24.02.2010
Au bistro de la Toile : la viande « hallal » fourni le pognon qui est le nerf de la guerre menée par les intégristes contre la République...

- Oh ! Loulle ! Ce plat du jour que tu sers à tes clients, il est hallal, cascher ?
- Je ne m'occupe pas de ces conneries Victor. Mon plat du jour, il est tout simplement BON ! Et c'est suffisant. Tout ce ramdam fait autour de ces clapoirs à mange-merde de Quick, c'est de l'enfumage de terrier...
- Entièrement d'accord avec toi Loulle. Il n'empêche que manger « hallal », c'est financer les organisations islamistes.
- Comment ?
- Parce qu'une redevance est perçue par les organisations islamiques assermentées, au kilo de viande certifiée halal.
- Au fait, c'est quoi « hallal » ?
- C'est - comme pour le « casher » juif - un rituel d'abattage des animaux destinés à la consommation. Lorsque j'étais jeune journaleux, j'ai assisté à un abattage rituel juif, à l'abattoir d'Avignon-Le Pontet, maintenant fermé. La vache est poussée entre deux solides flancs verticaux qui se serrent pour la maintenir, avec également des sangles. Le système est monté sur un axe horizontal. La vache est alors brusquement retournée, les pattes en l'air qui gigotent désespérément pour chercher un sol qui a disparu. La tête pend en arrière. Le bestiau, paniqué au plus haut point souffle, meugle, roule des yeux plein de terreur. Le guignol « sacrificateur » sort alors un long et large couteau affuté comme un rasoir. Consciencieusement, en prenant son temps, il découpe en sciant lentement tout le cou du bestiau, jusqu'à l'os. Alors là, ça crache d'énormes flots de sang. Comme le bestiau souffle par la trachée artère tranchée, il t'espousse du raisiné partout, de la peinture au pistolet ! Y en a partout. Le guignol fait ses salamalecs puis le bestiau martyrisé est dégagé de ses sangles et part au découpage...
- Putaing ! Je suppose qu'hallal, c'est pareil.
- Y a que probablement que le guignol qui change. Le produit « à label religieux » ne se distingue pas d'un autre produit, sauf par un « rite » de traitement (technique d'abattoir, en général rustique comme tu viens de voir !) et surtout par une taxe, redevance ou dîme prélevée par une association « rituelle ». Trois mosquées ont l'autorisation de la certification du ministère de l'Intérieur, en charge des cultes : Paris, Évry, Lyon.
Ces trois mosquées revendent le droit à la certification religieuse et des cartes de sacrificateurs ; sacrificateurs permanents ou intermittents (pour la journée de l'Aïd). Donc il y a des associations qui se partagent le marché avec les mosquées, aussi bien au niveau des abattoirs que des boucheries. Principalement l'association AVS (A Votre Service, basée en région parisienne Saint- Denis : Porte de Paris). C'est une filiale de l'UOIF, association loi de 1901, dont le but est « la satisfaction d'Allah le très haut » ! À la question d'évidence, comment obtient-on la carte de sacrificateur, l'absence de réponse est surprenante. Les services du ministère de l'Agriculture, sensés être informés de la liste des sacrificateurs agréés, réclament les noms aux mosquées, sans succès.
Il n'y a, à leur avis, aucune formation demandée. Évidemment, les services de l'Etat ne peuvent intervenir sur les critères religieux : pas d'anesthésie, bêtes tournées vers la Mecque, aucun contact avec des bêtes non licites, etc.
Les recettes des associations percevant des redevances formidables sont-elles soumises à l'impôt ? Silence. La liste des agréments est- elle publique pour protéger les consommateurs des fraudes ? Cherchez-la. Bon courage !
- Autrement dit, la viande « hallal » fourni le pognon qui est le nerf de la guerre menée par les intégristes contre la République...
- T'as tout compris Loulle !
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07.02.2010
Gastronomie de RESISTANCE : le Cassoulet !
Bou du con ! J’arrive de Toulouse. Alors, pour la recette dominicale, il y en a une qui s’impose, c’est évidemment l’incontournable cassoulet !
D’autant plus que son histoire remonte à une époque qui a vu le déferlement des sauvages franchimands à la conquête des riches terres hautement civilisées du Sud.
La « croisade solferinienne » contre l’un des plus puissants barons du Midi, ça ne vous rappelle rien ? « Brûlez-les tous, dieu reconnaitra les siens… »

