un pays qui a longtemps été divisé aux niveaux ethnique, linguistique, religieux, culturel, économique et évidemment politique. Le territoire a longtemps été l’objet de sanglantes rivalités entre Russes, Polonais, Allemands. Donc la lutte héroïque du « Peuple ukrainien » pour se libérer du joug de son grand voisin russe, tient plus du mythe que de la réalité.

 

Les Européens se sont fait manipuler par les Etazuniens, jouant contre leurs véritables intérêts qui sont étroitement liés aux Russes. Lorsqu’en novembre 2013, L’Union Européenne, poussée par les Étazuniens, a proposé au président élu de l’Ukraine Viktor Ianoukovitch, une forme d’association avec l’UE, ce n’était pas sans arrière-pensées.

 

En échange d’un peu de pognon, l’UE – sous la pression des Etazuniens ! – prétendaient imposer des mesures dans le droit fil de l’ultralibéralisme ravageur : mesures d’austérités drastiques, restriction des relations économiques avec la Russie mais aussi – plus grave, et c'est là la seule volonté des USA – incitation insistante d’adhésion aux politiques atlantiques militaire et de sécurité, autrement dit « Faut choisir : on vous file du pognon, mais vous coupez les ponts avec les Ruskofs et vous adhérez, à terme, à l’Otan. » Comme on peut le voir, ce n’est pas Poutine l’agresseur, mais, d’une manière « soft » et hypocrite, les atlantistes… Les manifestations de Maidan, noyautées par les néo-nazis travaillés depuis des années par la CIA et le fric de « fondations » étazuniennes, n’ont été que de la poudre aux yeux.

 

- Ces mouvements ont débouché sur un véritable coup d’État.

 

- Washington et Bruxelles ont approuvé ce coup d’État ce qui fut une grave erreur. Dès lors, Poutine – pour lequel l’arrivée de l’Otan en Ukraine est un casus belli – se devait de réagir. Ce fut l’annexion de la Crimée et le soutien à la rébellion des villes et territoires russophones de l’Est de l’Ukraine. Avec en stratégie à moyen terme une continuité territoriale entre la Russie et la Crimée. Ce qui passe par un contrôle de Mariopol... Et, en opposition, le massacre des populations de l’Est par les milices fascistes de Kiev, le bombardement des civils par l’armée. Bref, l’escalade, la guerre civile.

 Il ne faut pas oublier que, à la suite de la chute de l’URSS, les Etazuniens ont constamment et lourdement humiliés la Russie, traitées comme une nation vaincue. Colonisation économique à l’intérieur par des multinationales voraces, rejet « out of the map » dans toutes négociations internationales, expansion de l’Otan jusque dans les zones de sécurités traditionnelles de la Russie, avec notamment le « deal » incroyablement agressif avec les ex pays de l’Est : « si vous voulez entrer dans l’Union européenne, il vous faut aussi adhérer à l’Otan. » Ceci en s’asseyant sur les promesses formelles faites à Gorbatchev… L’arrimage de l’Ukraine à l’Ouest et à l’Otan étant dès lors le « chef d’œuvre » de cette politique d’encerclement de la Russie.

Ce qui a marché avec l’ivrogne Eltsine ne marche plus avec Poutine. Il serait prudent que l’U.E. cesse d’agir comme le supplétif des USA. Et de prendre enfin en compte la réalité russe. Il semble que ça commence puisque François a déclaré sans ambiguïté lors de sa conférence de presse que la France était résolument contre l'entrée de l'Ukraine dans l'Otan. D’autant plus que la Russie est indispensable pour résoudre d’autres problèmes, plus cruciaux, notamment face à la menace islamiste… Parce que le véritable danger, c'est là qu'il est, pas en Russie.

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

04/12/2014

L'Ukraine, nouvelle colonie étazunienne, construit un mur de la honte.

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L'Ukraine, ça vous dit quelque chose ? C'est vrai qu'on oublie vite mais tout de même. On vient d'en reparler à deux occasions :

 

  • Le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a semé mercredi la panique dans les médias occidentaux en annonçant qu'un accident s'était produit à la centrale nucléaire de Zaporojie, la plus puissante d'Europe, située dans le sud-est de l'Ukraine. Information démentie par la suite et ramenée à un simple et banal court-circuit.

  • La construction d'un nouveau « mur de la honte » - alors que l'on fête le démantèlement de celui de Berlin – par les autorités de Kiev pour isoler les provinces de l'est.

 

Passons sur la première nouvelle, faite pour effrayer les médias occidentaux avec les pseudos déboires d'une centrale nucléaire située...à l'est du pays. Nous, ça ne peut pas nous toucher puisque l'on sait depuis Tchernobyl que les nuages, fussent-ils nucléaires, ne franchissent pas nos frontières. Et puis question péril nucléaire, on a ce qu'il faut chez nous...

 

Donc, le mur. Le président ukrainien Piotr Porochenko a déclaré que Kiev installerait sur la frontière avec la Russie un complexe de fortifications moderne et puissant. Plus tard, le Premier ministre ukrainien Iatseniouk, encore plus belliqueux, a annoncé la construction d'une « véritable frontière avec la Fédération de Russie », notamment le projet intitulé Mur, dont la mise en œuvre prendra six mois. La longueur de la frontière entre la Russie et l'Ukraine est d'environ 2300 km. Lien 

 

Voilà qui ne va pas arranger les choses et qui entérine de fait la séparation du pays en deux entités. Séparation réalisée déjà au niveau administratif puisque les autorités de Kiev ont arrêté toutes actions administratives dans les provinces « séparatistes » : plus d'état-civil, plus de paiement des fonctionnaires, des retraites, etc.

 

Il ne reste plus qu'à établir juridiquement cette séparation de fait.

 

Faut-il s'en réjouir ? Certainement pas mais que faire, nous, Européens, sinon se mordre les doigts d'avoir suivi les menées sournoises des États-Unis ! Comment a-t-on pu être aussi aveugles pour succomber aux sirènes belliqueuses de ce pays prédateur en proposant à l'Ukraine (de Kiev) un accord d'association exclusif, en écartant la Russie de ces négociations ? Avec en point de mire l'intégration dans l'Otan, cette machine de guerre au service des seuls intérêts étazuniens...

 

Que ça plaise ou non, l'histoire de l'Ukraine est liée à celle de la Russie. Les langues sont très proches et la langue la plus parlée est le Surzhik, mélange d'ukrainien et de russe. La religion – orthodoxe pour les deux peuples - ne pose pas de véritables problème. Ce pays n'a pas vocation a être une séparation entre l'Europe et la Russie mais au contraire une liaison, une sorte de marche entre deux entités puissantes et complémentaires. De Gaulle, toujours visionnaire, parlait de l'Europe de l'Atlantique à l'Oural ». Mitterand a tenté de lancer l'idée d'une Confédération européenne, capable de se passer de la tutelle étazunienne et d'intégrer à terme la Russie qui était encore l'URSS.

 

Au lieu de ça, la construction européenne s'est faite sous l'influence appuyé des USA avec l'intégration des anciennes républiques de l'est dans ces deux organisations sous domination étazunienne que sont l'OTAN (organisation du traité de l'Atlantique nord) et l'OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération européenne). Dès lors la « pax americana » ne peut se faire que contre la Russie par le « containment », l'encerclement de ce pays par les bases de l'Otan.

 

Preuve s'il en était besoin de la mise sus tutelle de l'Ukraine de Kiev par les États-Unis : le nouveau gouvernement de l'Ukraine comprend...une Américaine. En effet, la nouvelle ministre des Finances, Natalie Jaresko, est une Américaine d’origine ukrainienne qui a travaillé pour le département d’État américain et dirige actuellement le Fonds d’investissement ukrainien basé à Kiev « Horizon Capital » (créé et financé par le Congrès américain via l’agence américaine pour le développement international - USAID - faux nez de la CIA) ainsi qu’un autre fonds ukrainien, le Western NIS Enterprise Fund (WNISEF) depuis 2001. En 1992-1995, Mme Jaresko a été la première cheffe de la Section économique de l’ambassade américaine en Ukraine.


Tout est dit...

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

29/10/2014

L'Ukraine selon Monsanto et consorts.

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L’interdiction de culture des OGM dans ce pays va-t-elle être levée ? C'est fort probable et ce sera le gros lot pour Monsanto et autres multinationales étazuniennes et européennes.

 

Selon l’Oakland Institute « alors que l’Ukraine n’autorise pas l’utilisation des OGM dans l’agriculture, l’Article 404 de l’accord avec l’UE, en rapport avec l’agriculture, inclut une clause qui est généralement passée inaperçue : cette clause indique, entre autres, que les deux parties vont coopérer pour étendre l’utilisation des biotechnologies. Il ne fait aucun doute que cette clause rencontre les attentes de l’agro-industrie. Comme Michael Cox, directeur de recherche à la banque d’investissement Piper Jaffray, l’a observé, « l'Ukraine, et de manière générale l’Europe de l’Est, sont parmi les marchés en croissance les plus prometteurs pour le géant de l’équipement en matériel agricole Deere, ainsi que pour les producteurs Monsanto et Dupont ».

