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24/09/2017

Ouiquinde gastronomique aux Oktoberfest !

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Ursula

 

Ursula la Germaine avait grand appétit

De mâles vigoureux, qu’ils soient grands ou petits.

Jeannot, Bruno, Gaby goûtèrent à ses charmes

Et, tout gaillards qu’ils fussent, durent rendre les armes.

 

Aux fêtes de la bière, à Munich, en automne,

Les mœurs sont débridées et les femmes teutonnes

Épinglent les amants qui goûtent leurs peaux lisses

Dans une orgie de bruit, de bière et de saucisses.

 

Ursula convoqua deux autres walkyries

Et nos Pieds Nickelés, défendant la patrie,

Montèrent hardiment les fougueuses cavales,

 

Dépensant sans compter leur vaillance de mâles.

Au matin, portant haut leur vanité de coq,

Ils rentrèrent en France… avec des gonocoques !

 

Pour Ursula : Le bœuf au paprika

 

- Eh bien, vois-tu Victor, si tes Pieds Nickelés

Étaient sortis couverts pour mieux batifoler

Au lieu de pérorer comme des coqs minus

Ils auraient évité ces cadeaux de Vénus !

Mais qu’avaient-ils mangé pour être performants

Car les excès de bière n’aident pas les amants !

- À Munich il n’y a pas que choucroute et saucisses,

On trouve des plats hongrois qui sont de vrais délices.

Savoureux entre tous, le bœuf au paprika,

Particulièrement tonique bien que très délicat.

Coupe en portions du bœuf choisi dans la culotte,

Fais-le dorer à l’huile d’olive dans la cocotte,

À feu vif mais en tournant bien tous les morceaux

Pour qu’ils prennent couleurs recto comme verso.

Tu mets trois gousses d’ail, de la coriandre en grains,

Deux feuilles de laurier, sel, poivre du moulin,

Trois grandes cuillerées à soupe de paprika.

Arrose bien tout ça d’un verre de muscat,

Rajoute de l’eau chaude, couvre et cuis vingt minutes.

Respire ces parfums s’échappant en volutes,

C’est déjà un plaisir sensuel pour le nez,

Ne sois pas impatient, ce n’est pas terminé.

Prépare six poivrons, trois rouges et trois verts,

Coupe-les en lamelles, mets-les dans ta braisière,

Rajoute trois oignons correctement hachés,

Cuis encor dix minutes, c’est le temps d’éplucher

Quelques pommes de terre, puis coupe-les en dés

Et mets-les dans ton plat, attention, sans tourner.

Tu rajoutes un peu d’eau, puis six belles tomates

Coupées en huit morceaux, saupoudrées d’aromates.

Tu vérifies que soit bien fermé ton faitout

Et finis la cuisson un quart d’heure à feu doux.

Ce plat revigorant, puissant quoique subtil

À de quoi relancer les ardeurs érectiles

D’un régiment entier de cosaques du Don,

De tes Pieds Nickelés, à plus forte raison !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

1 kg de bœuf dans la culotte, - 3 gousses d’ail, - 12 grains de coriandre, - 2 feuilles de laurier, - 3 cuillères à soupe bombées de paprika, - 3 poivrons rouges, - 3 poivrons verts, - 3 oignons hachés, - 6 pommes de terre, - 6 grosses tomates, - 1 verre de muscat (de Beaumes-de-Venise si possible), - sel, - poivre du moulin.

 

Photo X - Droits réservés

31/08/2017

Pollution : je vais chez Loulle boire l’apéro, mais j’y vais à pied !

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Photo X - Droits réservés

 

Quand j’aurai le temps, j’aurai honte… Honte de mon comportement citoyen déplorable qui porte atteinte à l’existence même de la planète et met en danger la vie de milliers d’innocents ; en effet, je suis redescendu de mes quartiers d’été sur les Hautes Terres du Gévaudan pour rejoindre mes pénates provençales. La honte, c’est que j’ai fait ce voyage dans ma petite bagnole, et que cette caisse marche au diesel ! Oui, vous avez bien lu, au diesel !

La honte donc. Enfin, celle qu' « on » voudrait nous insuffler, à nous, les ignobles salauds qui roulons en petite bagnole diesel ! Et pour nous remettre dans le droit chemin, on va nous taxer un peu plus. Bof, on a l’habitude et en fait on s’en fout. Mais l’embrouille c’est de vouloir nous culpabiliser pour camoufler l’arnaque : le passage de millions d’automobilistes du diesel vers l’essence, compte tenu de la plus grande dépense de carburant des voitures à essence, rapportera des millions voire des milliards de plus en taxes à l’État !

Bon. Voilà. J’ai fait mon caca nerveux. Maintenant on va parler plus sérieusement de la pollution, de ses dangers, de ses véritables responsables. Et de la mondialisation qui nous amène, depuis le bout du monde, l’essentiel des produits que nous consommons. Autant que les faibles coûts de main-d'œuvre, ce sont les coûts dérisoires du transport maritime qui saccagent nos industries et jettent au chômage des millions de pauvres types… Parce que 95 % ces produits arrivent dans les soutes d’énormes cargos et sur les ponts de gigantesques porte-conteneurs.

Les données confidentielles fournies par les initiés de l’industrie maritime en fonction de la taille du moteur et de la qualité du carburant généralement utilisé par les navires et les voitures montrent que seulement 15 des plus grands navires du monde peuvent émettre autant de pollution que toutes les 760 millions de voitures du monde. Le carburant de soute de navire de faible teneur (ou le mazout) a jusqu’à 2 000 fois la teneur en soufre du carburant diesel utilisé dans les automobiles européennes, asiatiques et américaines. La pollution des 90 000 navires de charge mondiaux entraîne 60 000 décès par an et coûte jusqu’à 330 milliards de dollars par année dans les coûts de santé liés aux maladies pulmonaires et cardiaques ! Voilà qui relativise les dangers générés par ma petite Sandero diesel…

La pollution par les navires reste l’une des parties les moins réglementées de notre système mondial de transport. Aujourd’hui, les entreprises maritimes ne réalisent pas moins de 450 milliards de dollars de bénéfices. Entre les mains d’une poignée de personnes, ces entreprises contrôlent notre système de consommation. De plus, chaque année, on comptabilise 122 naufrages, soit un naufrage tous les trois jours pour des navires de plus de 300 conteneurs. Tous les ans, 1,8 million de tonnes de produits toxiques contaminent nos mers, soit 5 000 tonnes par jour. C’est ce qu’on appelle les « marées blanches ». Bonjour les dégâts !

Une seule organisation a les moyens de prendre des mesures restrictives pour faire cesser ce scandale et cette tragédie, c’est l’OMI (Organisation Maritime Internationale) qui siège au sein même de l’ONU. En revanche, celle-ci est dirigée par les pays possédant les plus grandes flottes de cargos. Et qui sont-elles ? Le Panama, le Liberia et les Îles Marshall… Des pays qui permettent à ces navires de complaisances de passer inaperçus dans les hautes mers. L’OMI est donc aux mains des pays qui vendent leur nationalité aux armateurs les moins consciencieux. Ils ont donc tout pouvoir, ils ont le droit de vie et de mort… Mais c’est motus et bouche cousue.

Le transport maritime est responsable de 18 à 30 % de la pollution mondiale des oxydes d’azote (NOx) et de 9 % de la pollution mondiale par oxyde de soufre (SOx). Un grand navire peut générer environ 5 000 tonnes d’oxyde de soufre (SOx) en un an.

La Chine est devenue l’atelier de fabrication de l’essentiel des produits consommés dans le monde. Ces produits, il faut bien les transporter. Ça se fait donc par mer. Une nouvelle génération d’énormes conteneurs intercontinentaux, longs comme quatre terrains de football, a été développée : ils sont extrêmement rentables. Cependant, il utilise des moteurs diesel aussi puissants que les centrales électriques terrestres mais avec un carburant de qualité très inférieure puisqu’il s’agit des déchets du raffinage.

On pourrait élargir le débat aux avions, autres énormes pollueurs qui échappent largement à la réglementation, ou encore à l’agriculture et à ses tracteurs monstrueux. Sans oublier les poids lourds et les autobus, qui s’arrangent toujours pour échapper aux taxes qui retombent sur les malheureux automobilistes.

Bon, je vais chez Loulle boire l’apéro. Et j’y vais à pied !


Source:

https://www.france.tv/documentaires/animaux-nature/15747-le-monde-en-face-cargos-la-face-cachee-du-fret.html

https://www.theguardian.com/environment/2009/apr/09/shipp...

https://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/...


 

27/04/2017

L’Arabie, c’est où, dites ? C’est là, mec !

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Pendant qu’on sodomise les diptères avec nos élections, il se passe, fort heureusement, des choses réconfortantes dans le vaste monde. Ainsi la Commission des droits des femmes de l’ONU - organe chargé de "la promotion de l’égalité hommes femmes et l’autonomisation des femmes" - vient de recevoir le renfort d’un des pays champions de la cause des femmes : j’ai nommé l’Arabie saoudite ! Non, ce n’est pas un « hoax ». Le nid de vipère des salafistes a été admis par vote secret de 47 des 54 membres du Conseil économique et social des Nations unies.

Ainsi, à partir de 2018 et jusqu’en 2022 - grâce aux votes de ces pays (quid de la France ? De la Belgique ? Des autres pays européens ? Au moins cinq ont votés pour…) - les barbus avec un torchon sur la tête veilleront à promouvoir les droits des femmes et l’égalité entre les sexes. C’est-y pas beau ça ?

Dans ce beau pays, les femmes sont réellement bien protégées. Ainsi, en ces lieux où règne la charia, elles doivent « bénéficier » de la présence d’un tuteur couillu (père, frère, mari) dans tous les actes de la vie, pour voyager, pour travailler, peut-être même pour aller pisser. Et ceci de la naissance à la mort. Les chiens ont plus de droits en France que les femmes en Arabie saoudite !

Ce n’est pas la première décision « pittoresque » de l’ONU en la matière. Ainsi, en septembre 2015, malgré les centaines d’exécutions - par décapitation entre autres - prononcées chaque année dans le royaume, le pays avait déjà été nommé à la tête de l’une des commissions consultatives de l’ONU sur les droits de l’Homme. C’est l’ambassadeur de ce pays à Genève, Faisal Trad, qui a été choisi pour présider le panel du Conseil des droits de l’Homme !