Le Cassoulet de Paulette
En ce temps là, petit, les terres occitanes
Subissaient les horreurs des foudres vaticanes.
La conjonction rapace de talibans papistes
Et de seigneurs brumeux aux vues colonialistes
Jetait en pays d'Oc des hordes franchimandes.
Ils tuaient, ils violaient, ces barbares en bandes,
Saccageant les campagnes, pillant villes et bourgs,
Exterminant le peuple, brûlant les troubadours.
Sous les exhortations de l'affreux Dominique
Ils cramaient les parfaits, sous le nom d'hérétiques.
Ces bœufs au front obtus, à l'ombre de leur croix
Menaient honteusement, pour leur pape et leur roi
La razzia des voleurs: la guerre de conquête.
Finies les Cours d'Amour, place au bal des squelettes.
- Ces temps étaient bien durs, ces gens étaient bien laids
Mais, Victor, on devait parler du cassoulet!
- Exactement, petit. Ouvre ce Saint-Nabor
Et buvons à la Dame Jéhanne de Lavaur,
Car c'est elle qui, en ces périodes troublées,
Au front de l'ennemi, créa le Cassoulet!
Ah ! Il fallait la voir notre Dame Jéhanne,
Indomptable, farouche et belle comme Diane,
Culbutant les marauds, écrasant les soudards,
Taillant et estoquant Franchimands et Picards,
Plus de six pieds de haut et lourde d'un quintal,
Sa crinière de geai et ses yeux de cristal,
Galvanisaient le peuple assiégé de la ville
Et glaçaient de terreur les assaillants débiles.
Tous abordaient l'hiver de l'an mille cent onze.
Les rives de l'Agout changeaient leurs ors en bronze,
Les assiégeants, menés par Simon de Montfort
S'efforçaient d'affamer le peuple de Lavaur,
Place fortifiée entre Albi et Toulouse,
Capitale du Sud, de son honneur jalouse.
L'Occitanie d'alors était démocratique,
On discutait de tout sur la place publique,
On s’aimait, s'entraidait, partageait l'assiettée,
Les maîtres mots étaient Amour et Liberté.
Dans Lavaur étranglée, la position est grave.
Jéhanne alors regroupe et harangue ses braves:
- « Monfort veut notre peau, il devra payer cher,
Ne nous nourrissons pas d' avés et de paters !
Amenez tous céans ce qui se peut manger,
Tout ce que vous avez, nous l'allons partager. »
Et chacun apporta, de caves et greniers,
Qui des tours de saucisses, qui des cochons entiers,
Qui des canards confits, qui de la graisse d'oie,
Qui des sacs de Pamiers, qui des fèves de Foix.
Dans de vastes chaudrons on fit cuire le tout.
C'est ainsi que naquit le célèbre ragoût,
L'un des plats les meilleurs qui se puisse avaler,
Puissant, tonitruant, fondant: le Cassoulet!
De Castelnaudary à Toulouse et Lavaur
De Castelsarrasin à Pamiers et Cahors,
Des berges de l'Ariège aux rives de Garonne,
Du château de Phoebus aux tours de Carcassonne,
Le cassoulet est roi, le cassoulet est maître,
Il donne à ses sujets plénitude et bien-être,
De tout le Sud-Ouest il est le plat fanion
Symbole de l'union et de la rébellion.
Voici comment le fait Paula de la Verrière,
Jéhanne d'aujourd'hui, grande, forte et altière.
Les premiers ingrédients, ce sont les haricots,
Il te faut des Pamiers, ou sinon des Cocos.
S'ils sont secs, trempe-les avant de mettre à cuire,
S'ils sont frais, dans de l'eau, tu les mets à blanchir
Demi-heure environ, toujours à gros bouillons,
Du sel évidemment et des petits oignons.
Lorsque les haricots sont souples sous le doigt
Tu égouttes et réserves, au chaud comme il se doit.
Range de belles couennes au fond de la marmite,
Place tes haricots par dessus tout de suite,
Un carré de cochon frotté d'ail et de sauge,
Quelques tours de saucisse, de Foix, Toulouse ou Auch,
(À Toulouse on y met un morceau de mouton,
À Castelnaudary, seulement du cochon),
Trois tomates en quartiers, mondées, épépinées,
Un saucisson de couennes et du petit-salé,
Quelques clous de girofles, poivre, bouquet garni.
Tu mouilles avec le jus où les fayots ont cuit,
Tu couvres et tu mets pour trois heures à feu doux.
Va-t'en boire un canon, et oublies ton faitout.
Deux heures après tu ouvres et vérifies le plat,
Si besoin est, rajoute du bouillon, juste un doigt,
Tu poses sur le tout - avec quelle allégresse!
Des cuisses de canard confit, avec leur graisse.
Tu fermes de nouveau et remets sur le feu,
Ou plutôt dans le four, une bonne heure ou deux.
Pour l'onctuosité - c'est un secret, écoute!
Sept fois, à la cuiller, tu casseras la croûte
Qui se forme au-dessus de ton plat qui mijote,
Fait délicatement, avec tact et jugeote.
Ton cassoulet est prêt, met l' oulo sur la table
Et sert à tes convives des portions équitables.
Accompagne ce plat d'un vin rouge puissant,
Cairanne, Châteauneuf, Gigondas ou Visan.
Dégustant ce fleuron des cuisines de France,
Tu manges, avec Jéhanne, un plat... de Résistance!
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc
Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.
Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 2 kg de haricots frais, des pamiers, des cavaillonnais, des cocos de Paimpol, à la rigueur des soissons (avec des haricots secs, divisez cette quantité par deux et faites tremper une nuit avec un peu de bicarbonate), - 3 couennes de cochon, - 1 carré d'un demi kilo de cochon (rouelle ou filet), - 1 kilo de saucisse de Toulouse, - 1 saucisson de couenne, - éventuellement 1 demi kilo de mouton (morceaux pour ragoût), - 2 hectos de petit-salé en dés, - 6 cuisses de canard confit, - 6 gousses d'ail, - 6 feuilles de sauge (fraîche ou sèche), - 1 oignon piqué de six clous de girofle, - 3 tomates coupées en quartiers, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil), - 2 cuillerées à café de poivre noir, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - de l'eau à la demande (pour cuire les haricots).
Les vins conseillés:
A plat puissant, vins généreux. Pour le cassoulet, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du-Comtat, Beaumes-de- Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.
En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou...Corbières, Collioure.
En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.
Sans oublier, bien sûr, les Gaillac, les Madiran, les Cahors et les Pécharmant.
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31.01.2010
Ouiquinde gastronomique: Le bœuf à l'Hermitage des mariniers de Condrieu

