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26/06/2013

Au bistro de la toile : le Ventoux !

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Putaing, t'as vu Victor, même Jaja... Ouais, même Jalabert, ce super sympa, gouailleur, couillu, plein de panache qui aurait taté de la seringue... Comme un vulgaire Armstrong, un sinistre Contador ou un bouffi Ulrisch... Tout fout le camp Victor... Tout fout le camp...

 

- Tè ! Loulle, Sers-nous une tournée d'EPO provençal : Eau, Pastis, Olive !Eh ! A quoi on joue. Ils se sont quasiment tous boustés à un moment ou à un autre les forçats de la route. Et depuis que le cyclisme existe. Albert Londres, en son temps, a dénoncé la manipulation, l'exploitation éhonté de ces mecs qui s'éclatent, souvent au propre comme au figuré pour engraisser quelques marchands de soupe. « Pédale Kiki, avale ce qu'on te donne et surtout ferme ta gueule, sinon... ». Sinon tu seras tricard, tu ne gagneras plus une course, adieu la « gloire », adieu le pognon...

 

- Comme tu y vas Victor...

 

- C'est comme ça. Et ce qui me gonfle les aliboffis, c'est que les médias et la vox populi se focalisent uniquement sur les cyclistes. Ce sport est le plus surveillé, donc, on y détecte plus de tricheurs. Qu'ils aillent donc voir dans le foutebole, dans le tennis, dans le rugby même, dans les courses de bagnoles sans oublier l'athlétisme...

 

- Ouais, mais le vélo, c'est quand même le top à ce sujet. Simpson y a laissé la peau...

 

- Je peux t'en parler : l'étais jeune journaliste au Provençal lorsque ça s'est passé, et j'ai suivi l'affaire de près. Simpson il avait simplement un peu plus chargé que les autres. Et puis, tu sais ce que c'est le Ventoux, Loulle ?

 

- Je ne l'ai monté qu'en bagnole, mais je m'en doute...

 

- Non. Tu ne peux pas t'en douter. Il faut l'avoir fait pour savoir. D'abord, tu t'es un peu chauffé les jambes entre Carpentras et Bédouin, pour ne pas partir à froid. Puis, au sortir de ce village, tu as quelques lignes droites d'un petit pourcentage jusqu'au fameux virage de Saint-Estève. Pas de problème. Mais à partir de là, tu attaques dans le dur : du huit pour cent. Et tu pédales, tu appuies. Tu as la forme, ça se passe bien.

Tu grimpes avec ton premier souffle... Un, deux, aspirations sur deux coups de pédales, un temps mort sur un coup de pédale, un, deux, trois, tu souffles sur trois coups de pédales. Et tu recommences. Les deux, trois premières bornes se passent comme ça. Les jambes chauffent mais tournent bien, la magnéto garde un rythme élevé mais normal...

Puis tu arrives aux sept virages. Le premier, à droite, tu te sens costaud, tu le prends à la corde, d'un coup de rein rageur. Les six autres, tu élargiras de plus en plus ta trajectoire. Tu es parti avec deux ou trois collègues, mais tu es vite seul. L'un va plus vite, ne t'accroches pas, tu le reverras sûrement plus haut, l'autre colle un peu à ta roue puis lâche... La sueur. Partout. Tu lèves tes lunettes de soleil qui sont vite mascarées. La sueur te coule dans la raie du cul.

Tu as laissé depuis quelques virages ton premier souffle. C'est maintenant un, inspiration, gueule grande ouverte, deux, expiration, sur deux coups de pédales. Tu tournes sur 39x24 mais ça ne va pas durer. Te voilà dans la partie étouffante de l'ascension, dans la forêt de cèdres, de pins Lariccio, de chênes blancs, de chênes verts. La route monte, monte... Tu guettes les bornes : sommet 12 km, sommet 10 km...