 

Hummm ! Y a bon l'Ukraine ! De belles et grasses terres noires parmi les plus fertiles du monde. Un pays qui fut le grenier à céréales de l'URSS et même de l'Europe. Toujours selon Oakland Institut, les conditions du prêt accordé à l’Ukraine par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont déjà conduit à « un accroissement des investissements étrangers, qui entraînera probablement une expansion des acquisitions de terres agricoles sur une grande échelle par des compagnies étrangères et une future privatisation de l’agriculture du pays ». Ben voyons. Pourquoi se gêner ? On a maintenant un gouvernement « légal » ouvertement à la botte des USA et de l'UE, faut en profiter pour sucer jusqu'au bout les richesses de ce pays. Il y a longtemps déjà que des « fondations » étazuniennes ont mis en place les conditions de ce pillage (Maidan ne fut que la partie émergée de l'iceberg). On comprend que ce pactole excite jusqu'à l'érection les multinationales euro-atlantiques ! Et on oserait interdire les OGM ? Eh ! Oh ! Ça va pas la tête !

 

En mai 2013 Monsanto a investi 140 M$ dans une usine de production de semences conventionnelles en Ukraine. Ça, c'est la première étape. Mais plusieurs associations regroupant les plus gros agriculteurs ukrainiens ont fourni aux lobbies chargés de manipuler le parlement un projet d’amendement à la loi, poussant à « créer, tester, transporter et utiliser des OGM dans le cadre de la législation sur les semences génétiquement modifiées », amendements dont les termes coïncident avec l’accord d’association UE-Ukraine. Ça, c'est la seconde étape.

 

Le 13 décembre 2013, le vice-président de Monsanto, Jesus Madrazo, déclara dans une conférence U.S-Ukraine à Washington D.C. que la compagnie voyait « l’importance de la création d’un environnement favorable [en Ukraine], qui encourage l’innovation et émule le développement continu de l’agriculture. L’Ukraine a l’opportunité de développer encore plus le potentiel des cultures conventionnelles, là où nous concentrons actuellement nos efforts. Nous espérons aussi que, le moment venu, la biotechnologie sera un outil disponible pour les agriculteurs ukrainiens dans le futur ». Cet « environnement favorable », ils l'ont maintenant avec le régime godillot mis en place. Dès lors, la voie peut être largement ouverte à l'achat par les multinationales et les banksters euro-atlantiques des plus riches terres de ce pays ruiné, ainsi qu'à l'implantation des OGM.

 

Ah ! La guerre, ça a du bon. Pour les banksters et le capitalisme financier...

 

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Sources :

http://en.interfax.com.ua/news/press-conference/173536.html

http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/ukraine-pendant-que-les-fascistes-158428

http://www.oaklandinstitute.org/press-release-world-bank-and-imf-open-ukraine-western-interests

http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/vague-privatisation-en-ukraine-femeture-mines-donbass-ue-usa-se-partagent-pays/

http://monsantoblog.com/2013/12/19/monsanto-and-its-commitment-to-ukraine/

 

* * * * * * * * * * * * * * *

 

Et n'oublions pas de déboucher une bouteille à la mémoire de notre cher Tonton Georges Brassens, qui est allé baguenauder dans les vignes du seigneur voilà 33 ans.

 

 

ukraine,ogm

 

http://www.youtube.com/watch?v=aOvcTl_6VpQ

 

 

 

17/10/2014

La guerre par le pétrole fait rage !

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Bien sûr, on se s’en rend pas trop compte à la pompe, mais le prix du pétrole baisse ! Olé ! Ben, en voilà une nouvelle qu’elle est bonne. Mouais. P’têt ben qu’oui, P’têt ben qu’non !

 

Qu’est-ce qui fait baisser le prix du pétrole ?

 

Plusieurs causes. D’abord la demande qui fléchit parce que l’économie mondiale mollit. Ensuite parce que l’offre est pléthorique. Pour des raisons multiples. - Les USA achètent de moins en moins sur le marché mondial et exportent même puisque – au prix du saccage de leur pays – ils favorisent l’extraction chez eux du pétrole et du gaz de schiste. – L’Opep (organisation des pays producteurs de pétrole) est désuni. Son membre le plus important, l’Arabie saoudite, est opposé à toute réduction de sa production, compensant la faiblesse des cours par une production multipliée.

 

Ça, ce sont les raisons « techniques » de cette baisse. Mais il y en a d’autres, restant discrètes mais seulement pour ceux qui ne veulent pas voir. Principale raison : le pétrole utilisé comme arme de guerre contre deux pays : la Russie et l’Iran. Á la manœuvre, évidemment les USA avec leur complice l’Arabie saoudite. Ce type de guerre a déjà fait ses preuves : c’est comme ça que l’URSS a été abattue. Rappelez-vous : en septembre 1985, le ministre du pétrole saoudien, le cheikh Yamani, a décrété que son pays allait quadrupler sa production. En est résulté un effondrement durable des cours du pétrole. Résultat : l’URSS – premier producteur mondial de pétrole – a vu ses ressources s’effondrer au même niveau. Elle ne pouvait tout simplement plus survivre…

 

Ce qui a marché une fois, se disent les « stratèges » étazuniens, devrait marcher une autre fois. Quatre des principaux producteurs de pétrole – l’Irak, la Syrie, la Libye, le Nigéria – sont dans le chaos. Un cinquième, l’Iran, est bloqué par les sanctions « internationales ». Cette situation, en d’autres temps, auraient généré une flambée des cours du pétrole. Mais aujourd’hui, du fait des raisons « techniques » vues plus haut, c’est la baisse conséquente des cours. Mêmes causes, mêmes conséquences : la Russie voit sa principale ressource s’effondrer. De là à mettre Poutine à genoux, il y a de l’espace !

 

Parce que c’est un vrai foutoir dans lequel des intérêts contradictoires se confrontent autant qu’ils se confortent. Ainsi les USA et leur complice Saoudien mènent actuellement une guerre contre l’autoproclamé « Etat islamiste ». Or cet « Etat » a été généré par la folie de Bush et la stupidité incommensurable des USA en Irak : ils ont envoyé dans les bras d’une petite secte terroriste tous les cadres de l’armée de Saddam ! Ceci, combiné à la nullité de l’armée régulière irakienne, a transformé cette bande terroriste en une armée redoutable, puissamment armée des chars Abraham, des lance-missiles, des transports blindés pris sans combat à…l’armée du régime fantoche de Bagdad !

 

Cerise sur le gâteau, cet État islamique a longtemps été financé par…l’Arabie saoudite. Et maintenant cette monarchie féodale tremble de se faire bouffer par sa créature. Imaginons l’avenir avec l’État islamique maitre des lieux saints de l’Islam et…ayant fait main basse sur les 300 avions, les milliers de chars et tout l’arsenal que les Occidentaux – et nous en bonne position – ont vendu aux potentats saoudiens. Pour ajouter à ce foutoir du Moyen-Orient, l’État islamique vend sur le marché mondial des milliers de barils du pétrole qu’il possède à présent. Ceci à prix cassé (de 30 à 40%), avec la complicité de…la Turquie et des marchands de pétroles étazuniens !!! Et…pour contenir ce fameux État islamique, les alliés objectifs des USA sont…l’Iran et la Syrie de Bachar el Assad ! Vous parlez d’un foutoir.

 

Á côté de ce merdier, le foutoir ukrainien, c’est de la pisse de lapin. Mais c’est le même schéma qui est mis en œuvre par les Yankees. Détourner la clientèle du pétrole et du gaz russe vers d’autres fournisseurs pour ruiner l’économie russe. Á part que Poutine n’a pas attendu pour trouver d’autres clients à l’Est et…qu’il tient les Européens – et surtout la Teutonne – par les couilles (si l’on peut dire concernant Bismerkel )! Il ne s’est pas gêné, dès ce matin, à Milan, pour calmer les ardeurs  des Européens en maniant l’arme du robinet à gaz, juste avant l’hiver ! De plus, la baisse des cours de l’énergie pèse sur…l’inflation en Europe, menaçant l’UE d’entrer en déflation. On touche là du doigt l’immense konnerie et la fragilité de ce système : la Banque européenne a pour mission principale, à l’instigation des Allemands, de lutter contre l’inflation, mais lorsque cette inflation est nulle, c’est la panique ! Plus bordélique que ce capitalisme financier, tu meurs…

 

Voilà quelques éléments dont les tronche-d’œufs qui prétendent nous gouverner vont avoir à débattre, à partir d’aujourd’hui à Milan. Bon courage les gars ! Nous, on va boire pour oublier…

 

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13/10/2014

L’Ukraine. Vous avez entendu parler ?

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Ben, non… Jeté hors des étranges lucarnes ; sortie de l’actualité. Maintenant, c’est à la frontière turque que ça se passe. C’est ringard l’Ukraine Coco. Faut autre chose. Pourtant ça existe toujours, mais hors des projecteurs. Ce qui n’est peut-être pas plus mal.

 

Pourtant il s’y en passe des choses. Tiens : le « président » de Kiev Porochenko a viré dimanche son ministre de la défense Valéri Gueleteï, nommé en juillet. Il faut dire que l’armée de Kiev s’est faite secouée partout où elle a sévi, d’où la demande de cessez-le-feu qui tient plus ou moins, mais c’est toujours ça. Autre chose très importante : le président russe Vladimir Poutine a ordonné ce dimanche le retrait des 17600 soldats russes déployés à la frontière avec l’Ukraine pour des manœuvres depuis l’été. De plus les deux présidents vont se rencontrer, dans les jours qui suivent, à Milan. Les choses semblent se débloquer. Il serait donc temps, pour les média(rhées) de cesser de débloquer.

Pour commencer, il conviendrait de balayer quelques fables.