Voilà donc pour défendre les droits des femmes, et des hommes, le pays le plus barbare, le plus arriéré, le plus fanatique du monde, le pays qui pratique encore l’esclavage, qui coupe le cigare à qui ne croit en « dieu » ou « blasphème » le nom d’un prétendu prophète, qui lapide à mort une femme qui s’est fait violer, qui pend ou précipite d’en haut d’un immeuble les homosexuels, qui coupe une main, puis l’autre, éventuellement le pied à un voleur, un pays qui répand de par le monde la pire des névroses collectives, le salafisme, qui alimente, finance, arme les terroristes partout dans le monde. Un pays qui achète les plus beaux fleurons de notre pays avec la complicité de politicards véreux jusqu’à la moelle.

Oui mais il achète aussi les Mirages de Dassault et plein de belles machines rutilantes, en acier bien trempé, conçues pour faire plein de trous dans la viande, pour brûler la couenne, pour hacher les os, pour générer plein de larmes, de deuils et de malheur !

Eh ! Oh ! C’est du commerce ça. Faut pas y toucher… Et puis, les femmes de ces braves gens, lorsqu’elles viennent en France, ont toutes libertés de trimbaler leur linceul grillagé dans les boutiques de luxe de Paris ou de la Côte d’azur.

Les pétrodollars permettent de tout acheter. Même l’honneur ?

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

09/04/2017

Gastronomie dominicale épicée et caliente

 

 

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Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’a eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salé dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

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13/03/2017

«… et l’Homme devint CON ! »

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C’est le titre un peu provocateur du dernier livre que je viens de commettre. On y apprend pourquoi, quand et comment l’Humain est devenu CON !

Cette saga préhistorique se passe à une époque charnière, celle du réchauffement climatique (déjà!) qui termine la glaciation de Würm, il y a douze millénaires. Fonte des glaces, recul de la toundra vers le nord, arrivée des grandes forêts, arrêt des migrations des immenses troupeaux de rennes, extinction des mammouths, des rhinocéros laineux, etc.

Il a résulté de ce changement du climat mais aussi et surtout de la nature, de l’habitat, de la faune,un bouleversement radical dans le mode de vie des humains. De chasseurs-cueilleurs nomades, ceux-ci, par la force des choses, sont devenus pasteurs et agriculteurs. C’est ce qu’on appelle le néolithique. D’aucuns y voient le début de la « civilisation ». C’est un point de vue qu’on n’est pas obligé de partager.

Cette période a vu passer l’humanité des jours brillants du paléolithique supérieur à l’époque troublée du néolithique. Les humains qui ont réalisé les chefs-d’œuvre des grottes de Lascaux, Altamira, Cosquer ou Chauvet ne pouvaient pas être les sombres brutes que l’on nous présente généralement. Lorsqu'ils avaient tué un renne, les membres d'un clan avaient à manger pour une semaine ou plus. Et avaient donc le temps de vivre, de glander ! Mais tout ça va changer.

L’humain, pour remédier aux effets du changement climatique, est devenu pasteur et agriculteur. Ça a commencé entre Tigre et Euphrate. Pour cela il s’est sédentarisé. Il a clôturé les lopins de terre où il a fait pousser son épeautre et où il a élevé ses mouflons devenus moutons. Il a ainsi inventé la propriété privée, et avec elle l’envie, la jalousie, le vol. Pour la défendre il a inventé les flics, les soldats, les religions mortifères, la hiérarchie, et enfin la guerre.

L’Homme est alors devenu CON.

C’est l’homme « moderne ».

Le lecteur s’immerge dans le quotidien d’une extraordinaire tribu d’hommes et de femmes de chasseurs-cueilleurs Cro-Magnon confrontée à l’arrivée imminente sur leurs territoires de cette catastrophe. Il partage leur existence quotidienne, leurs amours gaillardes, leurs craintes, leurs aventures tendres et violentes, leur humour picaresque, leurs fêtes paillardes, leur énorme appétit de vie qui les amènera, depuis les rives du Rhône, jusqu’à celle de l’Euphrate puis du Saint-Laurent, à la découverte du monde.

D’un monde qui chute vers le « progrès »…

J’ai passé deux années jouissives à mettre de la chair sur les ossements de nos lointains ancêtres. Puissent cet ouvrage vous apporter - si vous vous y intéressez évidemment – quelques heures de plaisir, sans oublier d’en sucer la substantifique moelle derrière les aventures souvent outrancières de mes amis d’outre temps.

(Titre inspiré du Grand Cavanna :… et le singe devint con).

On peut se le procurer là en cliquant sur l'image :

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22/01/2017

Gastronomie dominicale: La tête de veau en l'honneur de Louis.

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Quand revient chaque année le temps des jours nouveaux

Je convie mes amis pour la Tête de Veau.

On la mange toujours le 21 janvier

En souvenir du jour où la Veuve d'acier

Décolleta Louis, le seizième du nom,

En des temps de fureur, de fusils, de canons.

C'est un plat collectif, festif, essentiel;

C'est un repas royal ou... présidentiel!

Me méfiant des veaux qui ont "la vache folle",

Je vais chercher les miens en terres cévenoles.

Pour avoir du bon veau, et pas de la charogne,

Je commande la tête au boucher de Langogne.

Et je vais la chercher moi-même, par le train

Qui, de Nîmes, hardiment, gravit avec entrain

Les mille et un lacets, les soixante tunnels,

Les trente viaducs suspendus en plein ciel

Reliant les splendeurs de la cité romaine

Aux sauvages attraits des terres lozériennes.

Heureux, le nez au vent, ma glacière à la main,

J'en prend plein les mirettes, je hume le terrain

Qui défile et s'enfuit, lentement, pas pressé.

Cités mélancoliques de mines délaissées,

Juvéniles chahuts, rires à chaque arrêt,

À-pics vertigineux, oppressantes forêts,

Rivières et torrents, petits lacs de barrages

Viennent et disparaissent après chaque virage.

Paisibles bovidés paissant dans les prairies,

Spectacle interrompue par chaque galerie,

Le voyage est trop beau, le voyage et trop court...

- Oh ! Victor, bois un coup, arrête tes discours,

Si maïses coume aco, la testa de vedeù

Bouto, la manjaren beleù a l' an nouveù ! (l)

- C'est bien vrai. Sers-moi donc un primeur agréable

Qui chatouille si bien mon gosier insondable.

Zou ! Trinquons et buvons, et ne fais pas la bête,

Je vais te raconter comment on fait la tête.

Lorsque j'arrive avec mon chef en bandoulière,

La Lionne a déjà sorti la gazinière

Des grandes occasions. Ce qui se fait de mieux:

Un feu sur doubles rampes se croisant au milieu.

Dans une oulo (2) profonde, voire une lessiveuse

On met à dégorger la tête voyageuse

Dans de l'eau claire et froide pendant une heure ou deux.

La laisser une nuit pourrait être hasardeux.

On la sort, on la met sur un large torchon,

On noue les quatre coins tout comme un baluchon.

Ainsi enveloppée, au fond de la bassine

On place, dans l'eau chaude, la caboche bovine.

Trois oignons giroflées, trois poignées de sel gros

Du thym et du laurier, du persil, mais pas trop.

Quand ça bout on écume avec application,

Puis on baisse le feu à tout petit bouillon.

On laisse cuire ainsi entre trois et quatre heures

Cette lenteur voulue rend la cuisson meilleure.

Pour la vérifier, je plante une fourchette:

Quand ça rentre tout seul, on chauffe les assiettes.

Soulevant le torchon, je sors alors la tête

Que je fais égoutter, coiffée d'une serviette

Pour bien tenir au chaud la viande qui tremblote.

Alors ma femme attaque la sauce ravigote :

Pour une tête entière, donc pour dix gros mangeurs,

Gourmands tant que gourmets, solides bambocheurs,

Elle écrase au mortier persil et estragon,

Cerfeuil et ciboulette, câpres et cornichons,

Tout cela manié dans trois hectos de beurre,

Elle s'en servira dans sa phase ultérieure.

Elle met à réduire huit ou dix échalotes

Dans un verre de vinaigre, au fond d'une cocotte,

Lorsque c'est bien réduit, trois cuillers de farine

Dans du beurre fondu (pas de la margarine)

Puis elle mouille avec cinq verres de bouillon,

Le jaune de cinq œufs, sale avec précaution.

Tournant au bain-marie, elle incorpore alors

Deux bons hectos de beurre, du demi-sel d'Armor.

Lorsque la sauce prend certaine consistance

Elle y met l'appareil préparé par avance

Et manie bien le tout à la cuillère en bois.

La sauce est enfin prête pour un repas de choix.

C'est alors que j'apporte, avec solennité

La tête décorée avec habileté

Par du persil frisé, dans le nez, les oreilles.

L'assemblée s' esbaudit devant cette merveille.

Les manches retroussées, armé du Laguiole,

Je découpe en public la brûlante bestiole

Les joues souples et grasses qui fument et tressautent,

Le dedans du palais, puis la langue et la glotte,

Les viandes délicates, mousseuses du cou,

Les oreilles craquantes, les muscles des bajoues,

Enfin, le dernier bout, le bonheur des gourmets:

La pointe du museau, avec les trous du nez.

Nicole distribue: chacun son bout de veau,

Moi, je remplis les verres avec du vin nouveau.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

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Ingrédients et proportions pour huit personnes:

 

Une tête de veau, même sans la cervelle (depuis la vache folle les bou­chers la vende écervelée), ça pèse autour de dix kilos et plus. Mais il reste beaucoup moins de viande mangeable!

Pour la tête: - 1 tête sans la cervelle (dommage...), - 3 ou 4 gros oignons piqués de clous de girofle, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - 6 feuilles de laurier, - 3 branches de persil plat, - eau à la demande (la tête doit toujours cuire entièrement immergée, au besoin mettez un poids dessus).

Pour la sauce ravigotte : - 3 branches de persil plat, - 3 branches d'estra­gon, - quelques tiges de cerfeuil, - autant de ciboulette, - 1 cuillerée à café de câpres, - 2 cornichons. Tous ces ingrédients, pilés au mortier, seront maniés dans un hecto de beurre.