Au sortir de Lyon, le fleuve - lourd des masses
De séracs écroulés, et des torrents de glace,
Et des prairies de neige, et des mers domestiques
Qu'a enfanté pour lui la vigueur helvétique
Se joint à l'opulence des grandes eaux de Saône
Pour mériter enfin son nom de Dieu: le Rhône.
Il plonge vers le Sud voluptueusement
Pour créer sa vallée de soleil et de vent.
Il féconde en roulant, et la terre, et la pierre
Pour engendrer la Vigne et ses grains de lumière.
Dans le Septentrion, les vignes du vertige,
Sur les coteaux du Sud, celles du Félibrige.
Vignerons sur les roches, mariniers sur les eaux,
Qui avec ses tonneaux, qui avec ses bateaux,
Les hommes du grand fleuve étaient tous des gagneurs
Car à fleuve divin, il sied d'être un seigneur.
En ces temps là, petit, le Rhône était un dieu
Et sa Jérusalem était à Condrieu.
Ce bourg de pierres blondes, entre l'eau et les vignes,
Engendra les meilleurs, les plus forts, les plus dignes
De ces seigneurs du fleuve. Ah ! il fallait les voir
Les longs trains de bateaux, lorsque tombait le soir
S'arrimer à la rive. Vingt-cinq hommes par rigue
Et autant de chevaux débarquaient dans le bourg
Pour boire, manger, chanter et chasser la fatigue,
Pour se battre parfois, et pour faire l'amour.
Partout dans les auberges, les troquets, les bord' eaux
On débitait friture, vin fort et fricandeaux,
Mais ce que préféraient, avant l'appareillage
Les mariniers, c'était le bœuf à l'Hermitage.
Ce petit port du Rhône, en face de Tournon,
Escarpe sa syrah aux flancs d'un mamelon
Et produit l'un des meilleurs vins rouges qui soit,
Puissant comme un volcan, souple comme la soie.
C'est dans sa robe pourpre que les bons cuisiniers
Mettent à mariner le bœuf des mariniers.
Deux kilos et demi de paleron d'Aubrac
Coupés en gros morceaux et disposés en vrac
Dans un profond faitout avec thym et laurier,
Sel, poivre du moulin et un bel ail entier,
Un verre d'huile d'olive, du marc de Condrieu
Ainsi qu'une bouteille d'Hermitage un peu vieux.
Le lendemain matin, tu fais la retirade
Du bœuf bien imprégné avec ta marinade.
Dispose les morceaux dans un poêlon onché,
Avec plusieurs oignons grossièrement hachés.
Alterne bien les strates de viande et de légumes,
Pour finir, une couche d'oignons de beau volume.
Verse sur l'appareil ton jus de marinade,
Fait cuire à feu très doux, couvert, à l'estouffade.
Un quart d'heure plus tard, du vinaigre, un bon verre,
Ainsi que de gros sel une bonne cuillère.
Tu laisses encore un heure mijoter au frisson.
Pendant ce temps, prépare donc la liaison.
Tu haches finement deux anchois dessalés
Avec deux gousses d'ail, du persil ciselé,
Deux cornichons hachés, saupoudre de farine,
Mouille avec la bonne huile d'olive comtadine.
Puis verse doucement ce bol de liaison
Pour bien l'incorporer à la préparation.
Tu laisses mijoter encore cinq minutes
C'est prêt, tu sers très chaud, et la fête débute.
En accompagnement, quelques pommes vapeur,
Ou bien des pâtes fraîches, et vive le bonheur!
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Vallée du Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.
Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 2,5 kilos de paleron de bœuf d'Aubrac (si possible), - 2 verres d'huile d'olive de la vallée des Baux, - 1 verre de marc, - 1 bouteille d'Hermitage, - 1 verre de vinaigre, - 4 gros oignons, - 2 gousses d'ail, - 2 anchois en filets, - 2 cornichons, - sel, poivre, thym, laurier, farine, - 2 kilos de pommes de terre vapeur ou 1 kilo de pâtes fraîches.
Les vins conseillés:
Essentiellement des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales: - Condrieu, - Hermitage, - Crozes-Hermitage, - Côte-Rôtie, - Saint-Joseph, - Cornas.
In : Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s – Jean-Victor Joubert
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09:42 Publié dans Chasse/Pêche, Cuisine/Gastronomie, Culture, littérarure, poésie, Traditions, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, poésie
26.01.2010
A vendre ? ou à racheter...