L’Ukraine, contrairement à ce que veut faire croire la propagande atlantiste, n’est pas un vieux pays, n’est pas un peuple uni, une nation soudée. C’est un pays qui a longtemps été divisé aux niveaux ethnique, linguistique, religieux, culturel, économique et évidemment politique. Le territoire a longtemps été l’objet de sanglantes rivalités entre Russes, Polonais, Allemands. Donc la lutte héroïque du « Peuple ukrainien » pour se libérer du joug de son grand voisin russe, tient plus du mythe que de la réalité.

 

Lorsqu’en novembre 2013, L’Union Européenne, poussée par les Étasuniens, a proposé au président élu de l’Ukraine Viktor Ianoukovitch, une forme d’association avec l’UE, ce n’était pas sans arrière-pensées. En échange d’un peu de pognon, l’UE – et les Etazuniens ! – prétendaient imposer des mesures dans le droit fil de l’ultralibéralisme ravageur : mesures d’austérités drastiques, restriction des relations économiques avec la Russie mais aussi – plus grave – incitation insistante d’adhésion aux politiques atlantiques militaire et de sécurité, autrement dit « Faut choisir : on vous file du pognon, mais vous coupez les ponts avec les Ruskofs et vous adhérez, à terme, à l’Otan. » Comme on peut le voir, ce n’est pas Poutine l’agresseur, mais, d’une manière « soft » et hypocrite, les atlantistes… Les manifestations de Maidan, noyautées par les neo-nazis travaillés depuis des années par la CIA et le fric de « fondations » étazuniennes, n’ont été que de la poudre aux yeux.

 

Ces mouvements ont débouché sur un véritable coup d’état. Le président élu – pourri jusqu’à la moelle, d’accord, mais régulièrement élu – a du fuir en Russie et les manifestants les plus violents, les plus fascisants, ont pris le pouvoir à Kiev, sans tenir aucun compte de l’opinion du tiers Est du pays, pas du tout d’accord. Washington et Bruxelles ont approuvé ce coup d’Etat ce qui fut une grave erreur. Dès lors, Poutine – pour lequel l’arrivée de l’Otan en Ukraine est un casus belli – se devait de réagir. Ce fut l’annexion de la Crimée et le soutien à la rébellion des villes et territoires russophones de l’Est de l’Ukraine. Et, en opposition, le massacre des populations de l’Est par les milices fascistes de Kiev, le bombardement des civils par l’armée. Bref, l’escalade, la guerre civile.

 

Il ne faut pas oublier que, à la suite de la chute de l’URSS, les Etasuniens ont constamment et lourdement humiliés la Russie, traitées comme une nation vaincue. Colonisation économique à l’intérieur par des multinationales voraces, rejet « out of the map » dans toutes négociations internationales, expansion de l’Otan jusque dans les zones de sécurités traditionnelles de la Russie, avec notamment le « deal » incroyablement agressif avec les ex pays de l’Est : « si vous voulez entrer dans l’Union européenne, il vous faut aussi adhérer à l’Otan. » Ceci en s’asseyant sur les promesses formelles faites à Gorbatchev… L’arrimage de l’Ukraine à l’Ouest et à l’Otan étant dès lors le « chef d’œuvre » de cette politique d’encerclement de la Russie.

 

Ce qui a marché avec l’ivrogne Eltsine ne marche plus avec Poutine. Il serait prudent que l’U.E. cesse d’agir comme le supplétif des USA. Et de prendre enfin en compte la réalité russe. D’autant plus que la Russie est indispensable pour résoudre d’autres problèmes, plus cruciaux, notamment face à la menace islamiste…

 

Eh ! François, maintenant que les Russes évacuent leurs forces de la frontière ukrainienne, qu’est-ce qui t’empêche de leur livrer les navires Mistral qu’ils ont commandés et payés ?! Rien, sinon la soumission aux Yankees. Celle du vassal à son suzerain. De Gaulle doit faire le moulin à vent dans sa tombe…

 

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29/08/2014

BOUM ! L'Otan veut-il faire BOUM ?

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« RAPA », ça vous dit quelque chose ? Ben, c'est la troisième personne du singulier du passé-simple du verbe « raper », non ? Mouais, mais ça veut dire aussi « Russian Aggression Prevention Act » - Loi sur la prévention d'une agression russe ! Ce machin donne à des pays non-membres de l'Otan le statu « d'allié privilégié » des États-Unis, donnant la possibilité de transfert de matériels et de services de défense. Ceci permet aux USA d'agir militairement dans ces pays sans l'approbation des autres membres de l'Otan et court-circuite l'opposition européenne et particulièrement allemande et française à l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie dans l'Otan. RAPA permet à l'administration d'Obama l'utilisation de toutes les forces US approprié pour protéger l’indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale et économique de l'Ukraine et d'autres nations souveraines en Europe et en Eurasie de toute agression russe. Ce qui inclut une augmentation significative de l'aide militaire à la Pologne, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie.

 

Ces opérations belliqueuses ont déjà commencé à se mettre en place (troupes, avions, équipements militaires) dans ces pays. Le journal britannique Guardian, se référant au porte-parole du secrétaire général de l'Alliance Anders Fogh Rasmussen, indique que l'OTAN s'apprête à déployer pour la première fois des troupes à proximité des frontières russes. Selon M.Rasmussen, les troupes de l'OTAN seraient déployées dans de nouvelles bases en Europe de l'Est pour « empêcher le président russe Vladimir Poutine d'importuner les républiques baltes issues de l'ex-URSS ». « Tout agresseur potentiel doit savoir que s'il envisage d'attaquer un pays allié de l'OTAN , il fera face aux soldats de ce pays, mais aussi aux militaires de l'Alliance », a ajouté le secrétaire général.

 

C'est carrément une machine de guerre contre la Russie. Les pays membres de l'Otan pourraient s'entendre sur le déploiement de troupes à la frontière russe lors du prochain sommet de l'Alliance programmé les 4 et 5 septembre à Cardiff, au pays de Galles.

 

Pour justifier cette volonté de confrontation avec la Russie, les Etazuniens donnent des « preuves » de « l'invasion » des troupes russes en Ukraine, avec photos satellites à l'appui. Des photos qui peuvent être prises n'importe où, n'importe quand et qui sont aussi fiables que les « preuves » des « armes de dissuasion massives » de Saddam en d'autres temps...

 

Qu'il y ait des soldats russes dans l'Est de l'Ukraine, c'est fort probable et c'est tout à l'honneur de la Russie de ne pas laisser les populations de ces territoires frontaliers – qui l'appellent au secours – se laisser massacrer par la soldatesque des mercenaires de Kiev. Parce qu'en fait de troupes étrangères en Ukraine, il y a sûrement plus de mercenaires à la solde des Étasuniens que de Russes : d'abord quelque 500 « Blackwaters » ces tueurs qui se sont « glorieusement » illustrés en Irak, puis il y aurait des combattants de sociétés militaires privées américaines, britanniques, polonaises et italiennes.

 

Maintenant, il faut arrêter de sodomiser les diptères et appeler un chat, un chat : avec l’affaire ukrainienne, l’Otan, bras armé d’un système de domination économique et financière étazunien en pleine déconfiture, conduit le monde à la guerre en soutenant les agissements d’un pouvoir putschiste clairement fasciste alors que la Russie ne fait, elle, que défendre des intérêts géopolitiques historiques.

 

Vous imaginez à quoi peut mener le face-à-face entre troupes russes et troupes de l'Otan ? Vous pensez que ce ne serait que quelques escarmouches ? Naïveté et même konnerie : l'Otan, comme la Russie, possèdent un arsenal nucléaire apocalyptique. Et aucun des deux protagonistes ne voulant perdre la face, en cas de confrontation directe, même limitée, que se passerait-il ? Les bombes partiraient...

 

Non mais à quoi il joue le Barrak « Blackbush » ?

 

Duodi 12 fructidor 222

 

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18/08/2014

Au bistro de la toile : revue de presse.

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- Oh ! Loulle, quoi de neuf dans ta revue de presse ?

 

- Ben, le bordel au Kurdistan irakien. On n'y comprend plus rien. D'où ils sortent ces tarés de l'EEIL avec leur konnerie de califat ?

 

- C'est un ramassis de brutes sanguinaires venues de tous les mondes arabo-musulmans, y compris de chez nous. Sous couvert de religiosité ils tuent, rançonnent, volent. Ils massacrent tous ceux qui n'ont pas leur conception apocalyptique de l'islam. Ils sont super armés puisqu'ils ont récupéré tout l'armement étazunien de l'armée régulière irakienne qui est partie des régions du nord-est la paille au cul, sans combattre. Ils sont bourrés de fric puisqu'ils sont soutenus par...nos grands « amis » du Qatar ! De plus, ils sont dirigés par des officiers professionnels : tous ceux qui formaient l'ossature de l'armée de Saddam Hussein que les Yankees ont, avec leur stupidité congénitale, mis à la porte ! Enfin, ils ont mis la main sur les régions pétrolières du nord-est de l'Irak.

 

- On comprend mieux pourquoi les Ricains, sous couvert d'action humanitaire, les bombardent !

 

- T'as tout compris : y a du pétrole ! Il faut savoir aussi que ces tarés de l'EEIL ont vu le jour avec la bénédiction de ces mêmes Ricains ! Tout comme les talibans en Afghanistan. Car les Yankees avaient dans la tête de « réorganiser » le Proche et Moyen Orient autour d'un « Etat islamique » en Egypte. D'où leur soutien aux Frères musulmans lorsque ceux-ci ont pris le pouvoir dans ce pays charnière. Ils ont été pris de court par l'armée égyptienne et depuis ont laissé se créer cet EEIL en Syrie contre Bacher el Assad. Mais leur frankeinstein s'est émancipée et...s'est emparé des puits de pétrole itrakien ! Là, ça ne va plus et voilà nos « défenseurs de la démocratie » qui se retrouvent alliés objectifs de...Bachar el Assad !