- 5 échalottes, - 1 verre de vinaigre, - 2 cuillerées de farine. - 3 verres de bouillon, - 3 jaunes d'œuf, - 2 hectos de beurre demi-sel.

- persil pour décorer les oreilles et les trous de nez.

 

Les vins conseillés:

 

La tête de veau s'accompagne idéalement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-­les-Vignes, Rochegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de : Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin.

Coteaux du Languedoc.

Côtes de Provence.

Et même, en cas de pénurie de Côtes-du-Rhône, Bordeaux légers et Vins de Loire.

 

(1) Si tu parles comme ça, la tête de veau, on la mangera peut-être, mais l’an prochain !

(2) oulo : grand récipient profond destiné à la cuisson des aliments, soit suspendu à la crémaillère d’une cheminée, soit posé sur un trépied.

 

Photos X - Droits réservés

12/01/2017

Au bistro de la Toile : « Latinia »

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- Salut Loulle. Je viens d’entendre ce matin une proposition originale et fort intéressante. Elle émanait d’un de ces présidents éphémères de la France qui s’expriment très brièvement chaque matin sur France Inter.

- Ah ! Et alors c’est quoi ?

- Ce président d’un matin propose de reconstruire l’Europe selon des regroupements de nations. Un peu comme on a regroupé les départements français en grandes régions selon les proximités géographiques et culturelles. Il propose donc la création d’une grande Nation latine, qui s’appellerait Latinia et qui regrouperait la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique Wallonne et, je crois encore la Suisse non alémanique (parlant français, italien, romanche). Ce président éphémère définissait ainsi brièvement cette nation latine : langue, l’italien (facile à apprendre dit-il), armée commune, diplomatie commune, monnaie : l’euro latin.

- Bref, les buveurs de vins, ayant subi la religion catholique.

- On peut le voir comme ça, selon ta vision de mastroquet. Je modulerais un peu la chose en intégrant à cette Nation latine un pays qui, certes n’a pas de continuité territoriale avec les pays précédents, mais qui est latin par la langue, c’est la Roumanie. Et je mettrais comme langue commune, non pas l’italien mais évidemment le latin, langue de base de tous les idiomes parlés dans cet espace géographique, et véritable ciment culturel entre leurs populations. Ce pourrait être une confédération, sur le modèle suisse. Quant à la capitale confédérale, ce serait probablement Paris, ou Barcelone ? Ou Milan ? Ou Genève ?

- Pourquoi pas Avignon Victor ? Ville qui a déjà été capitale de la chrétienté ! Et qui a une position géographique idéale entre le nord de la France, l’Espagne et l’Italie ?… teng ! Mon bistro prendrait de la valeur. Je vois d’ici la pancarte : « Bistrotum Loulo. Potest bibere, manducare, disputatio. »

- C’est vrai que ça aurait de la gueule. Ce Latinia aurait une population de plus de 210 millions d’habitants, atteignant ainsi la taille critique des grands pays (plus que la Russie, plus que le Japon). Son PIB atteindrait les 10 000 milliards d’euros, à comparer à celui des États-Unis (18 000 milliards) et de la Chine (12 000 milliards d’euros). Il serait au troisième rang mondial.

- Mais, et l’Allemagne ? On ne va pas encore se fâcher avec nos cousins germains ? On sait trop où ça mène…

- L’Allemagne pourrait, sur le même modèle, créer une autre grande Nation regroupant les pays de culture et de langue nordico-germanique : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique flamande, le Danemark, la Suède, l’Autriche, le Luxembourg, la Finlande, les Pays baltes et peut-être, mais pas sûr, la Pologne. Ça ferait une nation – Germania – équivalente, avec 182 millions d’habitants et 6 500 milliards d’euro de PIB. Avec pour monnaie l’euro nordique. Les deux monnaies étant liées mais dans une union moins rigide, genre de serpent monétaire, l'une pouvant fluctuer par rapport à l'autre mais dans une proportion modérée.

- Le pays buveurs de bière. Ayant subi la religion protestante.

- C’est vrai. Quant aux pays de l’est de l’Europe, Grèce comprise, ils pourraient eux aussi se regrouper en une autre grande Nation.

Et comme il s'agit avant tout et surtout de ne pas de se taper sur la gueule entre ces nouvelles entités, ces trois nations refonderaient ensuite naturellement, ensemble, l’Union des Grandes Nations d’Europe. Basée sur la solidarité et non sur la « concurrence libre et non faussée ». Il serait probablement plus facile de faire vivre et travailler ensemble des populations se comprenant et ayant des affinités naturelles. Et plus facile de se mettre d'accord à trois qu'à vingt-sept.

- Ce serait toujours mieux que le foutoir actuel. Allez,  At nostri ! Vinum purpuriso !

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France 66 M, Italie 61 M, Espagne 47, Portugal 10,5, Wallonie 3,5, Roumanie 20, soit 208 millions d’habitants et un PB de 10 000 milliards d’euros.

Allemagne 82 M, Pays-Bas 17 M, Flandre belge 7,5, Danemark 5,5, Luxembourg 0,5 Suède 10, Finlande 5,5, Pays baltes, Autriche 8,5, Pologne 39, soit 182 millions d’habitants et un PIB de 6 500 milliards d’euro.


Illustration: merci au regretté Chimulus

 

19/12/2016

La Russie, peuple frère de l’Europe, pas ennemi

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Tiens, le grand méchant ours ne va pas mettre son véto à une proposition française visant à sécuriser l’évacuation des civils et des terroristes d’un petit quartier d’Alep écrasé sous les bombes. C’est bien. C’est même très bien. Gargarise-toi François. Plus fort qu’Obama, t’as réussi à te faire entendre sinon écouter par Vlad-le-terrible, ce Poutine que la propagande ultralibérale affuble de tous les défauts et traite d’infâme dictateur liberticide. Pire encore : protecteur de Bachar el Aassad, suppôt de l’enfer !

Au fait, ce Poutine, élu en 2000, il va prendre en main un pays en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaquées par des officines occidentales, surtout yankees ou allemandes, leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens.

Poutine va rétablir l’État frappé par une profonde crise de légitimité. Il oblige les grandes sociétés à payer leurs impôts. Les rentrées fiscales se redressent sensiblement de 24 % du PIB en 1998 à 32 % en 2004. La décennie 2000 à 2010 est marquée par une croissance annuelle remarquable de 7 %.

Il est populaire Poutine parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbachev) ou à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1999. Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan. L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de trouble, les États-Unis… Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. L’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe C’est méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples.

Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Que représentent les Etazuniens, « passés directement de la barbarie à la décadence en oubliant la civilisation », par rapport à cette grande nation qui a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable de ravitailler la station internationale orbitale !

C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles. Et que savons-nous d’eux ?

Ce sont des terres infinies, de l’Arctique au Pacifique, de la Sibérie à la Mer Noire. C’est une mosaïque de peuples mêlant les blonds vikings des terres du froid aux yeux obliques des steppes d’Asie. Et nous les méprisons ?

Vous imaginez la puissance d’une entité Europe Russie de Lisbonne à Vladivostok ? Un bloc continu, possédant toutes les matières premières voulues, fort d’une population de 700 millions de personnes éduquées, dynamiques, fruit de la filiation civilisationnelle allant d’Athènes, Rome et Byzance à la Renaissance, aux Lumières, à la Science moderne, aux Droits de l’Homme, à la Liberté. Le cœur, la quintessence de la civilisation occidentale. La Russie ne devrait-elle pas être invitée à la réalisation de ce grand dessein ? La Russie manque à l’Europe comme l’Europe manque à la Russie. Si on ne l’y invite pas, c’est par lâcheté, veulerie, vassalité, servitude volontaire envers ces États-Unis lointains, méprisants et nuisibles prédateurs du globe.

En fait, nous leur en voulons d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.

Nous nous coupons de notre destin pour obéir aux injonctions de ces grands « démocrates » qui font Guantanamo, qui assassinent par drones aux quatre coins du monde, qui embastillent sans procès, qui assassinent légalement leur propre peuple, qui, par de sordides guerres jamais gagnées, ont semé l’enfer sur terre de Kaboul à Bagdad, qui pillent le monde à l’aide de leur dollar. Qui nous espionnent, nous épient et nous méprisent.

Les Russes sont nos frères, pas nos ennemis

 

Illustration X - Droits réservés

23/10/2016

Ouiquinde gastronomique germain

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Ursula la Germaine avait grand appétit

De mâles vigoureux, qu’ils soient grands ou petits.

Jeannot, Bruno, Gaby goûtèrent à ses charmes

Et, tout gaillards qu’ils fussent, durent rendre les armes.

Aux fêtes de la bière, à Munich, en automne,

Les mœurs sont débridés et les femmes teutonnes

Épinglent les amants qui goûtent leurs peaux lisses

Dans une orgie de bruit, de bière et de saucisses.

Ursula convoqua deux autres walkyries

Et nos Pieds Nickelés, défendant la patrie,

Montèrent hardiment les fougueuses cavales,

Dépensant sans compter leur vaillance de mâles.

Au matin, portant haut leur vanité de coq,

Ils rentrèrent en France… avec des gonocoques !

 

Le bœuf au paprika

— Eh bien, vois-tu Victor, si tes Pieds Nickelés

Étaient sortis couverts pour mieux batifoler

Au lieu de pérorer comme des coqs minus

Ils auraient évité ces cadeaux de Vénus !

Mais qu’avaient-ils mangé pour être performants

Car les excès de bière n’aident pas les amants !

— A Munich il n’y a pas que choucroute et saucisses,

On trouve des plats hongrois qui sont de vrais délices.

Savoureux entre tous, le bœuf au paprika,

Particulièrement tonique bien que très délicat.

Coupe en portions du bœuf choisi dans la culotte,

Fais-le dorer à l’huile d’olive dans la cocotte,

À feu vif mais en tournant bien tous les morceaux

Pour qu’ils prennent couleurs recto comme verso.

Tu mets trois gousses d’ail, du coriandre en grains,

Deux feuilles de laurier, sel, poivre du moulin,

Trois grandes cuillerées à soupe de paprika.

Arrose bien tout ça d’un verre de muscat,

Rajoute de l’eau chaude, couvre et cuis vingt minutes.