« Regardez s’ils sont beaux mes enfants d’Haïti !
Vaccinés, tatoués, ils sont sains et gentils,
Même pas le sida, même pas la vérole
Elevés sous la mère, de la bonne bestiole !
Je vous les vends au poids ou bien à l’unité
C’est vous qui choisissez, je ne suis pas buté.
Les bébés sont plus chers, les ados sont en solde,
S’ils n’ont pas de dossiers, je vous les passe en fraude
Car de toute façon, c’est exact, je l’avoue
Ici c’est le foutoir, ils seront mieux chez vous »
Dans les boites à bruits, les étranges lucarnes
La mort ne fait plus vendre : c’est laid, ça pue la carne,
Faut se renouveler, susciter l’émotion,
Ce qui se vend, Kiki, c’est les trucs d’adoption !
Regardez-les gueuler tous ces achadoptants !
Ils les veulent ces gosses ! Ils ont payé comptant !
Ils ont les couilles en deuil et les ovaires sèches
Mais en veulent pourtant de la bonne chair fraiche.
Sûr qu’ils vont les aimer ces jolies têtes brunes
Sûr qu’ils vont les sortir de leur triste infortune
Mais en les arrachant au trou du cataclysme
Est-ce pour ces enfants ? Ou bien par égoïsme ?