 

- Décidément, plus kon qu'un Ricain, il n'y a que deux Ricains... Mouais... Et en Ukraine, c'est un sacré foutoir là encore !

 

- Foutoir où l'on retrouve la patte sale de ces mêmes Etazuniens. C'est la CIA et les ONG douteuses chapeautés par les Ricains qui ont fomenté les troubles à Kiev. C'est l'Otan, bras armé des multinationales et de la finance yankee qui est le problème, pas les Russes. Ceux-ci viennent en aide, avec beaucoup de retenue, à ces populations de l'Est ukrainien massacrées par l'armée de leur propre pays. Donetz, c'est Guernica sur Dombass ! Imaginons qu'un coup d'État orchestré par la CIA portent au pouvoir en Belgique une clique flamingante facho. Imagine que cette clique interdise l'usage de la langue française en Wallonie et restreignent les libertés et les droits civiques des Wallons. Imagine que ceux-ci se rebellent légitimement. Imagine que des milices flamingantes érigées en « armée nationale » bombardent les villes de Liège, Namur, Charleroi. Imagine que les Wallons massacrés réclament l'aide de la France. Tu crois qu'on pourrait rester longtemps les bras croisés à regarder l'extermination de nos frères ? Eh bien c'est pareil pour les Russes.

 

- Moais... Tout ça n'est pas très réjouissant. Heureusement qu'il y a le sport. ...taing ! Ils nous ont espantés les athlètes français !

 

- L'athlétisme reste encore du domaine de l'amateurisme. Les filles et les mecs courent, sautent, lancent pour le plaisir et pour quelques médailles en chocolat. Enfin, au niveau des compétitions moyennes comme ces championnats d'Europe. Lorsqu'on arrive aux J.O., c'est autre chose...

 

- Eh ! Et ce mec que les « zofficiels » ont privé de sa victoire en 3000 m stiple parce qu'il avait entamé un stripetise avant la ligne !

 

- Les « zofficiels », comme tu dis, ont statué sur une plainte de la fédération espagnole. Ceci pour faire monter sur le podium un Espanche plus que douteux : il a déjà été suspendu de compétition pendant deux ans pour...dopage ! Il est vrai que les toutes fédérations sportives espagnoles ont une façon pour le moins pittoresque de lutter contre de dopage... Et comme ça se passe en Suisse, pays de Novartis, de Roche et autres puissants et généreux labos pharmaceutiques...

 

- Et, toujours en sport, une mention particulière pour nos rugbywomen qui se sont arrachées et ont battu les Irlandaises !

 

- Ces nanas ont été formidables. Je n'ai pas manqué un seul de leurs matchs. Enthousiasme, solidarité, imagination, émotion, respect de l'adversaire, évitement, du jeu, du jeu, toujours du jeu. Ça change des matchs des mecs qui se restreignent à des chocs de bourrins et des coups de pieds de pénalité. Chez nos filles, c'est ce secteur du pied qui laisse à désirer... Et puis, quoi de plus émouvant que ces mêlées, avec des gros plans sur ces puissants fessiers tendus sous l'effort ! Un bonheur !

 

- Allez ! Á la nôtre et vivent les filles !

 

Décadi 30 thermidor 222

Merci à Chimulus

 

15/08/2014

Ukraine : ça fait drôle d'être dans le camp de salauds...

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Passera ? Passera pas ? Je parle du convoi humanitaire de 280 camions lourdement chargés venant depuis la Russie pour secourir une partie de la population ukrainienne bombardée, massacrée par la soldatesque néo nazi du « gouvernement » de Kiev. Quoi qu'il en soit, les Russes – auxquels Poutine a redonné leur fierté nationale – ne se laisseront pas humilier. C'est fini l'époque d'Elsine, ce soûlot qui a accepté sans réagir que l'axe euro-atlantique sous domination étazunienne installe la menace militaire de l'Otan dans les ex-républiques de l'Est. Cette extension de l'alliance atlantique se faisant en trahissant sans vergogne la promesse faite à Gorbatchev de, justement, ne pas intégrer les républiques nouvellement indépendantes dans l'Otan en échange de leur entrée progressive dans l'Union européenne. La stratégie d'encerclement militaire de la Russie par l'Otan s'est accrue avec l'intégration de ces républiques de l'Est et Poutine a décidé – à juste titre – d'y mettre un coup d'arrêt. D'où l'affaire de la Georgie, d'où la réintégration de la Crimée, d'où la confrontation actuelle en Ukraine.

 

Fin 1991, l'Ukraine devenue indépendante mais restant très liée à la Russie sur les plans économique, ethnique, linguistique, historique, devient l'enjeu d'une âpre lutte d'influence entre les deux camps qui se défiaient du temps de la « guerre froide ». Les Zétazuniens et leurs valets de l'U.E. ont fait toutes les magouilles possibles pour mettre la main sur ce maillon essentiel. Les USA, par le biais de « fondations » liées à la CIA et d'ONG douteuses financées entre autres par le milliardaire Soros, ont déversé pas moins de cinq milliards de dollars pour mettre en place un tissu d'influence et des milices armées. C'est l'épisode de la « révolution orange » il y a dix ans, mettant à la tête du pays un milliardaire pro-étazunien, l'oligarque ultra corrompu Victor Youchenko. Les Russes, de leur côté, utilisent la « diplomatie du gaz » pour garder l'Ukraine dans leur giron. Cette stratégie semble gagnante avec l'élection tout à fait légale et légitime de Victor Ianoukovitch, pro-russe déclaré. Mais ce dernier s'est révélé tellement incompétent, corrompu et vénal que les Occidentaux sous la botte étazunienne ont replacé leurs cartes en alimentant la contestation populaire « contre un pouvoir corrompu à la solde de Moscou ». C'est là que les relais locaux largement dollarisés et les milices armées par la CIA ont donné le plein de leur nocivité. Et ce fut la « révolution » douteuse de Maidan qui, sous couvert des « droits de l'homme » et de l'émancipation des peuples, a procédé à un coup d'état et virant le président – certes pourri mais légal – Ianoukovitch pour le remplacer...par un milliardaire nourri à la mamelle du dollar, Petro Porochenko élu le 25 mai 2014 avec 40% d'abstention. Les premières décisions de ce dernier sous la pression de groupes nationalistes et extrémistes d’inspiration néofasciste, ont été des mesures antirusses, dont celles sur le droit des minorités et sur le statut de la langue russe.

 

Puis le nouveau pouvoir de Kiev a envoyé son armée contre les peuples de l'Est de leur territoire – 40% de la population du pays ! - qualifés de « terroristes », de « rebelles prorusses », en une véritable expédition punitive. Rappelons-nous les 40 brûlés vifs d'Odessa, le pilonnage actuel avec aviation et artillerie lourde des villes de l'Est du pays. Ceci à l'instigation du bloc euro-atlantique visant malgré les risques énormes à détacher l'Ukraine de l'influence et de la collaboration avec la Russie. Ceci en toute irrationalité tant l'Ukraine est liée par la géographie, la langue, l'histoire, l'économie à son puissant voisin.

 

Ce pays apparaît dès lors comme la victime d'une rivalité géostratégique entre l'axe euro-atlantique sous domination étazunienne et l'axe eurasien sino-russe en devenir via l'Organisation de coopération de Shanghai, l'OSC.

 

Et nous la dedans, qu'est-ce qu'on fout ? L'Europe ultralibérale est à la botte des Yankees. Et pour satisfaire aux desideratum de son maître, ne voit pas que la Russie est un partenaire essentiel tant pour son économie que pour la paix en Europe ! Et la France ? Elle a là une occasion formidable de reprendre place dans le concert européen d'où elle a été éjectée par la Teutonne Merkel. En refusant toutes les sanctions imposées par les Ricains (au détriment des intérêts de l'Europe), en continuant voire en accentuant sa coopération militaire (frégates Mistral, équipements aéronautiques), spatiale (base partagée de Kourou) et financière en adhérant au nouveau système monétaire que mettent en place les BRICS. Seulement pour cela, il faudrait un De Gaulle ou un Mitterrand et pas un capitaine de pédalo...

 

Dans cette affaire ukrainienne, ça fait tout de même drôle d'être dans le camp des salauds !

 

 

Septidi 27 thermidor 222

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12/08/2014

Nord Irak, Est Ukraine : le bal des faux-culs.

 

 

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Le faux-cultiste à ce niveau atteint une dimension artistique : je viens d'entendre à la radio les serviteurs des médiarhées se répandre sur les situations dans le Nord Irak et dans l'Est Ukraine.

 

D'un côté, ces « zexperts » se félicitent de l'envoi d'aide humanitaire pour secourir des populations mises en danger de mort par l'avancée militaire des brutes sanguinaires du fascisme vert du « califat ». Et applaudissent tant à la livraison d'armes aux kurdes qui luttent contre ces obscurantistes qu'aux frappes aériennes étazuniennes. En oubliant que cette situation est directement liée à la guerre stupide et dévastatrice livrée par ces mêmes Etazuniens contre Saddam.