Respire ces parfums s’échappant en volutes,

C’est déjà un plaisir sensuel pour le nez,

Ne sois pas impatient, ce n’est pas terminé.

Prépare six poivrons, trois rouges et trois verts,

Coupe-les en lamelles, mets-les dans ta braisière,

Rajoute trois oignons correctement hachés,

Cuis encor dix minutes, c’est le temps d’éplucher

Quelques pommes de terre, puis coupe-les en dés

Et mets-les dans ton plat, attention, sans tourner.

Tu rajoutes un peu d’eau, puis six belles tomates

Coupées en huit morceaux, saupoudrées d’aromates.

Tu vérifies que soit bien fermé ton faitout

Et finis la cuisson un quart d’heure à feu doux.

Ce plat revigorant, puissant quoique subtil

À de quoi relancer les ardeurs érectiles

D’un régiment entier de cosaques du Don,

De tes Pieds Nickelés, à plus forte raison !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

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Ingrédients et proportions pour six personnes: - 1 kilo de bœuf dans la culotte, - 3 gousses d'ail, - 12 grains de coriandre, - 2 feuilles de laurier, - 3 cuillères à soupe bombées de paprika, - 3 poivrons rouges, - 3 poivrons verts, - 3 oignons hachés, - 6 pommes de terre, - 6 grosses tomates, - 1 verre de muscat (de Beaumes-de-Venise si possible), - sel, - poivre du moulin.

 

Photos X - Droits réservés

16/10/2016

Gastronomie dominicale chaude et piquante

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Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

VictorAyoli

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Gaspacho: - 4 tomates, - 2 oignons blancs, - 2 gousses d'ail, - 1 demi poivron rouge, - 1 poignée de basilic, - 1 poignée de persil plat, - 1 côte de céleri, - 2 cuillerées à café de sel, - 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - poivre du moulin, - 8 glaçons en cubes.

Poulet au curry: - 1 poulet coupé en six (les quatre quartiers, le blanc, l'arrière de la carcasse correctement parée), - 2 yaourts nature, - 3 cuillerées de poudre de curry ou 3 cuillerées de curry "Vinday" en pâte, - 3 cuillerées d'huile d'olive ou 3 cuillerées de graisse d'oie ou de canard, - 1 cuillerée de sel marin, - 1 cuillerée à café de sel de céleri, - poivre du moulin, - 4 oignons blancs, - 4 gousses d'ail, - 2 cuillerées de copeaux de noix de coco, - 4 pommes de terre, - eau.

 

Les vins conseillés:

La chaleur des mets commande un choix de vins propres à atténuer le feu relatif du curry.

Des vins doux naturels servis très frais feront parfaitement l' af­faire: - Beaumes-de-Venise, - Rasteau, - Frontignan, - Lunel, - Maury, - Rivesaltes.

 

Photo X - Droits réservés

 

04/09/2016

Gastronomie érotique antiraciste!

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Josiane


Elle venait de Caen, moi j’arrivais de Cannes,
Ses yeux étaient d’azur, son nom était Josiane.
Au prétexte d’un cours qu’elle avait dû manquer
Je suis monté chez elle, près du quai Malaquais.

Pour gravir sept étages, aux pieds j’avais des ailes,
Josiane m’attendait, une Noire avec elle.
J’ai saisi dans quel piège je m’étais fourvoyé
Quand les deux nymphomanes se sont déshabillées.

Prestement, goulûment, ces houris me dénudent
Elles m’offrent leur bouche en guise de prélude,
Une Noire, une Blanche sur mon corps excité,

Jouent une toccata d’amour et de gaieté.
Caressé, embrassé et violé sans ambages,
J’ai subi, sous leur joug, le plus doux des outrages !

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La langue d'agneau aux figues

— Ben mon cochon, Victor, faut avoir la santé
Pour un combat d’amour avec ces excitées !
Violé par deux souris… Tu réalises en somme
Le fantasme érotique que préfère les hommes !
Tous rêvent de subir les assauts sensuels,
Tous rêvent d’être un jour simple objet sexuel,
Pour deux filles en feu s’accordant sur leur corps,
De mourir de plaisir et de crier “ Encor ! ”
Une Noire, une Blanche jouant de ton archet,
Ta substance d’amour dût vite s’assécher…
Avaient-elles prévu, tes charmantes compagnes
Un repas remontant ou au moins du champagne ?
— Tout juste ! Elles avaient, pour vaincre la fatigue
Mitonné de la langue d’agneau avec des figues.
C’est un plat délicat, venu du Sénégal
Et qui fait de tout homme un amant sans égal.

Tu prends deux langues par convive,
Tu les laves bien à l’eau vive,
Tu les mets dans de l’eau salée,
Avec poivre en grains et laurier,
Clous de girofle et céleri,
Une cuillerée de curry.
Pendant que ça mijote, une heure,
Tu fais revenir dans du beurre
Quelques figues bien mures coupées
Avec du gingembre râpé.
Cinq, six minutes, c’est assez,
Après quoi, tu vas déglacer
Au lait de coco : un verre
Plus le jus de deux citrons verts,
Deux cuillers du jus de cuisson
Des langues auquel, sans façon
Tu rajoutes un verre de rhum
Qui va sublimer les arômes.
Tu sors tes langues et tu les pèles,
Tu les tranches en fines lamelles
Oblongues comme des pétales.
Dans ta sauce tu les étales,
Tu couvres et fais cuire à feu doux
Car ton appareil doit réduire
Sans que ça attache surtout,
Quinze minutes vont suffire.
Rectifie le goût avec soin,
Rajoute du sel au besoin.
Dresse sur ton plat de service
En alternant figues et langues.
Ajoute quelques grains d’anis
Et de fines tranches de mangue.
Range le tout comme une fleur :
Pétales autour et sauce au cœur.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 6 langues d'agneau, - 3 douzaines de figues, - 1 rhizome de gingembre frais, - 1 mangue, - 1 côte de céleri, - 3 cuillerées à soupe de carry, - lait de coco, - 6 citrons (verts si pos-sible), - 1 verre de rhum agricole, - sel, - poivre en grains, - laurier, - graines d'anis.

Les vins conseillés:
Le choix en symbiose privilégie des vins rouges très aroma-tiques, avec des notes épicées et du corps, ce qui est le cas de la plupart des Côtes-du-Rhône Villages: Saint-Gervais, Laudun, Rousset-les-Vignes, Vinsobres, Beaumes-de-Venise, Roaix, Séguret.
En vins du Languedoc, les Saint-Chinian, Fitou, Faugères, Corbières.
En vins de Provence, les Bandol, Cogolin, Puyloubier, Pierrefeu.
Le choix en opposition vous dirige vers des rosés ronds et chauds: Tavel, Lirac, Saint-Maurice, Saint-Pantaléon, Caromb ou Bédoin dans les Ventoux.
En Languedoc, Saint-Saturnin, Costières-de-Nîmes.
En vins de Provence, les Coteaux-varois.

07/07/2016

Avignon, l'espace d'un Festival.

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Quand le soleil-lion de juillet écrase la ville de sa chape incandescente, quand les lancinantes stridulations des cigales font vibrer les vertes toisons aériennes des grands platanes, quand les monuments, les livrées et les tours semblent fumer sous la tremblante réverbération des murs gorgés de lumière, Avignon-la-Sensuelle, alanguie au bord du Rhône et cambrée sous les caresses du mistral, s'apprête à s'ouvrir et à s'offrir pour son grand rut de l'été. Une lune durant la belle va se donner sans retenue, de toutes ses pores de pierres, de toutes ses ruelles, de tous ses cloîtres, de toutes ses places, de tous ses patios mystérieux, de tous ses forums, de tous ses lieux scéniques à son dévorant amour estival : le Festival.

 

Troisième monument historique de la cité papale, après le célèbre Palais et le non moins fameux Pont-Saint-Bénézet, le Festival de théâtre - premier d'Europe - draine vers l'intérieur du collier de pierres blondes des remparts une foule cosmopolite et bigarrée d'artistes et de touristes, d'intellos et de clodos, de saltimbanques et de rêveurs, de poètes et de voleurs, tous attirés comme les éphémères par la flamme vers cette scène planétaire de l'illusion théâtrale, ce grand marché du rêve.

 

Acteurs et publics mêlés, le spectacle est partout. Avignon fait la fête, Avignon est la Fête.

 

Voici la Cour d'honneur, centre de gravité de la bourrasque festivalière. C'est en ce lieu fermé par les falaises minérales abruptes de la forteresse papale que tremblent et jouissent auteurs, metteurs en scène et acteurs. Là que se font et se défont les réputations. Là que l'aile de la grâce transforme de simples acteurs en monstres sacrés. Là que flotte la présence palpable des glorieux fantômes de Jean Vilar, de Gérard Philippe, de Daniel Sorano.

 

Voilà la Place de l'Horloge, tourbillon de couleurs et de bruits, forum grec où la cité festivalière joue, chante, danse, boit à longs traits des nectars odorants et capiteux sous l'ombre bruissante des platanes aux larges poitrails.

 

Enfin voici la ville entière dans toutes ses rues, ses places, ses venelles étroites, ses placettes. La cité est une énorme caisse de résonance où s'entrechoquent les musiques et les cultures, le drame et la comédie, le rire et les pleurs.

 

Les avignonnais ont une approche contradictoire de leur festival. Lorsqu'ils sont à l'extérieur de leur ville, ils ne tarissent pas d'éloge sur lui. Et à les entendre pérorer, tous ont bu le pastis avec Vilar, joué aux boules avec Philippe où mangé l'aïoli avec Darras. Ils sont fiers de ce monument virtuel même si beaucoup n'y mettent jamais les pieds. Mais pourtant, lorsque juillet annonce le grand chambardement, les avignonnais, en masse, fuient leur ville chérie, l'abandonnant pour une lune entière aux hordes lutéciennes et franchimanes, outre-quiévrines et bataves, albioniennes et tudesques, helvètes et transalpines, ibères et lusitaniennes, africaines et orientales, américaines et nipponnes. Ils retrouveront plus tard leur ville, cette somptueuse salope comblée, apaisée et fécondée par les semences mêlées de ses milliers d'amoureux de l'été.