Les cigales te foutent un raffut pas possible. Tchikitchikjitchikitchikitchiiiiiiii font les grosses qui s'arrêtent et repartent pour une longue phrase d'appel d'amour. Ka ka ka ka ka font les petis cigalons, plus feignants... La sueur coule et t'aveugle. Le goudron fond par plaques. Tu bois un coup de thé froid, enfin, tiédas. Tu bouffes deux abricots secs. Et c'est long, c'est long...

Puis après quelques virages à gauche, tu arrives au Chalet-Reynard. Ouf... Un petit faux plat descendant de trois cent mètres en large virage à gauche. Tu t'étires, tu soulages ton cul qui te fait mal, tu secoues tes jambes pour décontracter tant soit peu tes muscles... Puis, virage à droite et te voilà sur la Lune, ou sur Mars. De la caillasse blanche, squelette de pierres concassées.

Tu le vois enfin le sommet. La flèche de l'antenne télé. Les bâtiments de l'ancien observatoire... A main droite, tu as cette pente qui monte vers un infini minéral. A main gauche, ta vue, si elle n'est pas trop embuée, découvre les vastes plaines provençales écrasées de soleil, avec au loin le scintillement serpentin du Rhône et l'éblouissement des serres de verres...

Et voilà maintenant le vent. Il y a toujours du vent au Ventoux. Par définition. Tu l'as toujours dans le nez. Les lacets sont longs, très longs. Tu a mis le 28 depuis longtemps. Tu n'en peux plus. Tu te demandes ce que tu fous dans cette galère... Tè, voilà deux jeunots qui te doublent sans un regard... Juste devant la stèle marquant le lieu maudit où est mort Tommy...

Tu as envie de t'arrêter. Mais tu t'engueules à haure voix : « Pédale, feignasse ! Personne ne t'as forcé, alors ta gueule et appuie, connard ! » Tè ! Voilà la fontaine de la Grave qui ne coule plus. Virage à gauche, puis longues, longues lignes droites battues par le vent, assommées par ce terrible soleil-lion. 

Le sommet est presque là, mais, putaing, il semble reculer à chaque coup de pédale. Tu te fais ton cinéma pour te donner du punch. Chacun le sien. Tu imagines à vingt mètres devant toi, une belle nana à poil sur son vélo. Elle tortille du fignedé et te montre un joufflu bien fendu et bien appétissant en tournant la tête vers toi, te regardant avec un air vicelard comme pour te dire : « Attrape-moi, et tu m'auras... ». Alors tu pédales comme un calus...

 

vélo,ventoux


Voilà le col des Tempêtes. Tu tournes à gauche, le parapet, à main droite, te découvre les montagnes riantes, domestiques, humaines de la Drôme provençale. Le vent te rafraîchit. Le voilà le sommet. A quelques coups de pédales. Une pente raide de deux hectomètres, puis virage à droite et le dernier rampaillou, brutal, jusqu'au sommet ! Ouyarff! Tu gueules ta joie ! Tu oublies ta fatigue monumentale. Tu oublies cette heure et demi de torture. Ta compagne te sèches avec une serviette et te donnes un thermos de thé chaud. Le bonheur !

 

- Putaing ! Ça m'a fatigué, Victor ! Tè ! A la nôtre...

 

Octidi 8 Thermidor 221

 

 

Merci à Chimulus.

24/02/2009

La Lionne veut un vélo électrique…

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Ma compagne, qui a parfois les côtes en long, m’a amené, l’autre jour, faire la tournée des boutiques commercialisant des vélos électriques. Bon. Pourquoi pas. Un bitard qui te permet de baruler à l’aise sans se crever le bédélet, ça paraît sympa. C’est le prix qui est moins sympa… Il varie de 900 à 1300 € environ… Alors, la Lionne continuera à pédaler allègrement sur son superbe Peugeot cadre alu à 18 vitesses, garde-boue, phare et dynamo !