 

Celui-ci était certes un dictateur. Mais sous sa poigne de fer, l'Irak bénéficiait de la paix intérieure, toutes les minorités étaient respectées et les diverses religions ne se bouffaient pas la foi... Ceci au prix d'une conception particulière des droits de l'humain et de quelques centaines de morts par an. Mais le résultat issue de la guerre étazunienne est infiniment pire : éclatement du pays, guerres religieuses sans merci, et au moins une centaine de morts chaque jour !

 

D'un autre côté, les mêmes « zexperts » s'offusquent du fait que les Russes envoient un convoi d'aide humanitaire à des patriotes Est-ukrainiens. Ils considèrent cela comme une menace inacceptable. Oubliant que ce qui se passe la-bas, c'est le massacre de milliers de civils, le bombardement aérien et par artillerie d'une ville par une soldatesque nazi (l'armée de Kiev est surtout composée des néo nazis de la milice «Secteur droit », dont le chef Dimitri Iarosh a été nommé principal adjoint au Conseil national de défense et de sécurité de Kiev) . Imaginez Marseille, ou Lyon entourée par une armée qui la pilonne sans discontinuer. Comme Gaza est écrasé par Israël avec la bénédiction des USA.

 

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Alors nos « zexperts » de la presse-purée prêtent à Poutine l'intention de profiter de ce prétexte humanitaire pour aider militairement les patriotes encerclés. Mais dans la logique « occidentale », Poutine, pour faire comme les Yankees, devrait envoyer son aviation pilonner les positions d'artillerie, les chars et les rassemblements de troupe de Kiev qui entourent et pilonne ces villes martyrisées ! Au lieu de ça il garde son sang-froid. Pour l'instant. Car les rodomontades de Rasmudsen, la marionnette de l'Otan dont Barrack « Blackbush » tire les ficelles, n'impressionnent pas plus le maître du Kremlin que les fameuses et fumeuses sanctions...qui se retournent à fond la caisse non pas contre les Yankees mais contre nous !

 

Et pendant ce temps, notre président fête « quelque part » son entrée parmi les sémillants sexagénaires. Bienvenue au club...

 

Quartidi 24 thermidor 222

 

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21/07/2014

Crash en Ukraine : à qui profite le crime ?

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Les média(rhée), les canards-laquais et la presse-purée dans son ensemble sont unanimes : les Russes, à travers leurs sbires - les « terroristes-séparatistes » de l'Ukraine de l'Est – sont responsables de la mort brutale de près de 300 personnes dont l'avion civil a été touché en plein ciel par un missile sol-air russe. Voilà. C'est péremptoire. Et c'est la stricte vérité puisque les Zétazunis, par la voix éclairée du prix Nobel de la paix, Barrack « Blackbush » Obama, en ont les « preuves » !

 

Ben voyons ! On connaît la valeur des « preuves » étazuniennes depuis les fameuses autant que fumeuses « armes de destructions massives » de Saddam...

 

Deux questions se posent concernant ce drame :

1 – qui a les moyens de descendre en vol un aéronef volant à 10.000 mètres ? Autrement dit, qui est capable du fait ?

 

2 – qui a intérêt à une telle opération ? Autrement dit, à qui profite le crime ?

 

 

Question 1: Qui est capable du fait ?

Les Russes. Ils ont effectivement sur leur territoire des batteries sol-air efficaces et nombreuses.

Les séparatistes pro-Russes. Ils peuvent être en possession de telles batteries sol-air puisqu'ils en auraient récupérées dans les camps et casernes de l'armée de Kiev. Mais ont-ils les capacités humaines de mettre en œuvre ce type d'armement très sophistiqué ?

L'armée de Kiev. Elle possède ce type d'armes et a le personnel capable de les mettre en œuvre.

 

Question 2: Á qui profite le crime ?

Aux Russes ? Certainement pas. La propagande internationale, orchestrée par les USA autour de ce drame les place en position de suspects. Si le missile était parti de leur territoire, les Zétazuniens, par leurs moyens d'observation satellitaires et autres, auraient parfaitement repéré le point de départ et se seraient déjà empressés d'en étaler largement les « preuves » pour faire condamner la « barbarie russe » par l'opinion internationale !

Aux séparatistes pro-russes ? Difficile à croire. Un tel acte va forcément multiplier les efforts contre eux des autorités de Kiev, avec le soutien des USA et de l'Otan, sans pour autant augmenter le soutien des Russes qui leur est déjà acquis. Des Russes qui sont trop fins stratèges pour se laisser forcer la main. Et en plus les désigner à la vindicte internationale et leur donner une image de brutes sanguinaires.

Aux autorités ukrainiennes de Kiev ? C'est fort plausible : par cet acte, elles espèrent faire accuser les séparatistes de barbarie sordide, dresser contre eux « l'opinion internationale », avoir une assistance militaire plus importante de l'Otan, enfin renforcer les sanctions économiques contre la Russie.

 

Question subsidiaire : les gens de Kiev ont-ils agit seuls ou avec la complicité des USA ? Difficile de croire que Barrack « Blackbush » Obama ait directement cautionné, voire organisé un tel acte. Mais sévissent en Ukraine une flopée d'officines étazuniennes :

- La CIA (un État dans l’État aux USA, pas toujours sous contrôle et coutumière des coups les plus tordus, du Chili à l'Indonésie).

- « Academi » (ex-Blackwater), une armée privée créée par un fondamentaliste évangéliste, à la solde des multinationales yankees, qui a sévi tant en Irak qu'en Afghanistan, qui a des moyens techniques et humains redoutables (ainsi qu'une absence totale de scrupules) qu'elle met au service du plus offrant. Ce sont les chiens de l'impérialiste. Ils seraient 400 mercenaires sans foi ni loi à lutter aux côtés des forces de Kiev. Eux n'auraient pas d'états d'âme à décaniller un appareil civil avec 300 personnes à bord. Le massacre des civils est une de leurs spécialité. Lien1 - lien2

- Rand Corporation, un « think tank » étazunien qui serait l'un des « conseils » très influent du président ukrainen, le milliardaire Petro Poroshenko qui suivrait à la lettre le plan de reconquête de l'Est ukrainien concocté par ces têtes d’œuf (pourri). Lien 

 

ukraine,crash

ukraine,crash

 

Voilà quelques informations et réflexions qui tranchent avec la doxa ambiante concernant l'Ukraine. Pas inutile pour se faire une opinion...

 

Tridi 3 thermidor 222

 

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18/07/2014

Au bistro de la toile : Ukraine, Gaza... mondo, cane!

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- Oh ! Putaing, Victor, cette fois ça sent le brûlé, et ça se rapproche. En Ukraine, c'est un avion de ligne qui se fait décaniller. Trois cents morts totalement innocents, en dehors de toutes les embrouilles entre les guignols de Kiev et les charlots des frontières de l'Est. Á Gaza, ce sont des minots que des missiles font exploser. Dangereux les minots ! Ils doivent avoir des lance-pierres à longue portée, de redoutables armes de destruction massive...

 

- Eh ouais, Loulle ! La konnerie humaine est bien la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini. Pour cette histoire d'avion qui s'est « crashé » en Ukraine, c'est le foutoir le plus complet. Et écoute bien les médias : pas un mot ou si peu sur les pauvres gens qui y ont laissé leur peau... On ne connaît absolument pas la cause du « crash ». Descendu par un missile sol-air envoyé par les « rebelles indépendantistes » ? Descendu par un missile sol-air ou air-air envoyé par l'armée ukrainienne ? Descendu par un missile sol-air russe – il y a des « zexperts » à la solde de la propagande CIA qui n'hésitent même pas à franchir ce pas débile ? Bombe à l'intérieur de l'avion appartenant à cette même compagnie malaisienne qui a « perdu » un appareil il y a quelques mois ? Simple accident ? Personne ne sait rien, mais les « zexperts » ont déjà simplifié les choses : ce sont les méchants pro-russes, ces salauds qui refusent de se plier devant les magouilles des « autorités » de Kiev à la solde des Yankees et de l'Otan et noyautées par les néo-nazis.

 

- Tout laisse croire que...

 

- Que quoi ? On se sait rien. Mais on devrait bientôt savoir : les fameuses boites noires ont été retrouvées.

 

- Mais elles vont être étudiées à Moscou !

 

- Et alors ? Ce serait mieux si elles étaient étudiées à Dallas, Berlin ou Paris ? Il y aurait moins de risques de falsifications ? Tè, fume... C'est kifkif. Et puis, qu'est-ce qu'il foutait cet avion civil dans une zone de guerre ? Il voulait se suicider ou quoi ? Pour gagner quoi ? Deux-cents kilomètres de kérosène ? A la konnerie s'ajoute l'avarice la plus sordide. Autre chose : il est possible que l'appareil ait été descendu par erreur pour l'un ou l'autre des protagonistes de cette guerre civile ukrainienne. Il y a un précédant : un avion civil iranien descendu par erreur vers le golfe persique par un missile tiré « par erreur » par...un missile étazunien ! Trois cents morts, mais ce n'était...que des Iraniens... Comme quoi, il y en a qui ont de l'expérience en la matière...

 

- Et Gaza ?

 

- Là encore la konnerie humaine se surpasse. Ce sont les fronts obtus des religieux fanatiques du Hamas qui envoient des bombinettes au hasard sur des sites israéliens, en particulier sur des « colonies » de voleurs de terres. En contrepartie, l'armée surpuissante d'un pays théocratique gouverné par une extrême-droite aussi belliqueuse qu'arrogante bombarde aveuglément une population malheureuse, chaque mort devenant un martyr, creusant ainsi un fossé de haine entre deux populations qui ne sont séparées que par la konnerie religieuse triomphante...