 

Avignon, ma ville, aura, pour un temps, retrouvée son rang naturel de capitale.

 

L'espace d'un Festival.

 

Photo X - Droits réservés

21/04/2016

Au bistro de la Toile. Dérouillons les zygomatiques.

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- Oh ! Loulle, je vois que tu te dérouilles les zygomatiques en lisant ton canard. Fais-nous profiter !

 

- Attends, écoute celle-là. C'est en Californie. Un type se prend pour le père Noël et descend par la cheminée d'une maison. Le mec, qui bouffait probablement trop de hamburgers et devait se trimballer une certaine « surcharge pondérale » comme disent les gens qui savent pour parler du gras du bide, le mec donc il reste coincé dans le conduit ! Le propio arrive dans l'après-midi, allume la cheminée et vaque à ses occupations. ! Le « père Noël » se fait cramer les miches et gueule comme un cochon. Mais avant que le proprio s'en rende compte, le monte-en-l'air continue de jouer au méchoui. Lorsque les pompiers arrivent, trop tard. Le « père Noël » a joué les Jeanne d'Arc…

 

- Pleurons sur les risques du dur métier de cambrioleur…

 

- Tè ! J'en ai une autre qui est pas mal. C'est au Brésil. Le dimanche soir, lors du grand raout de destitution de la présidente Dilma Roussel, soi-disant corrompue, une femme députée vociférait et votait pour la destitution de la présidente de gauche. Elle donnait en exemple la gestion de son propre mari, maire de sa ville, ceci devant 500 députés et des millions de téléspectateurs. Manque de pot, le lendemain, le flics venaient arrêter le « maire exemplaire », de droite évidemment. Le mec, le dénommé Ruy Muniz, maire de Montes Claros dans l'Etat du Minas Gerais (sud-est), est soupçonné de « chercher à rendre impraticable le fonctionnement des hôpitaux publics » afin de « favoriser une clinique privée » qui lui appartiendrait et serait gérée par certains de ses proches et associés », a expliqué la Police fédérale brésilienne dans un communiqué en annonçant son interpellation.

 

- Et ce sont ces gens-là qui, par un coup d'état constitutionnel, veulent mettre dehors les dirigeants démocratiquement élus. Parce que ceux-ci ont l'impudence de défendre les plus défavorisés. Salauds de pauvres !

 

- Tiens. Il n'y a pas qu'au Brésil que fleurit le belle et bonne triche. Chez nous aussi. Un cadre supérieur chargé de traquer les escrocs de l'assurance-chômage en était lui-même un : il se mettait indûment dans les fouilles 5000 fifrelins par mois ! Faut dire qu'il savait comment faire Pierre Lachaise : il était inscrit comme demandeur d'emploi alors qu'il était directeur informatique d'une équipe chargée de débusquer...les fraudeurs de l'Unedic ! Il aurait ainsi pendant environ un an perçu des indemnités chômage, alors qu'il recevait bien un salaire pour le travail de cadre supérieur qu'il occupait depuis septembre 2012. C'est un salarié de l'Unedic qui s'est rendu compte de l'escroquerie en découvrant le nom de son supérieur dans une liste de chômeurs indemnisés.

 

- Pas très futé tout de même. Il comptait enterrer l'affaire le père Lachaize ?

 

- Oh ! Oh ! Oh ! Il est marrant le canard aujourd'hui. Ecoute ça : le président bolivien, Evo Morales, en visite au Vatican, a offert au pape trois livres sur les bienfaits des feuilles de coca. Faut dire que le président Amérindien de la Bolivie est en délicatesse avec les sbires du pape chez lui : l'épiscopat bolivien, à la solde de l'opposition de droite, comme toujours, aurait accusé le gouvernement de trafic de drogue.… Puteng ! Ca va fumer dans les encensoirs au Vatican !

 

- Le feuille de coca est la principale composante de la cocaïne, mais elle est aussi utilisé comme plante médicinale depuis toujours par les populations indigènes. Et Evo Morales défend la dépénalisation internationale de la consommation de la feuille de coca, pas de la cocaïne… D'ailleurs, le pape avait pu en goûter en infusion afin de prévenir le mal d'altitude, dans l'avion qui le conduisait à La Paz l'an dernier. Sacré François !

 

- Tè ! Une petite dernière Victor. En Allemagne, il existe plusieurs hôtels qui interdisent les enfants de moins de seize ans. C'est vrai que des minots qui gueulent, qui courent partout, qui jouent au ballon, qui chouignent, qui font des caprices sous les regards béats de parents niais d'admiration devant leurs enfants-tyrans, ça gonflent parfois sérieusement et ça peut te gâcher un ouiquinde…

 

- Il est vrai, Loulle, que les enfants c'est comme les pets : il n'y a que les siens que l'on supporte !

 

Illustration: merci à Chimulus

10/04/2016

Ouiquinde gastronomique: un plat qui tient aux ventres

 

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Le Baeckeoffe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeoffe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeoffe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

 

 

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29/03/2016

Quand les impôts des Français financent ...une armée étrangère !

armée israélienne.jpg

 

Ah ! L'altruisme. En voilà une belle valeur ! C'est donner à autrui un peu de soi. Il est une manifestation de la bonté humaine, une force de bienveillance. On en a bien besoin en ces périodes de cynisme, d'égoïsme, de repli sur soi, d'indifférence.

Les Français sont altruistes. Regardez le nombre de personnes qui s'impliquent dans des associations comme les restos du cœur, le secours populaire, le secours catholique, etc.

Regardez combien ils sont généreux lorsqu'apparaissent devant les supermarchés les caddies de la banque alimentaire, de la Croix Rouge ou autres associations caritatives. Ils donnent leur temps lorsqu'ils sont retraités, oisifs chômeurs. Ils donnent aussi leur argent. Le succès sans cesse renouvelé du Téléton en est une illustration exemplaire. Les particuliers donnent selon leurs moyens, et c'est souvent ceux qui en ont le moins qui, proportionnellement, donnent le plus. Les entreprises – enfin, certaines – sont plus généreuses. Mais ne soyons pas dupes, sans mettre en doute leur altruisme, elles voient dans cette générosité fort médiatisée une manière de redorer leur image. Et à moindre frais ! Parce qu'en fait, ça leur coûte une poignée de figues aux riches donateurs !

Parce que – et c'est là que le bât blesse – la générosité en argent coûte deux fois plus à l’État, donc à nous, qu'au « généreux » donateur. Parce que dans notre pays, la loi autorise le donateur à déduire de son impôt sur le revenu la plus grosse partie du don (entre 66 et 75 %  https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F426 ) qu'il accorde à « certains organismes ayant un caractère d'intérêt général ». Ainsi un « don » de 150 euros coûte au donateur 50 euros au plus et 37,5 euros au moins. Pour affiner :

- don à une œuvre d'intérêt général ou d'utilité publique, la part de l’État est de 66 % des sommes versées jusqu'à 20 % du revenu imposable.

- don à un organisme d'aide aux personnes en difficultés, le part de l'État est de 75 % des sommes versées jusqu'à 529 euros puis de 66 % de la partie des dons supérieur à 529 euros jusqu'à 20 % du revenu imposable.

Cette loi est évidemment utile et procède d'une certaine justice puisqu'elle permet à beaucoup d'associations, partis politiques, fondations de vivre et d'agir sur le terrain. Elle dynamise la société civile et ne peut pas être remise en cause dans son principe. Encore que…

Encore que, hormis le fait que certaines entreprises polluantes ou foulant allègrement aux pieds l'éthique se repeignent en vert ou se refont une réputation « propre » en parrainant certaines manifestations altruistes…avec nos impôts, il y a des utilisations aberrantes voire franchement scandaleuses de cette disposition.

Ainsi des micro partis que la plupart des personnels politiques en vue créentæ dans le seul but de récupérer beaucoup de fric par le biais de ces « dons ». Pour payer leurs campagnes électorales. C'est de bonne guerre mais il y a bien pire.

Ainsi, un scandale se fait jour : des dons effectuées en France selon ce principe bénéficient à des associations...de colons israéliens et donc indirectement à la répression par l'armée israélienne – Tsahal – en territoires occupés ! Donc, du pognon de NOS impôts servent une bien étrange cause.

La sénatrice de l’Orne, Nathalie Goulet, vice-présidente de la commission de la Défense, avait posé le 10 mars une question écrite au secrétaire d’ État chargé du budget, Christian Eckert, pour attirer son attention sur le sujet. Souhaitant «avoir l’explication de cette disposition exorbitante du droit commun», elle avait souligné qu’il s’agissait là «d’une niche fiscale payée par le contribuable français au profit d’une armée étrangère».

Depuis, elle n’a pas eu de réponse du ministre, mais a reçu des menaces de mort anonymes sur les réseaux sociaux.

Bonjour « l'altruisme » !


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28/03/2016

Pâques à New-York.

new-york-statue-liberte.jpg

 


Seigneur, c’est aujourd’hui le jour de votre Nom,
J’ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion,

Et votre angoisse et vos efforts et vos bonnes paroles
Qui pleurent dans le livre, doucement monotones.

Un moine d’un vieux temps me parle de votre mort.
Il traçait votre histoire avec des lettres d’or

Dans un missel, posé sur ses genoux.
Il travaillait pieusement en s’inspirant de Vous.

À l’abri de l’autel, assis dans sa robe blanche,
il travaillait lentement du lundi au dimanche.

Les heures s’arrêtaient au seuil de son retrait.
Lui, s’oubliait, penché sur votre portrait.

À vêpres, quand les cloches psalmodiaient dans la tour,
Le bon frère ne savait si c’était son amour

Ou si c’était le Vôtre, Seigneur, ou votre Père
Qui battait à grands coups les portes du monastère.

Je suis comme ce bon moine, ce soir, je suis inquiet.
Dans la chambre à côté, un être triste et muet

Attend derrière la porte, attend que je l’appelle!
C’est Vous, c’est Dieu, c’est moi, — c’est l’Éternel.

Je ne Vous ai pas connu alors, — ni maintenant.
Je n’ai jamais prié quand j’étais un petit enfant.

Ce soir pourtant je pense à Vous avec effroi.
Mon âme est une veuve en deuil au pied de votre Croix;

Mon âme est une veuve en noir, — c’est votre Mère
Sans larme et sans espoir, comme l’a peinte Carrière.