Et pourtant… Et pourtant, le sort de ces enfants,
Bien que déracinés, est plutôt triomphant
Lorsque l’on le compare à l’horreur intrinsèque
De ces enfants esclaves appelés « restaveks ».
Pauvres parmi les pauvres, vendus par leurs parents
A des un peu moins pauvres ou bien au plus offrant
Dès l’âge de quatre ans. Ils sont bêtes de somme,
Domestiques gratuits, objets de baisodrome,
Esclaves sexuels, tristes souffre-douleurs
D’une société insensible à leurs pleurs.
Mal nourris, maltraités, mal logés, mal aimés
Les « restavek » sont là pour se taire et trimer,
Toujours premiers levés, toujours derniers couchés…
Toujours frotter, laver, astiquer, éplucher…
Leurs mains en sont usées, élimées et meurtries…
Leurs épaules voûtées, leur pauvre peau flétrie…
Et dans leurs yeux baissés se cache la souffrance
Qui accable toujours les êtres sans défense.
S’ils peuvent échapper à leur « famille d’accueil »
Leur liberté gagnée reste en trompe-l’œil :
Ils seront « kokorats » (parasites en créole) ;
Mendiants, gosses de rue, les gangs sont leur école.
Alors la compassion, la générosité
Envers ce peuple ami que la calamité
Vient une fois de plus de jeter dans le deuil
Les quelques sous sortis de notre portefeuilles
Seront enfin utiles aux enfants d’Haïti
Lorsque ces « traditions » seront anéanties.
08:43 Publié dans à l'attaque !, Actualités, poésie, poésie de combat, Politique, Résistance, Traditions, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enfants d'haïti, restaveks
24.01.2010
L’andouille au Côte-du-Rhône

Mettez donc à tremper un kilo de fayots
De Paimpol ou Pamiers, si possible bio
Et pour, de votre anus, éviter la cantate
Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.
Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins
Une andouille de porc choisie avec grand soin
Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson
Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots
Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,
Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,
Deux carottes en rondelles, trois oignons en quartiers,
Un peu de céleri et de l’ail écrasé
Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.
Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres
De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.
Faites frémir une heure à feu non emballé,
Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.
Remettez en cuisson pour que les haricots
Soient fondants à souhait sans être musicaux.
Servez le plat bien chaud en deux plats séparés,
Avec un peu de beurre, du persil ciselé.
Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

08:31 Publié dans Bons plans, Bouffe, Cuisine/Gastronomie, Culture, Economie, poésie, Traditions | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gastronomie, andouille
23.01.2010
Ouiquinde paillard !