 

- Mouais, heureusement, il y a les vacances... Allez, à la nôtre !

 

- Mondo cane... Á la nôtre !

 

 

Decadi 30 messidor 222

Illustration : merci à Chimulus

 

05/05/2014

Ukraine : manipulation, mensonges, enfumages mortels.

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Je viens d'entendre Guetta, puis Fabius disserter sur la situation ukrainienne. Les deux entonnent la doxa imposée par les USA : responsabilité de la Russie. Ils participent ainsi à la manipulation éhontée des opinions publiques occidentales par les grands médias internationaux, genre CNN, Fox News, Euronews à la solde des multinationales yankees et les canards-laquais alimentés par les agences comme AFP et Reuters. Les images passent et repassent en boucle montrant des « sauvages  pro-russes » molestant de gentils « pro-Kiev ». La vision donnée est toujours à sens unique : responsabilité de ces sauvages de Russes qui maltraitent les pauvres Ukrainiens qui tournent désespérément leurs regards vers cette Europe libérale, civilisée, responsable, emblème des droits de l'Humain. Tè Fume...

 

Les insurgés de la place Maidan, à Kiev, qui luttaient contre un régime corrompue jusqu'à la moelle en tournant leurs regards vers l'Europe ont su attirer la sympathie. Leur combat était légitime. Mais on a totalement zappé le fait que ce mouvement a abattu un régime certes peu vertueux, mais légitimement élu. Le gouvernement en place à Kiev n'est rien d'autre qu'un gouvernement putschiste issu d'un coup d’État. Et ce gouvernement est noyauté par d'authentiques fascistes ne cachant pas leur admiration pour les nazis.

 

Prenons un peu de recul : à Kiev, un certain nombre de gens mécontents prennent d'assaut et brûlent les bâtiments publics, molestent et embastillent les représentants élus et s'autoproclament représentants légitimes de tous le pays. Ça s'appelle un coup d’État. Et ces gens-là sont encouragés, félicités, soutenus par les nations occidentales !

 

Eh ! Oh ! Ça veut dire qu'à partir de là il n'y a plus aucune défense légale contre une subversion organisée et fomentée depuis l'étranger. Ce qui est exactement le cas en Ukraine. Voilà des années que les USA, à travers diverses officines, préparent en dépensant des milliards de dollars (au moins cinq milliards, avoués) une subversion qui a débouché sur la « révolution » de Maidan. En soutenant ce gouvernement douteux sans réserve, les dirigeants européens, manipulés eux aussi par les apprentis sorciers érazuniens, se sont montrés bien imprudents et naïfs. Dès lors qu'ils reconnaissent, encensent et aident un mouvement issu d'un putsch, comment peuvent-ils s'indigner que des mouvements contraires se créent dans l'Est et soient reconnus, encensés et aidés par les Russes ?

 

Dès le début ce mouvement de Kiev a ignoré les populations de l'Est de l'Ukraine. Comme si tourner son cul servilement pour se faire enfiler par l'Europe devait être accepté par tous ! Première décision du gouvernement putschiste de Kiev : interdire la langue russe aux populations russophones de l'Est ! Insupportable provocation. Les Ukrainiens de l'Est sont sortis de leur léthargie et répondent au coup de force des putschistes de Kiev par des mouvements de refus de ce pouvoir qu'ils considèrent comme fasciste et se tournent légitimement vers leur grand voisin russe.

 

Imaginez qu'un coup d’État fascisant ait lieu dans la Flandre belge. Imaginez qu'un gouvernement putschiste sorti de ce coup de force interdise la langue française en Wallonie. Imaginez que ces mêmes putschistes envoient leurs chars d'assaut contre les populations wallonnes. Imaginez que des résistants wallons s'élevant contre ce coup de force soient contraint par des milices flamingantes à se réfugier dans la mairie, par exemple, de Liège. Imaginez que des hordes flamingantes mettent le feu à ce bâtiment et brûlent vifs une trentaine de résistants wallons. Vous croyez que la France, appelés désespérément au secours par les Wallons, resterait les bras croisés ? Eh bien c'est un peu ce qui se passe dans la partie Est de l'Ukraine.

 

Le fond du problème procède du fait que depuis la chute de l'URSS, les USA, seule hyper puissance, n'ont eu de cesse d'humilier les Russes, de les encercler, de les menacer par l'Otan. Cela a marché avec l'ivrogne Elsine, mais ne marche plus avec Poutine qui, à coup de cravache, veut redonner au peuple russe sa fierté et sa place dans le monde.

 

Là, on touche du doigt une énorme faute géostratégique des États-Unis, et par ricochet du monde occidental. En effet, rejeter la Russie plutôt que de s'en faire un partenaire privilégié relève d'une konnerie stratégique aux conséquences incommensurables. En effet, Poutine va prochainement en visite officielle en Chine. Il va vraisemblablement sceller avec son grand et puissant voisin des accords de coopérations économiques et militaires étroits. De plus, loin d'être isolé comme le proclame la propagande occidentale, ses partenaires des « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud) sont loin de condamner la politique de poutine. Résultat : les Occidentaux vont perdre la main au niveau de la gestion du monde. Et si – hélas – guerre il y a un jour, les Occidentaux auront contre eux LE MONDE ENTIER...

 

C'est ainsi que meurent les civilisations.

 

Sextidi 16 floréal 222

Illustration X – Droits réservés

 

17/04/2014

Au bistro de la toile : l'apocalypse nucléaire pour l'Ukraine ?

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- Oh ! Victor, je sais pas si tu touches la retraite, mais si c'est le cas, Valls va te raboter les miches !

 

- Bof. Demander un petit effort à tous les citoyens, est-ce grave docteur ? « De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » disait l'Autre, le célèbre barbu. Qui-a-t-il d'anormal à demander une solidarité de tous les citoyens ? La justice passe aussi par là. Et s'il me faut ne pas toucher quelques euros de plus par an, ça ne me trouera pas le cul. Alors je casquerai ma part, comme tout le monde. Évidemment, ce qu'il faudrait faire, c'est renverser la table européenne, remettre la Bismarkel à sa place, imposer à la banque européenne de s'intéresser AUSSI et SURTOUT au développement des pays européens, ne PAS PAYER la dette, éventuellement sortir de l'Euro ou, mieux, conseiller fermement à l'Allemagne de sortir, elle, de l'euro, etc. Mais ça, il n'y a qu'un gouvernement de gauche très couillu qui pourrait le faire. Ce qui n'est pas le cas puisque c'est la droite avec un masque de gôche qui nous gouverne...

 

- Mouais... On n'y est pas encore. Après tout, nos problèmes sont de la pisse de chat par rapport à ce qui nous guette avec les bruits de bottes à nos portes, en Ukraine.

 

- Exactement Loulle. Les gesticulations tant des Russes que des fantoches de Kiev manipulés par la CIA avec la complicité de la Pologne, de la Suède et de l'Allemagne, prennent un tour de plus en plus dangereux.

 

- Pourquoi manipulés, Victor ? Les Ukrainiens en avaient ras les aliboffis de se faire exploiter par les « zoligarkes » et ils ont cassé la baraque.

 

- Exact, maisl'Ukraine regorge de richesses et a les terres les plus riches du monde. D'ailleurs les fonds prédateurs yankees, allemands, anglais et même français investissent à tour de bras, achetant des milliers d'hectares mais pas seulement. Ces dernières années des dizaines d'ONG, de fondations, d'instituts de recherche européens, américains et canadiens, ont envahi la vie politique ukrainienne, la vie culturelle et les médias. Toutes sortes d'organisations plus ou moins bidons qui sont autant de portes d'entrée pour les affairistes rapaces et les fauteurs de troubles de la CIA, qui a investi 5 milliards en dix ans pour armer, entraîner, exciter idéologiquement les nazillards locaux. Tout ce beau monde a acheté les principales chaînes de télévision et de radio du pays, tandis qu'une partie du pognon a servi aussi à financer les groupes paramilitaires que nous avons vu à l'action place Maïdan. Parce qu'à côté des révoltés sincères il y avait aussi d'authentiques fachos qui arborent sans complexe leur nostalgie nazie et qui, maintenant, forment la structure du « gouvernement » de Kiev.

 

- Liberté, liberté chérie-e, mon cul, quoi !

 

- Bien sûr. Enfumage que tout ça. Depuis la chute de l'URSS, les Zoccidentaux n'ont pas cessé d'humilier les Russes. Ils les encerclent, les isolent, les menacent par l'Otan. Les Russes ont un projet pour faire contrepoids à l'Union européenne. C'est ce qu'ils appellent « l'Union eurasienne » avec la Bielorussie, le Kazakstan et donc l'Ukraine. Sans l'Ukraine, ce projet est mort-né. Ce qui donne un nouvel éclairage au soutien de l'Europe et des Zétazunis à la révolte des Ukrainiens de l'ouest. L'intérêt des Zoccidentaux est évidemment de bloquer ce projet russe de façon à étendre son marché, avoir accès aux ressources et aux matières premières ukrainiennes, puis à terme – poussé en cela par les USA, l'intégration du pays dans la grosse larve Europe-marché et enfin dans l'Otan, machine de guerre des multinationales yankees.

 

- Et c'est pour ça que les crapules qui nous gouvernent risquent une confrontation avec l'ours russe ?

 

- Ben oui... En oubliant que Poutine a un côté mégalo barjo et qu'il n'hésitera pas à utiliser toutes ses armes s'il se sent sérieusement menacé, par des provocations de l'Otan par exemple. La menace de l'Otan, pour lui, à présent, est à 500 km de Moscou ! L'ours acculé est très, très dangereux.