Mais cette virée commerçante m’a permis de me pencher sur ce secteur d’activité : les véhicules dit « propres » marchant à l’électricité. Et ben c’est pas si évident ni réjouissant… D’abord les prix qui dépendent essentiellement de la qualité de la batterie. Celle-ci – dixit les vendeurs – doit être « au lithium ». Et, ce qu’il ne vous disent pas mais qui apparaît en tout petit dans les brochures et notices, il faut les changer au bout de 500 recharges ! Autant dire chaque année avec une utilisation pas exagérée… Mouais… Ça grève très sérieusement le prix d’utilisation de la bête !

Alors je me suis intéressé à ces fameuses batteries au lithium. Elles équipent à présent tous les téléphones portables, tous les ordinateurs portables (celui sur lequel je tape !), mais aussi toutes les bagnoles électriques présentées sur le marché !

Les producteurs de batteries au lithium s'associent avec des constructeurs automobiles comme NEC avec Nissan, Matsushita avec Toyota ou GS Yuasa avec Mitsubishi Motors. Sanyo, leader mondial dans le domaine des batteries lithium-ion, est en pourparlers avec Volkswagen. Certains pays ou entrepreneurs comme Shai Agassi, partenaire de Renault dans le développement des voitures électriques, ont d'ailleurs bâti des projets de stations de recharge de batteries comme la " Better Place ".

Tous reconnaissent les vertus de ces batteries au lithium : plus légères, plus petites et plus puissantes, elles demandent peu d'entretien et augmentent les économies de carburants.

Mais les constructeurs, de General Motors avec la Chevrolet Volt prévue en 2010, à BMW avec sa Mini électrique, en passant par Mercedes avec ses Smart électriques ou Toyota et sa nouvelle Prius, auront-ils les moyens d'alimenter leurs batteries en lithium ?

salar-de-uyuni.jpgLe lithium est un métal mou et rare, issu de flaques de sel, et essentiellement présent en Amérique du Sud. La Bolivie est l'eldorado du lithium, grâce à son lac salé Salar de Uyuni qui abrite à lui seul 40 à 50 % des réserves mondiales. Mais ce site est protégé pour sa splendeur, limitant alors les possibilités de son exploitation. C'est dans cette perspective que le président du pays Evo Morales a signé un décret pour installer un site national d'exploitation très réduit.

L'Argentine et le Chili sont aussi riches en lithium, ces trois pays recouvrant 70% des réserves mondiales.
Une polémique existe quant à l'épuisement des réserves mondiales de lithium. Les plus optimistes, comme le gouvernement américain, évaluent les réserves à 11 millions de tonnes environ, voire 14 millions selon l'expert R.Keith Evans.

Mais d'autres sources comme le cabinet français Meridian International Research limite la durée d'exploitation du métal aux environs de 2015, date à laquelle il ne restera que 234.000 tonnes de lithium, soit de quoi alimenter uniquement les téléphones mobiles ou les ordinateurs, mais pas les voitures électriques. Chaque batterie de voiture demande en effet entre 2 et 3 kilos de lithium, alors que les ordinateurs n'en réclament que quelques grammes.

auto électrique.jpgBen tout ça c’est pas très réjouissant…. A mon humble avis de béotien, c’est pas demain que les bagnoles, scooters et vélos électriques encombreront les rues et les routes… En effet, le lithium extrait pourrait servir à produire environ 8 millions d’autos (de type Chevrolet Volt) par an, ce qui en regard des 60 millions de bagnoles produites actuellement chaque année ne fait effectivement pas beaucoup !

Quant aux cours du lithium, ils suivent une évolution à la hausse exponentielle ! La demande ayant explosé, notamment pour la production de batteries en lithium-ion pour le marché de l’informatique et de la téléphonie, le prix du lithium est passé d’environ 350 dollars la tonne en 2003, à près de 3000 dollars en 2008 !

Il semble aujourd’hui évident que la technologie lithium ne pourra pas être généralisée à l’ensemble de la demande. Alors ? Les piles à combustible ? Les bagnoles à l’hydrogène ? Pas très au point tout ça.

auto Nègre.jpgRaison de plus pour développer…les bagnoles à air comprimé du père Nègre ! Une invention bien françouaise celle-là mais…Que ces cons de constructeurs français ont abandonné à…Tata, le géant indien !