Narguons les pédants, les dévots,
Qui veulent effrayer nos âmes;
Aimons en dépit des cagots
Les vins vieux et les jeunes femmes.
Dieu créa pour notre bonheur
La beauté, le jus de la treille.
Je veux ce soir en son honneur
Chanter le con et la bouteille.

On ne peut pas toujours bander
Au vit le temps borne l’usage.
Il n’est qu’un temps pour bien baiser;
Pour bien pinter, il n’est point d’âge.
Vieillards, avec vos froids couillons,
Sachez mieux employer vos veilles :
Quand on ne bouche plus de cons,
Il faut déboucher des bouteilles.

Dans les bassinets féminins,
Quand on a brûlé trop d’amorces,
Quelques bouteilles de vieux vins
Au vit rendent toutes ses forces.
Amis, plus on boit, plus on fout:
Un buveur décharge à merveille...
Enfin, le vin, pour dire tout,
C'est du foutre mis en bouteille.

Par malheur, depuis quelque temps,
Pour punir nos fautes maudites,
Le ciel a fait les cons trop grands
Et les bouteilles trop petites!
Grands dieux, accordez-moi le don
De pouvoir, par une merveille,
Trouver toujours le fond d’un con,
Jamais celui d`une bouteille.
Dans l’Olympe, séjour des dieux,
On boit, on patine des fesses,
Et ce nectar si précieux
N’est que le foutre des déesses.
Si j’y vais un jour, Apollon
Ne choquera plus mes oreilles:
A Vénus je saisis le con,
A Bacchus je prends sa bouteille.

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16.01.2010
Au Bistro de la Toile : l’agneau à face humaine !

- - Fait-toi voir Loulle ! Tourne un peu la tête…Là. Comme ça…
- - Oh ! Victor, qu’est-ce que t’as ? T’es en train de virer ta cuti ou quoi ?
- - Non, Loulle, mais…
- - Mais quoi ?
- - Ben, je trouve qu’il te ressemble…
- - Qui ?
- L’agneau à tête humaine. T’es bien allé en vacances en Turquie il y a quelques mois ?
- Ben, ouais…
- Et en célibataire en plus ?
- Ben, ouais…
- Bè ! alors je crois que tu es père.
- T’es con ou quoi Victor ?
- Tè ! Regarde cette photo dans le journal.
- Mais c’est un journal anglais ! Le Daily Telegraph. Je lis pas le Rosbif moi, je le bouffe. Comme les côtelettes…
- Les côtelettes d’agneaux ?
- Ouais. J’adore. Et en Turquie, c’est pas ce qui manque.
- Tu es sur le chemin de l’aveu Loulle ! Regarde bien cette photo : c’est un agneau à face humaine ! Et…si, Loulle, y a quelque chose de toi ! C’est frappant.
- Qu’il est con ce Victor. Et qu’est-ce qu’il dit l’article ?
- Je te traduis : « Une brebis donne naissance à un agneau à face humaine. L’agneau est né dans un village proche de la ville d’Izmir, en Turquie. Erhan Elibol, un vétérinaire de 29 ans, a pratiqué une césarienne pour sortir un agneau mort-né, mais il a été horrifié de voir que l’agneau présentait une étonnante ressemblance – les yeux, le nez, la bouche - avec une face humaine. »
- Tè ! Victor, je me sens tout estransiné. Buvons un coup, c’est ma tournée…
- …de jeune père ! Ça me rappelle une histoire de bergers. C’est un jeune berger « citadin retour à la terre », frais émoulu de l’école de Salon, qui monte pour la première fois en estive au-dessus de Jausiers, sur le col de Restefond. Les journées sont longues et les nuits encore plus. Il demande aux autres pastres comment on fait pour… enfin pour les choses du sexe. Adrien, son « pelo », un vieux de la vieille lui dit : « Ben, les femmes, y en a pas beaucoup. Mais t’as mille brebis et douze chèvres ! Je te conseille plutôt les chèvres ». Le lendemain, au repas commun du soir, Adrien et les bergers – qui ont espinché le jeunot et l’on vu opérer, se fendent la gueule en se moquant de lui. Celui-ci, rouge de honte, leur dit :
- « Putaing, vous m’avez pris pour un con. C’est des conneries la légende des bergers qui se tapent leurs bêtes… Et moi, comme un bédigas, j’ai marché.
- Eh non, fadoli ! Mais c’est que t’as choisi le plus moche ! »
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26.12.2009
Joyeux Noïo hel à tous