 

- TOUTES ses armes... Putaing, ça file le tracsir Victor.

 

- Eh ouais. On omet de parler d'une évidence lorsqu'il s'agit de la situation en Ukraine : c'est que la Russie est la deuxième puissance nucléaire mondiale. Elle possède 5200 têtes nucléaires, les USA en ont 5400, la France 300, Israël 200, le Royaume-Uni 160, la Chine 130, l'Inde et le Pakistan 50 à 60 chacun, sans oublier la Corée du nord avec de 6 à 12 têtes. Lien Il y a là de quoi éradiquer la vie sur la terre entière. La puissance de destruction de plus d'un million d'Hiroshima. Si ça pétait Loulle, dans les premières minutes, on compterait 1,5 milliard – ouais, milliard – de morts sous l'effet des explosions, du souffle, de la chaleur, de la radioactivité, des tsunamis. Ceux-là seraient vernis d'être pulvérisés en un dixième de seconde. Les 6 milliards d'autres regretteraient de respirer encore. Irradiés, brûlés, choqués, malades, ils erreraient sur une terre que le soleil ne toucherait plus, atmosphère pourri étant saturé de poussières radioactives, de fumés des incendies, des milliards de tonnes de terre soulevés. Une chape de nuit. La température qui chute à moins 10, moins 15 degrés, les rivières, les fleuves, les lacs, et même la mer gèlent. Pas de lumière, pas de photosynthèse, donc plus de plantes. Les derniers animaux crèveraient et seraient bouffés, comme les hordes humaines poussées à l’entre-tuer pour les quelques boites de conserves des hypermarchés éventrés. Avant de l’entre-dévorer...

 

- ...taing ! T'es pas gai aujourd'hui Victor.

 

- Réaliste Loulle. Réaliste seulement. Au bout de quelques mois, d'un an peut-être, la poussière retomberait sur une monde d'apocalypse. Alors, la couche d'ozone ayant été détruite, les ultra-violets achèveraient les derniers animaux, et surtout ces animaux à deux pattes, pelés, prétentiards et capables de toutes les prouesses pour s'autodétruire. Resteraient tout de même quelques millions de cafards, de scorpions, d'araignées, de cloportes, de crabes poilus, de ginko, d'algues, de moisissures, etc. Après quelques millions d'années, peut-être qu'une chaine évoluerait vers la vie consciente. Avec, je l'espère, au sommet, quelque chose de moins kon que l'Homme...

 

- ...taing ! Allez, buvons un coup Victor. C'est peut-être le dernier...

 

- A la nôtre Loulle ! La konnerie humaine est vraiment la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini...

 

 

Octidi 28 germinal 222

 

Illustration: merci à Chimulus

 

03/03/2014

Au bistro de la toile : alors, c'est la Troisième ? La « Big three » ?

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- Alors, cette fois, ça sent le roussi grave Victor ! Le Poutine il a éteint les lampions des jiho, il a fini l'échauffement, quitté le survêtement et il sort les muscles ! Des muscles genre chars russes et palanquée de troufions... Alors, c'est la Troisième ?

 

- Ah ! Mais on a de quoi le faire reculer le Cosaque ! On a l'arme totale, dévastatrice, apocalyptique.

 

- Eh ! Oh ! Tu crois qu'on en est là ? Qu'on va envoyer la Bombe ?

 

- Pire Loulle. Pire. On risque, s'il continue ses gesticulations, de lui envoyer BHL ! Et si ça ne suffit pas, Sarko !

 

- Oh putaing ! Je comprends qu'il tremble le Ruskoff... Non, sérieusement comment ça va tourner cette konnerie ?

 

- Qui lo sa ? Mais il faut se mettre dans la tronche que Poutine ne laissera pas les « révolutionnaires » téléguidés par les Zétazuniens prendre le contrôle total de l'Ukraine. Ce serait pour lui une défaite grave, la fin de son rêve de refonder un empire russe et le ferment d'embrouilles intérieures. Mais il vient de montrer qu'il n'était pas question pour lui de baisser le calbar.

 

- Le calbar, c'est d'ailleurs les Yankees et nous, les Zéropéens, qui sommes en train de le baisser. On « menace » Poutine de ne pas aller au G8 ! Putaing ! Il doit en trembler Poupou... Qu'on se montre prudent me gêne d'autant moins qu'on n'a rien à cirer de ces histoires. On a assez de problèmes à résoudre en Europe et en Afrique sans se mêler des conséquences de ce coup d’État en Ukraine.

 

- Coup d’État : tu as dit le mot, Loulle. Ianoukovitch, le président lourdé, est une sinistre crapule, comme le sont tous les politicards qui razzient le pays depuis son indépendance, et en particulier la cagole Timotchenko, cette fausse blonde mais vraie prédatrice, véreuse jusqu'au bout des griffes. Mais Ianoukovitch a été démocratiquement élu – on n'a que les dirigeants que l'on mérite (nous avons bien élu Sarko, puis Normalou !) - et a été mis à la porte par l'action violente d'une faction agissante de la population qui s'est approprié le pouvoir. Ça s'appelle un coup d'Etat. Point-barre. Et il fallait être aussi naïf ou aussi stupide que nos canards laquais et nos dirigeants pour s'imaginer que ce coup d’État fomenté en sous-main par les Zétazuniens avec la complicité des Zéropéens (en particulier les Polonais et les Allemands) allait passer comme une lettre à la poste.

 

- Quel est l'intérêt supérieur qui sous-tend cette embrouille ?

 

- Les Zétazuniens à travers l'Otan, comme avant eux les Britichs, ont une constante : encercler la Russie, la couper des mers chaudes, la contenir dans ses arpents de neige. Réussir à enfumer l'Ukraine en l'arrimant à l'U.E. et donc à terme à l'Otan serait une formidable victoire pour ces va-t-en-guerre. D'autant plus que l'Ukraine regorge de richesses et a les terres les plus riches du monde. D'ailleurs les fonds prédateurs yankees, allemands, anglais et même français investissent à tour de bras, achetant des milliers d'hectares mais pas seulement. Ces dernières années des dizaines d'ONG, de fondations, d'instituts de recherche européens, américains et canadiens, ont envahi la vie politique ukrainienne, la vie culturelle et les médias. National Democratic Instituts, International Foundation for Electoral Systems, International Reserched Exchanges Board et toutes sortes d'organisations plus ou moins bidons qui sont autant de portes d'entrée pour les affairistes rapaces et les fauteurs de troubles de la CIA. Tout ce beau monde a acheté les principales chaînes de télévision et de radio du pays, tandis qu'une partie du pognon a servi aussi à financer les groupes paramilitaires que nous avons vu à l'action place Maïdan. Parce qu'à côté des révoltés sincères il y avait surtout d'authentiques fachos qui arborent sans complexe leur nostalgie nazie. C'est le parti Svoboda. Ils représentent près du tiers des manifestants de Maidan, ils sont les plus organisés, les plus violents. Actuellement ces néo-nazis sont en train de s'intégrer dans les structures de la sécurité de l'Etat comme à la police, et le fascisme devient une opinion politique légitime. Les membres de la milice nazie patrouillent maintenant dans les rues de l'Ukraine conjointement avec les unités de police.

 

- Mouais... On est loin de la vision manichéenne que nous infligent la presse purée... La victoire de la Démocratie, la Liberté et patin couffin... Bel enfumage. D'ailleurs, nos médias ne nous ont jamais montré ce qui se passait dans la partie Est russophone de l'Ukraine. Comme si plus du tiers de la population du pays n'avait pas un mot à dire, acceptait le fait accompli, bref n'existait pas.

 

- Exact. Et on semble s'étonner que Poutine, une fois dégagé des konneries de Sotchi, réagisse ! La parenté entre la Russie et l'Ukraine est une évidence historique. Depuis la chute de l'URSS, les Zoccidentaux n'ont pas cesser d'humilier les Russes. Ils les encerclent, les isolent, les menacent par l'Otan. Les Russes ont un projet pour faire contrepoids à l'Union européenne. C'est ce qu'ils appellent « l'Union eurasienne » avec la Bielorussie, le Kazakstan et donc l'Ukraine. Sans l'Ukraine, ce projet est mort-né. Ce qui donne un nouvel éclairage au soutien de l'Europe et des Zétazunis à la révolte des Ukrainiens de l'ouest. L'intérêt des Zoccidentaux est évidemment de bloquer ce projet russe de façon à étendre son marché, avoir accès aux ressources et aux matières premières ukrainiennes, puis à terme – poussé en cela par les USA, l'intégration du pays dans la grosse larve Europe-marché et enfin dans l'Otan, machine de guerre des multinationales yankees.

 

- Et ça, le Cosaque ne le laissera jamais faire.

 

- T'as tout compris Loulle. Et comme ici personne n'a envie de « mourir pour Sébastopol », on va lever le pied. La Crimée est et restera dans le giron russe. L'Ukraine évoluera peut-être vers une fédération entre Ukraine de l'ouest, associée à l'Europe, et l'Ukraine de l'est, associée à la Russie. Les Allemands vendront leurs usines à l'est, les travailleurs ukrainiens viendront remplacer les « plombiers polonais », les « tatiana » feront les belles nuits des coureurs de putes, et les Russes vendront leur gaz et leur pétrole. Quant aux Yankees, ils essaieront de foutre leur merde ailleurs. Ils ont déjà commencé au Vénézuela...