Je connais tous les Christs qui pendent dans les musées;
Mais Vous marchez, Seigneur, ce soir à mes côtés.

Je descends à grands pas vers le bas de la ville,
Le dos voûté, le cœur ridé, l’esprit fébrile.

Votre flanc grand-ouvert est comme un grand soleil
Et vos mains tout autour palpitent d’étincelles.

Les vitres des maisons sont toutes pleines de sang
Et les femmes, derrière, sont comme des fleurs de sang,

D’étranges mauvaises fleurs flétries, des orchidées,
Calices renversés ouverts sous vos trois plaies.

Votre sang recueilli, elles ne l’ont jamais bu.
Elles ont du rouge aux lèvres et des dentelles au cul.

Les fleurs de la Passion sont blanches, comme des cierges,
Ce sont les plus douces fleurs au Jardin de la Bonne Vierge.

C’est à cette heure-ci, c’est vers la neuvième heure,
Que votre Tête, Seigneur, tomba sur votre Cœur.

Je suis assis au bord de l’océan
Et je me remémore un cantique allemand,

Où il est dit, avec des mots très doux, très simples, très purs,
La beauté de votre Face dans la torture.

Dans une église, à Sienne, dans un caveau,
J’ai vu la même Face, au mur, sous un rideau.

Et dans un ermitage, à Bourrié-Wladislasz,
Elle est bossuée d’or dans une châsse.

De troubles cabochons sont à la place des yeux
Et des paysans baisent à genoux Vos yeux.

Sur le mouchoir de Véronique Elle est empreinte
Et c’est pourquoi Sainte Véronique est Votre sainte.

C’est la meilleure relique promenée par les champs,
Elle guérit tous les malades, tous les méchants.

Elle fait encore mille et mille autres miracles,
Mais je n’ai jamais assisté à ce spectacle.

Peut-être que la foi me manque, Seigneur, et la bonté
Pour voir ce rayonnement de votre Beauté.

Pourtant, Seigneur, j’ai fait un périlleux voyage
Pour contempler dans un béryl l’intaille de votre image.

Faites, Seigneur, que mon visage appuyé dans les mains
Y laisse tomber le masque d’angoisse qui m’étreint.

Faites, Seigneur, que mes deux mains appuyées sur ma bouche
N’y lèchent pas l’écume d’un désespoir farouche.

Je suis triste et malade. Peut-être à cause de Vous,
Peut-être à cause d’un autre. Peut-être à cause de Vous.

Seigneur, la foule des pauvres pour qui vous fîtes le Sacrifice
Est ici, parquée, tassée, comme du bétail, dans les hospices.

D’immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent, pêle-mêle, sur les pontons.

Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongols.

Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens.
On leur jette un morceau de viande noire, comme à des chiens.

C’est leur bonheur à eux que cette sale pitance.
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance.

Seigneur dans les ghettos grouille la tourbe des Juifs
Ils viennent de Pologne et sont tous fugitifs.

Je le sais bien, ils t’ont fait ton Procès;
Mais je t’assure, ils ne sont pas tout à fait mauvais.

Ils sont dans des boutiques sous des lampes de cuivre,
Vendent des vieux habits, des armes et des livres.

Rembrandt aimait beaucoup les peindre dans leurs défroques.
Moi, j’ai, ce soir, marchandé un microscope.

Hélas! Seigneur, Vous ne serez plus là, après Pâques!
Seigneur, ayez pitié des Juifs dans les baraques.

Seigneur, les humbles femmes qui vous accompagnèrent à Golgotha,
Se cachent. Au fond des bouges, sur d’immondes sofas,

Elles sont polluées par la misère des hommes.
Des chiens leur ont rongé les os, et dans le rhum

Elles cachent leur vice endurci qui s’écaille.
Seigneur, quand une de ces femmes me parle, je défaille.

Je voudrais être Vous pour aimer les prostituées.
Seigneur, ayez pitié des prostituées.

Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs,
Des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs.

Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous à la Potence,
Je sais que vous daignez sourire à leur malchance.

Seigneur, l’un voudrait une corde avec un nœud au bout,
Mais ça n’est pas gratis, la corde, ça coûte vingt sous.

Il raisonnait comme un philosophe, ce vieux bandit.
Je lui ai donné de l’opium pour qu’il aille plus vite en paradis.

Je pense aussi aux musiciens des rues,
Au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l’orgue de Barbarie,

À la chanteuse au chapeau de paille avec des roses de papier;
Je sais que ce sont eux qui chantent durant l’éternité.

Seigneur, faites-leur l’aumône, autre que de la lueur des becs de gaz,
Seigneur, faites-leur l’aumône de gros sous ici-bas.

Seigneur, quand vous mourûtes, le rideau se fendit,
Ce que l’on vit derrière, personne ne l’a dit.

La rue est dans la nuit comme une déchirure,
Pleine d’or et de sang, de feu et d’épluchures.

Ceux que vous aviez chassés du temple avec votre fouet,
Flagellent les passants d’une poignée de méfaits.

L’Étoile qui disparut alors du tabernacle,
Brûle sur les murs dans la lumière crue des spectacles.

Seigneur, la Banque illuminée est comme un coffre-fort,
Où s’est coagulé le Sang de votre mort.

Les rues se font désertes et deviennent plus noires.
Je chancelle comme un homme ivre sur les trottoirs.

J’ai peur des grands pans d’ombre que les maisons projettent.
J’ai peur. Quelqu’un me suit. Je n’ose tourner la tête.

Un pas clopin-clopant saute de plus en plus près.
J’ai peur. J’ai le vertige. Et je m’arrête exprès.

Un effroyable drôle m’a jeté un regard
Aigu, puis a passé, mauvais, comme un poignard.

Seigneur, rien n’a changé depuis que vous n’êtes plus Roi.
Le Mal s’est fait une béquille de votre Croix.

Je descends les mauvaises marches d’un café
Et me voici, assis, devant un verre de thé.

Je suis chez des Chinois, qui comme avec le dos
Sourient, se penchent et sont polis comme des magots.

La boutique est petite, badigeonnée de rouge
Et de curieux chromos sont encadrés dans du bambou.

Ho-Kousaï a peint les cent aspects d’une montagne.
Que serait votre Face peinte par un Chinois ?

Cette dernière idée, Seigneur, m’a d’abord fait sourire.
Je vous voyais en raccourci dans votre martyre.

Mais le peintre, pourtant, aurait peint votre tourment
Avec plus de cruauté que nos peintres d’Occident.

Des lames contournées auraient scié vos chairs,
Des pinces et des peignes auraient strié vos nerfs,

On vous aurait passé le col dans un carcan,
On vous aurait arraché les ongles et les dents,

D’immenses dragons noirs se seraient jetés sur Vous,
Et vous auraient soufflé des flammes dans le cou,

On vous aurait arraché la langue et les yeux,
On vous aurait empalé sur un pieu.

Ainsi, Seigneur, vous auriez souffert toute l’infamie,
Car il n’y a pas de plus cruelle posture.

Ensuite, on vous aurait forjeté aux pourceaux
Qui vous auraient rongé le ventre et les boyaux.

Je suis seul à présent, les autres sont sortis,
Je me suis étendu sur un banc contre le mur.

J’aurais voulu entrer, Seigneur, dans une église;
Mais il n’y a pas de cloches, Seigneur, dans cette ville.

Je pense aux cloches tues: — où sont les cloches anciennes?
Où sont les litanies et les douces antiennes?

Où sont les longs offices et où les beaux cantiques?
Où sont les liturgies et les musiques?

Où sont tes fiers prélats, Seigneur, où tes nonnains?
Où l’aube blanche, l’amict des Saintes et des Saints?

La joie du Paradis se noie dans la poussière,
Les feux mystiques ne rutilent plus dans les verrières.

L’aube tarde à venir, et dans le bouge étroit
Des ombres crucifiées agonisent aux parois.

C’est comme un Golgotha de nuit dans un miroir
Que l’on voit trembloter en rouge sur du noir.

La fumée, sous la lampe, est comme un linge déteint
Qui tourne, entortillé, tout autour de vos reins.

Par au-dessus, la lampe pâle est suspendue,
Comme votre Tête, triste et morte et exsangue.

Des reflets insolites palpitent sur les vitres…
J’ai peur, — et je suis triste, Seigneur, d’être si triste.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– La lumière frissonner, humble dans le matin.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– Des blancheurs éperdues palpiter comme des mains.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– L’augure du printemps tressaillir dans mon sein.

Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauques comme des huées.

Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or
Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors.

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats.

Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne…
Ma chambre est nue comme un tombeau…

Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre…
Mon lit est froid comme un cercueil…

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents…
Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle…

Cent mille toupies tournoient devant mes yeux…
Non, cent mille femmes… Non, cent mille violoncelles…

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses…
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées…

Je ne pense plus à vous. Je ne pense plus à vous.


Blaise Cendrars

New York, avril 1912

 

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Pâques à New-York.

New-York statut lib.jpg

 

 

Seigneur, c’est aujourd’hui le jour de votre Nom,
J’ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion,

Et votre angoisse et vos efforts et vos bonnes paroles
Qui pleurent dans le livre, doucement monotones.

Un moine d’un vieux temps me parle de votre mort.
Il traçait votre histoire avec des lettres d’or

Dans un missel, posé sur ses genoux.
Il travaillait pieusement en s’inspirant de Vous.

À l’abri de l’autel, assis dans sa robe blanche,
il travaillait lentement du lundi au dimanche.

Les heures s’arrêtaient au seuil de son retrait.
Lui, s’oubliait, penché sur votre portrait.

À vêpres, quand les cloches psalmodiaient dans la tour,
Le bon frère ne savait si c’était son amour

Ou si c’était le Vôtre, Seigneur, ou votre Père
Qui battait à grands coups les portes du monastère.

Je suis comme ce bon moine, ce soir, je suis inquiet.
Dans la chambre à côté, un être triste et muet

Attend derrière la porte, attend que je l’appelle!
C’est Vous, c’est Dieu, c’est moi, — c’est l’Éternel.

Je ne Vous ai pas connu alors, — ni maintenant.
Je n’ai jamais prié quand j’étais un petit enfant.