- Oh ! Victor. Comment, toi, un mécréant tonitruant, un athée proclamé, toi qui bouffe du curé comme de l’imam et du rabbin, tu fêtes Noël ? Tu fêtes la naissance du petit Jésus ? Oh ! Où on va comme ça ? Tu nous ferais pas une crise de foi au moins, non ?
- Rassure-toi Loulle. C’est pas demain que je vais tourner casaque. Bien sûr, ces « fêtes » de Noël dégoulinantes de conneries, surtout et avant tout dévolues au culte du dieu Commerce, me gonflent les aliboffis. Mais comment faire autrement tant la pression commerciale, la force d’inertie de la tradition » sont fortes. Mais ne nous laissons pas abuser par les curés et leur « petit Jésus » ni par les marchands avec leurs gros débile en rouge, symbole de cacacola chez les Zétazuniens.
Beaucoup ignorent que le mot "Noël" est un terme païen bien antérieur au christianisme. L'origine la plus vraisemblable du mot Noël ne serait pas le latin natalis dies (jour de naissance) mais le gaulois noïo hel signifiant «nouveau soleil».
- …taing ! Là tu deviens trop savant pour nous Victor. Mais continue, ça m’intéresse.
- Eh bien l'interprétation latine traditionnelle de l'origine du mot Noël viserait à occulter les origines pré chrétiennes de la fête qui trouve sa source dans le culte de Mithra (dieu du «soleil invaincu») chez les Romains et dans les autres fêtes de solstice des pays nordiques.
Avant la réforme du calendrier par Jules César, le solstice d'hiver correspondait au 25 décembre du calendrier romain de l’époque et les festivités ont continué de se tenir à cette date même après que le solstice eut correspondu au 21 décembre du calendrier julien. Le solstice d’hiver, je te le rappelle, c’est lorsque les jours recommencent à grandir, signifiant le renouveau, l’espoir que l’on fête dans la joie.
- Là tu nous embrouilles Victor.
- Pas du tout. Étymologiquement parlant, les laïques, les libres penseurs et les athées – dont Mézigue - ont donc toutes les raisons du monde de se souhaiter « Joyeux Noïo hel » (joyeux nouveau soleil) devenu Joyeux Noël, et ce faisant ils n'empruntent rien à la religion chrétienne !
- Bon. Tu nous rassures Victor. Alors levons nos hanaps gaulois à « Noïo hel » !
08:51 Publié dans Actualités, Culture, Traditions | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : noël, gaulois
24.12.2009
Eroticonte: Dernier cadeau du Père Noël!

Dernier cadeau du Père Noël…
Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.
Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…
Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !
Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme se fait éclater devant la glace deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.
Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…
Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».
Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.
Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.
Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël. Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons toutes ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.
N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.
Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!
La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.
Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle était venue.
Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.
Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !
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Eroticonte: Dernier cadeau du Père Noël!

Dernier cadeau du Père Noël…
Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.
Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…
Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !
Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme se fait éclater devant la glace deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.
Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…
Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».
Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.
Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.
Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël. Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons toutes ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.
N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.
Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!
La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.
Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle était venue.
Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.
Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !
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