 

- Espérons que ça s'arrange comme ça Victor.

 

- Allez, à la nôtre et n'oublions pas que l'ours encerclé par une meute de chiens hurlants devient très dangereux ! « Nasdrovié tovarich !Tovarich ou gaspodin »

 

 

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Duodi 12 ventôse 222

 

Illustration : http://konigsberg.eklablog.com/

 

19/02/2014

Faut pas crâner avec l'Ukraine, ça fait mal au crâne.

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Ça devait arriver : on est au bord de la guerre civile au cœur de l'Europe, en Ukraine. On pourrait trouver ça comique puisque même BHL s'en mêle, mais c'est dramatiquement tragique.

 

Comment en est-on arrivé là et pourquoi ? Depuis que l'Europe a fait miroiter à l'Ukraine un partenariat rapproché, sas temporaire vers une adhésion. On peut d'ailleurs légitimement se demander - lorsque l'on voit l'état de l'Union européenne, du moins la perception négative que nous en avons de l'intérieur - comment une population peut se soulever, et même se faire tuer pour espérer adhérer à un ensemble que nous percevons comme bancal et près d'éclater... Où bien ils sont aveugles (où aveuglés !), ou bien c'est nous qui sommes des enfants gâtés.

 

L'économie de l'Ukraine est tout sauf brillante. Pour la mettre aux normes européennes et donc envisager un partenariat mutuellement positif avec l'U.E., il faudrait 150 milliards d'euros ! Or cette même U.E. a d'autres chats à fouetter et ne propose que moins d'un milliard. On est loin du compte. Dès lors, il est évident que le gouvernement en place a préféré l'offre de la Russie : 15 milliards de dollars pour financer en partie sa dette et 10 milliards de dollars de rabais sur les fournitures de gaz, indispensable à la survie économique de l'Ukraine. Mais avec aussi un engagement de coopération militaro-industrielle et un accès à la mer noire pour la flotte russe. Proposition assorti de menaces économiques lourdement incittives, comme la coupure de la fourniture de gaz.

 

Géographiquement, l'Ukraine est située entre la Russie et une ligne frontière formée par la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie. Autrement dit, entre la Russie et l'Union européenne, entre Moscou et Bruxelles. Cette dichotomie se retrouve au niveau de la population comme de l’économie. La moitié ouest de ce grand pays de près de 50 millions d'habitants est très proche de l'Europe et est peuplée de gens qui parlent la langue ukrainienne. Mais la moitié est et la Crimée sont proches de Moscou et sont peuplés d'une majorité de russophones. Le président actuel – élu (presque !) démocratiquement ne l'oublions pas – appartient à cette population de l'est.

 

Économiquement, l'ouest est agricole, mais c'est à l'est que se trouvent toutes les grandes entreprises, en particulier la sidérurgie et les métallurgies lourdes, ayant besoin de se moderniser (donc de l'Europe) mais largement tributaires de la Russie en tant que marché. Par ailleurs, les Ukrainiens ont sous les yeux l'exemple de la Pologne, pays voisin équivalent : à la sortie du communisme, disons l'année 1990, le PIB par tête de l'Ukraine (exprimé en euros courants) représentait 92 % de celui de la Pologne. Vingt ans plus tard, il équivalait à moins d'un quart. Entre les deux ? Réformes politiques et économiques d'un côté, glaciation et corruption de l'autre. Mais surtout Europe d'un côté, isolation de l'autre... Enfin, l'économie de l'Ukraine est largement tributaire du gaz russe...dont les robinets sont à Moscou ! Poutine les tient par là.

 

Il serait bon aussi de jeter un œil ouvert et critique sur certaines composantes de cette opposition qui se radicalise de plus en plus. L'extrême-droite et les néo-nazis y sont de plus en plus visibles. On y trouve encore la patte crochue de la CIA à travers des « ONG » et fondations étazuniennes très proches du gouvernement des USA. Les liens des ONG américaines avec les étudiants sont connus depuis longtemps. En 2005, le journal Libération publiait un article révélant l’appui de certaines ONG et autres fondations très proches du gouvernement américain comme Freedom House (financé par Georges Soros) ou OTPOR. Intérêts multiples pour les Zétazuniens : - affaiblir le concurrent russe ; - diluer un peu plus encore l'Europe pour l'éloigner de toute idée de puissance politique en accentuant son caractère de simple gros marché économique pour les multinationales yankees.

 

Seulement ce rapprochement avec l'U.E. - souhaité, poussé par les USA forçant la main à une Europe réticente mais si inexistante politiquement (voir les inénarables Van Rompuy et Ashton!) qu'elle s'avère incapable de résister aux pressions « amicales » de Washington – impliquerait à terme une intégration de l'Ukraine à l'Otan. Et ça, pour les Russes, c'est un casus belli. La présence d'une alliance militaire sous la coupe des USA à leur frontière : les Russes ne l'accepteront jamais.

 

Sûr que le lourd bortch russo-ukrainien va rester sur l'estomac des membres du conseil des ministres mixte franco-allemand de ce jour !

 

 

Décadi 30 pluviôse 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

28/01/2014

Au bistro de la toile : l'Ukraine pour les nuls !

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- Ah ! Victor, v'la le Poutine qui rencontre aujourd'hui nos redoutables « patrons » de l'Europe: Barroso et Van Rompuy, épaulés par la sulfureuse Ashton ! P'teng, il doit être impressionné le tsar !

 

- A peu près autant qu'un renard dans un lapinier... Sujet obligatoire : l'Ukraine.

 

- J'y comprends rien à ces histoires d'Ukraine, Victor. Pourtant, «ça m'interpelle » comme on doit dire en nov'langue. Disons que ça me fait réfléchir : ces gens manifestent depuis des semaines, dans un froid de canards sauvages, face à des légions de bourres particulièrement brutaux. Et ceci pour qui, pourquoi ? Pour se rapprocher de...l'Europe !

 

- J'ai les mêmes interrogations que toi Loulle. Nous, à longueur de palabres, à longueur de colonnes, nous crachons sur cette Union Européenne que nous rendons responsables de tous nos maux. Et pendant ce temps, à trois heures d'avion de chez nous, des gens rêvent de l'intégrer et certains se font tuer pour la rejoindre. Je t'avoue que cela me met un coup sur la cafetière. Bouffis dans notre confort, nous avons oubliés que c'est grâce à l'Europe – même mal foutue, même exécrable sous certains aspects – que nous sommes en paix, en PAIX depuis soixante ans. Et nous ne voulons pas voir que si l'Europe disparaît en tant qu'institution, il ne faudra pas vingt ans pour que la France et l'Allemagne deviennent de nouveau ennemis ! Je dis bien ennemis Loulle. Avec tous les germes de catastrophe que cela implique...

 

- J'ai fait le même raisonnement que toi Victor. Mais l'Ukraine ? Qu'est-ce qu'on en fait de ces gens qui rêvent de nous rejoindre ? On leur dit merde ? On les laisse sous la coupe des Ruskofs ?

 

- C'est pas facile Loulle. Géographiquement, l'Ukraine est située entre la Russie et une ligne frontière formée par la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie. Autrement dit, entre la Russie et l'Union européenne, entre Moscou et Bruxelles. Cette dichotomie se retrouve au niveau de la population comme de l’économie. La moitié ouest de ce grand pays de près de 50 millions d'habitants est très proche de l'Europe et est peuplée de gens qui parlent la langue ukrainienne. Mais la moitié est et la Crimée sont proches de Moscou et sont peuplés d'une majorité de russophones. Le président actuel – élu (presque !) démocratiquement ne l'oublions pas – appartient à cette population de l'est.

Économiquement, l'ouest est agricole, mais c'est à l'est que se trouventtoutes les grandes entreprises, en particulier la sidérurgie et les métallurgies lourdes, ayant besoin de se moderniser (donc de l'Europe) mais largement tributaires de la Russie en tant que marché. Par ailleurs, les Ukrainiens ont sous les yeux l'exemple de la Pologne, pays voisin équivalent : à la sortie du communisme, disons l'année 1990, le PIB par tête de l'Ukraine (exprimé en euros courants) représentait 92 % de celui de la Pologne. Vingt ans plus tard, il équivalait à moins d'un quart. Entre les deux ? Réformes politiques et économiques d'un côté, glaciation et corruption de l'autre. Mais surtout Europe d'un côté, isolation de l'autre... Enfin, l'économie de l'Ukraine est largement tributaire du gaz russe...dont les robinets sont à Moscou ! Poutine les tient par là.

 

- Alors, on les laisse tomber ?

 

- Sûrement pas, mais il serait dangereux et d'une hypocrisie sordide de leur faire miroiter une adhésion que Moscou n'acceptera jamais.

 

- Pourquoi ?

 

- Pour des raisons qui ne sont pas économiques. La Russie aurait elle-même tout intérêt à intégrer une vaste zone de libre-échange européenne « de l'Atlantique à l'Oural » comme disait De Gaulle, et même de Lisbonne à Vladivostok. Mais le « niet » est à un autre niveau.

 

- Explique.

 

- Eh bien l'adhésion de l'Ukraine à l'Europe s'accompagnerait logiquement d'une adhésion à l'Otan ! Et ça – la présence d'une alliance militaire sous la coupe des USA à leur frontière - les Russes ne l'accepteront jamais.

 

- Autrement dit, derrière ce pataquès, on trouve encore les griffes des yankees... Bon. A la nôtre tout de même !

 

 

Nonidi 9 pluviôse 222

 

Merci à Chimulus