Ce soir pourtant je pense à Vous avec effroi.
Mon âme est une veuve en deuil au pied de votre Croix;

Mon âme est une veuve en noir, — c’est votre Mère
Sans larme et sans espoir, comme l’a peinte Carrière.

Je connais tous les Christs qui pendent dans les musées;
Mais Vous marchez, Seigneur, ce soir à mes côtés.

Je descends à grands pas vers le bas de la ville,
Le dos voûté, le cœur ridé, l’esprit fébrile.

Votre flanc grand-ouvert est comme un grand soleil
Et vos mains tout autour palpitent d’étincelles.

Les vitres des maisons sont toutes pleines de sang
Et les femmes, derrière, sont comme des fleurs de sang,

D’étranges mauvaises fleurs flétries, des orchidées,
Calices renversés ouverts sous vos trois plaies.

Votre sang recueilli, elles ne l’ont jamais bu.
Elles ont du rouge aux lèvres et des dentelles au cul.

Les fleurs de la Passion sont blanches, comme des cierges,
Ce sont les plus douces fleurs au Jardin de la Bonne Vierge.

C’est à cette heure-ci, c’est vers la neuvième heure,
Que votre Tête, Seigneur, tomba sur votre Cœur.

Je suis assis au bord de l’océan
Et je me remémore un cantique allemand,

Où il est dit, avec des mots très doux, très simples, très purs,
La beauté de votre Face dans la torture.

Dans une église, à Sienne, dans un caveau,
J’ai vu la même Face, au mur, sous un rideau.

Et dans un ermitage, à Bourrié-Wladislasz,
Elle est bossuée d’or dans une châsse.

De troubles cabochons sont à la place des yeux
Et des paysans baisent à genoux Vos yeux.

Sur le mouchoir de Véronique Elle est empreinte
Et c’est pourquoi Sainte Véronique est Votre sainte.

C’est la meilleure relique promenée par les champs,
Elle guérit tous les malades, tous les méchants.

Elle fait encore mille et mille autres miracles,
Mais je n’ai jamais assisté à ce spectacle.

Peut-être que la foi me manque, Seigneur, et la bonté
Pour voir ce rayonnement de votre Beauté.

Pourtant, Seigneur, j’ai fait un périlleux voyage
Pour contempler dans un béryl l’intaille de votre image.

Faites, Seigneur, que mon visage appuyé dans les mains
Y laisse tomber le masque d’angoisse qui m’étreint.

Faites, Seigneur, que mes deux mains appuyées sur ma bouche
N’y lèchent pas l’écume d’un désespoir farouche.

Je suis triste et malade. Peut-être à cause de Vous,
Peut-être à cause d’un autre. Peut-être à cause de Vous.

Seigneur, la foule des pauvres pour qui vous fîtes le Sacrifice
Est ici, parquée, tassée, comme du bétail, dans les hospices.

D’immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent, pêle-mêle, sur les pontons.

Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongols.

Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens.
On leur jette un morceau de viande noire, comme à des chiens.

C’est leur bonheur à eux que cette sale pitance.
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance.

Seigneur dans les ghettos grouille la tourbe des Juifs
Ils viennent de Pologne et sont tous fugitifs.

Je le sais bien, ils t’ont fait ton Procès;
Mais je t’assure, ils ne sont pas tout à fait mauvais.

Ils sont dans des boutiques sous des lampes de cuivre,
Vendent des vieux habits, des armes et des livres.

Rembrandt aimait beaucoup les peindre dans leurs défroques.
Moi, j’ai, ce soir, marchandé un microscope.

Hélas! Seigneur, Vous ne serez plus là, après Pâques!
Seigneur, ayez pitié des Juifs dans les baraques.

Seigneur, les humbles femmes qui vous accompagnèrent à Golgotha,
Se cachent. Au fond des bouges, sur d’immondes sofas,

Elles sont polluées par la misère des hommes.
Des chiens leur ont rongé les os, et dans le rhum

Elles cachent leur vice endurci qui s’écaille.
Seigneur, quand une de ces femmes me parle, je défaille.

Je voudrais être Vous pour aimer les prostituées.
Seigneur, ayez pitié des prostituées.

Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs,
Des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs.

Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous à la Potence,
Je sais que vous daignez sourire à leur malchance.

Seigneur, l’un voudrait une corde avec un nœud au bout,
Mais ça n’est pas gratis, la corde, ça coûte vingt sous.

Il raisonnait comme un philosophe, ce vieux bandit.
Je lui ai donné de l’opium pour qu’il aille plus vite en paradis.

Je pense aussi aux musiciens des rues,
Au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l’orgue de Barbarie,

À la chanteuse au chapeau de paille avec des roses de papier;
Je sais que ce sont eux qui chantent durant l’éternité.

Seigneur, faites-leur l’aumône, autre que de la lueur des becs de gaz,
Seigneur, faites-leur l’aumône de gros sous ici-bas.

Seigneur, quand vous mourûtes, le rideau se fendit,
Ce que l’on vit derrière, personne ne l’a dit.

La rue est dans la nuit comme une déchirure,
Pleine d’or et de sang, de feu et d’épluchures.

Ceux que vous aviez chassés du temple avec votre fouet,
Flagellent les passants d’une poignée de méfaits.

L’Étoile qui disparut alors du tabernacle,
Brûle sur les murs dans la lumière crue des spectacles.

Seigneur, la Banque illuminée est comme un coffre-fort,
Où s’est coagulé le Sang de votre mort.

Les rues se font désertes et deviennent plus noires.
Je chancelle comme un homme ivre sur les trottoirs.

J’ai peur des grands pans d’ombre que les maisons projettent.
J’ai peur. Quelqu’un me suit. Je n’ose tourner la tête.

Un pas clopin-clopant saute de plus en plus près.
J’ai peur. J’ai le vertige. Et je m’arrête exprès.

Un effroyable drôle m’a jeté un regard
Aigu, puis a passé, mauvais, comme un poignard.

Seigneur, rien n’a changé depuis que vous n’êtes plus Roi.
Le Mal s’est fait une béquille de votre Croix.

Je descends les mauvaises marches d’un café
Et me voici, assis, devant un verre de thé.

Je suis chez des Chinois, qui comme avec le dos
Sourient, se penchent et sont polis comme des magots.

La boutique est petite, badigeonnée de rouge
Et de curieux chromos sont encadrés dans du bambou.

Ho-Kousaï a peint les cent aspects d’une montagne.
Que serait votre Face peinte par un Chinois ?

Cette dernière idée, Seigneur, m’a d’abord fait sourire.
Je vous voyais en raccourci dans votre martyre.

Mais le peintre, pourtant, aurait peint votre tourment
Avec plus de cruauté que nos peintres d’Occident.

Des lames contournées auraient scié vos chairs,
Des pinces et des peignes auraient strié vos nerfs,

On vous aurait passé le col dans un carcan,
On vous aurait arraché les ongles et les dents,

D’immenses dragons noirs se seraient jetés sur Vous,
Et vous auraient soufflé des flammes dans le cou,

On vous aurait arraché la langue et les yeux,
On vous aurait empalé sur un pieu.

Ainsi, Seigneur, vous auriez souffert toute l’infamie,
Car il n’y a pas de plus cruelle posture.

Ensuite, on vous aurait forjeté aux pourceaux
Qui vous auraient rongé le ventre et les boyaux.

Je suis seul à présent, les autres sont sortis,
Je me suis étendu sur un banc contre le mur.

J’aurais voulu entrer, Seigneur, dans une église;
Mais il n’y a pas de cloches, Seigneur, dans cette ville.

Je pense aux cloches tues: — où sont les cloches anciennes?
Où sont les litanies et les douces antiennes?

Où sont les longs offices et où les beaux cantiques?
Où sont les liturgies et les musiques?

Où sont tes fiers prélats, Seigneur, où tes nonnains?
Où l’aube blanche, l’amict des Saintes et des Saints?

La joie du Paradis se noie dans la poussière,
Les feux mystiques ne rutilent plus dans les verrières.

L’aube tarde à venir, et dans le bouge étroit
Des ombres crucifiées agonisent aux parois.

C’est comme un Golgotha de nuit dans un miroir
Que l’on voit trembloter en rouge sur du noir.

La fumée, sous la lampe, est comme un linge déteint
Qui tourne, entortillé, tout autour de vos reins.

Par au-dessus, la lampe pâle est suspendue,
Comme votre Tête, triste et morte et exsangue.

Des reflets insolites palpitent sur les vitres…
J’ai peur, — et je suis triste, Seigneur, d’être si triste.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– La lumière frissonner, humble dans le matin.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– Des blancheurs éperdues palpiter comme des mains.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– L’augure du printemps tressaillir dans mon sein.

Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauques comme des huées.

Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or
Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors.

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats.

Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne…
Ma chambre est nue comme un tombeau…

Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre…
Mon lit est froid comme un cercueil…

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents…
Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle…

Cent mille toupies tournoient devant mes yeux…
Non, cent mille femmes… Non, cent mille violoncelles…

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses…
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées…

Je ne pense plus à vous. Je ne pense plus à vous.

 

Blaise Cendrars

New York, avril 1912

 

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01/03/2016

Et les Arabes, qu’en pensent-ils des réfugiés ?

Fawzia Zouari.jpg

Lucide, courageuse, pleine d’humour. Telle se présente la journaliste-écrivaine tunisienne Fawzia Zouari. Elle était invitée ce mardi 1er mars sur France Inter par Léa Salamé, caricature de ces journalistes de gôôôche lèche-barbouches. Celle-ci interrogeait l’écrivaine sur sa tribune de défense de Kamel Daoud, victime d’une « fatwa laïque » de la part de quelques « chercheurs » bobos parisiens ( voir ICI et LA )

 

Fawzia Zouari, comme Kamel Daoud, Abdelwahab Meddeb, Abdenour Bidar et tant d’autres intellectuels arabo-musulmans, fait entendre une voix autre que celles qui plaisent tant à nos « Abou » lèche-babouches qui sévissent à longueur de colonnes et de plateau télé et radio pour encenser leurs idoles islamistes. Ce sont eux qui ont inventé « l’islam modéré » (?) voire même « le salafisme modéré » (!). Eux qui ont lancé l’excommunication-fatwa « islamophobie » pour empêcher toute critique de l’islam et des musulmans. Ce sont eux qui ouvrent leurs colonnes aux pires prédicateurs islamistes. Eux qui bêlent de bien-pensance dégoulinante devant l’invasion des migrants.

 

Ils devraient, ces Jocrisse, ces Tartuffes, lire la rafraichissante chronique de Fawzia Zouari parue dans Jeune-Afrique sous le titre « Les réfugiés vus par les arabes ».

Jugez vous-même :

« Les médias occidentaux nous abreuvent de sondages d'opinion d'Européens de souche sur l'afflux de réfugiés sur leur sol. Ils oublient en revanche d'évoquer le point de vue des Arabo-Musulmans.

Pourtant il suffit de tendre un micro à « l’immigré de souche », de suivre le citoyen arabe sur une chaîne de télévision locale ou sur les réseaux sociaux pour découvrir des débats passionnés et des réactions oscillant entre l’indignation et l’humour. En voici un florilège.

Côté immigrés maghrébins, inquiétude et peur dominent. On croit dur comme fer au principe du « celui qui arrive le dernier ferme la porte à clef » : « Il faut se méfier de ces gens-là (les réfugiés moyen-orientaux). Ils vont nous poser des problèmes », geint « l’épicier arabe » des banlieues européennes. « Ma parole ! Ils prendront notre place et grignoteront sur nos droits. » Et, tout naturellement : « La France, par exemple, leur ouvre la porte alors que les Français eux-mêmes n’ont ni boulot ni logement ! »

Côté citoyens arabes, c’est un concert d’indignations contre les gens du Golfe : « Vous vous dites les gardiens de la foi et invoquez l’hospitalité comme principe de l’islam mais ce sont les chrétiens qui accueillent vos frères, les habillent, leur font de la place. Les musulmans, ce sont eux et pas vous ! » L’Europe n’est pas épargnée pour autant. Il y a ceux qui pensent qu’elle ne fait que récolter ce qu’elle a semé – « Les guerres du Golfe, les Printemps arabes, c’est elle. Et c’est normal qu’elle subisse aujourd’hui Daesh ou les réfugiés. »

Il y a aussi les adeptes de la théorie du complot : « Tout a été étudié et voulu : l’Occident provoque sciemment le chaos dans les pays arabes pour les appauvrir. Il a fomenté les récentes révolutions dans le but de détourner leur attention d’Israël. Il se réjouit de la ruine de leurs économies puisqu’il lui reviendra de les reconstruire. Il a provoqué l’exode pour vider la Syrie de ses habitants et en faire un État califal. »

Le journaliste Rachid Ali, animateur vedette de l’émission Questions audacieuses sur Al-Hayat, s’amuse pour sa part à pointer les contradictions des musulmans eux-mêmes : « Pourquoi les réfugiés syriens ne se dirigent-ils pas vers les pays musulmans les plus proches d’eux ? Pourquoi préfèrent-ils mourir en mer en tentant d’atteindre les rives des pays que leurs imams et prédicateurs religieux condamnent et déconseillent de fréquenter ? Pourquoi vont-ils dans cette Allemagne gérée par une femme mécréante ? »

Enfin, les propos, entre humour et mépris, tel que cet appel lancé par un internaute à l’adresse des candidats à l’exil : « Je vous avertis : vous allez devoir respecter les lois, ne pas jeter vos paquets de cigarettes par terre, ne pas fumer dans les lieux publics, informer la police de tout délit, fût-ce le vol d’un chat, attacher votre ceinture de sécurité, asseoir votre enfant à l’arrière de la voiture et faire sagement la queue même sur des kilomètres. Mais je pense que si vous aviez été capables de respecter toutes ces règles, vous n’auriez pas ouvert la porte aux marchands de religion ni livré vos pays aux mercenaires ! »

Voilà. J’aurai fait mon boulot en relayant le ressenti d’une partie de l’opinion arabe. L’autre partie, vous la connaissez, elle s’exprime par la voix des officiels et des militants de tout poil. »

Savoureux, non ? Merci Madame Zaouri

 

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27/02/2016

Ouiquinde érotique: Huong, fleur de rizière

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Pipothé

 

J'ai connu, quelque part près de la baie d'Ha Long

 Une fleur des rizières qui s'appelait Huong.

 Visage de poupée sur un corps de princesse

 Elle savait jouer de la bouche et des fesses.

 

J'ai vécu auprès d'elle, heureux et envoûté

Par sa spécialité: la fellation au thé.

Huong me préparait, avec mille manières,

Du thé vert au gingembre, une pleine théière.

 

Tandis que je buvais la boisson parfumée,

Ses petits doigts agiles sur ma verge allumée

Préparaient mon phallus avec mille caresses,

Mettaient mon corps en feu et mon cœur en liesse.

 

 Huong prenait alors une gorgée de thé

 Qu'elle tournait en bouche pour en faire chuter

 Doucement la chaleur au degré idéal

 Pour les tendres muqueuses de mon engin de mâle.

 

Huong mettait mon gland dans sa petite bouche.

 Quel bonheur délicieux ! Je geignais sur ma couche.

 Une chaleur torride, proche de la brûlure,

 Envahissait mon sexe d'un volcan de luxure.

 

 Le liquide brûlant tourne autour de mon gland

 La languette de Huong lui donne mouvement,

 Elle aspire, elle pompe, elle masse, elle suce,

 Tandis qu'un de ses doigts vient me forcer l'anus,

 

Par des spasmes de joie, ma queue jouit longtemps,

Dans la bouche de Huong, douce fleur de printemps.

Elle m'embrasse alors, partageant les saveurs,

Du foutre et du thé chaud, du plaisir, du bonheur.

 

 

VictorAyoli

 

 

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25/01/2016

Calais : la croisière ne s'amuse plus...

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Ah ! Ils les ont eu les foies ! Ils en ont fienté dans leurs calbars jusqu'à en souiller leurs couilles en or( ! « Ils » ? Qui « ils » ? Ben, les sbires de ces quelques dizaines de milliers de parasites qui pensent « posséder » le monde. Bref, les tenants de « l'ordre » ultralibéral. Ils ont eu peur lorsque les « migrants » ont envahi un ferry dans le port de Calais ! Allez hop!Vite, les CRS pour évacuer cette racaille.

 

Pourtant, c'est ça qu'ils doivent faire les « migrants ». Plutôt que de' s'entasser dans une « jungle » sordide, plutôt que se mettre à dos toute une population excédée, plutôt que de tenter de passer par la route, via les camions ou l'Eurostar, ne serait-il pas plus efficace et utile pour eux de passer par la mer ! Sur la mer. Avec des bateaux. Comme ils l'ont, pour beaucoup, déjà fait pour arriver en Europe à travers la Méditerranée sans y laisser leur peau. Puis - individuellement ou en groupe - ils ont traversé toute l'Europe sans se faire alpaguer par les diverses polices. À croire qu'ils ont des complices parmi les nombreuses associations dites humanitaires qui leur facilite le job... Ils ont casqué jusqu'à deux ans de salaires pour arriver jusqu'à Calais, puis ils restent là, à croupir sous des sacs poubelles alors que leur « eldorado » n'est qu'à quelques dizaines de miles nautiques ? Quelques dizaines de kilomètres ? Ils sont kons ou quoi? La France, ils n'en veulent pas. Ça tombe bien parce que c'est réciproque.

 

Alors plutôt que de faire le boulot des Anglais – protéger la frontière de Grande-Bretagne qui se situe en France  à cause des accords scélérats du Touquet – ne vaudrait-il pas mieux leur faciliter la tâche en les aidant (discrètement, pas officiellement bien sûr) à traverser la Manche, le « Channel » comme disent les Rosbifs ?

 

Les passeurs qui les ont guidé jusqu'à Calais pour les y abandonner ne pourraient-ils pas mettre au point des systèmes de passages à bord de vedettes rapides, partant de n'importe quel point des côtes françaises ou belges pour arriver n'importe ou sur la côte anglaise ? Une petite heure de navigation.C'est plus facile que de traverser la Méditerranée que je sache ! Rappelez-vous les passages de milliers de « réfugiés » jetés sur les plages italiennes par des bateaux rapides albanais.

 

Pourquoi ces « migrants » veulent-ils aller en Angleterre, Parce que beaucoup viennent de pays qui ont subi le knout colonial britannique mais qui, en revanche, se sont appropriés la langue du colonisateur. Parce qu'en Angleterre, il n'y a pas de carte d'identité et donc que le migrant, une fois arrivé, se fond dans la masse. Parce que cette masse est organisée en communautés ethniques et/ou religieuses dans lesquelles le migrant peut espérer de l'aide. Enfin et surtout parce que l'économie britannique est une expression caricaturale de l'ultralibéralisme et donc que les patrons britanniques se frottent les mains de pouvoir embaucher cette main d’œuvre docile travaillant dans des conditions peu enviables pour des salaires de misère. Voilà pourquoi la Grande-Bretagne agit comme une véritable pompe à migrants.

 

Bertrand, nouveau président de la région Nord-Pas-de-Calais -Picardie, lors de sa campagne électorale,

s'est courageusement élevé contre ces accords du Touquet. C'est le moment pour lui de passer à l'action. Quitte à provoquer une crise diplomatique avec nos meilleurs ennemis anglais.

 

Que disent ces accords du Touquet ? Ils disent que c'est nous qui devons contrôler, à Calais comme à Eurostar ou ailleurs, non pas seulement les sorties du territoire français mais les entrées en territoire britannique ! Á nos frais ! Nos douaniers, nos flics doivent courser les migrants qui veulent entrer en Angleterre chez nous. Alors que ce devrait être aux douaniers et aux flics britanniques de les contrôler voire de les courser chez eux, à Douvres, et pas à Calais ! Parce que la frontière de Grande-Bretagne n'est pas au passage des côtes anglaises mais...en France ! Qu'est-ce que c'est que cette konnerie ? Ben, un exploit (un de plus) de Sarkozy et de Chirac avec les accords du Touquet mettant les frontières britanniques en France ! Ça paraît incroyable ? On revient au temps des bourgeois de Calais ?

 

Ben, c'est comme ça. Les Rosbifs, comme souvent, nous ont roulé dans la farine.

 

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